samedi 21 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h40


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Ottawa emploie des mercenaires en Afghanistan

Alec Castonguay   24 octobre 2007  Canada
Ottawa — Le Canada a dépensé plusieurs millions de dollars l'an dernier pour utiliser les services de firmes de sécurité privées à travers le monde, dont certaines sont très controversées. Ottawa a notamment accordé des contrats à l'entreprise américaine Blackwater — actuellement sur la sellette en raison de ses agissements en Irak — pour entraîner certains de ses soldats se trouvant actuellement en Afghanistan. Le Canada utilise également les services de la firme Saladin, qui a déjà agi clandestinement dans différentes opérations par le passé, pour protéger son ambassade et ses dignitaires à Kaboul.

Une recherche effectuée par Le Devoir dans les Comptes publics du Canada a permis de constater que le gouvernement fait affaire avec des firmes privées qui déploient ce qui a souvent été décrit comme les «nouveaux mercenaires». Les employés de ces entreprises privées sont habituellement d'anciens militaires ou policiers qui sont envoyés dans des zones hostiles pour accomplir des tâches auparavant effectuées par les soldats des pays engagés dans un conflit, notamment la protection des dignitaires, la sécurité des ambassades, la force de réaction rapide en cas d'attentats, etc.

Le ministère des Affaires étrangères a dépensé en 2006-07 près de 15 millions de dollars — sur un budget de sécurité de 29,9 millions — auprès de différentes entreprises privées pour protéger ses ambassades et son personnel.

Certaines firmes ont d'ailleurs un passé plus trouble que d'autres. C'est notamment le cas de la firme britannique Saladin. Depuis 2006, un montant total de 493 000 $ a pris la direction de Saladin Security Afghanistan, une division de la firme britannique, afin de sécuriser son ambassade dans ce pays instable et d'assurer la protection des convois de dignitaires.

Comme Le Devoir a pu le constater lors de son passage en Afghanistan en avril dernier, les gardes de cette société sont souvent habillés comme des paramilitaires, fusil au poing et casquette de baseball sur la tête. Ils ont toutes les allures de matamores prêts à engager le combat. Ils patrouillent autour de l'ambassade et dirigent les points de contrôle qui mènent au bâtiment.

Les Forces canadiennes ont seulement une trentaine de soldats en poste à Kaboul et il s'agit d'une équipe de logistique qui fait le lien avec les troupes postées à Kandahar. Ces militaires n'ont pas l'équipement nécessaire pour répondre à des attaques d'insurgés et n'ont pas le mandat d'escorter des convois de dignitaires, sauf en de rares occasions.

Hier, le ministre des Affaires étrangères, Maxime Bernier, a confirmé l'emploi de Saladin en Afghanistan, mais il n'a pas élaboré. Il n'a pas été possible de savoir, auprès de son ministère, combien de gardes l'entreprise met au service du Canada et quelles sont leurs règles d'engagement. Il n'a pas non plus été possible de connaître s'ils ont déjà tiré sur des insurgés (ou des civils) et s'ils ont déjà fait des prisonniers.

«Les contrats pour de tels services sont la responsabilité des missions diplomatiques à l'étranger, a dit au Devoir Rodney Moore, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Je peux seulement vous dire que les entreprises sont certifiées et enregistrées auprès du gouvernement local et sont assujetties aux lois du pays, peu importe l'endroit dans le monde.»

Saladin a plus de 2000 employés en Afghanistan, soit presque autant d'hommes que le Canada (2500 soldats) et plus que la plupart des pays de l'OTAN impliqués dans le conflit. Même s'il a souvent pointé du doigt des firmes de sécurité privées et dénoncé leurs pratiques de «cowboys», le gouvernement afghan n'a jamais dit un mauvais mot sur Saladin, d'après nos recherches.

L'entreprise Saladin est la nouvelle mouture de la firme britannique KMS, fondée en 1975. La société a été impliquée dans plusieurs opérations clandestines au fil du temps, notamment lors de la guerre entre les moudjahidins afghans et l'Union soviétique, dans les années 80. Selon le livre Unholy War, publié en 2002 sous la plume de John Cooley, KMS a contribué à entraîner la résistance afghane pour combattre les Russes, à la demande de la Grande-Bretagne. Elle a également travaillé avec la CIA et les services secrets britanniques en Afrique et en Amérique latine.

Blackwater utilisée par Ottawa

Dans les livres du gouvernement, on remarque également un nom qui a fait les manchettes récemment: Blackwater. Cette firme américaine controversée a touché d'Ottawa 493 000 $ en 2005-06 et presque le double, 831 000 $, durant l'année financière 2006-07, qui a pris fin en mars.

