Les écologistes déplorent l'abandon de Kyoto
Le discours du Trône d'hier soir constitue «un enterrement de première classe du protocole de Kyoto» par le gouvernement Harper, a déclaré le porte-parole de la coalition Québec-Kyoto, André Bélisle, résumant la pensée de plusieurs des leaders environnementaux québécois et canadiens.
De son côté, le porte-parole du Bloc québécois en environnement, le député de Rosemont-Petite-Patrie, Bernard Bigras, estimait que les libéraux de Stéphane Dion ont désormais un gros problème moral sur les bras: «S'ils ne votent pas contre une renonciation aussi explicite du protocole de Kyoto et de tous les principes qu'ils ont défendus dans ce domaine, y compris les plans successifs de Stéphane Dion en matière de changement climatique quand il était au gouvernement, durant les élections et au printemps dernier, ils vont devenir le premier parti d'opposition à tourner le dos à Kyoto.»
Joselyn Higginson, porte-parole de Greenpeace, abondait dans ce sens. «Les libéraux, disait-elle, vont devoir choisir entre leurs principes et la survie politique. Ça ne sera pas facile pour eux et c'est toute une responsabilité qui leur incombe. S'ils ne déclenchent pas des élections, le protocole de Kyoto, c'est fini pour le Canada. S'ils déclenchent des élections, rien n'est assuré mais au moins la porte est ouverte et tout peut arriver.»
Plusieurs, comme Émilie Moorhouse du Sierra Club, estiment que les conservateurs utilisent une fois de plus un «double discours», selon la méthode chère au président Bush. «Ils disent que les changements climatiques constituent une urgence. Mais ils annoncent qu'il y aura plus d'autoroutes et de ponts, ce qui va augmenter la circulation automobile et par camions. Ils proposent un guichet unique pour les grands projets, ce qui va réduire les exigences environnementales imposées aux promoteurs des sables bitumineux et aux nouveaux pipelines qui s'annoncent. Et ils affirment qu'en renonçant à leurs engagements, le Canada va améliorer sa crédibilité sur la scène internationale!»
Le discours du Trône a effectivement confirmé par la bouche de la gouverneure générale, Michaelle Jean, «que le Canada ne pourra pas réduire ses émissions au niveau prescrit par le protocole de Kyoto». Mais le gouvernement n'explique pas pourquoi il n'a pas mis en place un programme de rattrapage à la mesure du défi dont il reconnaît l'urgence. Il réaffirme adhérer à un objectif de réduction des émissions de GES à long terme de 50 % d'ici 2050 et de 20 % d'ici 2020, mais beaucoup d'inconnues entourent la définition de ces objectifs.
Le discours du Trône prévoit aussi des investissements accrus dans les transports en commun, dans l'assainissement de l'eau, dans la dépollution des lacs et océans. Il annonce, mais sans préciser davantage, une «meilleure protection des eaux et des terres» par des mesures qui «responsabiliseront les pollueurs».
Bernard Bigras, du Bloc québécois, y voit une autre source d'affrontement avec les provinces, comme le Québec, qui n'accepteront pas de gaieté de coeur qu'on leur dise quoi faire et qu'on leur impose de moderniser leurs équipements municipaux d'épuration des eaux usées. Sauf si Ottawa, dit-il, applique un véritable droit de retrait de ses programmes avec compensation financière équivalente. Ce qui reste à voir, à son avis.
De son côté, le porte-parole du Bloc québécois en environnement, le député de Rosemont-Petite-Patrie, Bernard Bigras, estimait que les libéraux de Stéphane Dion ont désormais un gros problème moral sur les bras: «S'ils ne votent pas contre une renonciation aussi explicite du protocole de Kyoto et de tous les principes qu'ils ont défendus dans ce domaine, y compris les plans successifs de Stéphane Dion en matière de changement climatique quand il était au gouvernement, durant les élections et au printemps dernier, ils vont devenir le premier parti d'opposition à tourner le dos à Kyoto.»
Joselyn Higginson, porte-parole de Greenpeace, abondait dans ce sens. «Les libéraux, disait-elle, vont devoir choisir entre leurs principes et la survie politique. Ça ne sera pas facile pour eux et c'est toute une responsabilité qui leur incombe. S'ils ne déclenchent pas des élections, le protocole de Kyoto, c'est fini pour le Canada. S'ils déclenchent des élections, rien n'est assuré mais au moins la porte est ouverte et tout peut arriver.»
Plusieurs, comme Émilie Moorhouse du Sierra Club, estiment que les conservateurs utilisent une fois de plus un «double discours», selon la méthode chère au président Bush. «Ils disent que les changements climatiques constituent une urgence. Mais ils annoncent qu'il y aura plus d'autoroutes et de ponts, ce qui va augmenter la circulation automobile et par camions. Ils proposent un guichet unique pour les grands projets, ce qui va réduire les exigences environnementales imposées aux promoteurs des sables bitumineux et aux nouveaux pipelines qui s'annoncent. Et ils affirment qu'en renonçant à leurs engagements, le Canada va améliorer sa crédibilité sur la scène internationale!»
Le discours du Trône a effectivement confirmé par la bouche de la gouverneure générale, Michaelle Jean, «que le Canada ne pourra pas réduire ses émissions au niveau prescrit par le protocole de Kyoto». Mais le gouvernement n'explique pas pourquoi il n'a pas mis en place un programme de rattrapage à la mesure du défi dont il reconnaît l'urgence. Il réaffirme adhérer à un objectif de réduction des émissions de GES à long terme de 50 % d'ici 2050 et de 20 % d'ici 2020, mais beaucoup d'inconnues entourent la définition de ces objectifs.
Le discours du Trône prévoit aussi des investissements accrus dans les transports en commun, dans l'assainissement de l'eau, dans la dépollution des lacs et océans. Il annonce, mais sans préciser davantage, une «meilleure protection des eaux et des terres» par des mesures qui «responsabiliseront les pollueurs».
Bernard Bigras, du Bloc québécois, y voit une autre source d'affrontement avec les provinces, comme le Québec, qui n'accepteront pas de gaieté de coeur qu'on leur dise quoi faire et qu'on leur impose de moderniser leurs équipements municipaux d'épuration des eaux usées. Sauf si Ottawa, dit-il, applique un véritable droit de retrait de ses programmes avec compensation financière équivalente. Ce qui reste à voir, à son avis.
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