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Harper rejette l'idée de Charest

Antoine Robitaille   9 novembre 2007  Canada
Québec — S'il est disposé à rencontrer les premiers ministres provinciaux de manière «informelle» au 24 Sussex, Stephen Harper n'est toutefois pas très chaud à l'idée de discuter avec eux de la «flambée du dollar». C'est pourtant ce qu'a explicitement réclamé le premier ministre du Québec hier.

Comme il le fait rarement avant la période de questions, M. Charest s'est adressé à la presse pour faire savoir qu'il demandait au premier ministre fédéral de convoquer «le plus rapidement possible [...] une conférence des premiers ministres du Canada sur le sujet de l'économie». À ce moment, M. Charest disait avoir parlé à six de ses homologues provinciaux qui, selon lui, étaient «tous favorables à cette idée qu'il y ait une conférence des premiers ministres sur l'économie» dans le contexte de la «flambée du dollar canadien», dont la valeur a augmenté de 74 % depuis 2002 et de 28 % en 2007. En après-midi, des lettres officielles ont été envoyées à tous. Avant de rencontrer le premier ministre fédéral, le Conseil de la fédération en profiterait pour tenir une réunion spéciale.

Mais au bureau du premier ministre Harper, on ne semblait pas très chaud à l'idée d'aborder ce sujet: «Le dollar canadien n'est pas la compétence des provinces ou du fédéral, c'est la compétence de la Banque du Canada», a répondu l'attaché de presse du premier ministre, Dimitri Soudas. Vendredi, M. Harper avait rejeté une demande d'intervention fédérale formulée par le ministre québécois du Développement économique, Raymond Bachand. «Il y a des difficultés qui proviennent de la force du dollar, mais au bout du compte, c'est la responsabilité de la Banque du Canada», avait déclaré le premier ministre. Hier, devant la Chambre de commerce de Québec, M. Bachand a demandé que la Banque du Canada donne un «signal clair» et réduise les taux d'intérêt.

Au reste, même sur le sujet plus large de l'économie canadienne, le fédéral n'a pas grand-chose à ajouter à ce qu'il a récemment dit, a soutenu M. Soudas: «Le discours du Trône et la mise à jour économique et financière énoncent tous les deux le programme du gouvernement pour renforcer l'économie et améliorer le fonctionnement de la fédération.»

Rencontre ratée

Dans l'entourage du premier ministre fédéral, on soulignait par ailleurs que celui-ci n'a pas attendu l'invitation de Jean Charest pour informer le Conseil de la fédération qu'il souhaitait rencontrer ses homologues provinciaux. Déjà, en mai dernier, M. Harper avait tenté d'organiser une rencontre aux environs du 2 juin. Il avait alors informé le président actuel du Conseil de la fédération (qui regroupe tous les chefs de gouvernement provinciaux et des territoires), Shawn Graham, premier ministre du Nouveau-Brunswick, «qu'il souhaitait recevoir les premiers ministres provinciaux pour une rencontre informelle». Les sujets abordés auraient été la mondialisation, la compétitivité et l'union économique canadienne. Mais les horaires ne se sont pas avérés compatibles. Par la suite, la multitude d'élections provinciales (Terre-Neuve, Ontario, Saskatchewan, etc.) a rendu la rencontre impossible à fixer.

Récemment, M. Harper a de nouveau informé M. Graham qu'il souhaitait «recevoir les premiers ministres provinciaux pour une rencontre informelle plus tard cette année ou au début de l'année 2008», mais pas pour une «conférence». Les sujets à l'ordre du jour n'avaient pas encore été arrêtés hier, a-t-on dit au bureau de M. Harper.

La dernière fois que M. Harper a pu échanger en personne avec tous ses homologues provinciaux, c'était il y a 21 mois, en février 2006, à l'occasion d'un repas au 24 Sussex, après le sommet sur l'enseignement postsecondaire à Ottawa. Depuis, les relations entre M. Harper et plusieurs premiers ministres provinciaux se sont dégradées, entre autres avec Dany Williams, à Terre-Neuve. De toute façon, a insisté M. Soudas, «le premier ministre parle très souvent à ses homologues provinciaux et les rencontre très souvent».

