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Harper au Québec : ouverture ou écran de fumée ?

Manon Cornellier   25 septembre 2009 06h37  Canada
Ottawa — Depuis son élection en janvier 2006, le premier ministre Stephen Harper courtise assidûment les Québécois. Selon les sondages, il y réussit assez bien mais, au-delà des symboles, ses actes sont-ils à la hauteur des promesses contenues dans son fédéralisme d’ouverture? Le 19 décembre 2005, le chef conservateur Stephen Harper amenait sa caravane électorale à Québec pour y exposer sa vision du fédéralisme. Son discours regorgeait de promesses et imposait un nouveau vocable: fédéralisme d’ouverture.

Le programme était ambitieux et était exprimé de manière à flatter les sensibilités québécoises. «Nous reconnaîtrons l’autonomie des provinces et les responsabilités culturelles et institutionnelles spéciales du gouvernement du Québec», avait-il dit. Stephen Harper s’engageait à donner aux provinces un plus grand rôle dans leurs domaines de compétence sur les questions internationales. Il citait comme exemple la présence du Québec à l’UNESCO. Suivaient de près la résolution du déséquilibre fiscal et l’encadrement du pouvoir fédéral de dépenser dans les domaines de compétence provinciale.

Absente du programme: la promesse de reconnaître la nation québécoise, qui est pourtant devenue le symbole de ce fédéralisme d’ouverture. Ce silence n’avait rien de surprenant puisque Stephen Harper s’est toujours opposé à toute attribution d’un statut particulier au Québec.

Mais à l’automne 2006, virage. Le premier ministre présentait une motion à la Chambre des communes affirmant que les Québécois forment une nation «au sein d’un Canada uni», un geste provoqué par une initiative du Bloc visant à reconnaître la nation québécoise, mais sans référence au Canada. On ignore toujours ce que M. Harper entend par «nation québécoise», mais devant l’absence d’émoi dans le reste du pays, il n’hésite pas à s’en servir pour charmer les Québécois.

Au-delà des symboles
Directrice de l’Institut d’études canadiennes de l’université McGill, Antonia Maioni constate que la motion sur la nation, «ça ne veut pas dire grand-chose dans le reste du pays alors qu’au Québec, ça sert avant tout d’arme politique». La politologue exprime beaucoup de réserves quand vient le temps d’examiner le bilan conservateur depuis le discours de Québec. «Ce qu’on voit depuis [les élections], c’est un peu de mouvement sur la forme mais pas nécessairement sur le fond», résume-t-elle. Elle convient que Stephen Harper a fait une place au Québec dans la délégation canadienne à l’UNESCO mais se demande en quoi cela accroît l’autonomie recherchée par le Québec.

Le discours que tient M. Harper au Québec semble, en apparence, au diapason de la population. «Mais je ne suis pas sûre que ce soit le cas sur le fond», ajoute-t-elle. Son scepticisme va plus loin. «On ne sait pas où M. Harper s’en va exactement ni si la direction proposée est la même au Québec et dans le reste du pays.» En tout cas, les perceptions de son approche diffèrent, constate-t-elle, et le gouvernement cultive cette ambiguïté.

Professeur à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa, Claude Denis hésite à porter un jugement définitif. Il trouve que la motion sur la nation, «qui ressemble à une bouteille vide en attente de contenu», a permis à M. Harper de marquer des points à un moment où on commençait à s’interroger sur le sens de son fédéralisme d’ouverture. À son avis, on ne peut pas prédire où cela mènera, car «il est plausible que des forces politiques chercheront à s’en servir».

Une vision bien ancrée
Le reste du programme du gouvernement conservateur est, selon Claude Denis, cohérent avec la philosophie conservatrice de décentralisation et de réduction de la présence de l’État dans la vie des citoyens. «Ce n’est pas strictement cosmétique sans pour autant être une révolution.»

