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Changements climatiques - Les pollueurs doivent payer, conclut la Table ronde

8 janvier 2008  Canada
Ottawa — C'est la dernière chose que le gouvernement conservateur voulait entendre. L'organisme indépendant qu'il avait invité à lui suggérer des moyens de réduire les gaz à effet de serre, responsables des changements climatiques, arrive à une conclusion rejetée plusieurs fois par Stephen Harper et ses troupes: il faut faire payer les pollueurs. Le ministre de l'Environnement a fermé la porte à cette perspective tandis que les partis d'opposition, ainsi que des représentants de l'industrie pétrolière pourtant visée, l'approuvent.

En novembre 2006, la ministre de l'Environnement de l'époque, Rona Ambrose, avait donné pour mandat à la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie de lui proposer des moyens de réduire de manière significative les gaz à effet de serre (GES) à moyen et à long terme. La réponse est arrivée hier, un peu plus d'un an et un ministre plus tard, et elle est sans équivoque. Il faut apposer un prix aux GES pour toucher les industriels et les consommateurs là où cela fait mal, dans leurs poches.

«Utiliser les outils du marché est la façon la plus efficace de réduire les émissions», a déclaré en conférence de presse Francine Dorion, membre de la Table ronde. Et pourquoi? «Parce que les GES, en ce moment, sont gratuits et qu'en contrepartie, c'est cher de réduire les GES», a ajouté son collègue et président, Glen Murray.

La Table ronde reconnaît qu'il existe deux possibilités pour reconnaître un prix aux GES: soit imposer une taxe directe sur les émissions de gaz carbonique (CO2) dite «taxe sur le carbone», soit imposer des quotas d'émissions à chaque secteur d'activité et laisser le marché développer un système d'échange entre les entreprises polluant plus que permis et celles polluant moins, ou alors une combinaison de ces deux mécanismes.

La Table consacre toutefois le gros de son rapport à la taxe sur le carbone. Selon le modèle de prévision retenu, cette taxe vaudrait environ 15 $ la tonne de carbone émis dans l'atmosphère à compter de 2010. À partir de 2020, elle pourrait valoir entre 25 et 75 $ selon que le gouvernement décide d'apporter des changements lents ou rapides. À terme, en 2050, cette taxe pourrait valoir jusqu'à 350 $ la tonne. Plus le gouvernement pratiquera la procrastination, plus la taxe devra être élevée pour avoir un effet significatif, avertit l'organisme.

Le gouvernement conservateur s'oppose farouchement à l'imposition d'une telle taxe. Quant à l'imposition de quotas d'émissions, on ignore s'il le fera. Jusqu'à présent, le gouvernement n'a proposé que des cibles de réduction d'intensité, rendant impossible la reconnaissance — et donc l'échange — sur le marché international des crédits d'émission ainsi générés.

Hier, le ministre de l'Environnement, John Baird, a déclaré qu'il n'était «pas du tout» d'accord avec une taxe sur le carbone au cours d'un point de presse en soirée annoncé à la toute dernière minute. Il a même prétendu que le gouvernement avait déjà, avec ses règlements, mis la table pour la reconnaissance du coût du carbone, ce que la classe environnementale conteste.

Du côté de l'opposition, autant le Parti libéral, le Bloc québécois que le NPD ont appuyé favorablement le rapport et se réjouissent de ce qu'un prix sur le carbone soit enfin proposé. Les trois partis préfèrent les quotas d'émission à la taxe au carbone sans toutefois être fermés à cette dernière. Le chef libéral Stéphane Dion s'était prononcé pendant la course au leadership contre une telle taxe.

Les raisons de cette préférence sont diverses. «D'abord, parce qu'on ne sait pas vraiment ce que c'est, une taxe sur le carbone, a expliqué le libéral John Godfrey. Ensuite, beaucoup croient que le fardeau sera sur les consommateurs, les gens qui achètent de l'essence ou se chauffent au gaz naturel. La perception populaire, c'est que le fardeau ne sera pas sur les grandes compagnies.»