Cette firme est sur la sellette depuis le mois dernier, alors que ses gardes ont abattu 17 Irakiens, dont plusieurs civils, lors du déplacement d'un convoi de dignitaires américains qui a mal tourné. Blackwater assure en partie la sécurité du personnel civil américain en Irak et en Afghanistan. Dans ce dernier pays, la firme est aussi impliquée dans la lutte contre les narcotrafiquants. Le dirigeant de la firme, Erik Prince, a dû comparaître devant un comité du Congrès américain pour répondre des gestes de ses gardes en Irak.

Contrairement à Saladin, le Canada n'utilise pas les services de Blackwater pour la protection de ses citoyens ou de ses installations, mais plutôt pour entraîner certains de ses soldats triés sur le volet. Le ministère de la Défense a notamment envoyé des membres des forces spéciales au siège social de Blackwater, en Caroline du Nord, afin de raffiner leurs techniques d'escorte des convois, mais aussi pour apprendre à protéger les dignitaires et à ajuster leurs réactions lors des embuscades ou des enlèvements.

Par exemple, les 18 militaires canadiens membres de l'Équipe de conseillers stratégiques (Strategic Advisory Team), qui sont actuellement à Kaboul pour aider le gouvernement Karzaï à rebâtir ses forces de sécurité, se sont entraînés chez Blackwater, aux États-Unis, en juin dernier. Le séjour de deux jours, qui a coûté 29 000 $, a servi à préparer les soldats à ce qu'ils allaient vivre dans la capitale afghane et à savoir comment réagir en cas de problème, a récemment rapporté le Ottawa Citizen.

Le ministère de la Défense affirme que les services de Blackwater ou d'autres firmes du même type sont utilisés seulement sur une base occasionnelle pour des enseignements bien précis, que les Forces canadiennes ne peuvent pas dispenser pour différentes raisons (manque d'équipement, d'expertise ou de ressources humaines).

Le lieutenant-colonel à la retraite Rémi Landry, aujourd'hui expert militaire au sein du Groupe d'étude et de recherche sur la sécurité internationale de l'Université de Montréal, estime qu'il faut être prudent quand on aborde les liens du Canada avec Blackwater, car cette firme n'est pas concrètement sur le terrain en notre nom. «Les Forces canadiennes cherchent de l'expertise et n'en trouvent pas, sauf dans ces entreprises, dit-il. La majorité des employés de ces firmes sont des anciens militaires qui ont de l'expérience dans des zones de conflit comme l'Irak ou l'Afghanistan. Pour faire un raccourci dans la courbe d'apprentissage des soldats, le gouvernement fait appel à ces firmes.»

Hier, le ministre de la Défense, Peter MacKay, a justifié le recours aux firmes de sécurité privées. «Comme nous l'avons vu à quelques occasions, y compris sous l'ancien gouvernement, nous utilisons ces firmes pour répondre à des besoins précis. C'est une pratique standard», a-t-il dit.

Mais le député libéral Denis Coderre s'inscrit en faux et affirme que le gouvernement doit être plus transparent, particulièrement dans le cas de Saladin, qui travaille en ce moment pour le Canada à Kaboul. Il estime que l'utilisation accrue de ce qu'il nomme des «mercenaires» pose de «sérieuses questions». «Ça me trouble, a-t-il dit au Devoir. J'essaie de comprendre la nécessité d'utiliser ce genre de mercenaires pour protéger notre ambassade. On a 2500 militaires là-bas, c'est à nous de faire ce travail! On a vu ce qui est arrivé à Blackwater en Irak et il faut être prudent. Si on a vraiment besoin de ce type de mercenaires, il faut être transparent et dire pourquoi.»

Les firmes de sécurité privées, qui sont de véritables petites armées pour les plus grosses d'entre elles, sont dans une «zone grise», estime Rémi Landry. «Ce ne sont pas des civils et ils n'ont pas le même code que les militaires. Ces gardes sont des paramilitaires et leur statut international n'est pas totalement clair. Il y a un vide juridique et ces compagnies, tout comme les pays, en profitent. Ce qui est inquiétant, c'est le secret qui les entoure. Combien ont-ils tué de gens? Envers qui sont-ils imputables? On observe à la loupe nos militaires, mais personne ne s'occupe de ces gardes privés», dit-il.

***

Avec la collaboration de Monique Bhérer






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 24 octobre 2007 01h32
    Un autre rapprochement canadien de la politique de Bush
    « C'est simple, les mercenaires, avec le produit de nos taxes, montrent à nos soldats, qui ont l'habitude d'être pacifistes avec casques bleus, à faire la guerre et nos soldats, en retour, montrent aux Afghans à faire la guerre à leurs compatriotes Talibans. Ces Afghans, de tous les côtés, ont déjà prouvé leur efficacité en sortant sur la tête de leur pays, 140 000 soldats Russes lourdement armés, il n'y a pas si longtemps.

