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Kyoto: Baird affronte la tempête

La position canadienne ne pourra être atteinte à Bali, reconnaît le ministre

Alec Castonguay , Alexandre Shields   27 novembre 2007  Canada
Le ministre fédéral de l’Environnement, John Baird, et le chef de l’opposition, Stéphane Dion, ont eu des échanges très musclés sur la question des changements climatiques, hier, aux Communes.
Photo : Agence Reuters
Le ministre fédéral de l’Environnement, John Baird, et le chef de l’opposition, Stéphane Dion, ont eu des échanges très musclés sur la question des changements climatiques, hier, aux Communes.
Le ministre fédéral de l'Environnement, John Baird, a reconnu hier que la position rigide du Canada concernant un nouveau traité international de lutte contre les changements climatiques n'a aucune chance de faire consensus lors des négociations qui auront lieu à Bali du 3 au 14 décembre. Le gouvernement Harper estime que la phase II du protocole de Kyoto doit voir le jour uniquement si les États-Unis, la Chine et l'Inde en font partie, à défaut de quoi le Canada ne signera pas l'entente.

Aux Communes, l'opposition s'est déchaînée contre les intentions du gouvernement Harper et a décrié avec une rage mal contenue les propos du premier ministre, qui a affirmé dimanche que le protocole de Kyoto était une «erreur». Les partis d'opposition affirment que le Canada doit au contraire faire preuve de leadership et montrer l'exemple.

Le ministre John Baird a reconnu hier que l'objectif canadien qui consiste à réunir les États-Unis, l'Inde et la Chine à l'intérieur d'un nouveau traité qui les contraindrait à réduire leurs gaz à effet de serre (GES) n'était pas réaliste à court terme. «Je pense que les Nations unies ne s'attendent pas à ce que ça se produise», a-t-il dit en parlant de la conférence de Bali qui s'ouvre la semaine prochaine. Sera-t-il possible de réaliser cet objectif avant la fin des négociations prévues au plus tard en 2009? Le ministre Baird n'a pas voulu s'avancer.

Les États-Unis n'ont pas signé le protocole de Kyoto actuellement en vigueur, alors que l'Inde et la Chine l'ont fait. Ces derniers n'ont toutefois pas de cibles précises de réduction de GES à atteindre d'ici 2012, puisqu'ils sont des pays en développement. En 1997, les signataires de Kyoto ont convenu que les pays industrialisés, responsables de la vaste majorité des GES depuis un siècle, devaient d'abord faire un effort.

Mais pour la phase II du protocole qui doit débuter en 2012 et dont les modalités sont actuellement en négociations, pas question de reconnaître ce principe, a déjà indiqué Stephen Harper. En ce sens, le premier ministre juge que le protocole de Kyoto est une «erreur». «Nous n'accepterons pas un cadre qui est contraignant pour certains pays, mais pas pour d'autres», a-t-il dit dimanche lors de la clôture de la réunion des chefs de gouvernements du Commonwealth, à Kampala, en Ouganda. À cette rencontre, plusieurs pays ont critiqué l'attitude du Canada, qui a empêché la signature d'une déclaration forte sur les changements climatiques.

Coincé sous le feu nourri des partis d'opposition aux Communes, le ministre de l'Environnement a défendu la position canadienne hier. «Nous pensons qu'il est important que tous les grands pays agissent pour combattre les changements climatiques. Tous les grands pays doivent faire leur part», a dit John Baird.

Une position injustifiable

Mais les groupes environnementaux estiment que la position canadienne est injustifiable. Greenpeace a accusé Stephen Harper de «mener ouvertement une campagne de désinformation et de sabotage concernant le protocole de Kyoto». Le responsable de la campagne Énergie et climat de Greenpeace, Arthur Sandborn, a rappelé que les pays industrialisés sont responsables d'environ 80 % de l'accumulation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Ils ne représentent pourtant que 25 % de la population mondiale. Fait à noter, chaque canadien produit en moyenne 20 tonnes de CO2 par an, comparativement à 3,84 tonnes par personne pour la Chine et 1,2 tonne par personne pour l'Inde.

