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Les blessures invisibles

Alec Castonguay , Isabelle Porter   10 novembre 2007  Canada
Photo : Agence Reuters
Les missions à l'étranger des Forces canadiennes laissent aux soldats des séquelles psychologiques à la hauteur des drames vécus. Pour ceux qui ont la tête hantée par les images du passé, le jour du Souvenir célébré en fin de semaine prend un sens bien particulier. Surtout que de nouveaux chiffres inédits jettent un éclairage cru sur le conflit afghan, l'un des plus pénibles des dernières décennies sur le plan psychologique. Un dossier à lire aujourd'hui et lundi.

Malgré les années qui passent, Christian Marquis, membre du Royal 22e Régiment de Valcartier, se rappelle précisément le moment où il a senti naître en lui ses démons. En 1993, juché dans sa tourelle de char d'assaut, l'oeil collé au viseur thermique du canon, il parcourait une Bosnie-Herzégovine à feu et à sang sans pouvoir réagir, l'armée canadienne n'ayant pas le mandat d'intervenir. Chaque fois qu'il voyait des femmes se faire battre, des maisons brûler ou des enfants se faire exploser la boîte crânienne au milieu des appels à l'aide, il sentait le froid de l'horreur humaine s'infiltrer en lui. «Même le silence devenait silencieux. Je ne sais pas comment expliquer ça», raconte-t-il.
De retour à Québec quelques mois plus tard, Christian Marquis ne constate pourtant aucune conséquence psychologique à la suite des atrocités qu'il a vues. «Ça se développe tranquillement pas vite, explique-t-il. Vers 2000 ou 2001, je me suis mis à avoir des rêves, de l'angoisse. Puis j'ai fait des petites crises d'hyperventilation. C'est l'été, t'es en ville avec ta conjointe en plein après-midi au Festival d'été, il y a plein de monde dans les rues et là, ça te prend.»

Les semaines passent, ses souvenirs le réveillent la nuit et empoisonnent son existence. «Les rêves prenaient de l'ampleur, dit-il. J'étais de plus en plus déplaisant avec mon monde. Je me recroquevillais sur moi-même. Je manquais d'intérêt pour tout. Et là, une nuit, je me suis retrouvé debout dans ma chambre en train de me battre contre un fantôme. Mais le fantôme, c'était une porte, et le pistolet avec lequel je tirais, c'était une lampe. Je me suis dit: "C'est pas normal, ça".»

Aujourd'hui âgé de 40 ans, Christian Marquis est en rémission après avoir trouvé de l'aide au centre de santé de la base de Valcartier. Désirant «faire partie de la solution» auprès des autres soldats en détresse, il est devenu coordonnateur pour l'organisation Soutien social aux victimes de stress opérationnel, un organisme fondé en 2001 et affilié à l'armée.

M. Marquis, dont l'organisme est seulement l'une des ressources disponibles pour les soldats en difficulté (voir la suite du dossier lundi), n'a traité qu'un seul cas de détresse psychologique relié à l'Afghanistan jusqu'à présent. Il faut dire que peu de soldats québécois sont revenus de l'enfer de Kandahar. Mais lorsque les 2300 soldats québécois actuellement déployés seront de retour à la maison, la situation pourrait bien changer.

Surtout que les collègues de Christian Marquis actuellement dans le pays des talibans sont confrontés à leur lot quotidien d'horreurs. La guerre n'a rien d'abstrait pour les soldats au front et des chiffres inédits compilés par les Forces canadiennes et obtenus par Le Devoir le démontrent avec force.

Grâce à un questionnaire et à une évaluation psychologique que le militaire doit compléter à son retour d'Afghanistan, l'armée a une bonne idée des drames humains vécus durant la mission. Sur les 4787 soldats qui ont déjà fait une rotation à Kandahar depuis la fin de 2005, 2717 ont déjà rempli l'évaluation. Et le bilan n'est pas rose (voir tableau en page A 6).

Ainsi, 88 % affirment avoir déjà été attaqués par des tirs de mortier et 67 % disent avoir essuyé des tirs de fusil. Il faut dire que la base de Kandahar et les postes avancés sont régulièrement sous le feu de l'ennemi, même si les talibans ne touchent pas toujours la cible. Les chiffres les plus troublants proviennent des militaires qui ont vécu les attaques réussies des insurgés. Ainsi, 68 % des soldats ont vu des blessures sérieuses durant leur mission, 47 % ont vu la mort de civils, 45 % ont vu plusieurs morts et pas moins de 40 % ont dû transporter des cadavres ou des morceaux de corps humains. Presque la même proportion (39 %) ont vu un de leurs collègues mourir.