Le bloquiste Bernard Bigras estime qu'il en va de l'équité. «Parce qu'on peut alors tenir compte des efforts passés, ce qui est impossible avec l'imposition d'une taxe uniforme.» Nathan Cullen, du NPD, croit que les producteurs d'énergie doivent être visés en premier et que les quotas sont le meilleur véhicule pour le faire.

L'industrie devance le gouvernement

Paradoxalement, l'industrie de l'énergie fossile commence elle aussi à se réchauffer à l'idée d'apposer un prix sur le carbone. Ainsi, l'Association canadienne du gaz, qui regroupe les distributeurs de ce combustible, tels que Gaz Métro ou TransCanada Pipelines, se réjouit de ce rapport.

«Le rapport dit qu'il doit y avoir un prix du carbone établi pour toute l'économie, et mon industrie est d'accord avec cela», dit Michael Cleland, président de l'Association. M. Cleland avait été consulté par la Table ronde. Il indique que son regroupement n'a pas encore décidé s'il préférait une taxe à un système de quotas. Toutefois, il réfute l'idée que le système d'échange est plus équitable que la taxe. «Au contraire, si vous avez amélioré votre efficacité dans le passé, alors vous consommez moins d'énergie, alors vous serez moins soumis à une éventuelle taxe.»

Des organismes aussi opposés que le Conseil canadien des chefs d'entreprise et l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique ont aussi accueil avec bonheur le rapport d'hier.






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  • martin grenier
    Inscrit
    mardi 8 janvier 2008 05h34
    ges
    « Que celui polue doit payer mais a la fin vous aller voir que c'est le petit qui va payer
    grenier.martin@videotron.ca »

  • Gilles Théberge
    Abonné
    mardi 8 janvier 2008 07h45
    Vive les cochons... de payeurs
    « Toutes ces propositions plus farfelues les unes que les autres me laissent un goût amer. Qui est assez con pour s'imaginer que le fait de taxer davantage va de quelque manière réduire la pollution ? !

    Taxer va faire monter le coût de la vie point final. Ceux qui ont del'argent ne s'en rendront pas compte, ceux qui n'en n'ont pas en auront encore moins.

    Si ces crétins de politiciends étaient sérieux, ils instaureraient un système de vases communiquants. Faire payer plus pour des activités polluantes, mais faire payer moins pour des activités non polluantes.

    Par exemple, et ce n'est qu'un exemple il y en aurait d'autres, baisser les prix de l'électricité qui est une énergie propre, proportionnellement à l'augmentation de la taxe sur le prix de l'essence dont la consommati0on est une activité polluante.

    Autrement dit, punir le pollueur, mais récompenser le non pollueur.

    Quand verrons nous un politicien en exercice admettre que le prix de la pollution a un effet d'appauvrissement plus grand que le gain économique de l'ensemble des activités non polluantes?

    Quand verrons nous ça ? En l'an 3000... Mais comme disait l'autre, nous, nous serons morts, mon frère! »

  • andré michaud
    Inscrit
    mardi 8 janvier 2008 08h14
    Nationalisme vs environnement?
    « Espérons que M.Harper se décidera enfin à changer d'idée et avoir un plan vert..car il est à prévoir que les québécois pour des raisons nationalistes ne voteront pas Stéphane Dion aux prochaines élections et favoriseront la réélection de M.Harper..Au Québec, les vieilles querelles et polilicailleries fédéral/provincial sont plus importantes que l'environnement...et c'est bien dommage. Alors il ne me reste qu'à espérer un miracle et une conversion de M.Harper..Mais comme me le dit ma fille, peut-être les humains ne méritent pas de vivre plus longtemps, puisque ce n'est pas leur priorité que la vie et qu'ils préfèrent les chicanes stériles basées sur la race, la religion etc...??? IL est à prévoir que la planète se passera merveilleusement de la race humaine et ses stupidités...vive la VIE! »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mardi 8 janvier 2008 10h03
    Harper a un plan vert plus efficace qu'on le dit
    « Quand on visite le site du gouvernement fédéral on remarque le secteur environnement est très vivant. Il ne se passe pas une semaine sans que le gouvernemenrt agisse dans un secteur ou l'autre. Les ciommuniqués et partenariat sont légions.

