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Redresseur de torts

Marie-Andrée Chouinard   22 novembre 2007  Canada
Le ministre fédéral de la Justice, Rob Nicholson, croit que le fait d'ajouter des dents à la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA) «responsabilisera» les jeunes délinquants. Doutons-en!

Le projet de loi déposé lundi par les conservateurs évite soigneusement le chapitre de la prévention et des mesures réhabilitantes. Il remet à plus tard un débat explosif sur l'imposition aux jeunes de peines pour adultes. Prenant l'exception pour tremplin, il risque surtout d'envoyer croupir en prison — magnifique école du crime! — des mineurs davantage en mal d'encadrement que de condamnations répressives.

Résumons: emporté par une extraordinaire volonté de protéger la population en s'attaquant à la criminalité — dont les taux, à ce propos, ne cessent de diminuer —, le gouvernement conservateur a déposé cette semaine trois projets de loi en autant de journées politiques.

Ces projets visent, l'un à punir les vendeurs et producteurs de drogues illégales, l'autre à s'attaquer à l'épineux problème du vol d'identité. Un autre vise à resserrer la LSJPA, pourtant adoptée en 2003 dans un souci de détendre une loi alors jugée trop sévère.

On verra mal un électeur crier haut et fort contre la volonté de son gouvernement d'agir pour resserrer les mailles autour des criminels. La manoeuvre électoraliste avec laquelle ce gouvernement minoritaire s'octroie un rôle de redresseur de torts se hume dix kilomètres à la ronde.

Se faisant geôlier de la jeunesse, il a pensé à des mesures qui permettraient aux juges de tenir compte de la «dissuasion et de la réprobation» dans l'imposition de peines à des adolescents, le tout visant à distribuer des sentences exemplaires. Les modifications à la loi prévoient aussi de «faciliter» la détention de jeunes de 14 à 17 ans en attente de leur procès lorsqu'ils représentent par exemple un risque pour la sécurité publique ou encore lorsqu'ils ont commis un crime passible d'au moins deux ans de prison chez les adultes.

Ce dernier ajout n'est pas étranger à un événement qui a ébranlé la Nouvelle-Écosse en 2004: relâché malgré les 38 accusations criminelles qui pesaient contre lui, le jeune Archie Billard, âgé d'à peine 16 ans, tuais deux jours plus tard la mère de famille Theresa McEvoy en la percutant à haute vitesse au volant d'un véhicule volé. Secoué par cette tragédie, le gouvernement a alors confié au juge à la retraite Merlin Nunn le soin de mener une enquête publique sur les circonstances entourant ce drame.

Le travail du magistrat a été concluant: devant la défaillance du système pénal, il a recommandé l'incarcération avant procès dans ce type de circonstances. On oublie toutefois de souligner qu'il a du même souffle suggéré que la réhabilitation des jeunes délinquants soit solidement accentuée.

C'est sur un voeu de responsabilité des jeunes que ce gouvernement redresseur de torts se guide pour peaufiner ses punitions. Établir sur l'exception des mesures qui enverront au cachot des jeunes à qui la prévention profiterait davantage ne rime pourtant à rien de très responsable.

***

machouinard@ledevoir.com
 
 
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  • Pascal Bélanger
    Inscrit
    jeudi 22 novembre 2007 10h18
    Quel "timing" !
    Faire toutes ces annonces en matière de justice pénale durant la Semaine nationale de justice réparatrice est pour le moins étonnant. Étonnant aussi parce que les mesures proposées vont à l'encontre des recherches criminologiques (certaines financées par le fédéral) et de l'avis des intervenants de première lignes. Au fait, quelqu'un à Statistiques Canada peut-il transmettre les récentes données sur le taux de criminalité qui est en baisse constante depuis 30 ans ?

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 22 novembre 2007 10h38
    Un trait caractéristique
    L'esprit conservateur a pour principal trait caractéristique de croire que punir et promettre de punir enclenche automatiquement la sagesse chez les délinquants. Qu'attend Harper pour créer un ministère de l'Injustice ?
    Roland Berger
    London, Ontario

  • Claude Archambault
    Inscrit
    jeudi 22 novembre 2007 12h45
    Il est temps que les criminel payent pour leurs actes.
    À ceux qui disent que la criminalité baisse, Bravo. Mais ce n'est pas parce qu'elle baisse qu'il ne faut pas punir sévèrement les criminels, les vrais criminels. Quand un pédophile, ou un violeur, ou un meurtrier reçoit une sentence de 10 ans ou moins et qu'il se retrouvent dans la population général après quelque mois je trouve ça aberrant. Il devrait avoir une punition à la mesure du crime et de ses conséquences, la victime est morte, alors le criminel perd sa vie, pas la peine de mort mais jamais cette personne pour même espérer pouvoir respirer l'odeur des fleurs en liberté. Pourquoi tenter de le récupérer, au risque minime que diront certain qu'il récidive? Oh j'oubli la victime elle! sera t elle réhabilité, reviendra t elle? NON alors pas de pitié. Si la victime est infirme ou a subit un choc tel qu'elle a perdu une grande partie de sa jouissance de la vie, le criminel devra perdre la jouissance de sa vie et encor ne plus avoir l'espoir un jour de respirer les fleurs. Car leur vie ne vaut pas celle d'un chien MIRA.
    Pour ce qui est des coût? Si on applique les droits minimum à ces moins que humain que sont ces individu cela ne coûte pas cher, une cage 4x8 et 3 repas nourrissants sans être des met de haute cuisine. Une lumière, un lit une chaise un lavabo et une toilette c'est tout. Pour ce qui est des gardes, leur travail est simple car il n'y a pas risque d'évasion car les portes de ces cellules sont soudées, un garde pour 100 détenus juste pour leur apporter leur pitance.