Évidemment, les atrocités les plus graves sont plus souvent observées par les 1000 soldats (sur 2500) qui forment le groupe de combat. En conséquence, un mitrailleur risque beaucoup plus d'être aux prises avec ses démons intérieurs que l'officier de logistique qui ne quitte presque jamais la base. Le lien est direct entre ce que les soldats vivent durant leur mission et les conséquences psychologiques à leur retour.

Consciente que les soldats seraient confrontés à des scènes pénibles durant leur mission, l'armée a pris les moyens pour les aider psychologiquement avant même leur retour au pays. Pour une rare fois, un psychiatre, un travailleur social et une infirmière spécialisée en santé mentale sont présents à Kandahar. «On savait que la mission serait difficile, alors on a envoyé du soutien», explique le Dr Mark Zamorski, chef de la Section de santé en déploiement des Forces canadiennes.

17,1 % souffrent de problèmes de santé mentale

Malgré cette aide, les militaires aux prises avec des problèmes de santé mentale à leur retour de Kandahar se comptent par centaines. Pour la première fois de son histoire, grâce à l'évaluation psychologique obligatoire, l'armée a une très bonne idée des problèmes qui affligent les soldats avant même que la mission ne soit terminée.

Ainsi, 17,1 % des soldats de retour de Kandahar souffrent d'un problème de santé mentale. Une proportion qui bondit à 27,7 % lorsqu'on inclut les abus d'alcool, le dérapage le plus important. Plus de 5 % des militaires souffrent du syndrome post-traumatique, 4,6 % éprouvent des symptômes de dépression majeure, alors que 4,1 % souffrent d'une dépression mineure. Près de 4 % sont affligés de tendances suicidaires, alors que 2,8 % sont atteints de panique et 2,2 % d'anxiété. Un tiers des soldats qui éprouvent des difficultés ont plus d'un problème à la fois.

Le Dr Zamorski, qui a fait l'analyse des données, précise qu'il ne s'agit pas de diagnostics fermes, mais plutôt d'évaluations préliminaires. Ainsi, si certains symptômes iront en diminuant pour finalement disparaître quelques semaines après le retour du soldat, d'autres chiffres pourraient continuer à augmenter, notamment les dépressions majeures et les syndromes de stress post-traumatique, puisque ces problèmes peuvent prendre un certain temps avant de se développer.

«C'est sûr qu'en six mois, les soldats vont vivre plus de stress que n'importe quel autre métier; alors ça produit des résultats qui frappent l'imagination, dit le Dr Zamorski. Mais les soldats ont aussi accès à plus de ressources d'aide que dans la société en général. [...] Les gars actuellement en Afghanistan sont les mieux encadrés de l'histoire sur le plan psychologique.»

Assis dans son bureau en banlieue d'Ottawa, Mark Zamorski fait d'ailleurs une mise en garde: il est difficile de savoir de quoi vont souffrir les soldats québécois. «On a bien sûr une idée avec ce qui a été déclaré par les soldats qui sont revenus de Kandahar, mais il y a plusieurs facteurs qui peuvent changer les choses, notamment la préparation des soldats, les incidents vécus et la force mentale des gars.»

Des chiffres révélateurs

N'empêche, les chiffres ne mentent pas, concède-t-il. «On n'a pas besoin de faire de grandes recherches pour constater que cette mission est difficile psychologiquement pour nos soldats. Les chiffres reflètent bien le niveau de difficulté sur le terrain. La majorité des soldats qui reviennent vont très bien, il ne faut pas l'oublier, mais c'est vrai qu'il y a un impact sur une importante minorité», dit Mark Zamorski.

Ce dernier n'hésite pas à dire que, psychologiquement, la guerre en Afghanistan est la mission à grand déploiement la plus éprouvante depuis des années, voire des décennies. «Comprenez-moi bien, il y a également eu des soldats affectés par la mission en Bosnie, mais ils sont beaucoup moins nombreux que dans la présente mission», dit-il. L'ampleur du choc post-traumatique est aussi plus important lorsque des humains attaquent d'autres humains, comme c'est le cas en Afghanistan. «Les désastres naturels ont peu d'effets psychologiques durables, parce que l'humain ne contrôle rien. Dans un crash d'avion, il peut y avoir une influence humaine, alors c'est plus perturbant. Mais le pire psychologiquement, c'est vraiment la violence volontaire infligée par un humain, comme les meurtres, la torture ou un génocide», dit Mark Zamorski.

Typique des nouveaux conflits aux allures de guérilla, l'Afghanistan force les militaires à combattre un ennemi invisible, ce qui affecte les soldats d'une manière particulière, juge Christian Marquis. «Ça "crinque" les gars. Ils sont hyper-vigilants et ça devient leur mode de vie normal. Le militaire a été préparé à ça, mais la question est de savoir quand ils vont décrocher. Ce sera un gros enjeu du retour des soldats.»

