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Le Canada accusé de vouloir saboter Bali

Alec Castonguay   7 décembre 2007  Canada
«Les gens sont inquiets, c’est clair. Certains pays, comme le Canada, font tout pour ne pas prendre leurs responsabilités.»
Photo : Agence France-Presse
«Les gens sont inquiets, c’est clair. Certains pays, comme le Canada, font tout pour ne pas prendre leurs responsabilités.»
Ottawa — L'alliance officieuse qui semble se tisser à Bali entre le Canada, les États-Unis et le Japon a créé des remous hier à Ottawa, où les partis d'opposition ont accusé le gouvernement Harper de vouloir «affaiblir» la lutte contre les changements climatiques, ce qui pourrait mener à l'échec des négociations en cours sur la phase 2 du protocole de Kyoto.

À la conférence sur les changements climatiques qui se déroule actuellement en Indonésie, le Canada, les États-Unis et le Japon sont de plus en plus perçus comme le trio des «mauvais garçons», comme le soulignait hier le quotidien anglophone Times of India, le grand journal de l'Inde.

Les trois pays ont en effet adopté des positions de négociations très semblables qui placent le développement économique sur le même pied d'égalité que l'environnement. Le Canada et le Japon ont signé la première phase de Kyoto, qui se termine en 2012, mais pas les États-Unis, seul pays industrialisé à ne pas l'avoir fait. À Bali, les pays négocient la phase 2 de Kyoto, qui s'échelonnera de 2013 à 2020.

Le Japon a été le premier à annoncer qu'il était «essentiel» de ne pas affecter la croissance économique des pays. Dans un geste qui avait toutes les allures d'un ballet diplomatique soigneusement orchestré, le Canada a immédiatement enchaîné avec une position similaire.

Les fonctionnaires canadiens sur place ont soutenu qu'il devait y avoir un «équilibre» entre l'environnement et la «prospérité économique». La déclaration canadienne affirme que la deuxième phase de Kyoto doit être «économiquement réaliste» et ne pas faire porter le fardeau des réductions à un pays en particulier. Les États-Unis ont ensuite pris le relais, affirmant que le prochain traité devait être «économiquement viable».

Le ministère de l'Environnement et le bureau du ministre John Baird ont refusé de fournir au Devoir le texte complet qui décrit la position canadienne défendue à Bali.

Des cibles d'ici 2020?

Le Canada, les États-Unis et le Japon ont aussi affirmé qu'il était important de réduire substantiellement les émissions de gaz à effet de serre (GES) qui causent le réchauffement de la planète d'ici 2050, mais ils n'ont pas parlé de cibles de réduction à plus court terme, soit d'ici 2020. C'est pourtant cette fourchette (2013-2020) qui est actuellement négociée à Bali. L'Union européenne (UE) s'est notamment engagée à réduire d'au moins 20 % ses émissions de GES entre 2013 et 2020 par rapport au niveau de 1990. L'UE pourrait même en faire davantage si d'autres pays sont prêts à la suivre.

Le Canada a peut-être été silencieux à ce chapitre parce qu'il a fait une entorse importante au protocole de Kyoto dans son récent plan vert. En avril dernier, le gouvernement Harper a dit vouloir réduire ses GES de 20 % d'ici 2020, mais par rapport au niveau de 2006 et non pas de 1990, comme le stipule le traité. Or les cibles de la phase 2 de Kyoto seront probablement élaborées à partir de l'année de référence 1990, ce qui place le Canada dans une situation difficile.

Agir d'ici 2020 est d'ailleurs «urgent», selon 200 scientifiques du climat réunis par l'ONU hier à Bali. Les GES doivent se stabiliser, puis entamer une décroissance importante d'ici 10 ou 15 ans, ont-ils affirmé. Dans le cas contraire, la planète pourrait bien dépasser le point de non-retour et devoir vivre avec des catastrophes climatiques importantes, notamment des inondations, des sécheresses et des tempêtes. «Il n'y a pas de temps à perdre», ont soutenu les scientifiques dans une déclaration commune.

Le Canada inquiète les autres pays

Plusieurs pays et groupes environnementaux n'ont pas apprécié les premiers gestes du Canada, du Japon et des États-Unis à la conférence de Bali. La Chine, dans un langage peu diplomatique, a accusé son rival japonais de vouloir «saboter» le processus de négociations. Pékin a d'ailleurs surpris bien des observateurs en se disant prêt à faire des efforts importants dans le nouveau traité.

