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Harper pousse l'opposition au pied du mur

Alec Castonguay   4 octobre 2007  Canada
Ottawa — Le premier ministre Stephen Harper s'est assuré hier de bien acculer l'opposition au pied du mur en vue de l'important discours du Trône qui aura lieu dans moins de deux semaines.

Non seulement le gouvernement n'a pas l'intention d'inscrire en noir sur blanc que la mission canadienne à Kandahar prendra fin en février 2009, comme le réclament le Bloc québécois et le Parti libéral, mais Stephen Harper ajoute que les partis d'opposition ont le choix entre voter contre le discours du Trône et ainsi déclencher des élections ou encore lui accorder un «mandat clair» pour gouverner «sans obstruction». Deux pilules que les bloquistes, les libéraux et les néo-démocrates risquent de trouver difficiles à avaler, rapprochant ainsi le pays d'élections générales.

Stephen Harper a fait le point sur le discours du Trône à venir lors d'une conférence de presse-surprise au Théâtre national de la presse, à Ottawa, un endroit qu'il refusait de visiter depuis son élection, il y a 20 mois. Dans cette enceinte, ce sont les journalistes qui décident qui peut poser des questions au premier ministre et non pas l'entourage de M. Harper. Ce dernier a pris place sans aucune annonce précise à faire, mais les réponses aux interrogations des médias n'ont laissé aucun doute sur le message que le premier ministre voulait faire passer aux chefs de l'opposition.

«Le gouvernement cherche un mandat clair, c'est pourquoi nous voulons un vote positif sur le discours du Trône, a affirmé Stephen Harper. Nous ne cherchons pas à provoquer notre défaite. Le choix n'est pas d'avoir une élection ou de faire de l'obstruction [au Parlement]. Le choix est entre avoir une élection ou avoir un mandat pour gouverner.»

Si le discours du Trône passe la rampe, les priorités inscrites dans le texte seront considérées comme des votes de confiance dans les mois suivants, a dit le premier ministre, coinçant encore davantage l'opposition.

Pendant le point de presse de 45 minutes, le premier ministre a répété à plusieurs reprises que, peu importe la manière dont il remporte ce vote de confiance, il l'interprétera comme un «feu vert» pour appliquer le contenu du discours du Trône. «Le temps de l'obstruction, notamment en matière de justice, sera terminé», a-t-il dit.

Stephen Harper a refusé d'entrer dans les détails du texte qui sera proposé le 16 octobre prochain en soirée, mais a souligné que ses priorités tourneraient autour de l'économie, de l'Afghanistan, de l'environnement, de la souveraineté canadienne et du fonctionnement de la fédération. Le premier ministre a notamment dit qu'il désirait obtenir un mandat pour proposer «d'importantes réductions d'impôt».

Le résultat des élections partielles au Québec le 17 septembre dernier a provoqué d'étranges prises de position de la part du Bloc québécois et du Parti libéral du Canada, a également soutenu Stephen Harper. «C'est difficile pour moi d'imaginer que M. Duceppe et M. Dion voient dans ces élections partielles que la population veut une élection générale et veut défaire le gouvernement.»

Pour le chef bloquiste Gilles Duceppe, les conservateurs sont bien mal placés pour donner des leçons sur «le vote cohérent» puisqu'ils étaient des maîtres de l'obstruction avant d'être portés au pouvoir. «Il ne voudrait pas que l'opposition lui fasse ce qu'il a fait dans le passé. Il a la mémoire courte», a fait valoir M. Duceppe en entrevue à La Presse canadienne.

Le leader souverainiste répète que son parti sera prêt pour les prochaines élections, qu'elles aient lieu en novembre, l'an prochain ou l'année d'après. «Nos exigences, il les connaît. On n'a pas changé d'avis là-dessus parce que ça fait largement consensus au Québec. On lira donc son discours du Trône. S'il y répond, pas de problème. Sinon, on ne pourra pas l'appuyer», a-t-il martelé.

