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Dion fait son mea-culpa

Guillaume Bourgault-Côté   21 septembre 2007  Canada
Stéphane Dion fait son mea-culpa. Le chef du Parti libéral du Canada (PLC) a reconnu hier qu'il devra changer son approche pour convaincre les Québécois qu'il n'est pas celui que la population perçoit. Le Stéphane Dion nouvelle version parlera donc davantage de lui, souhaitant apparaître «comme un chef, pas comme un ministre».

Et «le chef doit prendre la responsabilité» de la défaite subie lundi dans Outremont et des faibles résultats (moins de 10 %) obtenus par les libéraux dans les élections partielles de Saint-Hyacinthe-Bagot et Roberval-Lac-Saint-Jean, a indiqué hier après-midi M. Dion. Il s'exprimait en marge d'une conférence qu'il a prononcée devant des invités du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).

S'il a durement attaqué la politique étrangère («médiocre», «rigide, simpliste et incompétente») du gouvernement Harper durant son allocution, c'est toutefois à des questions plus personnelles concernant son leadership que Stéphane Dion a dû répondre, plus tard en point de presse.

C'est que mercredi soir, au Téléjournal de Radio-Canada, M. Dion s'était repenti des erreurs qu'il a commises depuis qu'il est chef du PLC, lors d'une entrevue qu'il a qualifiée d'inédite dans sa carrière. «Je ne me suis jamais mis à nu comme ça... J'ai toujours voulu concentrer [l'attention des gens] sur les dossiers. Je n'ai jamais mis ma personne [à l'avant-plan]. Mais là je me rends compte qu'il faut que je le fasse.»

Reconnaissant qu'il souffre d'une image négative au Québec — alors qu'il estime être un réel défenseur des Québécois —, M. Dion a indiqué être victime non pas de ses idées, mais plutôt «de la caricature de [ses] idées». Et pour tenter de régler le problème, il croit qu'il doit mieux montrer qui est l'homme derrière le politicien. «On va faire le débat sur Stéphane Dion. Qui je suis et ce que je fais. Ma principale erreur, c'est d'avoir hésité à me mettre au-devant du débat.»

Devant la presse, hier, Stéphane Dion a réitéré son message: c'est en grande partie sa faute si les résultats de lundi ont été aussi décevants pour les libéraux. Il prend acte du jugement des Québécois, et reconnaît que le courant ne passe pas entre la population et lui. «Je dois me battre contre une caricature de moi-même, qui est plus dans l'esprit des gens que la personne que je suis», a-t-il répété.

«Les gens nous respectent maintenant sur le terrain. On a le respect, l'écoute, mais pas encore les appuis. Il y a une étape additionnelle à franchir [pour gagner des appuis]. Pour le faire, il est important que les gens comprennent ce que le chef du parti veut faire, comment il se voit comme Québécois, quel respect il a pour les institutions québécoise...»

Le «vrai» Stéphane Dion se montrera plus personnel, dit-il sans donner trop de détails. «Derrière ce que je dis, il faut voir ce qui m'anime. C'est normal: on veut connaître beaucoup plus le premier ministre qu'on veut connaître un ministre. Je suis une personne plutôt discrète; j'aime parler des choses et pas forcément de moi. Mais il faut aussi voir l'âme, la personne qui est animée derrière ça.»

Coderre applaudit

La sortie de M. Dion a été qualifiée de «geste exceptionnel», d'acte «d'humilité et d'audace» par le député de Bourassa, Denis Coderre, présent à la conférence du CORIM. M. Coderre estime notamment que Stéphane Dion est victime des «dommages collatéraux» de sa gestion du dossier constitutionnel.

Des rumeurs couraient d'ailleurs hier, indiquant que M. Coderre pourrait devenir le lieutenant de M. Dion au Québec, en remplacement de Marcel Proulx, député de Hull-Aylmer. Celui qui a soutenu Michael Ignatieff lors de la course à la direction du PLC a laissé entendre que la performance de M. Proulx comme lieutenant sera évaluée dans un nécessaire post-mortem général.

«La beauté d'un post-mortem, c'est que ça doit être entre nous», a-t-il dit en mentionnant que l'objectif ne sera pas de pointer quiconque du doigt, mais de comprendre «ce qui s'est passé lundi». «Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable», croit M. Coderre, mais il faut aussi «garder son gaz égal».

