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Baisse du fardeau fiscal de 10 milliards par an

Alec Castonguay   31 octobre 2007  Canada
Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty (à droite), se rendant en compagnie du ministre des Transports, Lawrence Cannon, à la conférence qui a suivi le dépôt de la Mise à jour économique et financière du gouvernement. Le document annonce
Photo : Agence Reuters
Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty (à droite), se rendant en compagnie du ministre des Transports, Lawrence Cannon, à la conférence qui a suivi le dépôt de la Mise à jour économique et financière du gouvernement. Le document annonce
Ottawa — Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a plongé la main dans le coffre-fort débordant du gouvernement canadien et a distribué hier des baisses d'impôt et de taxe de dix milliards de dollars par année en moyenne d'ici 2013. La TPS passera à 5 % en janvier prochain, alors que les contribuables, y compris les moins bien nantis, vont bénéficier de réductions d'impôt dès cette année. Les grandes entreprises passent aussi à la caisse, puisque leur taux d'imposition passera de 22 à 15 % d'ici 2012.

La Mise à jour économique et financière livrée hier à Ottawa n'avait rien d'habituel. Le ministre Flaherty a transformé cet exercice plutôt terne en une distribution de cadeaux de Noël avant l'heure. Mais le gouvernement fédéral ne sera pas à sec pour autant, puisque cette réduction du fardeau fiscal des citoyens et des entreprises de 60 milliards sur six ans ne marque pas la fin de l'ère des surplus.

Hier, le ministre des Finances a confirmé que le surplus de l'année financière en cours aurait atteint plus de 16 milliards de dollars si rien n'avait été fait. Les réductions fiscales annoncées vont retrancher

4,8 milliards à ce chiffre. Le gouvernement a également l'intention de consacrer 10 milliards à la réduction de la dette, ce qui lui laisse un cousin de 1,6 milliard en mars prochain.

Pour l'année suivante, soit 2008-09, le gouvernement estime que l'excédent sera de 4,4 milliards. Le surplus ira ensuite croissant et atteindra de nouveau la rondelette somme de 12,8 milliards en 2012-13, selon les prévisions du gouvernement dévoilées hier.

Ottawa prévoit une croissance du PIB de 2,5 % cette année, de 2,4 % en 2008 et de 2,7 % en 2009. Le gouvernement désire continuer de rembourser sa dette à hauteur de trois milliards de dollars par année, minimum. «Le taux de chômage est bas, l'investissement des entreprises est soutenu et les dépenses de consommation sont vigoureuses. [...] Les fondements de notre économie et de nos finances publiques sont aussi solides que le bouclier canadien», a lancé Jim Flaherty.

Les trois partis d'opposition ont dénoncé le minibudget conservateur hier, déplorant le choix du gouvernement de baisser la TPS plutôt que de consacrer cet argent à d'autres priorités (voir autre texte en page A 3). Le Bloc québécois a reproché au gouvernement de ne pas avoir tenu compte des industries en difficulté. «Les baisses d'impôt n'étaient pas prioritaires, surtout qu'elles ne seront d'aucun secours pour les entreprises forestières et manufacturières, qui ne font aucun profit. Les pétrolières qui font déjà des profits énormes auront droit à un autre coup de pouce du gouvernement Harper», a soutenu le critique du Bloc en matière de finances, Paul Crête. Le chef du NPD, Jack Layton, estime quant à lui que les avantages fiscaux de 14 milliards sur cinq ans consentis aux grandes entreprises sont injustifiables et que l'écart entre les riches et les pauvres ne fera que s'accentuer.

Pour que les mesures du minibudget entrent en vigueur, l'avis de voies et moyens déposé hier devra être adopté aujourd'hui aux Communes. Il s'agira d'un vote de confiance. Le Bloc québécois et le NPD ont déjà annoncé qu'ils voteraient contre les intentions des conservateurs, mais le Parti libéral a affirmé qu'il n'allait pas défaire le gouvernement sur des baisses d'impôt et de taxe.

La TPS à 5 %

Malgré l'avis défavorable des économistes, le gouvernement va tout de même de l'avant avec sa réduction de 1 % de la TPS, respectant ainsi une promesse électorale. Mais contrairement à ce que certains médias montréalais ont annoncé hier matin, la taxe sur les produits et services passera à 5 % en janvier prochain, et non pas avant le temps des Fêtes. Sur une année complète, cette mesure représente un manque à gagner de six milliards par année pour le gouvernement.

Le ministre Flaherty, qui estimait lui-même en 2001 qu'une réduction de la TPS n'était pas aussi utile à long terme pour l'économie que des baisses d'impôt, a justifié sa décision en affirmant qu'il n'a «jamais vu une mauvaise baisse de taxe». «Tous les Canadiens payent la TPS, y compris les plus pauvres. Ça va donc profiter à tous», a-t-il dit.

