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Entretien avec Le Devoir - Duceppe veut au moins 38 sièges pour demeurer chef du Bloc

19 décembre 2007  Canada
Gilles Duceppe a l’intention de continuer à diriger le Bloc québécois tant qu’il aura la confiance des électeurs.
Photo : Agence Reuters
Gilles Duceppe a l’intention de continuer à diriger le Bloc québécois tant qu’il aura la confiance des électeurs.
Ottawa — Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, trace en quelque sorte une ligne dans le sable. Il restera à la barre du parti souverainiste fédéral seulement s'il remporte plus de sièges que ses adversaires dans la province lors des prochaines élections générales. Des élections qu'il prédit pour les premiers mois de 2008.

L'avenir du leader bloquiste alimente périodiquement les discussions politiques, et ce, depuis quelques années déjà. Encore cet automne, un quotidien concurrent avait fait enrager Gilles Duceppe en titrant que celui-ci préparait sa sortie. Archi-faux, avait-il répliqué. En entrevue de fin d'année accordée au Devoir hier, M. Duceppe a plutôt indiqué qu'il restera à la barre du Bloc encore longtemps, à moins de perdre la confiance des électeurs. Une confiance qu'il dit mesurer par le nombre de sièges obtenus au prochain scrutin.

Puisqu'il ne peut, après tout, être le «chef éternel» du Bloc québécois, prépare-t-il une stratégie de sortie pour éviter une répétition de sa gênante volte-face de mai dernier? «J'espère que le Bloc québécois ne sera pas éternel non plus», lance d'abord Gilles Duceppe à l'autre bout du fil.

Et il ajoute: «Je suis en pleine forme, je crois en ce que je fais et l'objectif, c'est que le Québec devienne un pays. Ce n'est pas fait, et ça, c'est mon objectif. Tant et aussi longtemps que j'aurai cette confiance [des électeurs et des militants], la santé pour continuer — car il faut être en forme, quand même — et le désir et les convictions que j'ai, j'ai bien l'intention de continuer. Il y en a qui sont arrivés bien plus vieux que je ne le suis en ce moment en politique et ils ont été premiers ministres!»

Gilles Duceppe, 60 ans, rappelle qu'à la suite de sa candidature avortée à la chefferie du Parti québécois, au printemps dernier, il a demandé à ses députés et au conseil général du Bloc de lui réaffirmer leur confiance, ce qu'ils ont fait à 95 %. Le congrès général du parti aura lieu quant à lui en octobre 2008. Mais, avoue-t-il, «les électeurs risquent de se prononcer avant les militants». Et comment conclut-on avoir obtenu la confiance des Québécois lors d'élections générales?

«Si on finit premier ou pas, répond M. Duceppe. C'est encore plus simple [qu'avec les militants]: on gagne ou on perd. On n'en sort pas. Et je suis persuadé qu'encore une fois, on terminera premier comme on l'a fait en 1993, en 1997, en 2000, en 2004 et en 2006.»

M. Duceppe parle sans aucun doute de sièges et non du pourcentage de votes obtenus, car c'est à ce seul titre qu'il peut prétendre à une victoire aux élections de 2000. Cette année-là, en effet, les troupes de M. Duceppe avaient remporté 38 sièges et le Parti libéral de Jean Chrétien, 36, mais ce dernier avait récolté 44 % des suffrages, contre 40 % pour la formation souverainiste. Il faut 38 sièges sur 75 pour obtenir une majorité au Québec.

Depuis qu'il existe, le Bloc québécois a toujours obtenu plus de circonscriptions que tous les autres partis politiques réunis, mais la prochaine bataille générale risque d'être plus corsée. Les derniers sondages, toutes firmes confondues, placent le Bloc à égalité avec le Parti conservateur de Stephen Harper. Gilles Duceppe a déjà mené ses troupes à quatre élections générales.

Le chef bloquiste écarte par ailleurs la possibilité qu'il se présente aux élections et annonce peu de temps après son départ de la vie politique. «Je demande un mandat et je vais le faire, ce mandat-là», assure-t-il en entrevue.

Des élections d'ici quelques semaines

Pour Gilles Duceppe, il ne fait aucun doute que le pays se retrouvera en campagne électorale d'ici quelques semaines, en janvier ou en février. «Je vois mal comment on pourrait ne pas être en campagne électorale en début d'année, que ce soit un peu avant le budget s'il y a des journées d'opposition ou à cause d'une proposition sur la mission en Afghanistan», dit M. Duceppe.

La Chambre des communes reviendra de son congé de Noël le 28 janvier. C'est la date à laquelle l'ex-ministre libéral John Manley doit en principe remettre ses recommandations sur la suite à donner à la mission militaire canadienne au pays d'Hamid Karzaï. Un vote pourrait alors avoir lieu, auquel cas il serait considéré comme un vote de confiance.