«Le protocole de Kyoto est basé là-dessus, a poursuivi M. Sandborn. Les pays membres de l'ONU se sont entendus pour que ce soient les pays industrialisés qui prennent d'abord le leadership de la réduction des émissions, puisqu'ils disposent de beaucoup plus de ressources financières, techniques et humaines pour relever ce défi. En un mot, la Chine et l'Inde n'ont pas causé ce problème. Cette responsabilité, c'est celle des pays industrialisés, donc la nôtre.»

Le porte-parole d'Équiterre, Sidney Ribaux, juge lui aussi impensable de lier un engagement canadien à une obligation pour des pays comme la Chine et l'Inde d'en faire autant. Il a également fait valoir que le protocole de Kyoto prévoit déjà certaines mesures ciblant la Chine et l'Inde, dont des transferts de technologie en provenance des pays riches. Il ne voit dans les propos de Stephen Harper que la plus récente stratégie des conservateurs «pour ne rien faire pour lutter contre les changements climatiques et pour s'assurer qu'on ne fasse rien le plus longtemps possible, tant au Canada que dans le monde».

Une approche différenciée?

Le ministre Baird a toutefois ouvert la porte hier à une approche plus souple pour certains pays en développement, même si ces derniers, dit-il, doivent tout de même accepter de recevoir des cibles obligatoires de réduction des GES. John Baird reconnaît que les pays riches ont une responsabilité plus grande que les pays pauvres dans le phénomène du réchauffement planétaire, mais qu'il ne faut pas pour autant «revenir en arrière» et imposer toutes les réductions aux pays industrialisés.

«Ce qu'il faut, c'est que tout le monde participe à l'effort, a dit le ministre de l'Environnement. Mais, évidemment, il y a des différences nationales que l'on peut prendre en considération. Par exemple, la Chine a un grand nombre de ses citoyens qui vivent dans la pauvreté. D'autres pays ont une population qui grossit rapidement. Ces circonstances devraient compter dans le calcul. Le Canada est un pays plus riche, alors nous pouvons en faire plus et plus vite.» Le ministre a cité le protocole de Montréal sur l'élimination des produits qui nuisent à la couche d'ozone comme étant un exemple à suivre. Dans ce traité, les pays en développement avaient davantage de temps pour se conformer aux exigences.

Matthew Bramley, de l'Institut Pembina, a pour sa part prévenu que le Canada ferait «obstacle» à la table des négociations à Bali. Or, il faut que cette rencontre internationale soit un succès, estiment les groupes écologistes. «Il faut s'entendre sur le mandat de négociation qui va nous mener aux prochaines cibles de réduction des gaz à effet de serre pour la période allant de 2012 à 2020, donc les enjeux sont très importants», soutient Sidney Ribaux.

L'opposition furieuse

Les partis d'opposition aux Communes se sont déchaînés contre le premier ministre Harper hier, passant toute la période de questions à rivaliser de superlatifs accusateurs: «saboteur», «criminel environnemental», «lobbyiste des pétrolières»...

Selon le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, les conservateurs ont un objectif caché en mettant la barre très haut en vue des négociations internationales. «C'est pour plus facilement passer sous la barre. C'est la seule raison. C'est de l'hypocrisie», a-t-il dit, ajoutant que les intentions des conservateurs sont claires depuis longtemps. «Ils ont tout fait pour ralentir la ratification de Kyoto [quand ils étaient dans l'opposition]. Ils disaient que c'était un complot socialiste.»

Pour «surveiller» le gouvernement Harper à Bali, le critique bloquiste en matière d'environnement, Bernard Bigras, a réservé son billet d'avion, sa chambre d'hôtel et son accréditation, le tout avec son propre argent. Il ne lui reste que quelques ficelles à attacher, a-t-on appris. Il sera vraisemblablement le seul député de l'opposition sur place. Rappelons que le ministre Baird a rompu avec la tradition et a refusé d'amener avec lui les députés de l'opposition à cette grande conférence sur le climat.