Dans son discours, Jim Flaherty a d'ailleurs donné des exemples positifs d'une TPS à 5 % plutôt qu'à 7 %, comme c'était le cas avant juillet 2006. Ainsi, une famille qui achète une maison de 300 000 $ économisera 3840 $. Investir 10 000 $ dans des travaux de rénovation sera récompensé par un rabais de 200 $, alors que l'acheteur d'une voiture de 30 000 $ épargnera 600 $.

Pour les Canadiens à faible revenu, le crédit de la TPS reste inchangé, ce qui représente une somme de 1,1 milliard de dollars par année que le gouvernement ne recevra pas.

Baisses d'impôt

Le gouvernement Harper a également annoncé une réduction du taux d'imposition le plus bas, qui passe de 15,5 à 15 %, rétroactivement au 1er janvier 2007. Cette mesure touche les citoyens qui gagnent moins de 37 000 $ par année. En 2006, les conservateurs avaient refusé de procéder à cette réduction, même si le gouvernement libéral avait fait une annonce en ce sens quelques semaines avant le déclenchement des élections. Cette baisse représente un manque à gagner de 1,6 milliard cette année pour le gouvernement, puis de 1,3 milliard par année ensuite.

Le montant personnel de base, soit le seuil sous lequel le citoyen ne paye pas d'impôt, passe quant à lui de 8929 $ à 9600 $, rétroactivement au 1er janvier 2007. En 2009, il sera de 10 100 $. Cette mesure fera épargner aux contribuables 2,5 milliards sur deux ans. Près de 385 000 personnes de plus ne paieront plus d'impôt au Canada.

Les baisses d'impôt et de la TPS pour les particuliers représentent une réduction du fardeau fiscal de 4,8 milliards cette année et de 7,9 milliards en moyenne pour les années suivantes.

Les entreprises choyées

La surprise de ce minibudget provient des avantages consentis aux grandes entreprises, qui profiteront de spectaculaires baisses d'impôt. Les compagnies verront leur taux d'imposition passer de 22 à 15 % d'ici cinq ans. Dès 2008, le taux passera à 20 %. Pour les petites entreprises, le taux passera de 13 à 11 % dès l'an prochain.

C'est donc dire qu'en 2012, les grandes entreprises bénéficieront du même taux d'imposition (15 %) que les citoyens qui gagnent moins de 37 000 $ par année et qui payent des impôts. Pour les compagnies, il s'agira du taux le plus avantageux parmi les pays du G7. Si les États-Unis ne touchent pas à leur fiscalité entre-temps, les grandes entreprises canadiennes auront un avantage de 12,3 % sur leur voisin américain.

«Les mesures fiscales annoncées auront un effet énergisant sur toutes les entreprises canadiennes et elles fourniront l'incitation nécessaire pour assurer l'avenir. [...] Nous commençons à réduire l'impôt sur le revenu des sociétés sur un horizon de cinq ans pour favoriser une plus grande croissance économique et créer encore plus d'emplois», a dit Jim Flaherty.

Les entreprises en difficulté, notamment dans les secteurs manufacturier et forestier, ne profitent d'aucune mesure d'aide dans ce minibudget. Selon le ministre des Transports, Lawrence Cannon, venu traduire les propos du ministre des Finances, il est normal qu'un énoncé économique ne tienne pas compte de tous les secteurs. «Ce n'est pas un budget, alors il n'y a pas de mesures sectorielles ciblées», a-t-il dit.






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 31 octobre 2007 07h06
    Il n'y a plus de déséquilibre fiscal au Québec !
    « Ce serait une bonne occasion de corriger le déséquilibre fiscal du Québec mais Mme Jérome-Forget, ministre de notre gouvernement Libéral très provincial, qui remonte dans les sondages. Elle jure qu'elle ne sautera pas sur ce 1 % pour l'ajouter à la TVQ et l'aider ainsi à réparer nos routes et viaducs. "Les finances du Québec doivent être meilleures que prévu et le déséquilibre fiscal contrôlé puisque nous n'avons plus besoin de taxer, à moins que les taxes vont venir d'ailleurs plus tard, après la prochaine élection, genre...nous faire payer sur les routes". »