    Maintenant que l'on a réglé le cas des crimes les plus haineux et graves, les autres crimes peuvent maintenant recevoir plus d'attention et de fond pour la réhabilitation. Mais tous les crimes commit avec une arme, les crimes ou la violence a été présente, doivent être punit très sévèrement et de façon exemplaire.

    Pour ce qui est des jeunes, si l'on permet à un jeune de 16 ans de conduire un véhicule, alors il est assez responsable et devrait être jugé comme l'adulte qu'il veut être.

    À tous ceux qui prêche pour les sentences bonbon, je leur demande si il n'on jamais vue dans un même cercueil une mère de 27 ans et son poupon de 4 mois, tous deux tués par le maris rendu fou par les drogues. S'il il on eu a consoler la mère de cette fille? Une chance ce crime, dont je connaissait la victime s'est passé au USA et que le meurtrier, le chanceux il n'y a pas de peine de mort dans l'état ou les meurtre crapuleux on été commis, a reçu quatre sentences cumulative de 99 ans ferme de prison. Au Québec, il aurait retrouvé la liberté après 15 ans.

  • Jean-G. Lengellé
    Inscrit
    jeudi 22 novembre 2007 12h46
    La marge, entre l'angélisme et la réalité...
    Visiblement le problème se situe non pas entre les deux oreilles, mais bien au niveau de la punition, ou de la peine que l'on inflige au coupable.
    Cette peine est d'ordinaire prononcée par un juge, et c'est là où le bât blesse.
    Il est de notoriété publique que les juges sont nommés par un parti politique et que leur nomination ne fait que refléter soit leur candidature ratée à une élection, soit leur appui financier à un parti. Autrement dit, les juges mis en place selon le système actuel sont redevables à un parti politique pour leur salaire et avantages grassement payés par le public.
    Or chacun sait que la plupart des juges on été des avocats et que leur devise était de faire de l'argent en abusant de leurs clients et en les entraînant dans tous les dédales des arcanes de la justice.
    De ce fait, il serait opportun dans un premier temps d'empêcher les juges d'avoir un pouvoir discrétionnaire qui ne fait que refléter leur credo politique, et dans un deuxième temps d'empêcher qu'un juge seul puisse décider de la sentence concernant un jeune.
    Le système ferait des pas de géant s'il décidait dans des cas de violence impliquant des jeunes de rendre obligatoire un jugement collectif unanime d'au moins trois personnes dont un juge, un psychiatre, et un travailleur social.
    Sachant que la prévention est essentielle, comment ne pas l'oublier, et comment faire pour qu'un jugement ne soit pas revu à chaque année pour envisager les progrès accomplis, et la suite à y donner.
    Les simplifications simplistes ( du style la prison est une école etc etc) sont à proscrire.
    Ceci dit pour les auteurs d'un crime, car ne l'oublions pas, un crime est un crime est un crime, il faut trouver un équilibre entre la peine infligée et le correctif à la peine des proches de la personne tuée ou atteinte.
    Finalement, voici une discussion possiblement intéressante pour la Commission Bouchard-Taylor sur le sujet des crimes adoucis par les croyances. ( voir à ce sujet la condamnation en Arabie Saoudite envers une jeune femme victime de viol!

  • Jean-François Trottier
    Inscrit
    jeudi 22 novembre 2007 13h27
    La nécessité d'agir
    Ne serait-ce que pour ce projet de loi, jamais je ne serai capable de donner mon appui à ce gouvernement cynique et manipulateur.
    Il est évident que ce cas nécessite l'intervention d'Amnistie. À la limite je considère que les mineurs qui pourraient être internés suite à cete loi seront des prisonniers politiques, non pas prisonniers pour leurs opinions mais bien pour celles de dirigeants que je récuse entièrement.
    Cette loi est tout aussi barbare que la peine de mort et pour les mêmes raisons.

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 22 novembre 2007 14h21
    À monsieur Archambault
    L'archevêque Marc Ouellet vient de rappeler aux Québécois leur passé judéo-chrétien : oeil pour oeil, dent pour dent. J'espère qu'il prendra la peine de vous remercier de votre appui plus qu'éloquent.
    Roland Berger
    London, Ontario

  • Jacquelin Ouellette
    Inscrit
    jeudi 22 novembre 2007 18h02
    Redresseur de torts
    Vous dites que le crime est en diminution au Canada?
    Sur quelle planete vivez-vous? Dans votre condo à l'ile des soeurs ou à Outremont?
    Vous vous contentez de prendre connaissance de statistiques faussées par les rêveurs.
    Ce qui a baissé, c'est le nombre de crimes détectées. Le phénomène des gangs de rues est devenue une épidémie à Toronto, Montréal et Vancouver entre autres. La consommation de drogues atteint des sommets jamais égalés, ect.

    Continuez de rêver bien au chaud dans votre condo.

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