Le chef libéral, Stéphane Dion, a demandé au premier ministre de respecter la volonté internationale. «Il faudrait que le gouvernement se retienne dans son envie de saboter la conférence de Bali. Je ne peux pas être plus exigeant que ça avec un gouvernement qui ne croit pas aux changements climatiques.» Selon lui, un véritable leadership consiste à prêcher par l'exemple et non pas à dire à la Chine et à l'Inde: «Allez-y, sinon je n'y vais pas.» «C'est une recette pour la catastrophe», a-t-il dit.

Le chef adjoint du NPD, Thomas Mulcair, a affirmé que les conservateurs ne pouvaient pas continuer à se cacher derrière l'incompétence des libéraux, «qui n'ont rien fait pour combattre les changements climatiques», et maintenant derrière la Chine et l'Inde pour refuser de bouger.
 
 
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  • Lenseclaes Denis
    Inscrit
    mardi 27 novembre 2007 07h25
    Le bonheur exterminateur de l'occidental n'est pas négociable
    "En un mot, la Chine et l'Inde n'ont pas causé ce problème. Cette responsabilité, c'est celle des pays industrialisés, donc la nôtre". Je ne suis que trop d'accord avec cela et même si à notre place d'autres auraient PEUT ETRE fait la même chose.

    Egoïsme et irresponsabilité ont souvent été de paire. Qui a dit "Le niveau de vie des « GENTILS » n'est pas négociable". Il est triste que cette civilisation soit tellement centrée sur son plaisir qu'elle en est prête à jouer son avenir aux dés (et celui des autres). En plus ces gens qui font LE pari sont souvent des parents.

    Comme le disait très bien le Dalai-lama : "Tant qu'à être égoïste, soyons-le de manière intelligente" ... on en est très loin.

  • Hubert Grégoire
    Abonné
    mardi 27 novembre 2007 07h31
    Arpès la tempête
    Harper se permet d'agir ainsi, d'agir comme s'il était majoritaire et que sa position reflétait effectivement celle du Canada (et non de l'Alberta) parce que l'opposition devant lui est apathique. Ce n'est pas en déchirant sa chemise sur tous les sujets (personnes âgés, force du dollar, changement climatique) qu'ils forceront le gouvernement à changer ses positions. Il faut que le gouvernement craigne être défait en chambre, ce qui n'est pas le cas présentement (merci à Stéphane Dion). Une campagne électorale en hiver serait bienvenue pour le Canada même (surtout) si le seul résultat est d'expulser Dion du siège conducteur de l'opposition officielle.
    Le plus inquiétant dans cette histoire, ce n'est pas que Harper dise des énormités au nom du Canada, c'est que la population (via le peu de support aux partis d'opposition) le laisse faire impunément... La plupart des canadiens se disent très préoccupés par l'environnement, mais n'osent pas en faire une condition pour voter pour (ou contre) un parti. C'est ca le plus inquiétant.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mardi 27 novembre 2007 08h21
    Harper a raison
    Je ne suis pas le plus grand fan de Harper, mais il faut dire que à ce sujet il a entièrement raison. Pourquoi se mettre des menottes économiques, en s'imposant des contraintes majeur qui nous coûterons très cher en argent et en emploie, quand des géant de l'économie que sont la Chine, les États Unis et il ne faut pas le dénier les nouvelles économies émergentes que sont l'Inde et les autres. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut rien faire pour diminuer la pollution, mais il ne faut surtout pas s'affaiblir économiquement. Oui le Canada doit être un leader, mais pas un leader affaibli par ses actions. Kyoto est une belle intention, mais si il ne s'applique pas ou n'est pas suivit par ceux qui on le plus grand potentiel économique et qui en même temps polluent le plus à quoi bon ? Le Canada s'affaiblirait et ces autres pays deviendraient encor plus forts et plus pollueur sans qu'ils n'aient aucun désir de changer.

