Charest demande à Harper de faire preuve de leadership
Photo : Agence France-Presse
Québec — La lutte contre les changements climatiques se double ces temps-ci d'une lutte d'image entre Québec et Ottawa.
Québec presse Ottawa de changer de cap et de prendre enfin le leadership de la lutte contre les changements climatiques.
À la veille du départ de la délégation québécoise vers Bali, en Indonésie, où se poursuit la conférence des Nations unies sur la lutte contre les gaz à effet de serre (GES), le premier ministre Jean Charest a dit hier espérer que la position du gouvernement de Stephen Harper «évolue» rapidement et se rapproche de celle défendue par Québec.
Québec demande donc à Ottawa «d'assumer un rôle de leadership sur cette question-là, étant donné l'impact que cela a sur tous les citoyens du Canada», a dit M. Charest, en point de presse, en compagnie de la ministre du Développement durable, Line Beauchamp, qui représentera le Québec à Bali, au sein de la délégation canadienne.
Ottawa réagit
Même si, dans ses déclarations, le premier ministre Charest n'a jamais vraiment heurté de front son homologue fédéral, sa sortie n'a pas du tout été appréciée à Ottawa, car la Presse canadienne a reçu un appel du cabinet du premier ministre Harper, puis un autre de celui du ministre de l'Environnement, John Baird, sitôt après la diffusion d'une première dépêche sur le sujet. Car, si Québec peut se vanter d'espérer atteindre les objectifs de Kyoto, c'est grâce aux 350 millions de dollars versés par Ottawa en février dernier, quand le gouvernement Harper a décidé de redistribuer aux provinces les surplus engrangés dans ses coffres pour la lutte contre les GES, a répliqué en substance le porte-parole de M. Harper.
Québec fait bonne figure «grâce au gouvernement fédéral! C'est nous qui avons donné 350 millions de dollars. Je n'ai pas vu beaucoup d'action avant ça!», a renchéri le ministre Baird lors d'un entretien téléphonique, avant de prendre l'avion en direction de Bali.
De son côté, le premier ministre Charest n'a pas cherché à nier l'évidence. «Il ne faut pas chercher à diminuer les différences entre nous puis le gouvernement fédéral. Il faut dire les choses comme elles sont», a-t-il reconnu.
Toujours intarissable quand il est question de protection environnementale vue sous l'angle international, il a dit qu'il ne voulait pas voir le Canada se faire damer le pion par les États-Unis.
Du même souffle, il a rappelé qu'une élection présidentielle allait avoir lieu avant la fin de l'année aux États-Unis et que cela annonçait certainement «un changement de cap» radical, selon lui, sur la question du réchauffement de la planète.
Au Canada, «on devrait mener le débat», a-t-il tranché, jugeant que la seule question que tous les gouvernements au monde doivent se poser est la suivante: «C'est quoi, le prix de l'inaction? Quel prix devrons-nous payer si nous n'assumons pas notre leadership?»
Le Canada devrait s'inspirer du Québec et le citer en exemple, comme un État ayant démontré qu'il était possible de respecter le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre, a dit en substance le premier ministre.
La rencontre de Bali vise à fixer les conditions de négociations de la phase 2 du protocole de Kyoto, soit après 2012.
Le Canada est d'accord pour que les pays s'imposent à l'avenir des normes de réduction contraignantes d'émissions de GES, mais à la condition que tous les grands pays émetteurs — dont les États-Unis, l'Inde et la Chine — adhèrent à cette règle, une position que d'aucuns jugent irréaliste.
De plus, contrairement à Québec, Ottawa ne s'engage pas à respecter les objectifs de réduction fixés dans le protocole de Kyoto — soit une réduction de 6 % des émissions d'ici 2012, par rapport au niveau de 1990. Le plan du gouvernement fédéral repousse l'atteinte de Kyoto après 2020.
Par ailleurs, Québec a lancé hier un programme visant à inciter les municipalités à réglementer la marche au ralenti des moteurs de véhicules. Les conducteurs qui laisseront tourner leur moteur plus de trois minutes risqueront une contravention.