Stephen Harper a effectivement toujours défendu le respect des compétences provinciales tout en préconisant un rôle prépondérant du fédéral dans le maintien de l’union économique canadienne. Il l’avait inscrit dans le programme du Parti réformiste en 1987 et l’a répété durant la course à la direction de l’Alliance canadienne en 2002. Le discours du Trône du 16 octobre allait dans le même sens, ce qui pourrait expliquer en partie son insistance à créer une commission des valeurs mobilières canadienne. Malgré l’opposition du Québec.

Stephen Harper a abandonné certaines idées. Il y a 20 ans, il suggérait «la conclusion d’un accord offrant des transferts inconditionnels de l’assiette fiscale du gouvernement fédéral aux provinces, transferts qui seraient ajustés pour tenir compte du développement économique différent des provinces».

En mars dernier, le fédéral a offert des fonds aux provinces pour corriger le déséquilibre fiscal mais rien de plus. Aucune solution permanente, comme un transfert de points d’impôt, n’a été mise en avant. Claude Denis n’en est pas étonné puisque les provinces elles-mêmes n’en exigent pas plus. Selon lui, elles craignent de se voir blâmées pour la hausse subséquente des taxes provinciales pendant que celles du fédéral baisseraient.

Qui dépense?
Un flottement règne aussi autour de l’encadrement du pouvoir de dépenser, une demande centrale du Québec. Le discours du Trône d’octobre dernier est revenu sur le sujet et des échanges ont eu lieu entre Ottawa et une majorité de provinces. On attend toujours le projet de loi cependant. Il devrait être présenté d’ici le printemps, a déjà dit le ministre Lawrence Cannon.

Mais la solution envisagée s’annonce moins ambitieuse que ce que souhaitait Québec. Selon le discours du Trône, cet encadrement ne toucherait que les futurs programmes à frais partagés et la compensation financière offerte aux provinces serait conditionnelle. Le gouvernement Charest veut qu’au minimum, le projet s’applique aussi aux programmes existants, explique-t-on au bureau du ministre Benoît Pelletier.
Claude Denis pense que la frilosité fédérale pourrait être attribuable à une «certaine désillusion des conservateurs». «La difficulté à établir des relations harmonieuses avec plusieurs provinces a eu un peu raison de leur bonne volonté», croit-il.
***
Collaboratrice du Devoir






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  • Michel Lebel
    Inscrit
    vendredi 21 décembre 2007 07h02
    Un gestionnaire
    « Stephen Harper ne poura jamais satisfaire la principale demande des souverainistes! Ni celle de bien des nationalistes, qui se résume ainsi: toujours plus et n'être jamais satisfait. Et Stephen Harper a compris que son mandat principal, comme premier minstre, est de voir à l'unité canadienne. Mais cet homme politique n'est pas un homme de vision et il gère tant bien que mal la chose publique. Pour le Québec, il joue la carte nationaliste, suivant ainsi les conseils de son mentor Brian Mulroney. Ça ne vole pas haut, mais ça peut permettre de gagner des élections! C'est la méthode classique pour séduire le Québec. »

  • Georges Paquet
    Abonné
    vendredi 21 décembre 2007 07h24
    Bravo et merci. Voyons ce que veut dire "nation québécoise".
    « Bravo pour cette analyse éclairante. Merci d'avoir souligné que l'on ignore toujours ce que M, Harper entend par "nation québécoise".

    Je voudrais préciser que si on sait pas tout à fait ce que M. Harper entend pas cette notion, on sait avec assez de précision ce qu'elle ne veut pas dire.

    Plusieurs journalistes et chroniqueurs ont soutenu que ce serait le Québec que M. Harper et la Chambre des communes auraient reconnu comme nation. Cette notion se répand, mais elle ne me semble pas juste.

    Je ne dis pas que le Québec ne peut pas se définir comme nation, je dis que ce n'est pas ce que M. Harper a voulu faire.