    Si ce n'était pas si tragique, ce serait risible. C'est un peu comme si la soeur supérieure du couvent d'à côté voulait donner des leçons de catholicisme au pape. »

  • Sophie Maheu
    Abonné
    mercredi 24 octobre 2007 05h37
    Tiens donc !
    « Je croyais que c'était la frousse qui expliquait le fait que les soldats canadiens s'étaient mis à tirer sur tout ce qui bouge et à poser les questions après comme on dit, contrairement à leur réputation. Maintenant je viens de saisir: Blackwater. C'est fou n'est-ce-pas comment une petite formation peut vous changer une culture !

    Robert Lachance »

  • Mario Tremblay
    Abonné
    mercredi 24 octobre 2007 07h39
    Engager des mercenaires.
    « Ça ne vous rappelle rien, des civilisations qui engageaient des mercenaires pour se défendre?
    Et c'est une pratique standard!
    Mais ça me rassure de savoir que ces compagnies « sont certifiées et enregistrées auprès du gouvernement local et sont assujetties aux lois du pays ».
    Sacrés farceurs ces militaires! »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    mercredi 24 octobre 2007 08h51
    Des tueurs pour la démocratie
    « Le Canada, le gouvernement canadien, fait affaire avec des tueurs. N'ayons pas peur des mots. Nous sommes bien loin de pouvoir nous imaginer toutes les atrocités que ces gars à la mitraillette, à la casquette et à la chique de gomme peuvent se permettre.

    Des rambos, des mercenaires, ayant le goût de la chasse à l'homme et n'aimant pas l'Arabe et toutes ces races différentes de la leur. Tuer est un plaisir!

    J'exagère! Ressortez les images d' Abou Grahib, réécoutez les propos de nos braves soldats dans le reportage de M. Patrice Roy:
    « Ostie que c'est beau. Check les tomber les obus. Moé je trippe ben raide. Yes... Ostie Mes tabarnak, vous allez revoler ».
    Souvenez-vous des propos recueillis par Hugo Meunier (10 septembre 2007) peu après une opération de notre armée: " Le caporal-chef, véritable armoire à glace, était en première ligne durant l'opération. Avec ses hommes, il calcule avoir abattu au moins deux insurgés. «Deux sûr, peut-être quatre. L'un d'eux a reçu six balles de 25mm, il s'est désintégré», précise le soldat."

    Ces discours, ces images, sont des fuites qui ont échappé au contrôle militaire, normalement nous ne devrions pas en être informés. Nous ne sommes pas supposés savoir que de tels propos se tiennent et que de telles situations sont possibles. Ce sont les mots, les exclamations, les expressions de NOS soldats et les actes de la bonne armée états-unienne. Imaginons les propos et les actes de mercenaires qui bavent d'en découdre.

    Nous sommes bien loin des atrocités qui se font en zone de guerre, le respect de l'être humain est absent, la dignité humaine est foulée du pied.
    Nous représentons l'axe du bien... On ne nous parle peu des manifestations de Kandahar qui crient: "Dehors le Canada, dehors l'armée qui tire sur tout le monde.

    M. Landry dit: "On observe à la loupe nos militaires, mais personne ne s'occupe de ces gardes privés"!
    Imaginez si on considère que nous observons à la loupe nos militaires...
    Nous pouvons les observer avec un télescope et nous devons obligatoirement les observer en regardant par la grande lentille. On devrait publier en première page le code de non-publication imposé aux journalistes lorsqu'ils arrivent à la base d'occupation de Kandahar.
    Alors, comment connaître ce que les mercenaires peuvent s'accorder qui leur est jouissif tout en étant utile à l'occupant?
    Le secret les entoure. On peut difficilement savoir combien ils tuent de gens quotidiennement? Beaucoup, beaucoup d'argent disponible pour ces tueurs à gages et pour la guerre, et très très peu pour nos services sociaux, nos soins de santé.