Selon le député, le problème des libéraux n'est pas tant le chef que le message. Une situation qui peut se corriger, dit-il. «On peut "pogner" [auprès des Québécois]. Ce n'est pas un problème de "pognage". Mais peut-être qu'il y a une autre poignée qu'il faut prendre, par exemple.»

Le problème des libéraux au Québec inquiète les troupes. Hier, dans une lettre ouverte publiée dans La Presse , l'ancien directeur général du PLC au Québec, Hervé Rivet, exprimait ainsi que les «résultats désastreux» du PLC «démontrent à quel point il se creuse un inquiétant fossé entre l'électorat québécois contemporain et ce parti».

«Plus que jamais, la formation de Stéphane Dion semble déconnectée de la réalité politique québécoise», écrit M. Rivet, notamment à cause d'une «insensibilité par rapport à la question de la place du Québec au sein du Canada» et d'un manque de clarté concernant la question de l'identité québécoise.

Harper ciblé

Dans son discours prononcé hier midi, Stéphane Dion s'est montré cinglant à l'égard du gouvernement Harper. Selon le chef libéral, la politique étrangère des conservateurs relève carrément de «l'amateurisme». Concernant la gestion de la mission canadienne en Afghanistan, M. Dion évoque un «cortège d'erreurs»: le scandale des prisonniers torturés, les problèmes d'acheminement de l'aide canadienne, le flou concernant la fin de la mission...

Pour Stéphane Dion, le premier ministre «impose au Canada une politique étrangère inspirée de la droite américaine qui sert mal les intérêts» du pays. Il décèle dans la manière de gérer le dossier afghan «le même unilatéralisme dans l'action» que chez George W. Bush. «Les États-Unis sont un allié pour le Canada, a lancé M. Dion. Ils ne doivent pas pour autant être un modèle.»

Sous un gouvernement libéral, M. Dion affirme que la «politique de défense [serait] guidée par la politique étrangère, et non l'inverse». Les grandes orientations seraient tournées «en faveur de la paix, d'une économie ouverte et du multilatéralisme», promet-il.

Entre autres priorités de politique étrangère, M. Dion a cité le retour du Canada dans le giron du protocole de Kyoto, la lutte pour l'accès à l'eau douce, le refus clair de participer au bouclier antimissile et la protection de la souveraineté de l'Arctique. Concernant l'Afghanistan, il a répété que l'actuelle mission de combat doit absolument prendre fin en février 2009, après quoi les soldats canadiens pourraient rester en place pour offrir de l'aide et partager leur expertise... mais sans combattre.






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  • Benoît Gagnon
    Abonné
    vendredi 21 septembre 2007 03h35
    Un méa -culpa, je ne pardonne pas. Benoît Gagnon
    « On peut pardonner une faute quand elle produite sous l`empire de la passion, mais quand elle commise avec une attitude de mépris(avec le soutien de l`intellgence) contre tout un peuple, le seul pardon possible est la démission.
    La faute commise est contre la dignité de la personne. Le repentir,(en ce qui concerne M. dion c`est une question de stratégie politique) ne suffit pas. Comme on disait dans l`église catholique à une autre époque" il faut faire un séjour au purgatoire. Il y a nécessairement des conséquences à des actes posés délibérément surtout quand elle est une atteinte à la dignité de toute un peuple. La démission est le chemin obligé pour M. Dion. Ce qui pourra lui apporter une estime de soi qui autrement sera difficilement possible. Le courage et la sincérité sont des vertus(forces) qui nous aide à vivre sereinement (en paix) avec soi- même et les autres) "LA DIFFICULTÉ DE RÉUSSIR AJOUTEÀ LA
    NÉCESSITÉ D`ENTREPRENDRE". »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    vendredi 21 septembre 2007 06h03
    Tout un défi!
    « Il est quand même curieux que M. Dion ait pris tant de temps à se rendre compte de "son" problème. Il faut, pour cela, vraiment vivre dans une bulle et nier le réalité. Le problème qu'il a à résoudre est cependant loin d'être simple. Il ne peut tout de même pas se changer, pour devenir un René Levesque ou un Pierre Trudeau! Il est ce qu'il est. Il a décidé de se mettre à nu. Ce qui me semble dangereux en politique. Un acte désespéré, peut-être. Je lui aurais conseillé d'être beaucoup plus discret et lent en la matière, car qui sait si les gens auront plus confiance en la deuxième version de Stéphane Dion. Ils risquent de voir là que pur opportunisme? Voilà tout un défi pour le Chef de l'Opposition officielle. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 21 septembre 2007 07h19
    Trop vu, trop connu
    « M. Dion croit qu'on ne l'aime pas parce qu'on ne l'a pas assez vu et se propose, POUR CORRIGER LA CHOSE, de se faire voir et de mettre son fond et son profond sur la place publique. ERREUR, on ne l'aime pas parce qu'on l'a déjà trop vu ! Fait que..qu'il aille se faire voir ailleurs.