    Ce qu'il faut c'est mettre TOUS les pays, peu importe leur niveau de développement et de richesse dans le même bateau, imposer des sanctions économiques si forte que leur économie ne pourrait pas y survivre, et imposer ces mêmes sanctions à ceux qui ne les imposent pas. Alors, tous auront les mêmes menottes aux mains et la partie sera égale. M. Harper protège et travail pour le Canada en agissant de la sorte.

  • Rémi Lavoie
    Abonné
    mardi 27 novembre 2007 08h38
    Les enfants d'Harper vont creuver comme les autres...
    Les enfants de M. Harper vont creuver comme les nôtres... dans 50 ans... La différence c'est qu'eux pourront dire "Papa" n'a rien fait pour nous...

  • Éric Derrien
    Inscrit
    mardi 27 novembre 2007 09h16
    Dans 20 ans
    Mr Harper, que direz-vous à vos petits enfants dans 20 ans lorsqu'il vous demanderons pourquoi il y a-t-il autant de catastrophes et de pollution sur notre Terre ? J'aimerais vraiment pas être à votre place à ce moment-là ...
    Alors, Canadiens et Canadiennes, soyons aussi intelligents que nos Amis Australiens ! Mettons ensemble ce gouvernement-voyou hors d'état de nuire aux prochaine élections !

  • Robert Turcotte
    Inscrit
    mardi 27 novembre 2007 09h53
    John Baird: le ministre fédéral de la Pollution...
    Ce gouvernement conservateur va à contre-courant du consensus international démontrant l'urgence d'agir le plus tôt possible contre les GES. Selon un rapport du gouvernement du Royaume-Uni, on pourrait stabiliser le niveau des GES maintenant à un côut denviron 1% du PNB mondial, mais si nous agissons plus tard, cela pourrait coûter 20% du PNB mondial. Alors le choix est évident: adhérer à Kyoto,suivre les recommandations du GIEC et se débarrasser de ce gouvernement coservateur aux prochaines élections fédérales.

  • Denise Dallaire
    Abonnée
    mardi 27 novembre 2007 10h03
    Plus qu'un criminel environnemental!
    Ce que fait Harper, c'est ni plus ni moins qu'un crime contre l'humanité! Quand on sait ce que les scientifiques prévoient, maintenant avec autant de certitudes, on peu facilement en déduire que des gens en mourront dans l'avenir, par manque d'eau potable entre autre... Ce seront les plus pauvres. Je rage! Est-ce légitime à partir de maintenant, de voter pour le parti conservateur? Je crois que non. L'hypocrisie et la désinformation devraientt être interdites! Sinon, on va devoir composer avec cette démagogie assassine qui ruine la démocratie pour le restant de l'histoire humaine.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mardi 27 novembre 2007 10h17
    Oui, débarassont nous de ce gouvernement, mais par qui le remplasserons nous?
    Oui, les Québécois le montre clairement dans ces commentaires, ils demandent que ce gouvernement soit remplacé, ils ne veulent pas de Dion qui est pourtant le roi absolu de l'environnent. Mais qui alors aurions nous, NON ne me faite pas rire pas le NPD, et surtout ne me faite pas ch.... oups pleurer avec le bloc car cela ne sortira pas Harper du pouvoir ni lui fera peur.

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    mardi 27 novembre 2007 10h56
    Seul contre tous!
    L'arrogante déclaration de Stephen Harper voulant que le protocole de Kyoto soit une « erreur » à ne pas répéter doit faire plaisir à tous les États et chefs d'État qui ont signé lendit protocole et le mettent en oeuvre, l'Union européenne en particulier, fort critique envers le Canada. Il est évident que S. Harper cherche à camoufler son attitude consistant à ne rien faire, sous des arguments théoriquement logiques et rationnels. Hélas! La faiblesse de ces arguments est par trop évidente pour que quiconque y croie. Dire, je ne fais rien parce que mon voisin ne fait rien est un argument inepte. Si mon voisin laisse son terrain en friche, est-ce que je vais en faire autant? On frise le ridicule.