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 24 octobre 2007 09h21
    Un scénario de film
    « Il y aurait un bon film payant à faire à propos d'une tentative démocratique de libération nationale... du Québec et sa liquidation par un contingent des Blackwaters. Falardeau pourrait nous faire un bijou dans le genre. Mais où pourrait-il bien prendre l'argent pour réaliser ce film ? Je sais, je rêve. Mais seuls les morts ne rêvent plus.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Pierrot7
    Abonné
    mercredi 24 octobre 2007 09h34
    Rien de neuf.
    « Je ne vois pas tellement de différence. Par leurs méthodes et leurs valeurs, les soldats canadiens sont déjà des mercenaires. Tout cela est une honte! »

  • lise jacques
    Abonnée
    mercredi 24 octobre 2007 10h38
    le Canada régresse
    « La présence des Canadiens en Afghanistan est un signe de régression de la part du Canada et que Ottawa engage des mercenaires démontre à quel point le Canada a perdu ses lettres de noblesse. Cela me donne mal au coeur! Jusqu'ou ce gouvernement ira-t-il? »

  • Kim Huynh
    Abonné
    mercredi 24 octobre 2007 11h09
    Kim Huynh
    « Si vous pouviez reparer votre toillete, allez telephoner le plombier. C'est simple! »

  • carmen gagnon
    Inscrite
    mercredi 24 octobre 2007 12h11
    A qui la faute ?
    « Mon fils qui a intégré les rangs de l'armée canadienne me disait un jour. Maman tu en as après les cravates. Et moi de lui répondre. Il y a les soldats, ce sont des exécutants, ce sont nos fils , nos hommes , nos amours et il y a les décideurs effectivement, eux ce sont les cravates si tu veux".Tout dépend d'où nous vient l'Information. Nos jeunes croient en ce qu'on leur donne comme information et bien sûr ils sont régimentés avec tout ce qui vient avec. D'où le tournant ? Et bien regardez qui gouverne le pays... Harper le valet de Bush. Avant même qu'il ne soit porté au pouvoir il montrait clairement ses couleurs. Pour la guerre en Irak et elle était justifiée cette guerre là selon lui , comme selon Bush. Pour le bouclier anti-missile...bien sûr comme Bush ( du copie-collé). Ça me fait penser du coup à Bourguault qui disait ceci en parlant des canadiens anglais:" Vous êtes une pâle réplique des américains, vous n'avez pas d'identité propre." Oui c'est une honte, comment nous retrouver dans ce qu'arbore notre beau grand pays, où on en est avec nos valeurs ? Un jeune, un ami de ma fille est venu chez moi et me disait: "Nous sommes des mercenaires Carmen, nous les soldats". Il était en remise de questions, mais l'armée avait beaucoup investit sur lui qui était expert en explosifs et en tactiques de combat.On ne le laissera pas filer facilement ce jeune là et tous les autres d'ailleurs. La guerre,vous y croyez vraiment vous ? Moi pas du tout et je pense qu'il y a des alternatives à la guerre, mais où sont nos décideurs politiques ? Où sont passés nos casques bleus? Les dirigeants à la tête de l'armée diront apprécier qu'on leur donne du pouvoir, car on a vu dans les missions antérieures des horreurs comme se faire canarder ou voir tuer de pauvres gens sans possibilité d'agir ou de réplique.De nos jours l'armée a vu grossir ses budgets et est mieux équipés en armement, ça non plus qui refuserait ça. Mais où est la limite à ne pas franchir? Pour ma part je dis que je veux retrouver nos casques bleus et que si vraiment on veut appuyer nos troupes et bien il y a des actions qui seront entreprises un peu partout en Amérique, samedi-ci et bien venez c'est le minimum qu'on puisse faire nous comme simple citoyen.Saladin a 2000 employés là-bas en Afghanistan nous dit-on et nous envoyons 2500 soldats pour combattre l'axe du mal, en leur faisant croire à une juste cause. Vous y croyez vous ? Quels en sont les impératifs premiers, dites-moi ? »

  • Normand McNicoll
    Inscrit
    mercredi 24 octobre 2007 12h16
    L'armée de Ponce Pilate
    « Ces mercenaires font le sale bouleau que ne pourrait faire des soldats à cause des pactes internationnaux sur les conflits et guerres. Ces mercenaires ne répondent à personne de leurs actes, mais déblaient le terrain de façon efficace. C'est un peu comme si le ministère de la justice utilisait des tueurs à gage pour se débarrasser de certains criminels pour lesquels il y a absence de preuves.... »

  • Richard Larouche
    Inscrit
    mercredi 24 octobre 2007 13h07
    Retour au moyen âge
    « Telle est l'idée qui me vient à l'esprit en apprenant l'affaire Blackwater en Irak. Maintenant, nous apprenons que le Canada fait aussi affaire avec cette firme à l'éthique très douteuse (pour ne pas dire absente). C'est choquant de voir le Canada s'abaisser à la barbarie »

