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Ottawa n'est pas à l'abri de la taxe anti-Kyoto

16 novembre 2007  Canada
Ottawa — Le gouvernement canadien ne sent aucun besoin de se prémunir contre d'éventuelles taxes à l'importation que la France veut imposer aux produits provenant de pays qui, comme le Canada, ne respectent pas le protocole de Kyoto. Tout simplement parce qu'il ne se sent pas concerné!

Selon nos informations, le Canada n'a développé aucun plan pour se soustraire à cette éventuelle taxe au carbone mijotée par le président français Nicolas Sarkozy. «Il n'y a pas de raison d'avoir un plan de contingence si on ne se sent pas visé par une taxe du carbone imposée par la France ou l'Union européenne», a indiqué Bernard Nguyen, porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères à Ottawa. «Le Canada est une partie signataire du protocole de Kyoto et, par conséquent, ne se sent pas du tout visé.»

Pourtant, rien n'est moins clair: l'ambassade de France soutient exactement le contraire. Nicolas Sarkozy a réitéré ses intentions dans un discours livré fin octobre à l'occasion de la «Grenelle de l'environnement». «Il faut, avait-il déclaré, étudier très rapidement la possibilité de taxer les produits importés de pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto. Nous avons imposé des normes environnementales à nos producteurs.

Il n'est pas normal que leurs concurrents puissent en être totalement exemptés. Je vous propose que ce sujet soit débattu au sein de l'Union européenne dans les six mois.»

Les ambitions de M. Sarkozy sont à prendre d'autant plus au sérieux que le président français assurera la présidence de l'Union européenne à compter du 1er juillet 2008. Il entend poursuivre cet objectif pour le grand marché commun européen. Comme une source à l'ambassade de France à Ottawa l'a confirmé, «à la place du Canada, je serais relativement inquiet».

Si le Canada ne semble pas inquiet, c'est que le gouvernement conservateur croit jouir d'une exemption de ce futur fardeau à l'exportation. Cette confusion provient des déclarations du premier ministre français François Fillon, en juin dernier, lors du passage de son homologue canadien Stephen Harper. M. Fillon avait déclaré que la mesure envisagée «n'est pas prioritairement tournée contre le Canada. Il y a d'autres pays qui sont plus concernés». M. Harper et son équipe avaient interprété cela comme une garantie selon laquelle le Canada serait exclu des mesures à venir. Il n'en est rien.

«Le premier ministre François Fillon n'avait pas dit que le Canada serait exempté. Il avait dit que le Canada n'était pas visé par ce projet», clarifie maintenant le porte-parole de l'ambassade française à Ottawa, Jean-Christophe Fleury. Par là, ajoute-t-il, «le premier ministre voulait dire que ce n'était pas une mesure anticanadienne».

Le ministre des Affaires étrangères, Maxime Bernier, sera à Paris aujourd'hui pour rencontrer son homologue français, Bernard Kouchner. Les deux hommes doivent discuter de la mission en Afghanistan et d'environnement en vue de la rencontre internationale de Bali. La France invitera le Canada à s'engager comme l'Union européenne à réduire ses GES d'une autre tranche de 30 % en valeur absolue d'ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990.

Le Canada a bien ratifié le protocole de Kyoto, mais le plan de mise en oeuvre proposé par le gouvernement conservateur ne permettra pas d'atteindre les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), pourtant obligatoires. Ainsi, le protocole de lutte contre les changements climatiques oblige le Canada à réduire ses émissions de GES de 6 % par rapport à leurs niveaux de 1990 pour la période 2008-12. Ottawa permettra plutôt pour cette période une augmentation des émissions de GES de 26 % par rapport aux niveaux de 1990. Le gouvernement conservateur affirme toujours qu'il n'a pas abandonné le protocole.

Ottawa s'est en outre joint au Partenariat Asie-Pacifique pour le climat, un regroupement de six pays (États-Unis, Australie, Corée du Sud, Japon, Chine et Inde) considéré comme le «club des sceptiques» parce qu'il cherche à développer une initiative parallèle au protocole de Kyoto moins contraignante.

Dans les coulisses diplomatiques françaises, on reconnaît que le projet de facturation des produits reposant sur du «dumping environnemental» sera complexe. Comment, en effet, traiter sur un pied d'égalité un pays qui, comme le Canada, a renié sa promesse, un autre qui a toujours refusé d'adhérer au protocole et un troisième (les États-Unis, par exemple) qui a signé le protocole puis refusé de le ratifier? Leur degré de responsabilité varie peut-être selon les promesses qu'ils avaient d'abord faites à la communauté internationale.

Les exportations canadiennes vers la France se sont élevées en moyenne à 2,4 milliards de dollars au cours des cinq dernières années. Celles vers l'Union européenne ont atteint une valeur de 23 milliards. Le Canada exporte principalement des réacteurs nucléaires, du matériel électronique, des pâtes et papier, des pierres précieuses et du minerai.






