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La course du PLC: note salée pour l'État

20 novembre 2007  Canada
Ottawa — Les ex-candidats au leadership libéral fédéral ont visiblement mené une partie de leur campagne aux frais de la reine. Les Dion, Ignatieff, Volpe et Bevilacqua ainsi que des députés pro-Kennedy se sont fait rembourser par la Chambre des communes des factures de téléphone cellulaire exceptionnellement élevées en 2006, alors que la course à la direction du Parti libéral du Canada battait son plein. C'est du moins ce qui ressort des chiffres tirés des Comptes publics du Canada 2006-07 et décortiqués au cours des derniers jours par Le Devoir.

Celui qui a remporté l'investiture, le chef Stéphane Dion, s'est fait rembourser un peu plus de 20 000 $ pour l'utilisation de ses téléphones cellulaires et/ou BlackBerry pendant l'année fiscale 2006-07. (Chaque député a droit à quatre appareils pour lui-même et son entourage.) Cette somme (20 084 $ plus exactement) non seulement place M. Dion au 10e rang du classement des 308 élus, mais représente le triple de ce que le député de Saint-Laurent-Cartierville s'était fait rembourser l'année précédente (6854 $). M. Dion s'est lancé dans la mêlée libérale le 7 avril 2006; l'année fiscale avait commencé une semaine plus tôt.

Cette juteuse facture téléphonique ne peut pas s'expliquer par l'accession le 2 décembre 2006, soit trois mois avant la fin de l'année fiscale, de M. Dion au poste de chef de l'opposition officielle. Cette fonction s'accompagne certes de responsabilités plus lourdes, mais la Chambre des communes verse justement à tout chef de parti d'opposition une somme distincte pour faire fonctionner son équipe et un «nombre raisonnable» d'appareils sans fil. À titre d'exemple, lorsqu'il était le chef de l'opposition officielle en 2004-05, Stephen Harper ne s'était fait rembourser à titre de député que... 40 $ de frais de téléphonie. Cette année, le député bloquiste Gilles Duceppe a conversé pour 7604 $ et le député néo-démocrate Jack Layton, pour 14 515 $.

Les 308 députés de la Chambre des communes, toutes allégeances confondues, se sont chacun fait rembourser en moyenne 11 000 $ en 2006-07 pour leurs frais de télécommunications. Des huit députés libéraux qui se sont portés candidats à un moment ou un autre de la course à la direction, un seul — Ken Dryden — a dépensé un peu moins que cette moyenne. Tous les autres l'ont dépassée, très largement dans la plupart des cas.

Michael Ignatieff, arrivé second dans la course à la direction libérale, s'est fait rembourser par l'État 18 000 $ en 2006-07. Dans son cas, la comparaison avec l'année précédente (1486 $) est moins signifiante puisqu'il n'avait été député que deux mois cette année-là.

L'histoire se répète avec les candidats plus obscurs du très populaire leadership libéral. Joe Volpe, arrivé sixième dans la course, a dépensé 26 000 $ en frais téléphoniques. Ce sont 6000 $ de plus que l'année précédente. Maurizio Bevilacqua, qui avait jeté l'éponge à mi-parcours à la faveur de Bob Rae, s'est fait rembourser lui aussi un peu plus de 20 000 $ (contre 14 974 $ en 2005-06). Quant à Carolyn Bennett, démissionnaire également, elle a subitement accru l'utilisation de ses appareils de télécommunication. Si sa facture reste dans la moyenne nationale (11 883 $), elle a quand même doublé en un an.

Même scénario pour les députés d'arrière-banc Boris Wrzesnewskyj, Mario Silva et, dans une moindre mesure, Gurbax Malhi qui ont tous appuyé la candidature de l'Ontarien Gerard Kennedy dès le début de la course. Dans le cas des deux premiers, leur facture de téléphone, toujours payée par les contribuables, a doublé. À un point tel qu'ils arrivent respectivement quatrième et cinquième au classement des députés ayant le plus dépensé au chapitre des communications sans fil. M. Malhi quant à lui a dépensé près de 16 000 $, soit 5000 $ de plus que l'année précédente.