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    mercredi 24 octobre 2007 14h46
    Mercenaires et pauvreté
    « Pourquoi le Canada a-t-il deux armées en Afghanistan, une armée officielle et une armée de mercenaires? Que l'arène officielle assure le travail de cette armée de mercenaires, dont on ignore tout de leurs activités, sans doute parce qu'elles ne sont pas glorieuses et provoquent cette haine des Afghans pour le Canada. Ou mieux encore, que l'armée officielle rentre chez nous et laisse le soin ç ces mercenaires sans vergogne le soin de « protéger ce qu'il y a à protéger »,
    Les millions et des millions de nos dollars dépensés pour ces deux armées seraient plus utiles à améliorer la situation des Canadiennes et des Canadiens. Il y a quelques jours, le 17 octobre: avait lieu la Journée mondiale du refus de la misère. Il n'est pas inutile d'en rappeler les grandes lignes puisque cette année 2007 marque le 20e anniversaire de cette journée, devenue aussi et plus tardivement, «Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté». En fait, tout a commencé le 17 octobre 1987, lors d'un rassemblement organisé à Paris, sur l'esplanade du Trocadéro, en face de la tour Eiffel. Devant quelque 100 000 personnes rassemblées au nom de la défense des droits de l'Homme, un prêtre français, Joseph Wresinski, lance un célèbre appel: «Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l'Homme sont violés. S'unir pour les faire respecter est un devoir sacré. »
    Joseph Wresinski, membre du Conseil économique et social de la France, avait rédigé un rapport intitulé «Grande pauvreté et précarité économique et sociale», qui a eu un retentissement européen. En février 1987, il prenait la parole devant la Commission des droits de l'Homme des Nations Unies à Genève, pour demander à cet organisme de l'ONU de reconnaître l'extrême pauvreté comme une violation des droits de l'Homme.
    Et précisément le regroupement du 17 octobre, qui comprenait des représentants de tous pays, de toutes conditions et de toutes croyances, avait lieu à un emplacement dénommé le Parvis des Libertés et des Droits de l'Homme, là où fut signée, en 1948, la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, adoptée par les Nations Unies. Et en ce jour d'octobre, une dalle est scellée dans le sol, qui porte cette inscription :
    «Le 17 octobre 1987, des défenseurs des droits de l'homme et du citoyen de tous pays se sont rassemblés sur ce parvis. Ils ont rendu hommage aux victimes de la faim, de l'ignorance et de la violence. Ils ont affirmé leur conviction que la misère n'est pas fatale. Ils ont proclamé leur solidarité avec ceux qui luttent à travers le monde pour la détruire.» Elle est suivie de l'appel de Joseph Wresinski.
    Depuis cette inauguration, les pauvres et celles et ceux qui refusent la misère et l'exclusion se rassemblent un peu partout dans le monde, le 17 octobre de chaque année, pour témoigner de leur engagement en vue du respect de la dignité et de la liberté de tous. Dans plusieurs pays, on a reproduit la dalle du Trocadéro, symbole du refus de la misère. Au Québec, on en trouve une à Rouyn-Noranda (1993), à Thedford Mines (1997), à Sherbrooke (2003).
    Une telle journée poursuit différents buts. Permettre aux plus démunis de se faire entendre et de faire connaître haut et fort les conditions misérables dans lesquelles ils vivent, comme l'exprime un participant: «C'est notre journée. On peut exprimer ce que l'on a dans le coeur sans honte, sans gêne.» C'est aussi l'occasion de sensibiliser et de mobiliser les citoyens et les autorités responsables. La misère doit être vue comme une violation des droits de la personne et combattue comme l'ont été l'apartheid ou l'esclavage (qui subsiste encore sous des formes modernes). C'est l'occasion de lancer des initiatives provenant de particuliers, de groupements, d'associations, de gouvernements. Pour ATD (Aide à toute détresse) Quart Monde, fondé par J. Wresinski, mouvement à l'origine de cette journée, qui est présent et agit dans 29 pays sur les cinq continents, «le 17 octobre est un point d'appui pour une dynamique du refus de la misère toute l'année».
    Le 17 avril 1989, Javier Pérez de Cuéllar, alors Secrétaire général des Nations Unies, se rend au Trocadéro près de la Dalle, en lit le texte et déclare: «En tant que Secrétaire général des Nations Unies et surtout en tant qu'être humain, j'ai lu avec une émotion profonde ces mots du père Joseph Wresinski. Cette inscription inspire de façon permanente nos efforts pour vaincre la pauvreté. Je suis représentant de l'ONU, l'organisation de la paix. Mais je ne crois pas que la paix soit tout juste l'absence de guerre. Nous ne pouvons pas parler de paix tant qu'il y a de la misère dans le monde...» Et l'on sait désormais que la pauvreté et la misère font le lit d'organisations qui sèment la terreur ou la révolte. Le 22 décembre 1992, l'Assemblée générale des Nations Unies proclame le 17 octobre «Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté».
    Dans un communiqué de l'UNESCO, on peut lire: «Chaque année, 36 millions d'êtres humains meurent de faim ou de ses conséquences, un enfant meurt toutes les trois secondes des suites de la pauvreté et 10 000 êtres humains trouvent la mort chaque jour à cause d'une eau insalubre. A une ère de prospérité et d'abondance, avec 1,1 milliard d'individus vivant dans la misère, ces chiffres et faits si éloquents ne peuvent que nous interpeller, dans un monde qui connaît les deux extrêmes de l'opulente richesse à l'extrême dénuement jusqu'à rendre ce paradoxe immoral et humainement intolérable. »
    Et dans un message, l'ancien Secrétaire général de l'ONU mentionne les points suivants: «Si l'extrême pauvreté a reculé sensiblement entre 1990 et 2002, passant dans le monde en développement de 28 % à 19 %, les progrès ont été inégaux non seulement selon les régions et selon les pays, mais aussi à l'intérieur d'un même pays ou d'une même région. Si dans une grande partie de l'Asie, grâce aux progrès économiques et sociaux, près de 250 millions de personnes sont sorties de la misère absolue, les taux de pauvreté en Asie occidentale et en Afrique du Nord n'ont pas changé, et dans les économies en transition de l'Europe orientale et de l'Asie centrale, la pauvreté a progressé. Mais c'est l'Afrique subsaharienne qui accuse le retard le plus considérable : cette région ne sera probablement pas à même d'atteindre l'objectif du Millénaire pour le développement qu'est la réduction de moitié de l'extrême pauvreté d'ici à 2015.»
    Point n'est besoin pourtant d'aller très loin pour trouver cette pauvreté et la combattre. Dans son rapport de septembre dernier, «Invitation à la gestion», Campagne 2000 indique que près de 800 000 enfants au Canada vivent la honte et l'exclusion sociale associées au fait de grandir dans la pauvreté. Campagne 2000 est un mouvement pancanadien de quelque 120 organisations surveillant les progrès dans l'application de la résolution adoptée à l'unanimité en 2000 par la Chambre des communes et visant l'élimination de la pauvreté des enfants et des familles au Canada. Il souligne que pour mettre en oeuvre une stratégie globale de réduction de la pauvreté, Ottawa et les provinces devraient s'engager à dépenser environ 10 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années. Il demande qu'Ottawa se donne pour objectif de réduire la pauvreté infantile au Canada d'au moins 25 % d'ici 2012 et d'au moins 50 % d'ici 2017, année du 150e anniversaire du Canada. Les millions consacrés à des mercenaires seraient les bienvenus au pays. »