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  • Parisien Jaque
    Abonné
    vendredi 16 novembre 2007 06h03
    Jouer à l'autruche
    « Le gouvernement canadien joue à l'autruche et s'enfouit la tête dans le sable. Un jour ou l'autre, la réalité le rattrapera et peut-être qu'alors les citoyens prendront toute la mesure de l'irresponsabitlité du gouvernement conservateur puisque nous en ferons les frais. Si nous sommes infifférents dans l'ensemble, dès que nos porte-feuilles seront touchés, nous nous sentirons concernés. »

  • Maurice Monette
    Abonné
    vendredi 16 novembre 2007 12h30
    Quelques précisions
    « Depuis qu'on s'est finalement intéressée(es) aux "GAZ-à-EFFETS-de-SERRE" produit par l'activité INDUSTRIELLE de la Communauté humaine motivée EXCLUSIVEMENT par le PROFIT ou LUCRE, on n'a pas de cesse d'essayer de faire de l'o$eille avec cette conséquence de leur AVIDITÉ INDOMPTABLE. La plus grande ARNAQUE est ju$tement cette TAXE sur le CARBONE car, les GAZ qui sont libérés par les terres qui subissent le DÉGEL des CALOTTES GLACIAIRES, sont principalement du CARBONE alors, on fait payer une TAXE pour une production qui de toutes façons n'ira qu'en amplifiant. Donc, est-ce que payer une TAXE par ce qu'on a voulu continuer d'utiliser des matériaux et des méthodes qui nécessitent de produire des G. E. S. pour faire plu$ de profit$, VOUS croyez vraiment que ÇA protège la couche d'OZONE...?

    La fonte des CALOTTES GLACIAIRES est IRRÉVERSIBLE donc, INÉVITABLE. La production de G. E. S. industrielle, ÇA c'est due aux activités IRRÉFLÉCHIES de la communauté humaine pour son "dieu dollar" et celle-ci est même prête à payer une TAXE spéciale pour continuer à en produire et même en augmenter la production, en refilant le PRIX des TAXES restrictives aux consommateurs(es).

    Donc, ICI se trouve le plus bel EXEMPLE du plus "GRO$ NOEUD d'HARTMANN" ou "VOIE $an$ I$$UE" de toute l'histoire de l'ÉVOLUTION de la PLANÈTE. Mais, ce qu'on ne réalisent pas, c'est que cette fois-ci, ce sera une APOCALYPSE DÉFINITIVE et la CUPIDITÉ de certains(es) en aura été l'UNIQUE RESPONSABLE. Il serait possiblement encore temps d'inverser ce CATACLYSME INDUIT mais, les dirigeants(es) de la PLANÈTE sont trop IMBUS(ES) de pouvoir$ et IRRE$PONSABLES pour s'apercevoir des GRAVES CONSÉQUENCES de leur CUPIDITÉ. C'est pas pour rien, qu'avant juin 1989, avant que KAROL WOJTYLA alias Jean-Paul II n'abandonne la SAINE GE$TION de l'ARGENT dans le MONDE DÉMOCRATIQUE, cet ARGENT était RÉPARTI AUTOMATIQUEMENT entre les PAYS ayant cette philosophie de VIE, après chaque période de cinq (5) années de tergiver$ation$ diver$e$.

    Mais, depuis que cette RÉPARTION ÉGALITAIRE et ÉVOLUTIVE n'existe plus, notre TERRE a perdu tous ses ÉCLATS d'ÉMERAUDE et devient un DÉPOTOIRE OUVERT, malgré tous les sites d'enfouissements qu'on s'évertuent à créer... Les OCÉANS ont été vidés de leurs ressources halieutiques, justement à cause de l'AVIDITÉ humaine qui n'a plus voulu respecter les CYCLES de REPRODUCTIONS des ESPÈCES VISÉES donc, encore une fois, c'est l'humanité qui en est responsable.

    RIEN ne sert d'en dire plus car, depuis près de deux décennies (20 ans) que des avertissements sont faits CELA est demeuré INCOMPRIS
    donc, BONNE APOCALYPSE...! »

  • Olivier Mauder
    Inscrit
    vendredi 16 novembre 2007 16h25
    Un modèle qui s'effrite
    « S'il y a un coin du monde qui fait quelques efforts dans le domaine de l'environnement, c'est bien l'Europe. Cependant, elle est bien seule, on dirait.

    La taxe au carbone peut paraître contraignante au niveau de l'économie mais je pense qu'il n'y a que par ce biais qu'on verra les comportements des entreprises changer et des normes environnementales s'imposer.

    Autant je suis un "libéral" convaincu (pas le parti mais l'idéologie), autant je ne comprends pas bien la position et le comportement du Canada en matière d'environnement. Cela fait preuve encore une fois d'une vision à court terme.

    Le protocole de Kyoto n'est sans doute pas la panacée mais je ne m'attends pas à ce que le club des sceptiques dont fait partie le Canada ait beaucoup d'idées pour enrayer le problème des émissions de GES. Il fait quelque part semblant de s'intéresser au sujet mais continue de polluer à tour de bras car c'est l'économie, ce qui rapporte à court terme (pétrole de l'Alberta) qui importe. Après, on verra, comme dirait l'autre.

    Je trouve cependant que l'image du Canada au niveau international en prend un coup depuis quelque temps. On imaginait un pays pacifique où il fait bon vivre au milieu des lacs et des forêts, la nature à l'état pur et des gens accueillants.

    En matière d'environnement, de politique étrangère, d'intégration des immigrants, de respect des droits de l'Homme, le Canada ne semble plus vraiment un modèle, on dirait. »

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