En fait, de manière générale, les oreilles des députés libéraux fédéraux ont dû surchauffer. En effectuant un classement des élus selon les remboursements qu'ils ont touchés pour leurs outils de transmission de la voix et de données, on constate qu'ils y sont surreprésentés. Des dix députés ayant obtenu un remboursement de plus de 20 000 $ en 2006-07, sept étaient libéraux, deux étaient conservateurs et un seul était bloquiste. Les libéraux détiennent le tiers des sièges à la Chambre des communes.

La palme du plus grand bavard revient, et de loin, au Montréalais Irwin Cotler (Mont-Royal), avec la coquette somme de 38 642 $. Il s'agit d'une facture neuf fois plus élevée que lors de l'exercice financier précédent. M. Cotler explique qu'à titre d'expert international sur les questions de droit de la personne, il est appelé à se rendre un peu partout sur le globe et que les appels (faits et reçus) sont alors très, très coûteux. «Lorsque je suis allé à l'ONU à Genève, ça coûtait 30 $ chaque appel. Il suffit que j'en reçoive cinq et voilà ma facture qui grimpe à 150 $!»

M. Cotler ajoute que la comparaison avec l'année précédente est trompeuse, car il était à ce moment ministre. Sa facture, selon lui, était alors artificiellement basse parce que ses dépenses de télécommunications étaient inscrites à un poste budgétaire différent. Six des députés s'étant portés candidats, dont Stéphane Dion, étaient aussi ministres l'année précédente. L'entourage de M. Dion n'a pas été en mesure hier d'offrir une explication pour sa facture élevée.

La député libérale Ruby Dhalla (qui avait aussi songé à se lancer dans la course au leadership) est arrivée seconde au classement général avec une facture de téléphonie de 26 558 $. Joe Volpe s'est classé troisième.






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    lundi 19 novembre 2007 23h37
    Les commandites ne semblent pas les avoir modérés
    « Une autre affaire de dépenses folles qui va faire descendre encore la réputaton de nos députés qui est déjà en dessous de tout. Qui va demande à ces joyeux lurons, pesants sur leurs crayons, de remobourser les canadiens très taxés ?

    Sky is the limit même pour les députés du Bloc qui doivent commencer à aimer ça les finances fédérales et le laxisme des contrôles en surplus des gros salaires et autres avantages collatéraux qui semblent très excessifs vus d'en bas. »

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    mardi 20 novembre 2007 02h22
    Forfaits?
    « Actuellement il y a des forfaits sans limite partout au Canada même aux USA pour une dizaine de dollars par mois. Je gagerais ma chemise que pour chez-eux c'est différent. Quand ce sont les niaiseux de payeurs de taxes ont oublient les forfaits. »

  • yves houle
    Inscrit
    mardi 20 novembre 2007 06h21
    coût dees téléphones
    « C'est toujours la même chose.Les députés dépenses l'argent des autres et ne se demandent jamais pourquoi et pour qui »

  • Normand Chaput
    Abonné
    mardi 20 novembre 2007 08h08
    du stuff de journal de montreal
    « j ai du verifier si je ne m etais pas trompe de journal en lisant cet article. »

  • Stéphan Gauvin
    Abonné
    mardi 20 novembre 2007 08h22
    Cellulaires ou satellites
    « Faudrait peut-être vérifier s'ils savent faire la différence entre le teléphone cellulaires et satellites. Le cellulaire coute moins chère que le satellite. Il faudrait en réalité faire des comparables pas avec d'autre députés mais homme d'affaire et gens de différentes situations afin d'avoir une vue s'ensemble sur l'utilisation du cellulaires. Ils la payent combien leur minute? »

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    mardi 20 novembre 2007 08h26
    Culture répandue et abusive
    « Le scandale des commandites n`aura pas suffit pour ces libéraux avides du trésor fédéral. Les candidats à la chefferie de ce parti montrent l`exemple que tout m`est dû et en tout temps. Le système fédéral favorise cette attitude. Je dis merci au Devoir pour faire son devoir et révéler ces abus constants de cette bande d`abuseurs du trésor public. »

  • Marc Fafard
    Inscrit
    mardi 20 novembre 2007 09h25
    Travail bâclé, Mme Buzetti
    « Je ne veux pas me porter à la défense des libéraux fédéraux plus que cela, mais ici vous ne tirez pas sur le bon canard, Mme Buzzetti. Allez voir les tarifs cellulaires canadiens, lisez les petits caractères, fouillez pour voir les simulations et les coûts réels et vous verrez que 450 $ par mois avec un Blackberry, ce n'est pas une aberration monumentale (450 x 4 x 12 = 21 600).

