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Afghanistan - Harper refile le dossier à un comité

Alec Castonguay   13 octobre 2007  Canada
John Manley
John Manley
Ottawa — Dans une manoeuvre politique qui vise autant à se débarrasser de l'épineux dossier afghan qu'à mettre les libéraux dans l'embarras, le premier ministre Stephen Harper a annoncé hier qu'un groupe de travail indépendant recommandera la voie à suivre en Afghanistan après février 2009. Ce comité, présidé par l'ancien ministre libéral John Manley, ne remettra pas son rapport avant la fin de janvier 2008, repoussant d'autant un vote aux Communes sur le sort de la mission.

La création de ce groupe de travail composé de cinq personnalités — dont certaines ont ouvertement appuyé la mission actuelle en Afghanistan et même la guerre américaine en Irak — a immédiatement soulevé les critiques des partis d'opposition, qui estiment que le premier ministre cherche à gagner du temps et à évacuer un débat crucial à quatre jours d'un discours du Trône qui pourrait mener le pays à des élections générales.

Le premier ministre a toutefois répété que le vote final sur le sort de la mission aura lieu aux Communes. Stephen Harper a soutenu que la création de ce groupe de travail «permettra de donner des conseils non partisans qui aideront les parlementaires à prendre une décision» à propos des suites à donner à la mission en Afghanistan.

Le comité indépendant étudiera quatre scénarios pour l'après-février 2009.

- La première option est celle du statu quo, a précisé le premier ministre. Les soldats canadiens continueraient donc à former les militaires et les policiers afghans dans la province de Kandahar pour que les militaires canadiens puissent un jour se retirer.

- La deuxième possibilité consiste à concentrer les efforts canadiens sur la reconstruction à Kandahar. «Pour cela, d'autres pays devront prendre la relève afin d'y assurer la sécurité», a dit le premier ministre.

- La troisième option porte sur l'idée d'axer les activités canadiennes de sécurité et de reconstruction dans une région moins instable de l'Afghanistan.

- La dernière possibilité étudiée par le groupe de travail consistera à retirer toutes les forces militaires canadiennes après février 2009, «à l'exception d'un petit contingent qui assurera la sécurité de nos travailleurs humanitaires et de nos diplomates», a dit Stephen Harper.

Le groupe de travail pourra aussi ouvrir de nouvelles pistes de réflexion s'il le souhaite. «Tout est sur la table», a dit John Manley hier, lui qui entend consulter des spécialistes des questions militaires et afghanes au cours des trois prochains mois. «Nous nous entretiendrons avec les principaux partenaires internationaux du Canada et nous nous rendrons en Afghanistan pour recueillir les points de vue de citoyens afghans et du gouvernement afghan», a-t-il ajouté. Le rapport est attendu avant la fin de janvier 2008.

Par contre, le premier ministre Harper a précisé que des balises devront guider les recommandations du groupe. «Quel que soit le choix que nous ferons en Afghanistan, il devra respecter les sacrifices que les Canadiens y ont consentis. Nous avons réalisé des progrès considérables dans l'amélioration de la vie de la population afghane, à un coût élevé pour nos militaires et notre trésor public. Nous devons aussi tenir compte du risque d'un retour au chaos en Afghanistan et des éventuelles répercussions régionales et internationales. Nous devons également respecter nos obligations envers nos alliés des Nations unies et de l'OTAN. Et, bien entendu, nous devons tenir compte des conséquences sur la réputation internationale du Canada», a-t-il énuméré en point de presse à Ottawa.

Des membres favorables à la mission

Ce groupe de travail sera présidé par l'ancien ministre libéral des Affaires étrangères, John Manley, qui s'est déjà rendu en Afghanistan à deux occasions: une fois à titre de ministre, en 2002, et plus récemment, en mai dernier, à titre de directeur de l'ONG Care Canada.

Dans un texte publié ce mois-ci dans la revue Options politiques, John Manley soutient que l'Afghanistan «est une occasion énorme pour le Canada». «Pour la première fois depuis plusieurs années, nous avons un niveau d'engagement dans un conflit international qui nous donne du poids et de la crédibilité», écrit-il. Tout en affirmant que la sécurité et le développement vont de pair, il ajoute dans son texte qu'il ne faut pas «abandonner» l'Afghanistan.

Hier, M. Manley a réitéré ce point de vue. Il a aussi tenu à préciser que les travaux de ce comité ne sont pas téléguidés. «J'ai n'ai reçu aucune instruction au sujet des options préférées du gouvernement. Je suis un agent libre. Je n'ai rien décidé à propos de la direction que nous devrions prendre», a-t-il affirmé.