    Je voudrais démontré que ce sont les canadiens francophones que M. Harper et les parlementaires fédéraux ont voulu reconnaître comme nation. Je maintiens que l'intention et les déclarations, en Chambre, des parlementaires de tous les partis vont dans le sens de la reconnaissance d'une réalité historique à l'effet que ce sont les "canadiens", comme s'appelaient autrefois les francophones par opposition aux "anglais", qui se sont ensuite appelés les "canadiens-français" et ensuite les "Québécois" qui forment une nation au sein du Canada, qu'ils résident au Québec ou ailleurs.

    Revoyons donc brièvement comment on en est venu à cette résolution, et ce que les auteurs de ce projet ont vraiment voulu faire. Car, si elle devait, un jour, examiner la valeur juridique de cette reconnaissance, la Cour se demanderait quelle avait été l'intention du législateur à l'époque de son adoption. Revenons donc en novembre 2006.

    Le Premier ministre Stephen Harper a déclaré en déposant sa motion, le 22 novembre 2006: "Les Québécois savent qui ils sont. Ils savent qu'ils ont participé à la fondation du Canada, à son développement et à sa grandeur. Ils savent qu'ils ont préservé leur langue et leur culture unique, et qu'ils ont fait progresser leurs valeurs et leurs intérêts au sein du Canada. La vraie question est simple: les Québécoises et les Québécois forment-ils une nation au sein d'un Canada uni? La réponse est oui. Les Québécois et les Québécoises forment-ils une nation indépendante du Canada? La réponse est non, et elle sera toujours non."
    Stéphane Dion, le Chef de l'Opposition a déclaré le 27 novembre 2006:" Au sens ethnique, le Québec et le Canada ne sont pas des nations, mais les Canadiens français le sont, laquelle nation est principalement concentrée au Québec, mais présente partout au Canada."
    Et il a ajouté: Au deuxième sens du mot "nation", le sens étatique, le seul qui confère une existence juridique en droit international, c'est le Canada, et lui seul, qui est une nation.Au troisième sens du mot "nation", le sens sociologique, nous, les Québécois, sommes une nation, puisque nous formons, au sein du Canada un groupe assez vaste - près du quart de la population -, que nous avons la conscience de notre unité et la volonté de vivre en commun. En ce sens, c'est exact de dire que les Québécois et Québécoises forment une nation au sein d'un Canada uni. Je voterai donc pour la motion qui nous est soumise."
    Les principaux lieutenants québécois du Parti au pouvoir, les ministres Lawrence Cannon et Maxime Bernier ont abondé dans le même sens.
    M. Cannon a dit en Chambre, le 23 novembre 2006: "Depuis 1792, quand le premier Parlement du Canada s'est réuni à Québec, jusqu'à nos jours, nous nous sommes appelés Canadiens puis Canadiens français et maintenant Québécois. Mais ce ne sont pas les autres qui nous ont nommés. Nous n'avons jamais demandé à nos partenaires des autres provinces qui nous étions."
    Et Maxime Bernier, le 27 novembre " Les Québécois savent qui ils sont. Ils savent qu'ils ont participé à la fondation du Canada, qu'ils ont aidé à façonner le pays dans toute sa grandeur. Notre motion est importante pour l'ensemble des Canadiens parce que c'est un geste de réconciliation. C'est important de reconnaître que les Québécois ont réussi à préserver leur langue et leur culture unique tout en faisant partie de la fédération canadienne." Et un peu plus loin, il ajoute: "Le présent débat porte seulement sur les Québécois en tant que nation, et non sur le Québec en tant que nation. La différence est énorme."
    Il me semble que l'on peut déduire logiquement de ce qui précède que si, un jour, la Cour devait se prononcer sur la valeur juridique de cette motion elle se demanderait, comme elle le fait habituellement, ce qu'était l'intention du législateur en adoptant cette motion. Or il faudrait ignorer toutes les déclarations dont nous venons de parler pour arriver la conclusion que c'est le Québec qui aurait été reconnu comme nation. (Notons, en passant, que le Sénat a décidé le 28 novembre 2006, de ne pas se saisir de cette question. C'est pourquoi, il n'est pas juste de soutenir que ce serait le "Parlement canadien" qui aurait adopté cette motion.)
    On sait pourtant qu'une information mal ficelée, même fausse, répétée pendant des années devient une vérité historique. On se souviendra comment de nombreux citoyens, dans les années `80 soutenaient que le Québec devait utiliser plus fermement la menace de son droit de veto pour amener le Gouvernement fédéral et les autres Provinces a reculer propos de certaines initiatives. On se souviendra surtout qu'invoqué à l'occasion de conférences constitutionnelles, les cours ont statué que ce droit pouvait peut-être avoir un certain poids politique, mais qu'il n'avait pas d'existence juridique. Ce fut la dernière fois que l'on songea à utiliser ce supposé droit de veto.