Lundi: L'aide offerte au retour d'Afghanistan






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 10 novembre 2007 03h11
    Nos soldats et les traumas
    « Les soldats qui violent tout ce qu'ils peuvent rencontrer en chemin, est-ce qu'ils se traumatisent un petit peu aussi ?

    Quand nos soldats sont en mission pour tuer, ils se traumatisent et quand ils sont empêchés de tuer, ils se traumatisent sauf, probablement les plus durs que se balancent de tout ça parce que la seul mort ou la soufrance qui les dérange est la leur. »

  • Maurice Leboeuf
    Inscrit
    samedi 10 novembre 2007 07h35
    concernant l'hyper-vigilance
    « J'ai rencontré un jeune militaire revenu d'Afghanistan. Il me disait que les quarts de travail était longs sur le front et que pour rester éveillé il devait consommer des amphétamines. Plusieurs camarades en fasaient autant. Et les patrons le savaient... »

  • Hugo Lavoie
    Inscrit
    samedi 10 novembre 2007 15h50
    Blessures invisibles de notre discours angélique
    « Pour moi, de lire ces lignes me fait frissonner. Quel triste sort ont nos militaires! Lorsque je pense à leurs expériences troublantes, je ne peux m'empêcher de ressentir un profond respect devant la sagesse de ceux qui en sortent vivant, aillant vu la mort, subit ces tourments. Moi, étudiant universitaire et bien confortablement assis devant mon écran d'ordinateur, je ne peux me comparer avec leurs efforts physiques et psycologiques. Ils affrontent une telle adversité pour des principes - mais pour un peu d'argent aussi - qu'il me paraît normal que certains en sortent affaiblits. Mais, au fait, quelle est la nature de ces dits principes ? Pourquoi se battent-ils au fond ? Pourquoi ces graves sacrifices ? Terribles de penser que je risquerais ma vie pour des principes qui me sont inconnus ou mal compris, je comprends bien qu'une partie de la thérapie soit conçue pour en établir quelqu'uns compréhensibles (lire l'article : Nouveau programme en santé mentale de Valcartier - Machines à tuer, machines à penser). Je ne crois pourtant pas que ceux-là comme sortir les femmes de leur oppressante culture locale, d'installer la démocratie ou le développement économique soient des raisons, dissons, capables de résister à l'épreuve des faits. Simplement, par exemple, allons-nous sauver les femmes de l'oppression en soutenant partout dans le pays des seigneurs de guerres qui ont la même politique envers les femmes afghannes que les Talibans ou allons-nous apporter la prospérité économique en ce pays deshérité en ne négociant pas la paix avec les Talibans, goutte que goutte ?

    Souvent, j'ai l'impression qu'on prend les soldats pour des enfants du primaire. Voyez, je crois qu'on devrait leur faire comprendre pourquoi ils sont là et ce sans ce type de détour angélique. D'abord leur donner un bon cours d'histoire moderne, bien critique, et du système économique mondial, tiens. Ça ferait un bon début. De leur expliquer qu'il sont là pour faire passer un oléoduc et qu'il failait donc aligner l'Afghanistan à l'Occident (Parce que s'ils étaient de notre côté, on les oublierait vite les bélligérances qu'ils font sur leur population) et, optionnelement, d'encercler l'Iran en cas de guerre avec ceux-ci.

    Mais, il serait amusant de voir que plusieurs n'auraient pas le même enthousiasme à partir défendre ces "principes" une fois ceux-ci bien assimilés par leur esprit. La question : Pourrait-ils se prendre pour de vrais guerriers, aller consciemment en guerre pour voler les ressources du territoire ou encore installer tout sauf un pouvoir démocratique pour qu'ils obéissent enfin à nos doctrines et ce sans considération si les bombes qu'on envoie tuerons innocent ; donc jusitifier le meutre ? Non, et vous savez pourquoi ? Ces soldats sont des gens sincères, des hommes et des femmes qui ont un coeur énorme comme nous, Québécois en général, qui ont une sensibilité digne de notre culture, digne de nos écoles, digne de nos familles. Ils sont tous sauf criminels (Qui sont alors les vrais criminels ?). C'est donc pourquoi on dicte le mensonge nécessaire sur la nature des principes qui sous tendent cette mission, c'est alors pourquoi on nous ment a nous aussi, citoyen. Mais, comme je l'ai expliqué plus haut, l'épreuve des faits fait ressortir d'autres raisons, surtout aux yeux de ceux qui sont là-bas, ceux-là qui se sacrifient, qui vivent au jour le jour cette réalité. C'est compréhensible qu'ils deviennent confus et que certains deviennent un peu fou à mesure que ça réalise. Le combat se poursuit donc dans leur esprit à savoir pourquoi ils eurent à tirer ça et là, pour qui se battaient-ils au fond ou contre qui. Qu'est-ce qu'un terroriste ? Devant une telle absurdité dogmatisée et instutionnalisé, moi, je ne repondrais plus de mes actes, je me suiciderais. Vraiment vous êtes faits forts militaires, j'admire votre courage, mais pas votre naïveté et surtout pas votre travail. »