    Stéphane Dion, le défenseur du protocole de Kyoto, n'a pas agi depuis la signature du protocole en 1996 et presque trente ans de pouvoir libéral.

    En janvier 2007, moins d'un an depuis son élection, le gouvernement Harper annonce que le site le plus pollué au Canada, Sidney Steel sur l'Ile du Cap Breton, sera dépollué en partenariat avec le gouvernement néo-écossais pour un montant de 400 millions. Cet automne, il annoncait la dépollution de la Baie d'Hamilton sur le bord du Lac Ontario en même temps qu'il annoncait des zones protégés dans les Terriroires du Nord-Ouest et le grand Lac des Esclaves. Ces deux sites étaient pourtant en tête de liste des cibles à dé^polluer du protocole de Kyoto. Alors, qui a agi et qui n'a que parlotté ???

    Entre les paroles et les gestes environnementaux, il y a un monde que les libéraux n'ont jamais franchi sauf pour s'emplir les poches et celles de leurs amis les écolos qui ont eu beaucoup de subventions pour des études pour intervenir dans les BAPE et sonner des alarmes sans fondement scientifique. Pour Sidney Steel, il y a eu 5 BAPE en trente ans sans gestes concrets. Il a fallu Harper pour agir...

    La bourse sur le carbone est un détournement de fonds pour permetrre aux pollueurs de se donner bonne conscience en achetant le droit de pollueur en s'appuyant sur les succès des autres. La bourse européenne en avril dernier a chuté à 1,3 euro la tonne soit moins de 2$ canadiens la tonne de CO2. Or, La pénalité du gouvernement canadien pour contraindre les récalcitrants à dépolluer est fixée à 15$ la tonne de CO2. Devinez ce que ferons nos pollueurs ? Est-ce que ca va améliorer notre bilan énergétique autrement que sur papier ? Est-ce le droit d'acheter la paix auprès des kyotistes ? »

  • Eric Allard
    Abonné
    mardi 8 janvier 2008 13h01
    Payeurs?
    « Faisons payer les compagnies. Si l'une de ces compagnies décide de réduire ses émissions, elle n'aura pas à refiler la facture aux consommateurs et sera plus performante au chapître de la concurrence avec des meilleurs prix. »

  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 8 janvier 2008 17h34
    Séchage de cerveaux
    « Le lavage de cerveaux effectué par les partisans du néolibéralisme est terminé. Nous en sommes au cycle de séchage. Il est maintenant de bon ton de penser et dire que la meilleure façon de réduire l'émission des GES est de permettre aux plus grands pollueurs d'acheter de petits pollueurs le droit de continuer de polluer et, si cela ne suffit pas, de réduire eux-mêmes leurs émissions et de refiler la facture aux consommateurs.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Richard Larouche
    Inscrit
    mardi 8 janvier 2008 17h59
    @M Trudel
    « Mon dieu que le gouvernement conservateur réussi son opération de lavage de cerveau en propagant des opinions comme la vôtre! Je croirais entendre M Harper en personne nous raconter des vertes et des pas mûres...

    1) Le gouvernement conservateur n'a pas de plan vert; il a un plan noir : multiplier par 5 la production de pétrole avec les sables bitumineux!!!
    2) Les réductions basées sur l'intensité, c'est de la foutaise : les émissions de GES continueraient à augmenter sans cesse selon cette (absence de) logique, mais seulement plus lentement qu'à l'heure actuel pour un émetteur typique.
    3) Les quelques actions isolées des conservateurs que vous rapportez ne sont qu'une goutte d'eau dans l'océan en tenant compte de mon premier point. C'est ce qu'on appele un écran de fumée!
    4) Plusieurs pays européeens ont réussi à diminuer leurs émissions n'en déplaisent aux défenseurs de l'inaction que sont les conservateurs qui n'ont cessé de s'opposer aux actions pro-environnement d'envergure depuis plusieurs années.

    Conclusion : les conservateurs n'ont pas de plan vert, seulement du sophisme et, malheureusement, ils sont efficaces pour berner une partie des citoyens.

    L'instauration d'un de ces deux mécanismes serait au moins un bon pas dans la bonne direction »

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