Dans l'entourage du premier ministre Charest, on semblait légèrement irrité hier du peu d'empressement de M. Harper à discuter dollar et économie avec ses homologues provinciaux. «Ils feront ce qu'ils voudront, mais la réalité, à un moment donné, c'est que le secteur manufacturier connaît de vraies difficultés, comme le secteur forestier», a-t-on confié. Une source a fait remarquer qu'«à un moment donné, il va falloir que les premiers ministres se parlent dans ce pays-là, au lieu de se parler par médias interposés».

Quant à lui, l'attaché de presse de M. Charest, Hugo d'Amours, a dit en fin de journée hier qu'il ne fallait pas trop s'attarder au type de rencontre (informelle ou conférence) que les premiers ministres auront: «À partir du moment où tous les premiers ministres sont assis autour d'une table avec M. Harper... l'important, c'est qu'ils puissent se parler.» M. d'Amours a aussi souligné que M. Charest et ses homologues sont désireux de discuter non seulement du dollar mais de «tous les leviers avec lesquels on peut aider les entreprises à traverser cette période de transition».

Notons qu'il y a 20 ans, dans l'accord du Lac-Meech, les premiers ministres s'étaient entendus pour inclure dans la Constitution l'obligation, pour le premier ministre du Canada, de convoquer «au moins une fois par an une conférence réunissant les premiers ministres provinciaux et lui-même et portant sur l'économie canadienne ainsi que sur toute autre question appropriée». Mais on connaît le destin de cet accord.






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 9 novembre 2007 08h09
    Solutions canadiennes
    « Voici ma solution : À la place de jouer avec les taux d'intérêt de la Banque du Canada, vu que les américains ont absolument besoin du pétrole canadien, M. Charest devrait suggérer à M. Harper qu'il exige des Américains ce qui suit : Pour 1000 parils de pétrole que le Canada livre aux États-Unis, ils seraient obligés d'acheter une corde de bois "made in Québec" et une auto "made in Ontario" et on retire un soldat de l'Afghanistan...genre.

    Comme ça, on va pouvoir finir par pouvoir acheter des affaires pas chers au Wallmart...éventuellement ou on ira en acheter à Plattsburgh, de temps en temps. »

  • Jean-Philippe Baillargeon
    Abonné
    vendredi 9 novembre 2007 08h24
    Investissemenst massuf dans les infrastructures
    « Ne serait-ce pas le temps, pour baisser cette flambée du huard et freiner la spéculation dont il est victime, d'emprunter et de retourner de l'argent dans la cagnotte des provinces, pour qu'on puisse investir massivement et réellement dans les infrastructures désuètes, nos systèmes qui boitillent et nos institutions qu'on aime tant dénigrer parce qu'elle fonctionne moins bien qu'elle devraient?

    Avis à ceux qui ont des bases solides et une compréhension de l'économie, cette proposition je l'ai entendue à RDI cet été de la part d'un intervenant questionné sur la crise potentiel créé par un dollar trop fort.

    Que ce soit pour la qualité de l'enseignement et des connaisances des travailleurs à leur sortie sur le marché du travail, pour la réfection des voies de transport (on pourrait peut-être réinstaurer un réseau ferroviaire?) pour un système qui ne s'use pas trop vite et qui crée moins de problèmes à gérer que le camionnage... n'est-ce pas enfin le temps d'améliorer ce qui a déjà été fait et mériterait de l'être? Peut-être pour augmenter la dette nationale momentanément, mais pour sauver l'économie régionale des provinces en même temps que d'améliorer notre qualité de vie!