Le NPD a reproché hier au gouvernement d'embaucher un président qui a participé à la décision d'envoyer les troupes canadiennes en Afghanistan à l'époque du gouvernement Chrétien. «C'est un peu ridicule de voir qu'on nomme quelqu'un qui appuie la mission actuelle depuis le début», a lancé le député Yvon Godin.

Parmi les quatre autres membres du groupe, on note la présence de Derek Burney, ancien ambassadeur canadien aux États-Unis, qui a aussi dirigé le comité de transition vers le pouvoir des conservateurs en janvier 2006. Le 21 mars 2003, devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, M. Burney avait critiqué la décision du gouvernement Chrétien de ne pas participer à l'offensive américaine en Irak. «J'aurais personnellement préféré voir le Canada prendre place dans la coalition des États de bonne volonté, aux côtés des États-Unis, du Royaume-Uni et de l'Australie. Cela aurait été en accord avec nos traditions et nos intérêts», avait-il dit.

L'ancien chef de la direction du Canadien National et de Bombardier, Paul Tellier, sera aussi membre du groupe de travail. M. Tellier a été greffier du Conseil privé, soit le plus haut fonctionnaire fédéral, pendant de nombreuses années. Pamela Wallin, ancienne consule générale à New York et ex-journaliste à CTV, fait aussi partie du groupe. Elle est actuellement chancelière de l'Université de Guelph.

Le dernier membre du comité est Jake Epp, un ancien ministre fédéral de la Santé et conservateur de longue date (il avait appuyé Stockwell Day en 2000). Il est président de Partenaires canadiens pour la santé internationale, un organisme sans but lucratif qui offre des soins médicaux en Afghanistan.

Pendant que le premier ministre saluait «l'expérience» de ces personnes «non partisanes», les partis d'opposition reprochaient au gouvernement de chercher à noyer un débat qui devrait revenir aux élus.

«On connaît la recette à Ottawa», a affirmé au Devoir le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe. «Quand il y a un problème, on crée un comité. Puis, on crée un comité pour étudier le rapport du comité. C'est une façon d'éviter les vrais débats. Mais il ne va pas s'en sortir aussi facilement. C'est le comité des Affaires étrangères de la Chambre des communes qui devrait se pencher sur la suite de la mission, et c'est ce qu'il va faire.»

Le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, a quant à lui soutenu que la création de ce groupe de travail ne doit pas «servir d'excuse pour remettre à plus tard les indications sur la durée de la mission». Le PLC souhaite toujours que la mission de combat prenne fin en février 2009. Stéphane Dion a dit espérer que la nomination de John Manley aura un effet «modérateur» au sein du groupe de travail.

Bien conscient du fait que l'arrivée d'un libéral à la tête d'un comité du gouvernement conservateur puisse susciter un certain malaise, John Manley a soutenu qu'il était «de son devoir» de répondre à l'appel du premier ministre. «Je suis libéral. Mais je pense que c'est une tâche qui est au-dessus des politiques partisanes», a-t-il dit.






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  • Barbara Legault
    Inscrite
    samedi 13 octobre 2007 01h08
    La répétition d'un mensonge n'en fait pas une vérité
    « Ce n'est pas parce qu'on répète à satiété que le groupe de travail sur la mission en Afghanistan est indépendant, non-partisan, non-dirigé et que son président est un "agent libre", qu'il n'en est pas moins clairement orienté politiquement! Un mensonge ne se transforme pas par magie en vérité lorsque répété par des personnes appartenant à la même famille idéologique et politique. Le mensonge du rôle "humanitaire" et de "reconstruction" de l'armée canadienne en Afghanistan ne deviendra pas non plus une vérité parce qu'on ne cesse de nous saouler de discours patriotiques sur les vertus des bonhommes beiges armés de mitraillettes !

    Les soldats de cette armée impérialiste qui est la nôtre sont de véritables envahisseurs, meurtriers et colonisateurs qu'on déguise en agents humanitaires agissant en "bons pères de familles" vivant des expériences enrichissantes en Afghanistan.

