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Record de réservistes au front

Alec Castonguay   15 janvier 2008  Canada
Des soldats canadiens épuisés après de durs combats dans la région de Kandahar, en novembre dernier. Les réservistes qui prendront la relève seront soumis au même régime.
Photo : Agence Reuters
Des soldats canadiens épuisés après de durs combats dans la région de Kandahar, en novembre dernier. Les réservistes qui prendront la relève seront soumis au même régime.
Ottawa — Le prochain groupe de soldats qui sera déployé en Afghanistan à partir de mars contiendra un nombre record de réservistes. L'ampleur de l'engagement dans ce pays met beaucoup de pression sur les effectifs militaires réguliers, ce qui force l'armée à se tourner vers les réservistes comme jamais depuis le début de la mission afghane. Selon les nouveaux chiffres obtenus par Le Devoir, un soldat canadien sur cinq (20 %) déployés en Afghanistan sera bientôt un militaire «à temps partiel».

Sur les 2500 soldats qui prendront progressivement la relève en Afghanistan à partir de février et mars prochains, plus de 500 seront des réservistes, soit 20 % des effectifs. À titre de comparaison, les militaires québécois actuellement déployés dans l'ancien fief des talibans comptent dans leurs rangs 300 réservistes (12 %). La rotation précédente, entre mars et août 2007, comptait 14 % de réservistes. Les deux premiers contingents, en 2006, mettaient à l'oeuvre 14 % et 13 % de soldats à «temps partiel».

«La prochaine rotation sera effectivement celle qui contiendra le plus de réservistes depuis le début de la mission en Afghanistan», confirme le lieutenant-colonel Ian Creighton, du département des Opérations courantes des Forces canadiennes. «La mission afghane n'est pas la seule tâche de l'armée, que ce soit ici ou à l'étranger. La pression est forte sur la force régulière», ce qui pousse l'armée vers d'autres ressources disponibles, ajoute-t-il.

Les réservistes ne sont pas des soldats à temps plein. Ils consacrent leur vie à un autre métier au Canada, d'où le vocable de «militaire à temps partiel» souvent utilisé dans l'armée. Ils doivent toutefois être au service de l'armée entre 30 et 45 jours par année pour suivre des formations. C'est un travail bénévole, sauf lorsqu'ils sont en service actif. Les réservistes qui se portent volontaires pour être déployés en Afghanistan doivent donc prendre un congé sans solde de leur emploi habituel durant toute leur mission à l'étranger (six à neuf mois), mais aussi pour s'entraîner avec les autres militaires avant le départ.

Selon le lieutenant-colonel Ian Creighton, la grande proportion de réservistes dans le prochain contingent n'est pas une exception. «Je ne serais pas surpris de voir autant de réservistes pour la rotation 6 qui partira en août 2008, car elle viendra du centre du pays [Ontario], et la force régulière n'est pas abondante dans cette région.» Le groupe de soldats qui prendra place en Afghanistan à partir de mars prochain provient de l'Ouest du pays, principalement du Princess Patricia's Canadian Light Infantry (PPCLI) d'Edmonton.

Avant de s'embarquer pour Kandahar, les réservistes reçoivent le même entraînement que les soldats de la force régulière. Ils vont donc au Texas, où l'on simule les conditions de combat de l'Afghanistan. À Kandahar, plusieurs mènent des missions tout aussi dangereuses que les soldats réguliers, escortant des convois et livrant bataille aux talibans. Depuis 2001, huit réservistes canadiens ont perdu la vie en Afghanistan (sur 76 décès).

«Sans les réservistes, il serait extrêmement difficile de poursuivre la mission en Afghanistan, dit le lieutenant-colonel Ian Creighton. Ils sont très importants, particulièrement pour une longue mission.»

Pourquoi autant de réservistes?

Les Forces canadiennes utiliseront un nombre record de réservistes pour deux raisons: le manque de ressources au milieu d'une mission exigeante et le besoin de pourvoir des postes précis qui demandent une expérience recherchée.

«Il n'y a aucun doute que nous avons besoin de plus de soldats dans la force régulière, je ne peux pas le nier, affirme le lieutenant-colonel Ian Creighton. Mais est-ce la seule raison pour laquelle nous allons déployer autant de réservistes à l'étranger? Non. C'est aussi parce que nous voulons avoir la meilleure équipe sur place, peu importe d'où provient le soldat. Pour nous, le soldat régulier et le soldat à temps partiel font partie de la même armée, et il faut utiliser leur compétence.»

Ian Creighton cite l'exemple des médecins, qui ne sont pas assez nombreux dans la force régulière pour à la fois assurer les soins dans les différentes bases canadiennes et soutenir une mission à l'étranger. L'armée doit donc demander à des médecins réservistes qui pratiquent dans des cliniques ou des hôpitaux s'ils veulent bien s'engager pour une période de six à neuf mois en Afghanistan.

De plus, certaines tâches à Kandahar sont entièrement assurées par des réservistes. C'est le cas des soldats qui forment l'unité de Coopération civilomilitaire. Ces derniers font le lien entre l'armée et les Afghans pour mener à bien des projets de reconstruction. L'unité des Opérations psychologiques renferme elle aussi exclusivement des réservistes. Cette unité discrète a été mise en place par l'OTAN pour faire de la «propagande honnête» auprès des Afghans, comme le révélait Le Devoir le 23 avril dernier.

Aucune obligation

Les réservistes n'ont aucune obligation de s'embarquer pour Kandahar. La dernière fois que le gouvernement a obligé par décret les réservistes à participer à un conflit, c'était lors de la Seconde Guerre mondiale.