    Je crains qu'il en soit ainsi à propos de la reconnaissance de la "nation québécoise" par la Chambre des communes si on ne fait pas attention à ce qu'elle veut vraiment dire.

    Georges Paquet »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 21 décembre 2007 08h31
    Porte fédérale entrebâillée seulement
    « Pour l'autonomie des provinces, les Conservateurs font mieux que les Libéraux depuis Trudeau, Chrétien, Martin et Dion les mousketaires de la centralisation canadienne et le dernier petit mousketeau Justin Trudeau qui n'arrète pas de nier la nation québécoise comme une idée fixe héritée du paternel "just watch me".

    Faudrait maintenant que les Conservateurs mettent la pédale douce en Afghanistan et sur l'accélérateur pour Kyoto si ils veulent faire une plus grande percée au Québec. »

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    vendredi 21 décembre 2007 08h59
    Harpeur : Gérant de franchise
    « En tant que gérant de franchise du complexe-militaro-media-industriel de la junte Bush/Cheney au Canada; Harpeur fait simplement tout ce qu'il peut pour rester au pouvoir.

    Les "canuks" étant, un tant soit peu, moins stupides, naïfs, aliénés et bons soldats que les amerloques; il se doit de ratisser plus large, quitte à exploiter la trâlée d'analphabètes fonctionnels que constitue l'électorat adéquiste.

    La stratégie des bouts de miroirs (reconnaissance de la nation ) et des couvertures infectées (le supposé vrai pouvoir à Ottawa) fonctionne à merveille.

    Comment expliquer que des admirateurs de la bande de criminels de guerre et coupables de crimes contre l'humanité et d'obscurantistes religieux "born again" réussissent ce sinistre coup d'éclat ?

    Il n'y a qu'à constater la qualité du pablum journalistique que Mindfuck Inc. nous sert quotidiennement et l'emprise total des élites du pouvoir économique sur nos vies tel que démontré par le taux d'endettement et le gouffre grandissant entre les possédants et la plèbe. La croissante alchimie entre les corporations psychopathes et le laxisme des élus confirme la donne en cimentant le fascisme tel que compris par Mussolini : "Le Fascisme devrait plutôt être appelé Corporatisme, puisqu'il s'agit en fait de l'intégration des pouvoirs de l'état et des pouvoirs du marché."

    "The conscious and intelligent manipulation of the organized habits and opinions of the masses is an important element in democratic society. Those who manipulate this unseen mechanism of society constitute an invisible government which is the true ruling power of our country."-Edward Bernays, Propaganda

    Quand on se demande : "Qui mène le monde ?" , fort est-il d'admettre que l'on ouvre une boite de pandore à multiples pans de compréhension dont on ne peut que sortir écorché tellement dure est la réalité des réponses qui s'imposent.

    Une des notions la plus difficile à admettre, parce qu'elle va à l'encontre même de l'évolution de la pensée humaine, est le fait que nos maîtres considèrent qu'il est autrement plus facile de gouverner une bande d'analphabètes incultes que des citoyens bien informés parce qu'il devient alors un jeu d'enfant de les transformer en simples consommateurs.