  • Pierre-Olivier Bolduc
    Abonné
    mercredi 31 octobre 2007 08h10
    Du capital politique?
    « Il est intéressant de voir à quel point nos grands économistes, ceux qui influent sur notre notre économie nationale, on tendance à gérer notre argent de manière à se faire un capital politique. En effet, pendant que certaines provinces manquent de fonds pour investir en santé et en éducation notamment, le fédéral redistribut les richesses dans les poches des contribuables (dont les entreprises); mais il faut voir plus loin. Ce faisant, un jour ou l'autre, le fédéral aura besoin de réaugmenter le taux d'imposition, et ce, simplement parce qu'il est dans le cour normal des choses que les dépenses augmentent avec l'ampleur des besoins sociaux au Canada. Quand ce jour viendra, gageons que le gouvernement concervateur ne sera plus en place... »

  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 31 octobre 2007 09h41
    Navrant spectacle
    « Ce qu'il est triste de voir les économistes discuter des avantages et inconvénients des baisses d'impôts sans qu'aucun ne mentionne que le nombre d'enfants pauvres au Canada ne cesse d'augmenter et que les vieux et les vieilles peinent à survivre avec leur maigre pension fédérale, à laquelle les fonctionnaires n'ajoutent pas automatiquement le supplément au revenu garanti même s'ils savent pertinemment qu'ils y ont droit. Et on dit que le Canada est un pays profondément religieux. Mais serait-ce là le problème ?
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Hall Normand
    Inscrit
    mercredi 31 octobre 2007 22h23
    La PMD de m. Harper, le Dalaï Lama et la baisse de la TPS
    « Je ne partage pas du tout l'euphorie des dirigeants conservateurs et des gens qui sont d'accord avec la baisse de la TPS et la baisse des impôts. Quelle vision à court terme!

    Regardons l'équation :
    1o Nous sommes au Canada les plus grands pollueurs et utilisateurs d'énergie per capita au monde.
    2o Notre gouvernement crie sur toutes les tribunes depuis qu'il a attrapé son pouvoir minoritaire que c'est impossible et que ça coûterait trop cher aux entreprises et à l'économie de respecter les Accords de Kyoto.
    3o En 2012, à la fin de ce programme de baisses des revenus de l'état, les entreprises canadiennes seront parmi les moins taxées au monde.
    4o L'économie canadienne n'a pas roulé aussi bien depuis des décennies.

    Les solutions du gouvernement Harper ? Baisser les revenus du gouvernement de deux façons :
    A) Génial! Baisser les taxes des entreprises.
    Pourquoi ne pas en profiter, au lieu de moins taxer les entreprises, pour financer et aider ces entreprises à rencontrer les objectifs de Kyoto, pour les rendre encore plus compétitives et d'avant-garde pour la prochaine économie qui devra être verte ou qui ne sera pas (L'espèce humaine est menacée, Le Devoir de vendredi 26 oct 2007).

    B) Génial ! Baisser le pourcentage de la TPS
    C'est justement quand l'économie va bien qu'il faut engranger pour l'hiver, baisser le déficit (Qui paie ses dettes s'enrichit), mettre des économies de côté, investir dans le futur, aider les pauvres. Et non pas encourager la société déjà hyperconsommatrice à consommer pour acheter (principalement de Chine) encore plus de choses (dont on n'a même pas besoin souvent ) et qui nous garde en tête des citoyens les plus gaspilleurs du monde!

    Si le Premier Ministre Harper gérait son avoir personnel comme il fait présentement avec l'argent des autres, il dirait à sa famille : « Mes enfants, vu que nous n'avons pas les moyens de nettoyer la maison (Accords de Kyoto), j'ai accepté de baisser volontairement mes revenus (baisse des impôts et de la TPS). N'est-ce pas génial? Allez-vous m'aimer comme père (Premier Ministre) ? » Génial en effet, m. Harper.
    Cette logique harpérienne relève de la psycho-maniaco dépression! Le « High » du pouvoir. Attendez qu'une récession arrive (l'économie capitaliste a des cycles haussiers et baissiers, m. le Ministre Flaherty) et nous aurons la partie dépressive.

    Normand Hall

    P.S. Elles étaient bien ''cute'' vos courbettes devant le Dalaï Lama, m.le Premier Ministre. Et la Chine en est bien furieuse. Cependant, en baissant la TPS, vous venez d'encourager encore plus l'achat de biens de consommation ...venant de Chine. Est-ce une façon de vous faire pardonner par les Chinois?
    normandhall@cooperation.net »

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    vendredi 2 novembre 2007 07h26
    De l'électoralisme sans vision
    « Comme le souligne fort justement Manon Cornelierr dans son article, quelque chose « manquait cruellement à l'énoncé du ministre des Finances, Jim Flaherty, hier: une vision ou un projet mobilisateur que la richesse du fédéral permettrait d'envisager ». En effet, il y a bien d'autres choses que le gouvernement pourrait faire dans l'intérêt du Canada, dans l'intérêt des Canadiennes et des Canadiens, et qui devraient primer en politique.