La Chambre siégera trois semaines avant de faire encore relâche. Tout porte à croire que le budget fédéral, que les confortables surplus permettront d'être généreux, sera ensuite déposé. Il s'agira encore là d'un vote de confiance. S'ils veulent renverser le gouvernement conservateur avant que celui-ci ne distribue ses largesses, les partis d'opposition devront déposer une motion de défiance pendant ces 15 jours ouvrables. Pour cela, toutefois, encore faut-il que le gouvernement accepte de tenir une journée d'opposition. Celles-ci, obligatoires, peuvent être retardées jusqu'à la fin d'une session parlementaire.

Prêt pour les élections

Gilles Duceppe affirme par ailleurs être prêt pour des élections. «On a plus de 40 candidats choisis, dit-il. Leurs photos sont prises, la mienne aussi d'ailleurs. L'argent va très bien dans les comtés. On est vraiment bien équipé pour faire une campagne.» Il ajoute que «la thématique et la stratégie sont prêtes» et qu'il suffira de faire les ajustements de dernière minute pour tenir compte du contexte dans lequel le gouvernement minoritaire sera tombé. «Si le gouvernement tombe avant le budget sur une question précise, on ne pourra toujours bien pas l'ignorer!»

Le Bloc québécois détient 49 sièges au Québec, contre 11 pour les conservateurs, 12 pour les libéraux, un pour le NPD et deux indépendants (André Arthur et Louise Thibault).






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 19 décembre 2007 07h49
    Tactique réfléchie ou pas ?
    « M. Stéphane Dion, en bon fédéraliste qui, comme son poulain Justin "petit trot" Trudeau, continue de nier l'existence de la Nation québécoise, s'est écrasé au Québec "pour ne pas diviser le vote fédéraliste" sauf dans l'ouest de Montréal afin de faciliter l'election de Connservateurs au Québec ce qui nuit au Bloc. Un bon fédéraliste aime mieux voir un fédéraliste élu à Ottawa même si c'est son principal adversaire. C'est le "tout sauf un séparatissssss". »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 19 décembre 2007 08h45
    La Marois a déjà des couteaux pointé en sa direction
    « Avec ce but plus qu'insignifiant, Duceppe prépare sa sortie. Prépare-t-il sa venu à Québec? Une venue qu'il a laissé passée lors de la dernière course? On sait tous qu'avec la forme actuel de la représentation et le clivage du vote au Québec il est très possible d'avoir plus de 50% des sièges avec beaucoup moins que 50% des votes. Pourquoi Duceppe n'a t il pas fait le vrai choix démocratique: celui des votes?.

    De toute façon, la Marois est mieux de surveiller ces arrière, Duceppe prépare les couteaux, il doit dabords les nettoyer du sang des chefs précédents.

    Je ne suis pas le plus grand fan de Harper, mais lui il a montré du leadership et comme on dit il a de la gouvernail je lui accorderai, comme je l'espère la majorité de Québécois, mon vote au prochaines élections. »

  • andré michaud
    Inscrit
    mercredi 19 décembre 2007 09h03
    Le mal de Bloc
    « Voteriez-vous pour un parti provincial qui ne voudrait représenter que la côte nord? Voteriez-vous pour un parti municipal qui ne voudrait représenter qu'un quartier de la ville? Si l'existence du PQ au provincial est légitime (se battre au Québec pour leur vision du Québec) celle du bloc (se présenter au national pour ne représenter qu'une région, et tenter de toujours tirer la couverte du côté Québec) tient de l'absurde.

    Le Bloc devait ne durer que temporairement, il s'éternise.C'est vrai qu'il y a de beaux fonds de pensions à en retirer pour les députés...et qu'aucun ne les refusera par conviction personnelle.

    Ceux qui ont voté Bloc ont fait passer Harper et contribué à la fin à Kyoto.Étais-ce ce qu'il y avait de mieux à faire pour notre environnement? Si aux prochaines élections les Libéraux ne sont pas élus ce sera l'enterrement de la cause environnementale au Canada.Est-ce vraiment un choix logique de voter au fédéral pour un parti anti-canadien qui ne sera jamais au pouvoir??? »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mercredi 19 décembre 2007 09h47
    Profession: fonctionnaire-politicien!
    « Au-delà de ses propos d'usage et à moins de continuer à s'incruster encore dans le but d'augmenter ses "émoluments fédéraux", Gilles Duceppe sait pertinemment qu'il a fait le "tour du jardin"! Maintenant âgé de 60 ans, qu'est-ce qui le retient d'autre, alors même que l'objectif suprême du mouvement souverainiste est sous le boisseau au moins jusqu'à son éligibilité à la pension de vieillesse? »

  • Jacques Léger
    Inscrit
    mercredi 19 décembre 2007 10h53
    Un homme indécis
    « SOUS DES DEHORS DE BRAVADE SE CACHE UN HOMME INDÉCIS ET QUI, SELON MOI, CHERCHE EN QUELQUE SORTE UNE PORTE DE SORTIE. DUCEPPE A FAIT PLUS QUE SON TEMPS ET SA PRÉSENCE INSISTANTE DESSERT LES FORCES SOUVERAINISTES À QUÉBEC COMME À OTTAWA. IL EST ENCORE POSSIBLE QUE LE BLOC GAGNE UNE MAJORITÉ DE SIÈGE AU QUÉBEC MAIS L'AMBIGUITÉ DUCEPPE VA À PLUS LONG TERME SÉRIEUSEMENT LE DESSERVIR.

