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Environnement - Harper sème la confusion, selon l’ancienne commissaire à l’environnement

Louis-Gilles Francoeur   25 septembre 2009 06h40  Canada
L’adhésion du Canada au Partenariat Asie-Pacifique (PAP), annoncée au début de septembre par Stephen Harper à la session spéciale des Nations unies consacrée au réchauffement du climat, «aura pour principale conséquence d’augmenter la confusion quant aux intentions réelles du gouvernement en matière de lutte contre les changements climatiques».

C’est ce qu’a déclaré hier au Devoir l’ancienne commissaire à l’environnement du Canada, Johanne Gélinas, aujourd’hui consultante dans le cabinet Deloite à Montréal. Mme Gélinas a signé un rapport complet qui démontrait les faiblesses de la politique canadienne en matière de lutte contre les changements climatiques.

L’adhésion du Canada à cette entente économique et technique créé beaucoup de confusion, y compris parmi les grandes entreprises canadiennes, parce que le gouvernement Harper l’interprète comme une solution de rechange au protocole de Kyoto, alors qu’il s’agit en réalité d’une «entente complémentaire de nature technique et commerciale», selon l’ancienne commissaire.

Les États-Unis, qui ont lancé ce partenariat en vue de favoriser les échanges de technologies écologiques, présentent cette entente, intervenue avec la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et l’Australie, comme une autre manière de lutter contre les changements climatiques, soit par une amélioration des techniques de production d’électricité et de captage du carbone ou des systèmes pour réduire la consommation d’énergie.

Mais, pour les quatre partenaires asiatiques, il s’agit d’une entente commerciale qui les aidera à mieux participer à l’atteinte des objectifs de Kyoto, qu’ils ont tous ratifié et qu’aucun ne renie.

Pour eux, le PAP n’est pas une solution de rechange à Kyoto mais un moyen supplémentaire d’y participer. Mais les trois pays anglo-saxons — États-Unis, Australie et Canada — qui tirent au flanc du protocole de Kyoto depuis des années, à l’instar du président George Bush, présentent ce traité comme une voie de rechange démontrant leur volonté de participer à la bataille pour le climat, tout en boudant le protocole ratifié par 171 autres pays.

«Si, pour le Canada, le PAP est une solution de rechange, explique l’ancienne commissaire fédérale à l’environnement, le gouvernement devrait dire ce que cette entente remplace. Si cela remplace Kyoto, qu’il le dise. Tout comme il doit dire clairement comment sa participation à cette entente s’intègre dans son Plan vert et dans quelle mesure cela contribue à l’atteinte de ses objectifs.» Si cette entente ne remplace pas Kyoto mais multiplie les moyens technologiques et économiques permettant de mieux atteindre ses objectifs, poursuit Johanne Gélinas, le gouvernement doit aussi le préciser dans l’intérêt des entreprises, qui cherchent toutes à savoir comment elles doivent s’intégrer à ce plan national.

La semaine dernière, une enquête réalisée par le Carbon Disclosure Project au Canada indiquait que la plupart des grandes entreprises attribuent au «manque chronique de clarté réglementaire» leur peu d’intérêt pour la mise au point de moyens de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre.






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  • Christian Tallon
    Inscrit
    mercredi 17 octobre 2007 13h41
    Entièrement d'accord avec Mme Gélinas
    « Je n'ai que de la sympathie pour Monsieur Harper mais je me demande parfois s'il mesure réellement l'urgence et le destin de la prochaine génération qui est entre ses mains. En gros, les Etats-Unis, Canada et Australie pensent qu'on peut résoudre les problèmes climatiques sans changer de mode de consommation. La Canada est l'un des plus gros pollueurs de la planète et on peut comprendre que Kyoto fasse mal. Mais la technologie ne viendra pas a bout des effets de seuil qui s'ils sont atteints vont libérer des masses colossales de méthane et de CO2. Une génération va devoir apprendre à vivre moins largement. C'est dur. Ce n'est pas populaire mais si ce n'est pas fait maintenant de façon contrôlée, ça se fera demain de façon catastrophique par ajustement brutal. Monsieur Harper, vous avez la chance d'être Premier Ministre. Pourquoi ne pas en profiter pour montrer l'exemple ? Vous voyez bien combien coûte un cyclone sur la Louisianne ! Combien une crise climatique en Asie ferait perdre au Canada ? Il faut voir les choses plus globalement !!! Avec toute ma considération et mes respects. »

  • Christian Gagnon
    Abonné
    mercredi 17 octobre 2007 19h52
    Grossiere erreur
    « Il me semble que n'y la Chine n'y l'Inde n'ont encore ratifie le protocol de Kyoto... »

  • Richard Larouche
    Inscrit
    mercredi 17 octobre 2007 21h01
    L'imposture conservatrice
    « Pour se défaire de la responsabilité de l'échec des objectifs de Kyoto auxquels le gouvernement canadien s'était engagé, les conservateurs de M Harper ont toujours rejeté le blâme sur le parti libéral. Bien que je ne suis aucunement un partisan des libéraux, je tiens à préciser que ce sont les conservateurs (et les réformistes) qui se sont toujours clairement opposé à tout objectif contraignant en matière d'émissions de GES.

    C'est principalement à cause de conservateurs qui ont milité pour le dévelopement de l'industrie des sables bitumineux en Alberta. Ce sont eux qui à la moindre occasion ont accordé la priorité à leu dieu Croisssance Économique d'abord et avant tout.

    Voter conservateur, c'est voter contre l'environnement. Pour tenter de faire taire les critiques, ils soupoudrent un peu d'argent ça et là et adaptent leur discours sur l'environnement en fonction de leur auditoire (un peu comme notre girouette nationale, M Charest a talent caché pour trouver des surnoms!), mais c'est toujours un écran de fumée qu'ils projètent ou, au mieux mais très très rarement, quatre trente sous pour une piasse.

    Chapeau à Mme Gélinas pour avoir critiqué l'immobilisme des conservateurs. Elle a entièrement raison quand elle dit qu'on ne sait jamias à quoi s'attendre avec... notre girouette fédérale! »

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    jeudi 18 octobre 2007 01h48
    Pourquoi ancienne commissaire S.V.P.
    « Est-ce pour une plus grande manipulation? »

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