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Un mandat incomplet

Bernard Descôteaux   12 janvier 2008  Canada
L'ancien premier ministre Brian Mulroney ne voulait pas d'enquête publique sur ses relations avec l'homme d'affaires Karlheinz Schreiber. Malheureusement pour lui, il y aura enquête, quoiqu'il pourra se consoler en constatant que celle-ci sera limitée dans le temps et que le commissaire qui la dirigera ne pourra rouvrir le dossier Airbus.

Le gouvernement Harper ne pouvait éviter d'ordonner une enquête sur ce qu'il est convenu d'appeler l'affaire Mulroney-Schreiber. Ne le faisant pas, il aurait donné l'impression de vouloir protéger un allié politique. Il aurait aussi manqué à sa parole puisqu'il s'était engagé, la main sur le coeur, à le faire. Le premier ministre Stephen Harper est passé aux actes hier, d'une manière toutefois circonscrite qui fait douter de sa réelle volonté d'agir.

Le communiqué par lequel le premier ministre a fait part de ses intentions est plein de bémols. Il faut relever d'abord que l'enquête publique ne sera instituée qu'une fois clos les travaux du Comité parlementaire sur l'éthique, où ont déjà paradé en décembre MM. Mulroney et Schreiber. Cela lui donne du temps. Une fois terminées les audiences de ce comité, M. Harper prendra quelques semaines pour nommer un commissaire, lequel aura besoin de plusieurs semaines pour constituer son équipe et se mettre au travail. Bref, cette enquête publique ne commencera pas avant plusieurs mois. Peut-être des élections auront-elles eu lieu entre-temps.

Le premier ministre assène ici une réplique aux partis d'opposition qui, avec les audiences du Comité sur l'éthique, cherchent à se faire du capital politique sur le dos du Parti conservateur en vue justement des prochaines élections. Il leur dit qu'ils ne pourront tout avoir, à la fois un bon spectacle politique aux Communes et une enquête immédiate. L'opposition, si elle veut vraiment aller au fond des choses, devrait sans hésiter mettre fin aux audiences de ce comité qui ne dispose pas de réels pouvoirs d'enquête pour laisser le commissaire-enquêteur faire son travail.

L'intention de Stephen Harper est bien évidemment de limiter les dommages qu'il pourrait s'infliger. C'est d'ailleurs en pensant d'abord à son parti, plutôt qu'à Brian Mulroney, qu'il limite le spectre de l'enquête. Celle-ci ne portera que sur les relations d'affaires entretenues par Brian Mulroney avec Karlheinz Schreiber au cours de la période commençant le 23 juin 1993, date à laquelle il acceptait de recevoir 225 000 $ en argent comptant pour représenter les intérêts de l'homme d'affaires et lobbyiste allemand. Cela évitera de revenir sur l'affaire Airbus, au coeur de laquelle on retrouve M. Schreiber.

Pour restreindre ainsi la portée de l'enquête, le premier ministre s'appuie sur les recommandations de David Jonhston, qu'il avait chargé de lui proposer les voies à suivre. Celui-ci estime que l'enquête menée par la GRC il y a quelques années a permis de clore ce dossier. Le commissaire-enquêteur ne pourra toutefois éviter de revenir en arrière pour comprendre les liens qu'a tissés Karlheinz Schreiber avec M. Mulroney et de nombreux membres de son entourage et de son gouvernement. Son mandat doit le lui permettre.

Le but de l'enquête est de faire la lumière sur le versement de ces 225 000 $ à l'ancien premier ministre et de lui permettre de laver son honneur. Mais faute de pouvoir poser toutes les questions, le commissaire-enquêteur ne pourra donner toutes les réponses. Persisteront alors des doutes qui inévitablement rejailliront sur le premier ministre Harper. Par les détours qu'il prend, celui-ci cherche à éviter d'être associé à une trouble affaire. Ses efforts risquent toutefois d'être vains, car déjà il crée un soupçon en instituant ce qui pourrait n'être qu'une demi-enquête plutôt que l'enquête complète promise.