    A titre d'information, jetez un oeil à ce qui suit. Je n'en certifie pas la rigueur, c'est votre travail.

    http://bmannconsulting.com/blog/bmann/the-travesty-of-canadian-mobile-data-rates

    Ce fouillage de poubelles ne valait pas la une du Devoir ou d'aucun autre quotidien d'ailleurs. D'autant plus que c'est à bayer aux corneilles.

    Quant aux gorges chaudes qui renchérissent ici sur cette niaiserie, ils ne savent décidément pas de quoi ils parlent. Tout au mieux peut-on concevoir qu'un appel à la modération serait opportun, mais on se doute aussitôt que ce genre de chose est plus ou moins applicable dans le feu de l'action. Et je préfère les voir bouger que se torturer à savoir si l'étincelle qu'ils ont dans la caboche vaut un courriel ou un appel sur leur Blackberry.

    Qu'une année en campagne électorale coûte plus qu'une année régulière est d'une évidence crasse. Pour ce qui est du palmarès, il ne met qu'en ordre le volume d'information qui est échangé, et là vous êtes bien aise de laisser supposer qu'il y a des excès. Le député parle trop ? Il écrit trop ? Montrez-moi que l'élu a fait un usage proprement excessif ou inapproprié et je crierai au scandale moi aussi.

    Là, vous ne tenez pas grand-chose. Maintenant, si ce beau monde utilisait ses appareils pour parler des coûts débiles que le transfert de données sur cellulaire coûte au Canada, nous aurions le début d'une solution dans le problème lui-même. Et s'ils mettaient quelques fois en copie conforme le CRTC et les lobbyistes des compagnies téléphoniques, ça aboutirait peut-être à quelque chose d'utile. »

  • Michel HAins
    Abonné
    mardi 20 novembre 2007 13h19
    C'est pas grave encore une fois
    « Voici un texte d'information de tarifs disponible que j'ai copié sur le site de Fido.
    Je suis tanné de voir ces députés et ministres tout partis confondus me rir en pleine face.
    Option Fido à Fido partout au Canada

    Les appels illimités comprennent les appels locaux et interurbains et les messages textes partout au Canada dans la zone de couverture numérique Fido pour la personne qui souscrit cette option.

    10 $ x
    Donc 10.$ x4 appareils x 52 sem.= 2080.00$ ''On est ben ben ben loin de 20,000 ou 30,000
    C,est pas grave c'est les cons- tribuables qui paient et venez pas me dire que eux aussi paient des taxes. »

  • Marc Ben
    Inscrit
    mardi 20 novembre 2007 14h35
    Journalisme de potin
    « Mme Buzzetti,

    Votre article aurait été plus pertinent si vous aviez pris la peine d'analyser le coût des communications par blackberry et cellulaire que chargent les compagnies de téléphone aux corporations et institutions publiques au Canada. C'est un véritable scandale ! Je voyage beaucoup dans le monde et je n'arrive toujours pas à comprendre comment les canadiens peuvent tolérer de tels abus de la part des compagnies de téléphone.

    La manière dont vous avez présenté l'information laisse clairement supposer qu'il y a des abus. Il se peut. Mais votre article aurait plus CRÉDIBLE si vous aviez poussé plus loin votre analyse. Eviter de tenir l'image d'un quotidien aussi prestigieux que le Devoir en publiant des touchons pareils! »

  • Richard Aubry
    Abonné
    mardi 20 novembre 2007 17h14
    Le scandale est autre
    « Comme certains commentaires précédents l'ont signalé, ces coûts ne sont probablement pas beaucoup plus élevés que pour bien d'autres utilisateurs dans l'ensemble de l'entreprise privée et de l'administration publique. Ce qui est pour moi un scandale, c'est l'utilisation généralisée du cellulaire dans l'administration publique alors que tous ces utilisateurs de cellulaire ont un téléphone filaire sur leur bureau pour lequel on paie un abonnement, mais qui ne coûte rien à la minute d'utilisation. Il y a quinze ans, tout le monde se contentait du téléphone filaire et, à ma connaissance, l'efficacité de l'administration n'a pas augmenté d'un iota depuis qu'on ne jure que par le cellulaire. Mais la facture, elle, a augmenté de manière faramineuse. »

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