    Y'en a marre de voir l'appareillage idéologique de l'État, de l'armée et du ministère des Affaires étrangères nous prendre pour des conNEs. Le Canada est en guerre. Nous occupons illégalement l'Afghanistan, nous asservissons le peuple afghan et nous tuons des AfghanNEs. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 13 octobre 2007 09h05
    Une autre idée géniale de M. Harper
    « Idée de génie de M. Harper d'utiliser une force de son adversaire Libéral fédéral "John Manley" pour mieux le terrasser, même s'il est déjà à terre avec Stéphane "Don Quichotte de la sacoche" Dion. C'est un peu comme les 15 Saoudiens qui ont utilisé les avions des américains pour détruire leurs tours et le pentagone un certain 11 septembre.

    C'est peut-être bon pour se faire réélire à court terme mais ça ne fera pas gagner la guerre au Canada et à l'OTAN en Afghanistan vu que la population de ce pays considère que le Canada est un occupant et que leurs guerriers sont mieux préparés que ceux de l'OTAN à faire face à la situation. »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    samedi 13 octobre 2007 18h07
    Harper, brillant stratège.
    « Depuis quand l'Armée du Pays doit-elle se laisser conduire par les gérants d'estrade tous azimuts ou par des blasés partisans de clans d'opposition ou par des sondages d'opinions piégées ou par les macros micros médiatiques ?

    Le Premier Ministre est la plus haute instance de commandement des forces armées du Pays. Les militaires du Royal 22e, comme tous les autres avant eux, ont été très clairs, quant à leur mission complexe et dangereuse, en Afghanistan. Chaque victime provoque peine et convoque tristesse. C'est malheureusement le prix très cher payé de la reconstruction, de la restructuration de la sécurité et du maintien de la Paix.

    L'ineffable diva libérale, Denis Coderre dit l'«a capella» de Bourassa, s'autorisant une escapade exhibitionniste au Pakistan, a cru, barbe d'un jour, trouver en Afghanistan, visibilité et notoriété. Le pelleteux de nuages n'aura qu'ajouté d'inutiles poussières à celles que soulèvent les champs minés et les vents explosifs de l'hostilité talibane envers les forces de l'OTAN dont celles de l'Armée Canadienne.

    En requérant les avis d'un Groupe-Conseil, en la matière et avant que la tourmente bloquiste, le Premier Ministre Harper épargner cette mission militaire de premier plan, des cribles d'irresponsables partisans, de fomenteurs de troubles et d'agitateurs politiques, formant de petits pelotons de tireurs-fous, armés de procès d'intentions, toujours prêts à faire des menaces de renversement, à faire du chantage politique déstabilisateur et à tirer sur tout ce qui bouge, pour le plaisir maladif de la chose.

    Monsieur Harper a fait montre de bon jugement et il fait preuve de maîtrise. Chapeau !

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    samedi 13 octobre 2007 18h32
    @ Barbara
    « Que nous sommes cruel, nous tuons l'ennemi chez lui. Les Talibans ont probablement eu le plus cruel des régimes autoritaires en place. Ils ont dépouillé les femmes de TOUS leurs droits (C'est drôle que comme femme vous ne voyez pas cela, c'est pour dire que souvent la gauche ne voit ce qu'elle veut voir) Les Talibans sont voué à la destruction de l'occident. Oui il faut leur faire la guerre et malheureusement dans un guerre il y aura TOUJOURS des victimes innocentes, il y aura des sacrifices de fait pour pouvoir sauver ces gens, demandez aux familles de nos braves et vaillants soldats morts pour redonner la dignités au femmes afghanes. Et si on sait qu'il y aura des victimes innocentes, on tente toujours d'en minimiser le nombre. Et le nombre présentement est très acceptable bien que déplorable. Le nombre serait pire si on laissais ces animaux de musulman taliban venir faire la guerre sur notre terrain. Alors Mde Barbara Legault arrêtez de traiter nos soldats de meurtrier car cela fait de vous une lâche de la plus basse espèce, une supporter de ces animaux qui tuent nos soldats.

    Malheureusement aucun de ces soldats ne retiendront vos commentaires et seront les premiers à donner leur vie pour sauver votre vie.


    Supportons nos troupes »

  • Steve Fortin
    Abonné
    dimanche 14 octobre 2007 22h01
    @ M. Archambault...
    « Ce que l'on fait à nos soldats, vaillants qu'ils sont j'en convient, mais jeunes hommes et femmes, qui reviennent souvent et portent en eux, trop de fois dans la solitude de leur condition, les séquelles et les traumatismes des sacrifices qu'ils font là-bas. Le spt accable bien plus de ces jeunes hommes et femmes que l'on pense et ces cicatrices resteront souvent toute une vie.

    à lire : http://delorimier.wordpress.com/ »

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