  • Robert Daignault
    Abonné
    mercredi 24 octobre 2007 16h20
    Honteux
    « Comment peut on dire que nous sommes en Afghanistan pour libérer le peuple Afghan avec ces mercenaires payés avec notre surplus fédéral?
    Il suffit de regarder ce qu'ils font en Iraq, ces matamores n'ont ni foi ni loi... La plupart viendrait de l'Afrique du Sud depuis la fin de l'aparteid ils n'ont plus personne "sous la main"... Du bon monde! »

  • Michel Lauzon
    Inscrit
    mercredi 24 octobre 2007 17h19
    Les vraies affaires
    « Le Canada est totalement contrôlé par la CIA, NSA et Pentagone et c'est la raison de cette guerre : le Canada est en guerre mais ça ne parrais pas trop quand on est au IGA :).

    Notez que l'opposition aussi est sous le joug USA. Ça ne parrais pas trop ? On y sera jusqu'en 2011 minimum alors que 75% de nous voulons un retrait immédiat.

    La désinformation au sujet de cette guerre engloutie de sommes faramineuses de cash. Même Paul Desmarais en profite.

    L'Afghanistan sert à couper l'approvisionnement de gaz naturel de l'Iran vers la Chine et ce coin de la planète. L'Iran a du gaz pour 200 ans et les amirequins ne veulent surtout pas que cette région devienne autosuffisante énergétiquement surtout parce que les transactions ne se feraient pas en devises USA.

    Présentement tout bouge autour de l'Iran qui sera la prochaine cible d'Israël et des USA. Le PKK en Turquie et plusieurs autres factions àa la jonction des frontières Iran-Iraq-Turquie sont subventionnés et armés par les USA même si ces groupes sont sur la liste officielle des terrorristes. Ils rencontrent souvent les officiers USA en Iraq pour planifier.

    Bref les USA payent le PKK pour attaquer leurs propres soldats mais aussi déstabiliser les 3 pays.

    Sauf que la prochaine frappe contre l'Iran, justifiée par des opérations "false flags" sera nucléaire. Puis tout les analystes, de gauche ou de droite s'entendent pour dire que cela amènera le peuple à renverser son propre gouvernement sans aucun besoin d'y mettre le pied.

    Le Pakistan aussi subit le même préparatif avec la CIA.