***

bdescoteaux@ledevoir.com
 
 
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  • Michel Lauzon
    Inscrit
    samedi 12 janvier 2008 06h42
    Il reste de la viande à scandales quand même :)
    Le ministre McKay est impliqué car il a menti effrontément en disant ne jamais avoir connu Schreiber. Schreiber est un marchand d'armes et un ancien espion allemand.

    Le père de McKay (ses associés, ses amis, ses dépenses légales), le premier employeur de McKay et les clients de Schreiber sont d'excellents points de recherche pour vous en convaincre.

    J'aimerais savoir le prix des chars d'assauts allemands, l'opinion des soldats au sujet du ratio qualité/prix et l'implication de McKay et de Schreiber dans cette dépense. Pourquoi ? Parce que le prix en a été censuré longtemps, jusqu'au moment ou ça sentais la soupe chaude pour McKay.

    Notez que j'ai téléphoné au Cabinet de McKay pour demander le prix aussi. Mon député Claude Bachand en charge du dossier militaire pour le Bloc lui aussi fait semblant de ne pas le savoir.

    J'ai travaillé pour Oerlikon Aerospace et j'ai vu du sabotage pour faire augmenter tout les coûts. Or les vieux de l'aérospatiale disent que c'est un contrat "cost +" qu'on cachait aux employés autant qu'à l'opinion publique grâce à la Loi sur la Sécurité nationale.

    Vu que le produit est maintenant désuet, j'aimerais connaître le total payé, l'implication de Schreiber et Mulroney qui étais au pouvoir.

    N'oubliez pas le délit d'initié du ministre conservateur de mon comté sur le terrain d'Oerlikon. Entre le moment ou le scandale est apparu dans The Gazette et le cadenas de la GRC sur les classeurs du ministre il s'est écoulé 3 semaines et tout les avocats de St-Jean le disaient protégés par la GRC. Le ministre s'en est tiré en cour, son bras droit a écopé à sa place.

    J'aimerais aussi savoir pourquoi nous payons $850 millions pour un avion cargo C17 de Boeing. Pourquoi ? Parce que c'est vide, aucun siège, juste des planches de bois pour les soldats. Sans compter que c'est presque 4 fois plus cher qu'un 747-400 équipé ou 3 fois le prix d'un énorme A380 dernier cri.

    Est il possible que Schreiber ait, en tant que vendeur d'armes, ait eu un contrat avec Boeing ?

    Les commandites c'est de la petite bière à côté de ce que Harper tente de nous cacher : le fonctionnement détaillé de la corruption qui conduit aux guerres traduit trop bien les motivations et explique pourquoi nous sommes en guerre alors que plus de 75% de nous sommes contre, même qu'on censure les sondages !

  • michel caron
    Inscrit
    samedi 12 janvier 2008 07h11
    Mulroney encore...
    Ridicule de limiter l'enquête à ce qui s'est passé après le 23 juin 1993. S'il y a une raison d'enquêter c'est que des doutes existent sur un lien entre les 225,000$ et les contrats négociés entre Schreiber et le gouvernement Mulroney. Tous ces contrats ont été signé avant 1993.

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    samedi 12 janvier 2008 12h24
    Diabolique diversion !
    Dans l'enquête que nécessite la conduite du dossier MULRONEY versus SCHREIBER, selon les desiderata de l'éminent professeur David Johnston, tout le gratin politique devrait boycotter une pseudo-enquête dont les conclusions sont déjà secrètement transmises. Le gouvernement de Monsieur Harper se donne du temps, cherche à prolonger son séjour au pouvoir et à noyer définitivement le gros poisson de son «aquarium bleu». Une majorité d'observateurs avaient prédit la complaisance et le laxisme de l'ami intime de Brian Mulroney, David Johnston, le président-recteur de l'Université de Waterloo, l'ex-principal et vice-chancelier de l'Université McGill, le Compagnon de l'Ordre du Canada (1998) alors qu'il fut consacré «Officier» du même Ordre, l'ami Brian Mulroney, le 7 mai 1988, sans oublier qu'il fut tapissé, jusqu'à ce jour, de 12 doctorats Honoris Causa. Un véritable panthéonien...

