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Ouvrir les yeux

Bernard Descôteaux   19 novembre 2007  Canada
Le gouvernement Harper dispose, depuis le début de l'année, de rapports établissant que la détention arbitraire, la torture et le meurtre sont choses courantes dans le système pénitentiaire afghan. Quelque 1000 pages de ces rapports ont été rendues publiques la semaine dernière à la suite d'une décision des tribunaux. Pourtant, le premier ministre et ses ministres ont pendant des semaines nié le fait que les prisonniers talibans faits par les soldats canadiens dans la région de Kandahar aient risqué la torture une fois remis aux autorités afghanes. Et lorsque ce ne fut plus possible de nier, parce que des cas de torture faisaient la une des journaux, ils ont alors cherché à minimiser ces risques, ce qu'ils continuent à faire.

Comment expliquer ce déni de la réalité? Reconnaître l'existence de la torture serait admettre la complicité du Canada pour les sévices que subissent «ses» prisonniers une fois aux mains des agents de la Direction nationale de la sécurité afghane. Ce serait aussi admettre un manquement aux obligations en matière de droits de la personne que lui impose le droit international. Au surplus, cela dénaturerait le sens même de la présence militaire canadienne dans ce pays que l'on veut d'abord humanitaire. Le Canada serait alors dans une position intenable. Mieux vaut donc détourner les yeux et commettre de pieux mensonges. Et parfois, on se permet même de rire de cette situation.

L'échappatoire trouvée par le gouvernement Harper aura été, outre le fait de se reposer sur la bonne volonté du gouvernement Karzaï, de signer des ententes avec notamment la commission afghane des droits et libertés pour assurer un suivi du sort réservé à ces prisonniers. Le problème est que cette commission n'a ni l'autorité ni les ressources nécessaires lui permettant d'accomplir ce mandat. Quant au gouvernement afghan, on ne peut lui faire confiance. Il y a deux semaines, le président Karzaï a dû reconnaître que la torture se pratiquait toujours dans son pays. Moins qu'avant, mais encore trop. Il donnait raison au Conseil de sécurité des Nations unies qui avait demandé en septembre à la Force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan de renforcer les initiatives de réforme du système pénitentiaire de ce pays «afin que la légalité et les droits de l'homme y soient mieux respectés».

L'ampleur de la réforme à réaliser est telle que les efforts qui sont faits ne donneront pas de résultats avant de nombreuses années. Or, en attendant que ce jour arrive, les prisonniers faits par le Canada continuent de courir des risques graves de torture. Il n'y a pas de demi-mesure possible à cet égard, sinon d'adopter un moratoire sur le transfert de ces prisonniers, au moins le temps de mettre en place des mesures efficaces de contrôle dans les prisons afghanes pour que cessent les traitements abusifs. Les partis d'opposition aux Communes sont unanimes sur ce sujet, comme plusieurs groupes de défense des droits, comme Amnistie internationale. Il est temps que le gouvernement Harper ouvre les yeux.

bdescoteaux@ledevoir.com






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  • Jean-Pierre Lusignan
    Abonné
    lundi 19 novembre 2007 06h55
    Le Canada participe activement à la destruction du droit international de la guerre
    « Lévis, ce 19 novembre 2007,

    Je ne peux pas me résigner à savoir que des soldats canadiens et québécois font prisonnières des personnes humaines qu'elles savent vouées à la torture.Je ne peux pas me imaginer qu'on soumette les uns et les autres à de si cruelles épreuves. Comment feront-ils ou feront-elles pour à nouveau espérer le bonheur?

    Je ne peux pas me résigner à accepter que des parlementaires canadiens détruisent le droit international de la guerre: il constitue notre dernière chance de paix et le dernier signe de fraternité humaine. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    lundi 19 novembre 2007 08h03
    Torture, quand tu nous tiens
    « Faudrait que M. Harper demande à M. Karzaï de mettre la pédale douce avec la torture, genre : Torturez peu, torturez mieux.