    Big Média l'a compris quand Edward Bernays leur a expliqué les ficelles de l'auto-aliénation. Depuis, propagande, information et divertissement ne font plus qu'un.
    En véhiculant un narratif hors duquel la compréhension de notre monde devient une entreprise échevelée prise aux risques et périls d'une grandissante ostracisation, on nivèle par le bas en ratissant de plus en plus large. Le rouleau compresseur est si efficace que la sphère (bulle) médiatique est devenue pour la majorité la "réalité" face à laquelle tout est jaugé.

    Références : Le documentaire The Corporation, les enquêtes d'Éric Laurent et Greg Palast, le site web de l'économiste Rodrigue Tremblay qui a compris beaucoup trop de choses pour qu'on l'invite dans les médias locaux. (www.TheNewAmericanEmpire.com )
    et l'extraordinaire effort de la bande du Centre de la Recherche sur la Mondialisation. (www.mondialisation.ca)

    L'immense majorité de nos scribouillards locaux auraient avantage à consulter avant de nous pontifier de leurs âneries quotidiennes.

    Bonne année quand même, God bless Canada, the Queen and all fascist regimes !

    Because ;)

    What God wants, God gets, God help us all !

    HOPE FOR THE BEST
    http://www.youtube.com/watch?v=3JLc5dqZCOU

    Meanwhile...

    "We are watching a poorly staged rendition of Wag the Dog , interpreted for the morbidly stupid and performed by the criminally insane." - Jules Carlysle

    For indeed...

    Politics is the entertainment branch of industry. - Frank Zappa »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 21 décembre 2007 09h24
    À courte vue
    « Selon Claude Denis, de l'université d'Ottawa, le reste du programme du gouvernement conservateur est cohérent avec la philosophie conservatrice de décentralisation et de réduction de la présence de l'État dans la vie des citoyens. Il s'agit d'un jugement à bien courte vue. Comme aux États-Unis sous George W. Bush et le gouvernement républicain, qui ont promis de réduire la taille et le rôle de l'État, jamais ce dernier ne s'est tant immiscé dans la vie des citoyens au nom de la loi et l'ordre (judéo-chrétien). Je soupçonne monsieur Denis d'avoir été conquis par le discours néolibéral.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    vendredi 21 décembre 2007 10h26
    Vers une approche positive
    « UNESCO, Harper, Gouvernement, Canada (Pays), Québec (province)

    Si le Canada anglais peut un jour comprendre le Québec, c'est par l'approche de monsieur Harper qu'il pourrait le faire. Monsieur Mulroney avait tracé la voie.

    Les idées trudeauistes courrent encore chez les libéraux. Voltaire avait dit: " Mentez mentez, il en restera toujours quelque chose".

    Espérons que les jalons posés par monsieur Harper dirigent la politique canadienne vers un avenir meilleur. »

  • Steve Boudrias
    Inscrit
    vendredi 21 décembre 2007 17h53
    Quand Stephen Harper fait le grand écart
    « On peut dire ce qu'on veut de Stephen Harper mais on ne peut pas dire que le politicien confédéral n'est pas agile. C'est un véritable athlète. Si la politique était de la gymnastique, monsieur Harper pourrait aisément faire partie du Cirque du Soleil comme acrobate, clown ou metteur en scène hors pair.

    Cela étant dit, il faut bien comprendre que le talent politique n'est pas une garantie de succès. En d'autres termes, la ruse est bénéfique, mais elle n'est pas nécessairement un gage de réussite.

    Pourquoi ? Parce que Stephen Harper et les forces de l'ARC (Allianciste-Réformiste-Conservatrice) ne comprennent rien au Canada imaginée par John A. MacDonald, réformée par Laurier et consolidée par Trudeau dernièrement.