Selon le colonel à la retraite Alain Pellerin, qui est aussi directeur exécutif de la Conférence des associations de la défense, les Forces canadiennes peuvent se permettre d'avoir plus de réservistes en Afghanistan parce que la sécurité sur le terrain s'améliore. Il cite des chiffres: entre août 2006 et mars 2007, 26 militaires canadiens sont morts dans la région de Kandahar. Entre mars 2007 et août 2007, 23 soldats ont perdu la vie. Or, depuis que les soldats québécois sont en Afghanistan, en août dernier, sept militaires sont morts.

«Les gars sont mieux préparés, mieux équipés, et l'armée apprend de ses erreurs. Il y a du progrès en matière de sécurité, alors on peut se permettre d'inclure plus de réservistes», dit Alain Pellerin. Le nombre de volontaires parmi les réservistes est aussi très élevé, ce qui permet à l'armée de combler ses besoins, soutient-il.

Mettre à l'oeuvre autant de réservistes dans une mission n'est toutefois pas une première historique. En septembre 1993, lors d'une opération du PPCLI d'Edmonton (encore) en Bosnie, dans la région de Medak Pocket, pas moins de 40 % des 875 soldats canadiens étaient des réservistes. Une situation toutefois exceptionnelle.

Depuis 2000, plus de 4000 membres de la première réserve ont été déployés lors d'opérations menées par les Forces canadiennes, largement en Afghanistan, mais aussi en Bosnie, en Croatie et à Haïti. La force régulière compte 64 000 soldats, alors que la réserve renferme 34 000 militaires à temps partiel. Dans le cas de la mission afghane, les réservistes les plus sollicités sont ceux appartenant à l'armée de terre, qui compte 25 000 soldats à temps partiel sur les 34 000.






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 15 janvier 2008 07h03
    Follie meurtrière
    « Il est écrit plus haut : un soldat canadien sur cinq (20 %) déployés en Afghanistan sera bientôt un militaire «à temps partiel».

    Espérons que le moins possible de ces soldats à temps partiel ne sera changé en cadavre à temps plein pour rien. »

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    mardi 15 janvier 2008 08h10
    L'argent, c'est le sang des pauvres...
    « "On croit mourir pour sa patrie et l'on meurt pour les industriels." - Anatole France

    Les marchands d'armes et de haine nous mènent vraiment par le bout du nez.

    Notre gnochon obscurantiste de Harpeur applique au mieux de ses possibilités l'agenda néo-conseviteur qui l'inspire tant.

    ''Le mouvement conservateur américain est un modèle lumineux pour l'ensemble des conservateurs d'ici et d'ailleurs.'' - Stephen Harper

    Les privilèges du sang bleu sont aujourd'hui remplacés par ceux des "happy few" des corporations psychopathes mais la chaire à canon provient toujours du peuple qui morfle des deux cotés du fusil.

    "We're not a democracy. It's a terrible misunderstanding and a slander to the idea of democracy to call us that. In reality, we're a plutocracy : a government by the wealthy." - Ramsey Clark, former U.S. Attorney General

    En voila un exemple parfait qui se déroule sous nos yeux, au Canada "le plusss meilleur" sans que quiconque n'en relève même l'existence...
    Un parfait exemple d'abus du citoyen et de collusion avec le complexe-militaro-industriel...

    ON SOCIALISE LES COÛTS ET PRIVATISE LES PROFITS !

    Et le tout pour le "bottom line" les marchands de mort !

    Que demander de plus ;)

    Je résume : Les contribuables canadiens ont payé (en milliards) pour le système de satellite radar le plus sophistiqué au monde (RADARSAT-2). Nos élites politiques (libéraux et conservateurs) vendent le tout enrubanné et sans que personne n'en souffle mot dans les médias pour quelques millions au privé qui lui se retourne et le revend au complexe-militaro-industriel amerloque pour gna-gna-gna milliards !

    Simple comme arnaque mais il semble que pour la faire comprendre au bon peuple il faudrait réhabiliter les quelque 50% d'analphabètes québécois, d'enseigner l'histoire à la majorité et d'inclure un cours de politique et de Média 101 dans le curriculum du secondaire et au CEGEP...

    Talk about a fighting chance ;)

    GO, Québec, GO !
    ...et en français , please !
    ;)

    "Quand on a réussi à faire croire à l'esclave que ses chaînes sont disparues, il ne croit plus à la liberté. " - Doris Lussier

    LE DOSSIER

    MAJIIC Wars: Canada's RADARSAT satellite company sold to "weapons & space" giant, ATK
    http://coat.ncf.ca/articles/links/MDA-ATK.htm

    Et tout le monde s'en contre-saint-ciboire ;)
    BUSINESS AS USUAL !
    Merci Mindfuck Inc.

    "La dignité d'un peuple est fonction de son aptitude à s'indigner. - George Elgozy
    "The history of mankind is a history of the subjugation and exploitation of a great majority of people by an elite few by what has been appropriately termed the 'ruling class'. The ruling class has many manifestations. It can take the form of a religious orthodoxy, a monarchy, a dictatorship of the proletariat, outright fascism, or, in the case of the United States, corporate statism. In each instance the ruling class relies on academics, scholars and 'experts' to legitimize and provide moral authority for its hegemony over the masses." - Ed Crane »

  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    mardi 15 janvier 2008 09h39
    L'ennui ennemi.
    « Il m'est difficile de réaliser qu'il y encore des gens qui croient sauver l'Humanité en allant manger le beigne de Stephen.

    Il faut croire que leur vie chez-eux ne trouve pas matière à se réaliser.même quand ils et elles sont parents d'enfants.

    Le retour à la maison sera encore plus difficile après le pseudo-sauvetage international.Il nous faudra les gaver de médicaments contre la malbouffe mentale.

    Quand donc, les êtres humains réaliseront-ils qu'ils sont manipulés ?

    Valdor Lagacé-Gallant »

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