    JACQUES LÉGER, MONTRÉAL »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 19 décembre 2007 11h22
    @ l'Archambault
    « On connait depuis longtemps le penchant de l'Archambault pour les conservatisme. Il vient de le confirmer de njouveau. Bravo pour tenir votre idée fixe l'Archambault. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 19 décembre 2007 11h28
    @ André Michaud
    « Bien oui, on serait bien mieux avec Stéphane "il n'y a pas de nation québécoise" Dion qui était ministre Libéral quand le Canada a le plus augmenté la polution à la place de la réduire comme le demandait le protocole de Kyoto. »

  • Etienne Merven
    Inscrit
    mercredi 19 décembre 2007 11h55
    Duceppe sait compter...
    « Duceppe sait compter, c'est au moins ça! Pour avoir jappé contre le Canada pendant des années à Ottawa, pour avoir desservi le Québec pendant des années (lisez Chantal Hébert) et pour avoir manipulé les Québécois en leur mentant pendant des années, car il a toujours su que la souveraineté, séparation, indépendance et que sais-je est une chimère et ne se fera jamais, il sera récompensé en touchant une belle retraite FÉDÉRALE de quelque 120 000 dollars par an, à vie, Amen!
    Comme bon nombre le pensent, le Bloc ne sert à rien, si ce n'est permettre à une poignée d'élus de vivre sur le dos de la bête fédérale. Et dire qu'il y a encore des gens qui votent pour le Bloc... Duceppe nous appelle à l'aide : comme il souhaite au moins 38 députés, votons intelligemment et élisons 37 Bloquistes; ainsi, Duceppe pourra s'en aller la tête haute et vivre sur le dos du fédéral jusqu'à sa mort. C'est un beau projet, ça! »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mercredi 19 décembre 2007 12h47
    Duceppe le gérant d'estrade
    « Un gérant d'estrade qui se scandalise devant le prix prohibitif du régistre des armes à feu et travaille pour le maintenir parle des deux bords de la bouche.

    Duceppe a pensé abandonner son poste pour deveniur le chef du PQ et en 24 heures devant l'arrivée de Mme Marois change d'idée. Il démontre ainsi qu'il n'a pas de couilles et d'échine.

    Un parti qui défend les québécois et ne fait que constater que Harper a livré la marchandise en nous reconnaissant comme nation même si le fils à PET le nie encore.

    Quelqu'un qui crie que le fédéral l'écrase avec ses $$$ et qui voit un premier ministre reconnaissant le déséquilibre fiscal et verse 2,3 milliards pour le prouver est un gérant d'estrade qui n'a plus sa raison d'être aux communes.

    Je préfère être au pouvoir et avoir un premier ministre qui livre ce qu'il promet qu'un chialeux qui se sert des sondages pour se donner de l'importance qu'il n'a pas. Le bloc doit disparaitre de la scène fédérale, après 17 ans, il s'est trainé assez les pieds... »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    mercredi 19 décembre 2007 13h10
    Bon débarras
    « Gilles Duceppe est un opportuniste, au même titre que Mario Dumont, et il a perdu toute sa crédibilité, au printemps dernier, lors de la course à la chefferie du Parti Québécois, où il a perdu la face....

    Il nous a prouvé, à ce moment-là, en quittant le bâteau avant qu'il ne sombre et en abandonnant son équipage à bord, que le Bloc Québécois n'avait plus sa raison d'être et qu'il prenait l'eau de toute part.

    Je souhaite que les québécois en tiendront compte lors des prochaines élections au fédéral.





    Bon débarras »

  • François Thivierge
    Inscrit
    mercredi 19 décembre 2007 21h28
    Aux fédéralistes enragés
    « Décidément, M. Duceppe, chef du Bloc Québécois, donne des bouttons à l'équipe de rédacteurs désignés par les fédéralistes enragés et ayant pour mission de "varger" sur celui qui représente, un peu trop efficacement à leur goût, les intérêts des Québécois.
    Le concept de "nation", que les conservateurs agitent pour tout et pour rien, s'est révélé si vide de sens qu'ils ne peuvent même plus concevoir que les électeurs ne sont pas dupes. Alors, ils ne leur reste qu'à tenter de salir. Salir d'abord celui qui assure, avec grande compétence et le plus honnêtement du monde, la représentation du Québec à Ottawa.
    Jamais nous n'avons été si bien servi sur la scène fédérale car, justement, les députés du Bloc ne visent pas, eux, la "limousine avec le flag". Ils ne visent seulement et uniquement à promouvoir les intérêts du Québec et à promouvoir le plus noble projet pour un peuple, sa souveraineté politique .
    Ben achalant !
    Surtout avec un Gilles Duceppe à leur tête et qu'une multitude de fédéralistes de toutes les provinces aimeraient bien l'avoir de leur bord...

    François Thivierge »

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