Présent à Bali, Steven Guilbeault, d'Équiterre, a soutenu que le trio Canada-Japon-États-Unis semblait vouloir faire avaler une «pilule empoisonnée» aux autres pays, question de faire échouer les négociations en mettant l'économie au centre des pourparlers. Une situation qui rend plusieurs pays «nerveux». «Je n'ai jamais vu autant de pays se méfier du Canada depuis 12 ans», a-t-il dit au Globe and Mail.

Lors de la séance d'information matinale qui met en contact tous les analystes de Greenpeace, y compris ceux présents à Bali, l'ambiance n'était pas très bonne hier. «Les gens sont inquiets, c'est clair, dit Arthur Sandborn. Certains pays, comme le Canada, font tout pour ne pas prendre leurs responsabilités», dit-il.

Rappelons que Stephen Harper ne veut pas signer un nouveau traité sur les changements climatiques si la Chine, l'Inde et les États-Unis ne reçoivent pas de cibles contraignantes de réduction des GES. «L'attitude du riche qui ne veut rien faire si les autres ne font rien, ça ne mène nulle part», ajoute Arthur Sandborn.

Selon Greenpeace, le Canada ne cherche pas un «équilibre» entre l'environnement et l'économie, comme il le prétend. «Harper veut seulement qu'il n'y ait pas de désavantage économique, alors il tente de saboter les négociations», dit-il.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, abondait dans ce sens hier. «Il n'y a pas cet équilibre [dans la position canadienne]. Est-ce que des pays comme la Chine et l'Inde doivent avoir des cibles dans une phase 2 de Kyoto? Bien sûr que oui. Mais on doit tenir compte des émissions "per capita"», dit-il. Le Canada étant le pays qui émet le plus de GES par habitant sur la planète, il doit faire plus d'effort, estime le Bloc québécois.

Coincé sous le feu nourri des partis d'opposition, le premier ministre Harper a défendu sa position hier aux Communes. «Nous insistons pour que tous les pays, tous les grands émetteurs, adoptent des cibles pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ce ne sont pas les émissions "per capita" qui causent le réchauffement climatique, ce sont les émissions» en général, a-t-il dit en réponse à Gilles Duceppe.

Le gouvernement a répété que la Chine, l'Inde et les États-Unis doivent s'engager à réduire leurs GES dans la phase 2 de Kyoto. «Ils n'ont pas pris cette position encore», a dit Stephen Harper. Selon lui, ne pas exiger des efforts importants de réduction de la part des pays émergents en croissance rapide est «irresponsable».

Arthur Sandborn, de Greenpeace, estime qu'il faut attendre la fin de la conférence de Bali, le 14 décembre, avant de sauter aux conclusions, positives ou négatives. Le ministre John Baird, le chef de l'opposition officielle, Stéphane Dion, et les porte-parole du Bloc et du NPD sont d'ailleurs en route pour Bali, où les négociations vont entrer dans une phase plus intense au cours des prochains jours. Si Bali est une étape importante des négociations entourant la phase 2 de Kyoto, elle n'est toutefois pas la dernière.

Greenpeace ainsi que plusieurs autres groupes environnementaux (Coalition Québec-Kyoto, Équiterre, AQLPA, etc.) invitent d'ailleurs les Québécois à manifester leur appui à la lutte contre les changements climatiques, en marge de la conférence de Bali, lors d'une grande marche qui aura lieu samedi prochain, à 14h30. Le rassemblement se fera à l'angle de la rue Peel et du boulevard René-Lévesque, à Montréal. Ce type de manifestation aura également lieu dans plusieurs villes du monde.

***

Avec l'AFP et l'AP






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Vos réactions

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  • Lenseclaes Denis
    Inscrit
    vendredi 7 décembre 2007 06h36
    Pitié - ouvrons les yeux avant qu'il ne soit trop tard
    « Je supplie tous les gens qui ont un toit, par pitié ouvrons les yeux, agissons. Certaines personnes sont prêtes à parier sur l'avenir de l'humanité, ce n'est même pas de l'humanisme, c'est du nihilisme. Demain, c'est la journée internationale du climat, c'est le moment pour tous ceux qui considèrent la vie comme un don merveilleux de réagir, éveillons-nous. »