Le gouvernement investit aussi 38 millions pour valoriser les biogaz générés par certains lieux d'enfouissement.
Québec presse Ottawa de changer de cap et de prendre enfin le leadership de la lutte contre les changements climatiques.
À la veille du départ de la délégation québécoise vers Bali, en Indonésie, où se poursuit la conférence des Nations unies sur la lutte contre les gaz à effet de serre (GES), le premier ministre Jean Charest a dit hier espérer que la position du gouvernement de Stephen Harper «évolue» rapidement et se rapproche de celle défendue par Québec.
Québec demande donc à Ottawa «d'assumer un rôle de leadership sur cette question-là, étant donné l'impact que cela a sur tous les citoyens du Canada», a dit M. Charest, en point de presse, en compagnie de la ministre du Développement durable, Line Beauchamp, qui représentera le Québec à Bali, au sein de la délégation canadienne.
Ottawa réagit
Même si, dans ses déclarations, le premier ministre Charest n'a jamais vraiment heurté de front son homologue fédéral, sa sortie n'a pas du tout été appréciée à Ottawa, car la Presse canadienne a reçu un appel du cabinet du premier ministre Harper, puis un autre de celui du ministre de l'Environnement, John Baird, sitôt après la diffusion d'une première dépêche sur le sujet. Car, si Québec peut se vanter d'espérer atteindre les objectifs de Kyoto, c'est grâce aux 350 millions de dollars versés par Ottawa en février dernier, quand le gouvernement Harper a décidé de redistribuer aux provinces les surplus engrangés dans ses coffres pour la lutte contre les GES, a répliqué en substance le porte-parole de M. Harper.
Québec fait bonne figure «grâce au gouvernement fédéral! C'est nous qui avons donné 350 millions de dollars. Je n'ai pas vu beaucoup d'action avant ça!», a renchéri le ministre Baird lors d'un entretien téléphonique, avant de prendre l'avion en direction de Bali.
De son côté, le premier ministre Charest n'a pas cherché à nier l'évidence. «Il ne faut pas chercher à diminuer les différences entre nous puis le gouvernement fédéral. Il faut dire les choses comme elles sont», a-t-il reconnu.
Toujours intarissable quand il est question de protection environnementale vue sous l'angle international, il a dit qu'il ne voulait pas voir le Canada se faire damer le pion par les États-Unis.
Du même souffle, il a rappelé qu'une élection présidentielle allait avoir lieu avant la fin de l'année aux États-Unis et que cela annonçait certainement «un changement de cap» radical, selon lui, sur la question du réchauffement de la planète.
Au Canada, «on devrait mener le débat», a-t-il tranché, jugeant que la seule question que tous les gouvernements au monde doivent se poser est la suivante: «C'est quoi, le prix de l'inaction? Quel prix devrons-nous payer si nous n'assumons pas notre leadership?»
Le Canada devrait s'inspirer du Québec et le citer en exemple, comme un État ayant démontré qu'il était possible de respecter le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre, a dit en substance le premier ministre.
La rencontre de Bali vise à fixer les conditions de négociations de la phase 2 du protocole de Kyoto, soit après 2012.
Le Canada est d'accord pour que les pays s'imposent à l'avenir des normes de réduction contraignantes d'émissions de GES, mais à la condition que tous les grands pays émetteurs — dont les États-Unis, l'Inde et la Chine — adhèrent à cette règle, une position que d'aucuns jugent irréaliste.
De plus, contrairement à Québec, Ottawa ne s'engage pas à respecter les objectifs de réduction fixés dans le protocole de Kyoto — soit une réduction de 6 % des émissions d'ici 2012, par rapport au niveau de 1990. Le plan du gouvernement fédéral repousse l'atteinte de Kyoto après 2020.
Par ailleurs, Québec a lancé hier un programme visant à inciter les municipalités à réglementer la marche au ralenti des moteurs de véhicules. Les conducteurs qui laisseront tourner leur moteur plus de trois minutes risqueront une contravention.
Le gouvernement investit aussi 38 millions pour valoriser les biogaz générés par certains lieux d'enfouissement.
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