  • Sylvain Gascon
    Inscrit
    jeudi 29 novembre 2007 16h41
    Leurs soldats et les traumas
    « 17 % des soldats de retour de Kandahar souffrent d'un problème de santé mentale... Cependant, on oublie de dire que 100% de ceux qui partent en ont déjà. Ce ne sont pas des conscrits, ils s'enrollent de plein gré (de plus, en ce qui concerne ceux de Québec, dans une armée étrangère... des félons!); faut être complètement cinglé. De larmes, je ne verse et ne verserai point. »

  • André Girgis
    Inscrit
    vendredi 15 février 2008 14h28
    Blessures visibles
    « Je ne sais pas pourquoi la presse s'attarde autant au pertes et blessures des soldats dans cette mission. Il s'agit d'une invasion et c'est certainement plus traumatisant pour les Afghans à savoir qu'il n'y a ni la sécurité ni la stabilité dans leur région.
    Malheureusement l'opinion publique semble de changé si la discussion traite les forces canadiennes comme victimes. »

  • ANDRE BURGY
    Inscrit
    samedi 23 février 2008 16h02
    Phénomène connu depuis longtemps, mais dissimulé
    « Le chiffre de 27.7 % me parait un peu faible, mais il a au moins le mérite d'être porté à la connaissance du public. Lors de ma formation d'officier, j'ai été sensibilisé à cette réalité. La guerre du Viet-Nâm faisait rage et servait de laboratoire aux armées non engagées. On parlait, à l'époque de 40 % des soldats traumatisés par les combats.

    Le soldat est préparé à affronter les affres de la guerre, dites-vous, aucune formation psychologique, aussi poussée soit-elle, ne peut les préparer à affronter la réalité des corps déchiquetés, des odeurs de poudre, de sang et de boucherie... et l'idée que cet ennemi que je viens de "descendre" et qui me regarde étonné, l'oeil figé par le départ de sa vie, était probablement un brave type, père de famille comme moi. »

  • Louise Hurteau
    Inscrite
    vendredi 14 mars 2008 20h07
    On a juste pas d'affaires là, ça prend pas la tête à papineau !
    « Et jusqu'en 2011, on en fait ty des courbettes pour plaire à nos voisins du Sud - Guerre illégale de contrôle géopolitique - Harper utilise la même rhétorique que Bush - "they hate our Freedom" non mais franchement, il sait pas Harper que le Canada se classe 5e en éducation et non 22e comme les américains au niveau mondial. On est peut-être pas vite vite tout le temps, mais on est pas épais quand même !

    On commence à calquer les tortures bientôt qui sait, peut être auront nous une prison canadiene a "Guantanamo" aussi ! mini-bush Harper musèlent tout le monde, cache les rapports, ignorent les principes les plus fondamentaux de notre démocracie, pis en plus, pour du pétrôle qu'on a même pas besoin !

    Le Canada a pris une méchante débarque depuis le gouvernement Harper, j'espère que le prochain coup, ça sera Harper qui prendra la débarque ! »

  • Mathieu Demers
    Inscrit
    samedi 4 octobre 2008 15h07
    Combattre les Conservateurs en Afghanistan
    « Les Conservateurs (nommés Talibans) en Afghanistan ont des armes qu'ils utilisent contre la population déviante (les femmes adultères, les voleurs, les gens qui ont des cerfs-volants, les musiciens, les gens qui mendient, ceux qui ne se soumettent pas convenablement à Allah, etc.).

    Malgré toute la campagne de peur que mènent Duceppe et Layton contre nos Conservateurs, je suis heureux de voir que les nôtres, comparés aux Conservateurs afghans, combattent par les mêmes armes ceux qui refusent les libertés individuelles et les droits de la personne à la population civile.

    Des chocs post-traumatiques, come on! C'est pas la fin du monde. Quelqu'un qui a un accident d'auto peut en vivre un ici aussi! »

  • Martin Jalbert
    Inscrit
    samedi 10 octobre 2009 06h48
    Le tueur silencieux
    « Si on compte le nombre de suicides et de meurtres qui ont directement découlé du retour des vétérans de la guerre du Vietnam, cela dépasse de loin le nombre de soldats tombés au combat... Cela s'explique par le nombre effarant de maladies mentales que les combattants ramènent et propagent à leur entourage. Un soldat dont l'âme est blessée par la guerre ne fera pas les premières pages des journaux, mais la torture silencieuse des hommes et femmes d'honneur est une infection qui se propagera ensuite dans toute notre société. »

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