  • Mario Tremblay
    Abonné
    vendredi 7 décembre 2007 07h32
    Protéger l'économie!
    « Ce qui est complètement faux. Il s'agit de protéger les propriétaires actuels de l'économique et non pas l'économie. Quelle différence y a-t-il entre produire un char d'assault de 60 000 000$, destiné à être détruit, et prendre ce montant et créer une industrie de l'environnement? Les propriétaires. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 7 décembre 2007 07h55
    Faut que les plus gros pollueurs en fassent partie
    « Il est écrit plus haut : «Plusieurs pays reprochent à Ottawa, Washington et Tokyo de mettre l'économie au centre des négociations»

    C'est vrai mais, ceci étant écrit, tant que les États-Unis et les autres pays le plus pollueurs ne feront pas partie du protocole de Kyoto, les résultats vont être trop faibles pour la terre. M. Harper n'a pas tout à fait tort sur ça. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    vendredi 7 décembre 2007 08h24
    Que dit la science?
    « Les scientifiques nous disent que les grands changements climatiques dans l'histoire de la terre sont liés aux lois de la gravitation, et notamment à la forme de l'ellipse de la terre autour du soleil. Il paraît qu'on peut le constater aisément dans la grotte de Tautavel (450. 000 ans: « Depuis la nuit des temps, le climat a changé sur la planète et différents paysages se sont succédés dans la vallée de Tautavel. Depuis que l'Homme fréquente la grotte, il a connu une vallée couverte de sapins sous un climat très froid et très humide, des steppes arides lors des périodes froides et sèches, des forêts ou garrigues pendant les réchauffements.»), ou aussi grâce à des carottages océaniques. Que depuis 500. 000 ans, on constate des alternances de climat froid et chaud, à l'intérieur de cycles de 100.000 ans. Qu'on passe d'une période glaciaire à une période tropicale ou tempérée, et chaque fois la faune et la flore sont entièrement bouleversées. Il paraît que pendant le quaternaire (environ 1,8 millions d'années et cela désigne une période géologique récente (qui se poursuit actuellement) caractérisé par le retour de cycles glaciaires) les périodes froides sont plus longues, elles durent environ 80. 000 ans et sont suivies par des périodes chaudes ou tempérées de 20. 000 ans. La dernière période interglaciaire a débuté il y a 10.000 ans, elle va durer encore 10.000 ans, puis le climat se refroidira, des glaciers envahiront les zones arctiques et antarctiques et la mer s'abaissera de 120 mètres comme pendant les périodes froides du quaternaire.
    Dans ce sens, l'influence de l'homme sur le climat semble dérisoire en comparaison avec les effets de la gravitation. Actuellement donc, nous vivons depuis10.000 ans dans une période tempérée et il y a eu des moments plus chauds. Un exemple parmi tant d'autres, c'est la merveilleuse vallée des Merveilles dans l'arrière pays de Nice où j'ai vécu 12 années et que l'on atteint que par une très longue marche dans la montagne. On y trouve plus de 30 000 gravures primitives splendides. Les chercheurs disent que là, la forêt de mélèzes s'arrête à 2000 mètres d'altitude et que 6000 ans avant notre ère, dans la période dite de l'optimum atlantique, la forêt montait jusqu'à 2600 mètres. Il faisait donc nettement plus chaud que de nous jours. Il y avait même des palmiers en Bretagne au carbonifère (système géologique s'étendant de -359 à -299 millions d'années). Certes, Il est indispensable de reconstruire la variabilité climatique au cours du dernier millénaire afin de mettre en perspective le réchauffement récent dans le contexte de la variabilité naturelle du climat (avant l'émission massive de gaz à effet de serre dans l'atmosphère). Mais comment débroussailler cette jungle de données contradictoires pour y voir plus clair à tête reposée? J'aimerai bien que les scientifiques nous l'expliquent. »

  • Yves Poitras
    Inscrit
    vendredi 7 décembre 2007 08h26
    Comme c'est pratique
    « Les conservateurs qui ne feront rien en matière d'environnement tant que les états-unis, entre autres pratiques copains, ne s'engageront pas à agir.

    Mme Beauchamp nous sert une lettre bien sentie dans le Devoir d'hier. Nous voilà rassurés en toute beauté que le bon Québec, lui, serait irréprochable si ce n'était du méchant Canada.

    Les vertueux québécois élisent les conservateurs pour continuer de polluer en rond tandis que les élus québécois nous font "unanimement" bonne conscience.

    Nous ne pourrions davantage se sentir si fiers d'être contents.

    La perfection!