    Mais, comme on ne peut que le répéter chaque fois que l'on découvre les manoeuvres du Premier ministre, l'intérêt premier est pour lui, lui-même et son parti. Il faut bien reconnaître qu'il est passé maître dans l'art de placer l'opposition libérale dans une situation quasiment intenable et de mettre son chef dans l'embarras, à chaque coin de rue, si l'om peut dire. Mais derrière ces annonces spectaculaires de reforme fiscale, d'abolition inutile d'un point de la TPS, on ne trouve rien pour donner au pays une vision d'avenir. Les citoyens du Canada « rêvent d'une société compatissante, solidaire, généreuse et soucieuse de l'héritage laissé aux générations futures. Ça veut dire lutter contre la pauvreté, améliorer le sort des autochtones, soutenir les plus vulnérables, protéger l'environnement », fait remarquer la journaliste. Mais voilà, pour ce faire, il faudrait que S. Harper finisse par sortir de la politique politicienne pour faire de la vraie politique.

    Devant une telle situation, je ne peux que rappeler une fois encore ce que j'ai déjà écrit précédemment, quelques principes de base concernant les rôles et responsabilités des dirigeants politiques. On peut en effet se demander ce qu'il en est de l'avenir de notre pays et de ses citoyens, s'il repose sur des calculs électoralistes - bien mis en évidence par Manon Cornelierr - et non sur de nouveaux horizons capables de dynamiser le Canada et ses ressortissants. Il serait bon de se souvenir de ce que la politique est ou doit être.

    On trouve justement chez Platon quelques éléments intéressants et toujours d'actualité. Dans «Pouvoir et Justice (République, Livre I): le politique ne doit pas gouverner selon son intérêt mais selon la justice», on peut lire cette réponse de Socrate à une question d'un certain Thrasymaque, qui pense que l'on commande toujours à son profit: ««L'art du berger a pour essence le bien des moutons; c'est par accident que s'y ajoute l'art d'en tirer profit; l'art du berger n'est pas transformé par le fait qu'il en tire profit ou pas. De même, l'art politique est par essence service pour les gouvernés, et par accident profit pour les gouvernants.» Et Platon de montrer que l'on a toujours intérêt à la justice et que le pouvoir ne peut s'exercer sans justice. Celui qui exerce le pouvoir ne le fait pas en vue de son intérêt, car il ne peut l'exercer de façon stable que s'il respecte la justice, et même s'il l'instaure.

    Il s'agit certes d'un idéal. Mais, «Faire de la politique, c'est justement défendre un idéal en l'adaptant à la réalité du monde.... L'idéal doit évidemment être actualisé, adapté aux réalités du temps mais il n'en reste pas moins essentiel et premier dans la détermination de la politique. » (Raphaël Dargent, «La politique, un réalisme de l'imaginaire», Les Cahiers, no 14) «La politique, disait Charles de Gaulle, un véritable homme d'État, quand elle est un art et un service, non point une exploitation, c'est une action pour un idéal à travers des réalités.» (Conférence de presse, 30 juin 1955).

    Cette idée de base a été justement reprise et développée dans un livre qui ne peut qu'intéresser toute la classe politique: Désir d'humanité, Le droit de rêver, de Riccardo Petrella (Éditions Écosociété). Il ne saurait être question ici de résumer tout ce livre très dense. Mais R. Petrella donne l'aperçu suivant de son exposé: «Le rêve aujourd'hui joue un rôle extrêmement important sur le plan du comportement politique individuel et collectif... Le rêve exprime une capacité d'imaginer un autre monde... et on l'imagine parce qu'on peut le faire. En fait il y a toujours trois éléments dans le rêve: il y a l'imaginaire, quand par exemple on imagine que tout le monde a le droit à la vie, à la paix, etc. Puis il y a le désir qui en découle, comme le désir de paix. Enfin, il y a la possibilité effective de se procurer cette paix ou ce droit à la vie. Le rêve est une force politique extraordinaire. Les gens pensent que c'est de plus en plus possible. Et cela donne force au rêve de paix, au rêve de droit, au rêve de la vie pour tous, au rêve de démocratie, etc.» (À bâbord, octobre-novembre 2004, Débats politiques) Autrement dit, le rêve suscite le désir qui se transforme en force en vue de sa réalisation.

    «Il est important de considérer le rôle du politique comme un dépositaire du devenir d'un peuple. Lourde responsabilité... », indique Irma Ly Tang dans ses «Réflexions sur le rôle de la politique». Ce qui veut dire que le politique a la responsabilité de proposer une vision, un rêve réalisable parce qu'il suscite dans la population le désir de le voir se réaliser. Il n'y avait rien de tel dans les propos tenus hier et dans les perspectives de ce mini-budget. »

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