    Ce n'est pas parce que les États-Unis n'ont pas signé le protocole de Kyoto sous de fallacieux prétextes que le Canada se doit d'en faire autant. Mais, comme dans d'autres domaines, Harper s'aligne sur Bush, Le premier Ministre va-t-il changer d'avis en prenant connaissance du rapport annuel que le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) vient de rendre public? Axé sur les effets du réchauffement de la planète, ce rapport s'intitule: «Un impératif de solidarité humaine dans un monde divisé ».
    On peut y lire que le changement climatique en cours, est « peut-être la menace la plus grave qui ait jamais pesé sur l'humanité ». Mais, bien que « le monde ait moins de dix ans pour inverser la situation », les sociétés riches et leurs dirigeants, et l'on peut inscrire le Canada parmi celles-ci, ne semblent pas - ou ne veulent pas - prendre conscience de la situation. D'près le PNUD: « Nous assistons en direct à ce qui pourrait s'avérer être le début d'une régression considérable du développement humain. Le changement climatique remet en cause le principe des Lumières selon lequel le progrès humain rendra l'avenir toujours meilleur que le passé.»
    «On ne peut pas laisser les plus pauvres du monde couler ou nager grâce à leurs seules ressources, tandis que les pays riches protègent leurs citoyens derrière les fortifications anti-climat...Laisser évoluer cette tragédie serait un échec politique qui mériterait d'être décrit comme révoltant la conscience de l'humanité. Ce serait une violation systématique des droits de l'homme pour les pauvres et les générations futures et un grand pas en arrière pour les valeurs universelles.»
    Ainsi, les droits humains font partie intégrante des problèmes rattachés à l'écologie L'avenir des populations et des pays les plus pauvres se trouvera compromis par l'inaction et l'égoïsme des pays riches. Les récentes inondations catastrophiques du Bangladesh donnent une idée de ce qui attend certaines de ces régions, et pourtant un habitant du Bangladesh n'émet que 0,1 tonne de CO2 dans l'atmosphère en une année, alors qu'un habitant des États-Unis en émettait 21 tonnes (données de 2004). Ainsi, dit le rapport, « les 40 % de la population mondiale la plus pauvre, soit environ 2,6 milliards de personnes, seront condamnés à un avenir comportant moins de possibilités d'avenir. Le changement climatique accentuera encore les inégalités profondes entre les pays ».
    Le PNUD « appelle donc les pays riches à se fixer un objectif de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre de 80 % en 2050, tandis que celles des pays en développement devraient culminer en 2020 avant de se réduire de 20 % en 2050. Les instruments de marché ne suffiront pas, avance l'organe des Nations unies, qui remet en cause l'idéologie dominante de la croissance. » (H. Kempf) «Il ne pourrait y avoir de démonstration plus claire que celle faite par le climat que la création de richesse économique n'est pas la même chose que le progrès humain. ... L'une des plus rudes leçons qu'enseigne le changement climatique, c'est que le modèle économique de la croissance et la consommation effrénée des nations riches sont écologiquement insoutenables »
    Alors, M. Harper, ce rapport ne condamne-t-il pas votre position comme insoutenable? Il semble bien que oui. Le Canada se doit de balayer devant sa porte, avant de s'occuper de celle de son voisin. Il se doit de donner un exemple d'efficacité et de solidarité nationales et internationales. Ne rien faire serait, pour reprendre encore une fois une phrase du rapport: «une violation systématique des droits de l'homme pour les pauvres et les générations futures et un grand pas en arrière pour les valeurs universelles.»