    Yves Poitras
    Québec »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    vendredi 7 décembre 2007 09h14
    Les écolos n'ont pas de mémoire
    « Ces écolos félicitent Jean Charest d'ajouter 350 millions dans la lutte à la pollution et fustigent le gouvernement Harper. Or, ce 350 millions fait parti du montant du déséquilibre fiscal de 2,3 milliards donné au Québec le printemps dernier par Harper.

    Donc, c'est de l'argent d'Ottawa que Charest injecte. Pourquoi ces écolos chialent-ils après Harper qui a ainsi transféré aux provinces 1,5 milliard pour lutter contre la pollution en plus subventionner l'achat de voitures hybrides, le Hydrogen Highway en Colombie Britannique, réglé le problème de pollution de la Sydney Steel, le site le plus contaminé au Canada, qui stagnait depuis 30 ans avec les écolos qui faisaient mémoires par dessus mémoires à des BAPE successifs. Il s'est aussi attaqué à la pollution du des grands lacs avec la dépollution du site à Hamilton, le deuxième pire site contaminé au Canada.

    Pourquoi cette gang d'intellos à la menthe ne se sont-ils pas mis à la tâche avant qu'Harper le fasse???

    On a beau signer les traités que l'on veut, quand on agi pas... »

  • Jean-Pierre Aubry
    Inscrit
    vendredi 7 décembre 2007 09h26
    Est-ce que les GES mettent en péril la croissance économique ?
    « Le gouvernement de Stephen Harper a été incapable jusqu'à présent de nous expliquer les fondements de sa position sur la réduction des gaz à effet de serre (GES). Il doit d'abord nous dire ce qu'il arrivera si rien n'est fait pour réduire les GES. Est-ce que la croissance économique au Canada et dans le reste du monde souffrira ou non de cette situation ? Après, nous pourrons discuter de ce qu'il faudra faire. Si la menace est faible, il y aura peu à faire. Si la menace est importante, il faudra beaucoup à faire.

    Le ministre de l'Environnement du Canada, John Baird tentait de nous expliquer, cette semaine la position que son gouvernement défendra en Indonésie dans les deux prochaines semaines. Cette stratégie continue d'opposer la protection de l'environnement à la croissance économique : "Avoir une approche équilibrée qui préserve la croissance économique et qui protège notre environnement." Ce principe reflète l'idée que la protection de l'environnement a un effet négatif à long terme sur la croissance économique. Il va totalement à l'encontre de l'idée qu'en protégeant l'environnement on protège également la croissance économique à long terme. Il rejette aussi l'idée qu'il serait acceptable de réduire à court et moyen terme la croissance de notre PIB si cela a pour effet de l'augmenter à plus long terme.

    Cette interprétation de la position du gouvernement fédéral est cohérente avec le dernier plan de réduction des GES de ce gouvernement qui aurait été conçu à partir d'un scénario de base qui nous dit que, si aucune nouvelle mesure n'est prise à cette fin, la croissance moyenne du PIB réel canadien se poursuivra comme par le passé et ne sera donc pas affectée (un taux d'un peu plus de 2% par année, au moins jusqu'en 2025) par ces émissions. On est donc loin d'une situation où la croissance des émissions de GES produirait, par le biais du réchauffement de la planète et de catastrophes écologiques, un ralentissement marqué de l'activité économique et encore plus loin d'une situation où il y aurait une forte réduction de l'activité économique. Notez la courte période(2007-2025) utilisée par le gouvernement Harper pour ces simulations, comme si une telle politique devait être évaluée sur une période de moins de 20 ans. Est-ce qu'une période beaucoup plus longue n'aurait pas dû être utilisée ? Ici, on parle de préserver la terre contre les effets de changements climatiques pour de très nombreuses décennies, sinon quelques siècles.

    Une fois que le gouvernement canadien nous aura donné son évaluation de la menace qui plane sur l'économie canadienne, nous pourrons mieux comprendre sa stratégie tant canadienne que mondiale. Entre temps, les gestes qu'il a posés ainsi que sa façon d'évaluer l'impact de ses politiques environnementales nous laissent croire que cette menace ne serait pas très importante et qu'il y aurait peu à faire. Les pays désireux de faire des efforts considérables pour réduire les émissions de GES ont bien raison d'être préoccupé par la position du Canada à la conférence de Bali.