Même son de cloche du côté des néo-démocrates. Leur chef, Jack Layton, qui a rencontré M. Harper hier, tout comme Gilles Duceppe, a toutefois affirmé que le gouvernement ne semble pas prêt à changer d'orientation. De leur côté, les libéraux ont toujours dit qu'ils prendraient connaissance du plan du gouvernement avant de prendre une décision.

Le flou de l'Afghanistan

Le premier ministre s'est longuement expliqué sur sa position concernant la mission canadienne en Afghanistan. Une chose est claire: le Bloc québécois et le Parti libéral doivent renoncer à voir la fin de la mission inscrite dans le discours du Trône, même si les deux partis en ont fait une condition de leur appui au gouvernement. «Le Parlement doit prendre une décision. Nous voulons que cette décision soit prise dans un processus responsable qui considère toutes les conséquences de l'"implication" à long terme du pays. Est-ce que je vais annoncer dans le discours du Trône que voilà, le gouvernement se retire de l'Afghanistan demain? Je pense que non.» Un débat et un vote auront donc lieu sur cet enjeu, mais le discours du Trône n'est pas l'endroit approprié, a laissé entendre le premier ministre.

De plus, Stephen Harper a affirmé que le Canada pourrait rester en Afghanistan après février 2009 s'il le faut. «Je pense que nous avons des responsabilités importantes en Afghanistan. Nous avons une responsabilité envers la population de Kandahar. Nous avons accepté la responsabilité de régler les problèmes de sécurité et je pense que nous devons nous assurer, avant de quitter, que les forces afghanes peuvent assurer leur propre sécurité. [...] Est-ce que je peux dire, de manière responsable, que nous serons prêts à quitter brutalement en février 2009? Je pense que c'est difficile de l'imaginer.»

Au-delà de la responsabilité du Canada envers ses alliés internationaux, Ottawa doit aussi «honorer le sacrifice» des soldats en s'assurant que les progrès accomplis sont durables, a affirmé Stephen Harper. «Je pense qu'on ne peut pas, d'une manière responsable, quitter l'Afghanistan et laisser le chaos à Kandahar. [...] Nous avons demandé aux hommes et aux femmes en uniforme de faire de grands sacrifices en Afghanistan. On a la responsabilité d'honorer et de respecter leur sacrifice et de s'assurer que nous ne perdrons pas les gains accomplis. Les soldats ne demandent pas de quitter, ils demandent de finir le travail.»

Le premier ministre reconnaît toutefois que les Canadiens n'ont pas une patience éternelle. «Je reconnais que la population s'attend à ce que nous quittions d'une façon responsable dans une période de temps raisonnable. Il faut un échéancier [de retrait] réaliste, mais je ne peux pas dire si ce sera demain ou même en février 2009», a-t-il dit, avant de rappeler que c'est le gouvernement libéral de Paul Martin qui a envoyé les troupes dans le sud de l'Afghanistan. «C'est maintenant une responsabilité du pays», a-t-il toutefois soutenu.

Le Canada met actuellement toute son énergie à former la nouvelle armée nationale afghane, mais Stephen Harper reconnaît que ce n'est peut-être pas suffisant. «On a été clair, les autres pays doivent en faire plus, l'OTAN doit en faire plus. Le futur de l'OTAN se joue sur cette mission», a lancé le premier ministre.






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  • Rolland St-Gelais
    Abonné
    jeudi 4 octobre 2007 04h44
    Ce serait une bonne chose....
    « Ce serait une bonne chose que nous allions en élections générales au Canada. En effet, le Canada est gouverné par l'opposition et non pas par le gouvernement élu. Il y a ici quelque chose d'illogique. Toutefois, le Canada devrait enchâsser dans sa constitution l'obligation de consulter les citoyens et les citoyennes sur des questions d'ordre nationale pouvant avoir des répercussions directes sur la société. Le cas de la Suisse pourrait ici servir de modèle.... Une véritable démocratie réside en la capacité d'un gouvernement élu à mettre en place ses politiques et au peuple de lui manifester directement son accord ou non. »

  • Bernard Tremblay
    Abonné
    jeudi 4 octobre 2007 06h00
    Des journalistes manipulés
    « Il m'apparait clair que le premier ministre, Stephen Harpen a manipulé les journalistes hier, afin de mieux faire passer son message électoral, lui qui refuse depuis 20 mois d'aller répondre à leurs questions.