    À la place du 220 volts sur les "parties intimes" des prisonniers, pris au mauvais moment au mauvais endroit, les bourreaux afghans devraient se limiter à du 12 volts sur les "parties moins sensibles" comme les genoux afin que les prisonniers ne souffre pas trop et ne disent pas n'importe quoi sous la douleur trop intense.

    Avec le 220 volts, un simple cultivateur de pavots, qui aime sa femme et ses enfants, pourrait avouer faussement qu'il est aussi un Taliban, ce qui ferait de lui un prisonnier de plus à nourrir et torturer de nouveau à Guantanamo...de trop. »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    lundi 19 novembre 2007 08h42
    La triste réalité
    « Ce qui démontre avant tout l'incompétence, l'amateurisme, du présent gouvernement canadien, premier ministre inclus. Telle est la réalité. Tout à fait navrant. »

  • claire dufour
    Abonnée
    lundi 19 novembre 2007 09h21
    C'est une aberration totale
    « Que l'armée canadienne et ses soldats soient l'intermédiaire de la torture en Apghanistan est méprisable. C'est un peu comme celui qui tient le sac au moment d'un vol. Quel sorte de gouvernement avons-nous élu? En réalité, le reconduire au pouvoir ferait de chaque citoyen un complice de cette torture. »

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 19 novembre 2007 14h43
    Harper n'y peut rien
    « Harper n'y peut rien. On combat le mal par le mal, pense-t-il, à l'instar de son modèle George W. Bush, les deux croyant que la faiblesse des démocraties tient à leur répugnance à employer les moyens de leurs adversaires. Il y a aussi bien sûr, que Stephen comme George sont certains d'avoir le dieu des chrétiens de leur côté.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Donald Bordeleau
    Inscrit
    lundi 19 novembre 2007 23h27
    Guerre des anglos-saxons
    « UNE MAJORITÉ DE QUÉBEÇOIS N'APPUIENT PAS LA GUERRE EN AFGHANISTAN. lES CANADIENS ANGLAIS SONT POUR CETTE GUERRE. CETTE INTERVENTION EST UN COUP D'ÉPÉE DANS L'EAU ET ELLE NE FERA AUCUNE DIFFÉRENCE SUR L'AVENIR DE CE PAYS. QUE LES PRISONNIERS AFGANS SOIENT TORTURÉS OU NON. QUE PLUS DE CIVILS AFGANS MEURENT QUE DE TALIBANS. QU'UN TRENTAINE DE QUÉBEÇOIS SOIENT TUÉS OU MUTILLÉS, AVEC LES EFFETS PERVERS DE LA DÉTRESSE AU RETOUR AVEC SON LOT DE SUICIDES.

    lA COALITION NE GAGNERA PAS CETTE GUERRE. lE BUT EST D'OCCUPER LE PAYS. AUCUNE ARMÉE DU MONDE, NE POURRA PAS GAGNER CETTE GUERRE. lES QUÉBEÇOIS DOIVENT SE LEVER AFIN DE DIRENT NON À L'ENVOIE DE NOS SOLDATS POUR SOUTENIR CETTE INTERMINABLE GUERRE. AFIN DE NE PLUS LAISSER DES INSURGÉS SE FAIRENT TORTURER, LES QUÉBEÇOIS DOIVENT PRIORISER LE TRAVAIL HUMANITAIRE AFIN DE FAIRE UNE VRAIE DIFFÉRENCE.

    Message pour les électeurs des comtés de Québec. Pour éviter de perpétuer toutes ces atrocités pour le peuple afgans, pour arrêter le décès de nos soldats et des effets collatéraux aux familles il faut ne pas voter pour les conservateurs afin de faire une différence et signifier au gouvernement fédéral de ne plus envoyer de soldats pour soutenir cette guerre inutile. Chaque électeur du Québec se doit de se poser la question suivant: en accord ou en désaccord pour cette guerre.

    Donald Bordeleau lucie065@cgocable.ca »

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