    L'Iran est encerclée : Turquie, Iraq, Afghanistan puis la Navy dans le golfe persique sont prêts à frapper appuyés par Israël qui bougera probablement en premier.

    J'ai honte de vivre au Canada. »

  • Romain Godbout
    Inscrit
    mercredi 24 octobre 2007 17h57
    Avec nos impôts
    « Et c'est avec l'argent de nos impôts que ces saloperies se font. Ce qui fait de nous tous des complices. Alors tous ces bons Québécois et Canadiens qui trouvent que Harper fait un très bon premier ministre, ma foi, vous êtes complèetement aveugles. Et regardez bien, on va le porter majoritaire au pouvoir bientôt. C'est de l'ignorance crasse. »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    mercredi 24 octobre 2007 19h41
    Budget de guerre versus budget de lutte à la pauvreté
    « Le mercredi 24 octobre 2007

    Irak/Afghanistan: le coût de guerre atteindrait 2400 milliards de dollars

    Agence France-Presse
    Washington

    Le coût total des guerres en Irak et en Afghanistan pourrait atteindre 2400 milliards de dollars d'ici 2017, selon un rapport officiel du Bureau du budget du Congrès américain (CBO) publié mercredi.


    2400 milliards ce qui veut dire 2400 milles millions de dollars.
    Combien en faudrait-il pour éliminer la pauvreté? Pour offrir de l'eau potable à la planète?
    Pour la guerre l.argent ne fait pas problème.
    Pour contrer la pauvreté, c'est une autre histoire!

    À lire l'excellente intervention de M. Gabriel Racle: Mercenaires et pauvreté

    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    jeudi 25 octobre 2007 09h52
    La Corporatisation de la Guerre et le JTF2
    « "On croit mourir pour sa patrie et l'on meurt pour les industriels." - Anatole France

    Clip explicatif : Blackwater : The Shadow War
    http://www.youtube.com/watch?v=Yfu44knmLOE

    Blackwater est la garde Praetorienne de l'administration Bush. Une armée de mercenaires qui échappe aux regards et questionnements du peuple et des médias. Bel exercice démocratique indeed ! La junte Bush n'est pas une vision de l'esprit. Blackwater est aujourd'hui forte de 20,000 soldats et possède la plus grande base militaire privée au monde. Une flotte d'avions et d'hélicoptères complète la donne.

    Blackwater est en fait, le fer de lance, le travail d'une vie et l'accomplissement dont le duo Dick Cheney et Donald Rumsfeld sont les plus fiers. Alors que Cheney était le secrétaire de la défense de papa Bush, il avait commissionné Halliburton (compagnie qu'il s'apprêtait à joindre) d'accomplir une étude à propos de la privatisation de l'armée américaine.

    À l'arrivée de Clinton, Cheney rejoint les retords neo-conservateurs du American Enterprise Institute, qui poussent le concept de privatisation du gouvernement à l'extrême. Le 9-11 sert d'occasion à neutraliser la bureaucratie du Pentagone et transformer l'organisation en corporation privée. Les compagnies qui incarnent le mieux cette passation du pouvoir sont Blackwater, Halliburton et Bechtel.

    Les aberrations que cause cet état de choses sont aussi nombreuses qu'inquiétantes. Le nombre de morts en Irak s'en trouve faussé. Des 100,000 employés de ces corporations on estime à 48,000 le nombre de mercenaires qui échappent au recensement. Autre avantage non négligeable, on évite le service militaire obligatoire et on peut augmenter le nombre de combattants en Irak sous la couverture et contre la volonté des américains et du monde entier.

    Alors que toute l'attention est tourné vers l'Irak, Erik Prince s'en donne à coeur joie au Soudan ou sous le couvert de la Christian Freedom International, on arme et organise la coalition chrétienne locale. Les néo-cons sont tricotés serrés et semblent se regrouper contre les empêcheurs de tourner en rond que sont devenus le Congrès et Sénat démocrates. Bush vient d'engager l'avocat de Blackwater, Fred Fielding, bien connu pour son association avec les administrations Reagan et Nixon.

    Joseph Schmitz, lui, était l'inspecteur général au Pentagone pendant la rué vers l'or de la privatisation de l'armée. Il vient de sauter la clôture en devenant le vice chairman du Prince Group, la compagnie parente de Blackwater.

    Kenneth Starr, le même qui a conduit la fatwa contre Clinton, est le conseiller de Blackwater dans les causes ou on poursuit la compagnie pour négligence dans la mort de leurs employés dans des zones de guerre.