    Jean-Philippe Baillargeon »

  • Jean-Philippe Baillargeon
    Abonné
    vendredi 9 novembre 2007 08h25
    Investissemenst massif dans les infrastructures
    « Ne serait-ce pas le temps, pour baisser cette flambée du huard et freiner la spéculation dont il est victime, d'emprunter et de retourner de l'argent dans la cagnotte des provinces, pour qu'on puisse investir massivement et réellement dans les infrastructures désuètes, nos systèmes qui boitillent et nos institutions qu'on aime tant dénigrer parce qu'elle fonctionne moins bien qu'elle devraient?

    Avis à ceux qui ont des bases solides et une compréhension de l'économie, cette proposition je l'ai entendue à RDI cet été de la part d'un intervenant questionné sur la crise potentiel créé par un dollar trop fort.

    Que ce soit pour la qualité de l'enseignement et des connaisances des travailleurs à leur sortie sur le marché du travail, pour la réfection des voies de transport (on pourrait peut-être réinstaurer un réseau ferroviaire?) pour un système qui ne s'use pas trop vite et qui crée moins de problèmes à gérer que le camionnage... n'est-ce pas enfin le temps d'améliorer ce qui a déjà été fait et mériterait de l'être? Peut-être pour augmenter la dette nationale momentanément, mais pour sauver l'économie régionale des provinces en même temps que d'améliorer notre qualité de vie!

    Jean-Philippe Baillargeon »

  • Jean-Philippe Baillargeon
    Abonné
    vendredi 9 novembre 2007 08h25
    Investissement massif dans les infrastructures et autres manques de la "fédération"...
    « Ne serait-ce pas le temps, pour baisser cette flambée du huard et freiner la spéculation dont il est victime, d'emprunter et de retourner de l'argent dans la cagnotte des provinces, pour qu'on puisse investir massivement et réellement dans les infrastructures désuètes, nos systèmes qui boitillent et nos institutions qu'on aime tant dénigrer parce qu'elle fonctionne moins bien qu'elle devraient?

    Avis à ceux qui ont des bases solides et une compréhension de l'économie, cette proposition je l'ai entendue à RDI cet été de la part d'un intervenant questionné sur la crise potentiel créé par un dollar trop fort.

    Que ce soit pour la qualité de l'enseignement et des connaisances des travailleurs à leur sortie sur le marché du travail, pour la réfection des voies de transport (on pourrait peut-être réinstaurer un réseau ferroviaire?) pour un système qui ne s'use pas trop vite et qui crée moins de problèmes à gérer que le camionnage... n'est-ce pas enfin le temps d'améliorer ce qui a déjà été fait et mériterait de l'être? Peut-être pour augmenter la dette nationale momentanément, mais pour sauver l'économie régionale des provinces en même temps que d'améliorer notre qualité de vie!

    Jean-Philippe Baillargeon »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 9 novembre 2007 09h17
    Tiens, tiens !
    « Tiens, tiens, Harper a compris qu'il n'a plus besoin du soutien de Charest pour faire élire des députés conservateurs au Québec.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Jean Desjardins
    Abonné
    vendredi 9 novembre 2007 11h20
    Un gars qui défend bien les intérêts ...
    « Dans le dossier de la flambée du dollar canadien, Stephen Harper est un gars qui défend drôlement bien les intérêts de sa province d'origine, l'Alberta. Qu'on aime ou non !

    Ce qui est ironique, dans tout ça, c'est que la longue série préalable de PM canadiens d'origine québécoise que le Québec a envoyés à Ottawa s'est limitée à un acharnement de ces derniers à combattre les méchants séparatistes par tous les moyens. Sans aucune autre stratégie. Point, à la ligne. En effet, au fil de leur règne édifiant, pas surprenant que le Québec soit progressivement passé d'un statut de province relativement prospère à un statut de province 'assistée sociale' des provinces mieux nanties. Pas surprenant, puisqu'on en est arrivé là par l'entêtement maladif de nos dignes représentants à nier les intérêts du Québec pour amadouer le ROC. Quelle bêtise !

    Monsieur Charest et autres fédéralistes à tout crin, que faisiez-vous pour le Québec aux temps chauds ? Vous chantiez ? Eh bien, dansez maintenant !


    Jean Desjardins. »

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