    Jean-Pierre Aubry
    Président du Comité des politiques publiques
    Association des économistes québécois (ASDEQ) »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 7 décembre 2007 10h36
    Gros problème avec Steven Guilbeault
    « Comment peut-il faire parti d'un groupe de pression écologique et être en même temps commentateur à TVA et collaborateurs dans les Hebdos de Québécor?

    Est-ce que les verts sont purs au point d'être au-dessus de tous les conflits d'intéret? »

  • Jasette
    Abonné
    vendredi 7 décembre 2007 10h57
    Avec les conservateurs de monsieur Harper, le progrès se limite à baisser nos impôts.
    « Les canadiens qui votent conservateurs de monsieur Harper le font surtout parce qu'ils baissent nos impôts. C'est une vision à courte vu, sur le plan des responsabilités que nous avons face à notre avenir sur la planète. Monsieur Harper et le parti conservateur sont très pragmatiques. Le principe est relativement simple. Il s'agit pour eux d'attirer les mouches qui sont comme eux quand vient le temps de voter. Leur modus vivendi est d'agir dans le présent indépendamment des répercussions de notre avenir sur la planète. Quelqu'un pourrait-il me payer un beau voyage en fusée sur une planète viable? »

  • Thomas Duchaine
    Abonné
    vendredi 7 décembre 2007 11h13
    @ M. Bousquet
    « Outre les États-Unis qui n'ont pas ratifié le protocole, il faut comprendre que la Chine, l'Inde, le Brésil et les autres grands émetteurs développés ou en développement ont tous ratifié Kyoto. Ils n'avaient pas de cibles absolues à atteindre dans la première phase (phase qui devait être celle du «voici nous sommes de bonne foi» des grandes nations développées polluantes), mais dans la deuxième phase (actuellement en cours de négos à Bali) et la troisième et les autres, ces pays seront contraints à des cibles. C'est pourquoi on négocie. Mais pour négocier, il faut être assis à la même table et être de bonne foi. Les É.U. sont des saboteurs en ce sens, car ils s'invitent à la table sans avoir de cartes en main, juste pour faire du bruit et faire dérailler la partie importante qui se joue. Le tout au nom d'intérêts que nous connaissons tous...toujours les mêmes !! C'est scandaleux !! »

  • Thomas Duchaine
    Abonné
    vendredi 7 décembre 2007 11h29
    @M. Trudel
    « Quel rapport avec la mémoire ? Associer le choix de M. Charest au fait que l'argent vienne d'un transfert d'argent du fédéral vers le provincial, ne change rien au choix qu'il a fait. Il aurait pu mettre cet argent ailleurs...Et ne me dites pas que c'est grâce au fait qu'il a reconnu le déséquilibre fiscal...Tous nous savons que peu importe le gouvernement au pouvoir (À Ottawa comme à Québec), l'accumulation de surplus fédéraux année après année, ne pouvait que conduire à de nouveaux transferts...peu importe le nom qu'on aurait choisi de leur donner. Harper a été opportuniste c'est tout.

    Aussi pourquoi s'attaquer aux écolos en particulier ? Une vaste proportion de la population comprend les enjeux liés aux changements climatiques. Celle-ci comprend que cette question est d'abord et avant tout une question économique, qui intéresse de nombreux économistes et de nombreuses personnes du milieux des affaires. Beaucoup, comprenne que Kyoto ne remet pas en question le fait de faire des affaires, il remet en question la manière de les faire et surtout les grands propriétaires de l'économie actuelle.

    M. Trudel, votre réaction est symptomatique de votre courte vue, mais malheureusement vous n'êtes pas le seul... ce qui m'inquiète. »

  • Richard Larouche
    Inscrit
    vendredi 7 décembre 2007 13h48
    @M Trudel
    « Ce ne sont pas les écolos qui n'ont pas de mémoire. Le 350 millions n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan comparé aux privilèges inacceptables que le fédéral accorde aux pétrolières. Harper a le tour de berner les électeurs de cette façon. C'est comme la soi-disant reconnaissance de la nation québécoise qui, en réalité, ne veut absolument rien dire. Ou encore l'embauche de Pierre-Marc Johnson pour faire un écran de fumée, du vrai cinéma hollywoodien!

    Pourtant, il se fait un capital politique énorme avec des stupidités du genre. Dire que les écolos n'ont pas de mémoire est complètement faux, c'est le jugement critique qui est en déclin chez les électeurs qui seraient presque prêt à lui attribuer un gouvernement majoritaire (40% d'intentions de vote). Dégeulasse! »

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