    Cofer Black était en charge de la section antiterroriste de la CIA lors du 9-11. Il avait promis de livrer la tête de Bin Laden dans une boite surgelé. C'est lui qui avait exprimé la philo post 9-11 en soulignant que désormais les gants étaient jetés. Ce pro de plus de 30 à la CIA est maintenant un senior chez Blackwater et l'éminence grise la plus puissante de l'opération parallèle.

    Les portes tournantes entre le gouvernement et le privé sont toujours battantes et l'échange des bons procédés est constant. C'est aussi vrai pour la mouvance Born Again qui devient de facto les défenseurs armés jusqu'aux dents de ces valeurs obscurantisme à travers le monde. Blackwater incarne exactement ce dont le Président Eisenhower nous avait mis en garde dans son allocution de départ à propos du complexe militaro-industriel.

    Les marchands d'armes et de haine nous mènent vraiment par le bout du nez. Au Canada, notre obscurantiste guerrier de Harpeur applique au mieux de ses possibilités l'agenda néo-conseviteur qui l'inspire tant.

    ''Le mouvement conservateur américain est un modèle lumineux pour l'ensemble des conservateurs d'ici et d'ailleurs.'' - Stephen Harper

    Le JTF2 a beau être l'unité spéciale d'élite canadienne qui fait mouiller ; ils reçoivent leurs ordres directement du Pentagone. http://www.cbc.ca/news/background/cdnmilitary/jtf2.html

    Que les deux démocraties nord-américaines, dont on s'évertue à vouloir exporter les valeurs, soient bafouées dans le processus ne dérange pas le citoyen. Il n'en est même pas au courant !

    "The Central Intelligence Agency owns everyone of any significance in the major media." - William Colby, former CIA director

    Merci les médias corporatifs, nous ne pourrions pas contrôler le peuple sans votre admirable travail !

    Les privilèges du sang bleu sont aujourd'hui remplacés par ceux des "happy few" mais la chaire à canon provient toujours du peuple qui morfle des deux cotés du fusil.

    He who joyfully marches to music in rank and file has already earned my contempt. He has been given a large brain by mistake, science for him the spinal cord would fully suffice. This disgrace to civilization should be done away with at once. Heroism at command, senseless brutality, deplorable love-of-country stance, how violently I hate all this, how despicable an ignorable war is; I would rather be torn to shreds than be a part of so base an action! It is my conviction that killing under the cloak of war is nothing but an act of murder." Albert Einstein

    "We have become a monster in the eyes of the whole world - a nation of bullies and bastards who would rather kill than live peacefully. We are not just whores for power and oil, but killer whores with hate and fear in our hearts. We are human scum, and that is how history will judge us... No redeeming social value. Just whores. Get out of our way, or we'll kill you." - Hunter S. Thompson »

  • Kristian Bolduc
    Inscrit
    jeudi 25 octobre 2007 13h37
    L'art d'escamoter l'essentiel
    « Votre article révèle - enfin! - ce qu'on appelle généralement la privatisation de la politique. Cet art, que John Perkins (Confessions d'un assassion financier) décrit au niveau économique, permet aux États d'atteindre des objectifs stratégiques sans avoir à payer le prix politique correspondant dans l'opinion publique de leur pays respectif.

    C'est exactement là où votre article atteint sa limite. Outre l'inutile verbiage en fin de texte avec Rémi Landry, votre article refuse de voir l'essence même de cette privatisation: l'action politique visant à déstabiliser, renverser ou assassiner des opposants politiques gênants dans plusieurs pays où les intérêts géo-stratégiques sont importants. Rien n'est dit et pourtant leur raison d'être se trouve à cet endroit. Les autres activités de ces firmes privées ne sont que du maquillage à intoxication publique et une justification commode au camouflage d'actions illégales, immorales et anti-politiques que les États sont de plus en plus réticentes à accomplir via les services secrets.

    Que des firmes privées protègent des ambassades ou dignitaires n'amènent aucun argument valable contre cette pratique. Ce que l'on sait, par contre - et le journaliste Gordon Brown en parle dans ses livres sur les services secrets, notamment israéliens - est la propension des États à sous-contracter des assassinats auprès de firmes (de moins en moins) anonymes telles Blackwater, au profit de l'image de services secrets dont le mandat est justement de défendre les intérêts économiques et idéologiques de leur nation (ou d'une classe générant du capital politique, la bourgeoisie).

    Cette pratique, connue aux États-Unis pour l'avoir fréquemment utilisée dans la déstabilisation de l'Amérique du Sud (Chomsky en parle dans son livre Les dessous de la politique de l'Oncle Sam), permet aux États d'avoir une politique étrangère à deux étages: un étage noble et démocratique pour le peuple que les médias régurgitent sans filtres; un étage pour le pouvoir effectif et exercé hors de l'espace public. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
18 réactions
0 votes
 
Pour en savoir plus
Idées
Article
Article
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009