    Si le politique ou ce qui en reste à Ottawa, ne boycotte pas ce qui s'annonce comme une autre grosse FARCE COMMISSIONNÉE, au point de renverser les Conservateurs de Stephen Harper, aussi bien y mettre un point final immédiatement, au seul regard des coûts faramineux associés aux travaux d'une telle COMMISSION DE CAUDATAIRES; au seul regard des émoluments des amis sangsues, des exploiteurs et racoleurs qui s'en sortent millionnaires ; au seul regard des ravages que fait l'exercice de la JUSTICE PARALLÈLE, cette justice à laquelle seuls les richards, les flagorneurs puissants, les passeurs et entremetteurs omnipotents et les pontifes des potentats sectaires, ont les connections et les moyens pour y accéder.

    Dès le départ, c'est alarmant de constater que l'AFFAIRE AIRBUS est exclue du processus d'enquête et de recherche de la vérité, qui ne recherche aucunement les excuses et les aveux du bout des lèves, circonstanciés et truffés de restrictions mentales mesurées au millimètre. Il semble évident que cette affaire a enrichi Brian Mulroney de plus de 2M$ dont ses amis, du bleu pâle au bleu foncé, ne sauraient lui réclamer le remboursement, apparemment impossible, pour raison d'insolvabilité. De plus, il semble évident que l'on risque de découvrir que le travail de la GRC, dans l'Affaire Airbus, a bel et bien été bâclé, possiblement piloté et prématurément scellé. Ne se souvient-on pas de l'aberrante et scandaleuse «Affaire Maher Arar» ? Il semble tout aussi évident que dans toute cette histoire, il y a eu possibles tentatives d'obstruction, dans la conduite de ladite enquête et dans le cours normal de la justice ; qu'il y a un potentiel constat de «parjures» et un risque quasi inévitable d'un éventuel emprisonnement ; que le «principal témoin» aurait délibérément, inconsciemment ou sub-consciemment menti ou omis de tout dire à la Justice.

    À CE STADE ET AU REGARD DE L'ACTUALITÉ, AUCUNE EXCUSE N'EST ACCEPTABLE, SINON L'ATHLETE MARION JONES, N'AYANT QU'A SE COMPOSER UNE FACE DECONFITE ET QU'A S'EXCUSER POUR AVOIR MANQUE DE JUGEMENT, N'A PAS UNE SEULE MINUTE A PASSER EN PRISON.

    Le «rapport» Johnston dont les conclusions suivront dans un «avenir accommodant», sent «la fabrication» de toutes pièces et le «flou sur mesure» à plein nez. Au-delà des écrans de diplômes, de hauts postes, de brillants titres et d'Honoris Causa qui n'impressionnent plus personne, quand on connaît les tuyauteries du pouvoir, ça sent mauvais. Ça pue, comme il fallait s'y attendre. La pollution qui se dégage des fosses du «purin politique», à Ottawa, comme à Washington, à Islamabad, à Djakarta et en bien d'autres creusets de la mondialisation des desperados, est la plus vicieuse des contaminations. Elle est directement responsable de l'amnésie de l'électorat, «ici», alors que «ailleurs», elle est la mèche d'allumage de soulèvements, de rébellions et de guerres civiles.

    Au constat de tous les effets pervers, les seuls d'ailleurs, qu'a déclenché l'enquête sur les «sales commandites» du PLC, sous Chrétien, ne vaudrait-il pas mieux éviter les coûts exorbitants reliés à ce amalgamé exercice de diversion et de manipulation de l'opinion publique ? Ne vaudrait-il pas mieux s'éviter une nausée nationale massive, en fermant immédiatement toutes les portes de cette gigantesque bécosse et en se tournant vers l'avenir, en misant sur l'air pur et en ne misant plus jamais, sur des praticiens du droit que la politique attire, mais plutôt sur des héritiers naturels et solides propagateurs de la droiture dont l'exercice démocratique de la gouvernance a grand besoin.

    Avec les quelques solistes du NPD, les guignols du PLC et les marionnettes vieillottes de notre «MAL DE BLOC NATIONAL» éculé, ce n'est pas demain la veille d'un redressement politique que justifient et réclament, pourtant, les dictées d'une démocratie à bout de souffle, une démocratie panachée que menacent les derniers gradués de la charismatique philanthropie dictatoriale, à la Sarkozy.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec

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