    1) Stephen Harper compte sur l'immobilisme du Bloc Québécois et l'inaction chronique du PLC pour gagner du temps ;

    2) Les forces de l'ARC n'auront pas suffisament de temps pour se peindre en Vert avant la prochaine échéane électorale ;

    3) Les néo-libéraux réformistes déguisés en Conservateurs (dépouillés de leur ancien qualificatif "progressiste") sous-estiment la percée du NPD à Westmount ET les alliances stratégiques possibles entre le BQ et le PLC.

    Quelques explications :

    1) Occuper l'échiquier politique en essayant d'embrigader le BQ dans une tentative de réforme anti-constitutionnelle du Sénat est une erreur grave que monsieur le premier ministre devra faire passer en Ontario ET au Québec - la province dont la devise est Je me souviens... et qui se souvient d'avoir rejeter le Sénat triple E de Brian Murlroney lors de l'accord de Charlottetown. Sorry, sir, try again ! Vous dites ? Ah, il table sur le fait que Gilles Duceppe et Jack Layton vont y voir une occasion de faire passer leur désir d'abolition sénatoriale pour des réalités référendaires ? Come on ! Tout le monde sait aux Communes que Harper tente d'abolir la mémoire des gouvernements confédéraux passés afin d'y éliminer ce qui pourrait éventuellement s'opposer à sa volonté de pouvoir hégémonique reliée à la position privilégiée de Premier Ministre dans une monarchie constitutionnelle fonctionnant de manière bi-camérale (avec deux chambres parlementaires). Bref, monsieur Harper, vous connaissez très mal les bases historiques et traditionnelles ayant donné naissance au pays que vous gouverner si mal de manière aussi autoritaire. Dernière chose : si vous pensez que Gilles Duceppe ne pourra pas dénoncer votre tentative de réforme constitutionnelle illégale et que Stéphane Dion ne peut pas se transformer en autorité inébranlable de l'orthodoxie de l'Acte de l'Amérique du Nord Britanique, vous vous mettez le doigt de véto du Québec dans l'oeil, monsieur le PM.

    2) Un gouvernement minoritaire ne se dirige pas plus longtemps que deux ans, messieurs des Forces de l'ARC, et lorsque vous serez obligés de déclencher les partielles en Ontario, vous aurez moins le sourire, ma belle bande de petits futés néo-conservateurs mal déguisés.

    3) Si vous croyez que vous pouvez obliger encore une fois le BQ à vous suivre dans un référendum pan-canadien sans que l'unité de tout le Canada en souffre, vous rêver les yeux ouverts, monsieur Harper. Si vous croyez que l'industrie pétrolière ne causera pas une crise environnementale MAJEURE en Alberta, cher monsieur qui vous reposez actuellement à Calgary en riant tranquillement dans la barbe que vous ne portez pas, vous vous trompez encore une fois. Rien n'empêche Gilles Duceppe de se ranger derrière Jack Layton ET Stéphane Dion concernant afin de bloquer vos vélléités de réformes environnementales ET sénatoriales. Comment ? Tout simplement en invoquant un vice de procédure en chambre parlementaire. Ce qui provoquera, très cher petit futé au bedon rebondissant à chaque question de vos adversaires aux Communes, la chute de votre mauvais gouvernement.

    Car, au fond, la guerre en Afghanistan n'a pas fini de vous donner des maux de têtes, monsieur. Votre manie de toujours vouloir "outsmarter" les indépendantistes, les néodémocrates ET les libéraux confédéraux EN MÊME TEMPS, c'est du délire complet. Et quand bien même vous réussiriez à en convaincre un seul de vous suivre dans votre volonté de diriger le pays à la Trudeau en vous inspirant de Mulroney dans votre approche au Québec, vous allez vous casser la gueule solide... ou causer la rupture claire et net du pays en trois ou quatres morceaux à moyen terme.