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    mardi 27 novembre 2007 11h30
    Valets de l'industrie
    Le gouvernement Harper est pathétique dans cette affaire des changements climatiques. Tout le monde, y compris les conservateurs, s'entend pour reconnaitre que les changements climatiques sont réels et qu'il faut absolument diminuer les gaz à effet de serre le plus tôt possible sinon la situation deviendra irréversible. Or, pour ce faire, il faut un certain « consensus » international quant aux moyens à prendre pour s'assurer qu'ils soient au moins un peu efficaces. D'où le protocole de Kyoto qui est le produit d'un large consensus international que le Canada a signé. Maintenant le Canada veut retirer ses billes du jeu, ce qui fait de notre pays une espèce de paria international et affaiblit le consensus de Kyoto.

    Pourquoi Harper et ses cohortes font-ils cela? Parce qu'ils sont les valets de l'industrie, plus particulièrement du lobby pétrolier, et que leur intérêt personnel passe avant l'intérêt public. Ils sont de toute évidence prêts à tout pour promouvoir leurs propres intérêts, même à la face du monde. Que la Chine et l'Inde aient eu certains avantages de pays en voie de développement n'est pas surprenant - ils sortent de leur indigence et aspirent à avoir un niveau de vie comparable à celui des pays occidentaux et il y eût consensus international que cela était souhaitable. Pas pour Harper et sa clique. Le Canada aurait pu montrer l'exemple et faire ses propres efforts - il aurait été en meilleure position pour tenter de faire la leçon aux autres et assumer un leadership positif. Malheureusement, ce ne fut pas le cas à cause de l'ineptie et de l'incurie des Libéraux au pouvoir ces dernières années qui n'ont à peu près rien fait pour se conformer à Kyoto. Les Conservateurs, au lieu de tenter de rattraper le temps perdu, en rajoutent et tentent de dérailler le consensus international. Çà nous fait une belle jambe comme pays soit-disant à l'avant-garde! Le Canada montre une sorte de leadership rétrograde et égoïste - quelle honte pour les citoyens de ce pays. Quel héritage ce gouvernement inepte va-t-il laisser à nos petits-enfants quand notre planète sera irrémédiablement enclenchée dans la spirale d'un désastre planétaire?

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    mardi 27 novembre 2007 12h40
    Harper persiste et signe
    Depuis son arrivée au pouvoir ce gouvernement Harper n`apprécie pas le rôle international du Canada. Le leadership requis du Canada dans des campagnes forces armées de paix et non de combatants, en plus de déclarer la guerre aux contaminants de notre monde, n`atteignent pas le cabinet de Harper. Les canadiens du centre du pays seront poussés vers le déni de pouvoir. Les Conservateurs créent les conditions de défaite électorale malgré les faibles abondentes de l`opposition officielle, sous un leader incompétent. En persistant et signant son incapacité de leader Harper répugne à de plus en plus de canadiens.

  • andré michaud
    Inscrit
    mardi 27 novembre 2007 13h15
    Dion, la dernière chance sera ratée
    Je sais que bien des citoyens n'aiment pas M.Dion.Cependant il est vraiment notre dernière chance pour Kyoto.Il est évident que le Bloc ou le NPD ne formeront pas le prochain gouvernement.Voter pour M.Dion deviendra stratégiquement essentiel pour tout vert qui se respecte.

    Cependant soyons réaliste les citoyens québécois voteront Harper ou Duceppe et enterreront Kyoto.Nous sommes trop peu à considérer l'environnement comme une priorité.Regardez la joie des conducteurs automobiles à polluer, le peu d'empressement à recycler etc...Comme d'habitude nous aurons ce que nous méritons collectivement. Si tous les citoyens étaient comme moi, avaient changé leur fournaise pour baisser de quelques tonnes leur pollution, prenaient les transport en commun, évitaient les départs et arrêts brusques avec leur auto, évitaient aussi de laisser tourner à vide leur moteur, recyclaient etc...les gouvernements devraient en tenir compte. Mais M.Harper voit bien qu'un nombre infime de citoyens sont vraiment prêt à changer leur habitudes, et que donc leur amour de l'environnemet n'est qu'une belle apparence.IL sait donc qu'il peut enterrer Kyoto et se faire réélire...hélas!

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