    Les journalistes de la presse parlementaire auraient dû boycotter sa visite impromptue au Théâtre national de la presse .

    Par ce geste, ils auraient envoyé un message fort à Stephen Harper que le droit du public à l'information n'est pas une affaire d'état, négociable à la pièce, selon l'humeur du chef ou de sa stratégie électorale.

    Bernard Tremblay »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 4 octobre 2007 08h40
    Notre politique fédérale va se jouer en Afghanistan ?
    « Vu que le parti Conservateur ne veut pas se retirer d'Afghanistan, ça va être difficile pour les 3 autres partis de voter pour eux ce qui obligerait une autre élection et les dépenses inutiles qui s'y rattachent. C'est quand même moins pire que les dépenses pour soutenir nos troupes en Afghanistan où la culture du pavot prospère plus que partout ailleurs dans le monde "Chacun sa spécialité".

    Fait qu'on va avoir le choix entre le guerrier, M. Harper, la cloche, M Dion et l'enragé à l'année, M. Duceppe qui a le sort des 2 premiers, entre les mains. Il doit avoir l'impression de choisir entre la chaise électrique et la pendaison quand il votre contre le gouvernement fédéral. Il y a aussi le chef NPD, Jack "Eaton" ? et son "second" d'Outremont qui sont bien fins mais ce parti n'est pas encore assez fort pour devenir prendre le pouvoir et ça ne semble pas être pour les prochaines décennies. »

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 4 octobre 2007 09h54
    Situation loufoque
    « Harper dicte à l'opposition comme elle doit se comporter: abattre son gouvernement minoritaire ou le laisser gouverner « sans obstruction » ou, en clair, sans opposition. C'est de la pure Poutine !
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Roger Dion
    Abonné
    jeudi 4 octobre 2007 11h16
    Le chantage de Harper
    « M.HAPPER veut gouverner comme s il était majoritaire, sans opposition. Le roi HAPPER se prend pour qui, /président des ÉTATS UNIS comme son maitre a penser BUSH/ avec son veto que nous avons vus cette semaine . Non M. HAPPER vous n avez pas de veto , les électeurs vous ont élus minoritaire , les sondages vous mette encore minoritaire, alors acceptez de négocier avec l opposition en démocrate non en DICTATEUR. Si jamais il y a des élections , je souhaite que les gens vous le fasse payer, car nous ne voulons pas de DICTATURE AU CANADA/ A LA BUSH/.
    OUI les journalistes auraient dus refuser la conférence de presse pour que le ROI HAPPER passe son message, lui qui a toujours refusé les conférences de presse avant .
    Les journalistes doivent arrêtes de se faire manipuler par les conservateurs, L AFGHANISTAN,/les journalistes sur place, les émissions pour la guerre etc/ LA NATION QUÉBECQUOI /qui ne peut rien dire/, BAISSE DE LA T. P. S. / promesse deux %, donné seulement un% / L ENVIRONNEMENT /non respect de KIOTO/, LES DÉPUTÉS CONSERVATEURS /qui ont dépensés plus que la loi/ etc.
    Les journalistes doivent informer les gens avant que LE ROI HAPPER DEVIENNENT UN DICTATEUR COMME SON MENTOR BUSH AVEC SES VETOS
    OUI des élections si le/ ROI HAPPER/ ne veut pas entendre raison, pour lui /HAPPER/ montrer qu IL n est pas encore président des ÉTATS UNIS avec droit de veto.
    ROGER DION MONTREAL »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    jeudi 4 octobre 2007 13h00
    Des élections à l'automne, c'est fort possible!
    « Il faut bien dire qu'il est malin Stephen Harper. C'est lui qui a les meilleures cartes. Nous irons sans doute en élections cet automne et les conservateurs ont de bonnes chances d'obtenir un gouvernement majoritaire, vu la faiblesse des libéraux et de leur chef ainsi que d'une certaine fragililté du Bloc et de son chef. Stephen Harper et son parti n'emballent pas l'électorat canadien, mais faute de mieux... »

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