    En conclusion, monsieur Harper, vous devez choisir qui vous êtes : un trudeauiste ou un disciple de Mulroney. De plus, vous devrez nous expliquer pourquoi vous ne percez jamais le mur de l'Ontario alors que vous parlez très bien anglais et que SUPPOSÉMENT, vous êtes un homme si intelligent et qui inspire autant confiance en vos moyens...

    Je ne vous souhaite pas bonne année, monsieur le premier ministre, je vous souhaite plutôt "Bonne chance !". »

  • Steve Fortin
    Abonné
    vendredi 21 décembre 2007 19h45
    @ M. Lebel et G. Fafard - ces satanés séparatisses!
    « « Les souverainistes et nationalistes qui en veulent toujours plus et ne sont jamais satisfaits » tant qu'à dire de telles inepties, pourquoi ne pas demander à Harpeur, ce théoricien qui, il n'y a pas si longtemps prônait lui-même la « séparation » de l'Alberta et ensuite la ligne dure envers ces « chiens de séparatistes » comme les appelle parfois dans les journaux du sun média dans l'ouest certains chroniqueurs et columnists amis des réformistes, pourquoi ne pas demander à ces repentis de protéger notre héritage francophone ? Croyez-vous vraiment un seul instant que n'eut-été de ce fond de colonisés conservateurs, ce vieux fond bleu, qui pourrait lui assurer une majorité, sa seule avenue possible car AUCUN AUTRE CANADIEN N'ACCEPTERAIT DE LAISSER LES RENNES DE L'ÉTAT À CET IDÉOLOGUE DE L'EXTRÊME-DROITE qui contrôle tout, le message, le contenu, les mensonges (environnement, défense, nucléaire la semaine dernière).

    L'unesco : motion vide qui n'accorde aucun droit de parole au Québec, un seul droit de représentation qui passe, comme toujours, par la bouche des bonzes harpeuriens.

    La nation québécoise : ha! Ai-je besoin d'en rajouter !!! franchement, dans un canada uni, vous existez SI ET SEULEMENT SI vous le faites selon nos conditions, selon les paramètres que fixe l'état canadien. Un poing sait tout!

    Tous les employés du gouvernement fédéral (et j'en suis) savent maintenant que n'existe que la volonté du premier ministre. Au péril de tout paralyser dans l'état fédéral, celui-ci tient mordicus à tout contrôler, toujours de façon partisane et dans son seul dessein électoraliste.

    Allez amis du vieux fond bleu, accordez la majorité à Harpeur. Ainsi nous continuerons à nous ridiculiser à la face de la planète (traités en violation du droit international en environnement, sur la question des autochtones, de la peine de mort, du nucléaire, les mines antipersonnelles) c'est pas grave! Au moins ce ne sera pas les méchants séparatisses qui seront là, ces satanés chialeux qui en veulent toujours plus!!! »

  • Michel Galarneau
    Abonné
    vendredi 21 décembre 2007 20h10
    les bien pensant
    « laisser les, vous administres et les creux iront au cieux.je suis pu capable! »

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 22 décembre 2007 04h40
    À Steve Fortin
    « Cher Monsieur,
    Comme payeur de taxes, on devrait s'attendre à ce qu'un fonctionnaire canadien démontre un minimum de respect pour le système dans lequel il a décidé volontairement de travailler. On ne demande pas à un fonctionnaire de partager toutes les idées du Premier ministre, mais au moins de respecter le poste qu'il occupe et surtout le fonctionnement de notre démocratie, car les Canadiens ont voté dans ce sens, et ils auront un jour l'occasion de se prononcer à nouveau.

    On ne s'attendrait pas à ce qu'un travailleur dans un restaurant, où il souhaite continuer à gagner sa vie, dise à tout le monde, sans preuve, que le Chef n'est pas bon et que la nourriture l'est encore moins. Si par malheurs cela était vrai, on se demanderait pourquoi il ne se cherche pas un autre emploi. À moins qu'il n'ait vraiment pas envie de faire autre chose.
    Georges Paquet »

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