    Il a réussit à se faire élire chef Libéral fédéral parce que les Anglos des autres provinces aiment bien un politicien du Québec qui tapent sur les Québécois comme Pierre "l'aéroport" Trudeau et Jean "que voulez-vous à ce moment ici" Chrétien.

    Que M. Dion aille se faire élire premier de l'Ontario, ça va probablement réussir. »

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    vendredi 21 septembre 2007 08h41
    Question de degré d`intelligence émotive et intuitive
    « Monsieur le Professeur de Sciences politiques fait son méa culpa. Il suggère qu`il n`a pas découvert son rôle de leader du parti libéral avant la déconfiture des partielles. Un intellectuel en charge d`un parti national depuis 9 mois se doit d`être à l`écoute des électeurs. Il doit gouverner en collégialité et représenter le parti dans les forums nationaux. Stéphane Dion souffre d`un manque de polyvalence et adaptabilité. Ces caractéristiques sont les composantes essentielles d`une intelligence émotive et intuitive. L`échelle analogue révèlerait une performance médiocre. Il est surprenant que les journalistes et exécutifs du parti libéral du Canada ne percoivent pas les risques intrinsèques à un tel comportement. La démonstration serait facile à faire suite à La loi sur la clarté référendaire. Il fallait faire souffrir les québécois! »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 21 septembre 2007 09h18
    Quelle débarque!
    « L'incroyable mea-culpa du Rat m'a rappellé la sortie de Boisclair au cegep Ste-foy lorsqu'il avait demandé aux journalistes de ne pas le toucher et de ne pas lui poser de questions en anglais. C'était le début de la fin pour le grand insignifiant.

    Dion vient de se suicider. Il a perdu la face. Il a montré qu'il n'avait pas les couilles pour devenir PM du Canada. Harper a maintenant le champ libre pour une ré-élection. »

  • andré michaud
    Inscrit
    vendredi 21 septembre 2007 09h22
    Image vs Rationalité?
    « La première fois que M.Dion m'a impressionné par son intelligence fut lors d'échanges de lettres avec le ministre péquiste des Affaires Intergouvernementales ,M.Brassard. Ce derniers aurait un gros ZÉRO dans un cours sur la solidité de l'argumentation. Seulement des lieux communs et légendes appuyées par aucun argument rationel. Tandis que du côté de M.Dion, plein d'arguments historiques et de droit international pour prouver la logique de ses arguments...
    Mais qui veut des débats basés sur le RATIONEL et l'INTELLIGENCE? On est encore au trip d'images et de "croyances" qu'il faut accepter en soi...Hélas M.Dion a peu de chance de se faire comprendre dans un monde qui ne veut pas écouter la voie de la logique et de l'intelligence.

    Pour les gens qui comme comme moi veulent un retour du Canada dans Kyoto, il est pourtant notre dernière chance. Si les conservateurs sont réélus, fini les chances de se rallier à Kyoto..Mais j'ai bien peur que les Québecquois préfèreront enterrer Kyoto, tout en prétendant être plus vert que les autres canadiens... »

  • Christiane Gervais
    Abonné
    vendredi 21 septembre 2007 11h58
    Nous vous avons très bien compris monsieur Dion!
    « Si les regrets, les confessions, les demandes de pardon, les mea culpa peuvent trouver une justification dans nos relations privées ça devient inélégant pour ne pas dire indécent dans la bouche de quelqu'un qui aspire à être premier ministre d'un pays. C'est racoleur, manipulateur, mensonger. Quand on a que du mépris pour les Québécois depuis des années et qu'ils nous rejettent on se remet en question on se demande pas pourquoi ils ne nous ont pas compris parce que nous vous avons très bien compris dans vos paroles et dans vos actes monsieur Dion. »

  • Gervais Pomerleau
    Inscrit
    vendredi 21 septembre 2007 13h22
    trop peu, trop tard
    « Monsieur Dion entend se refaire une image, je trouve bien triste qu'avec son intelligence (que je lui reconnais sans hésitation) il ne soit pas plus avancé dans son cheminement personnel.
    L'homme voudrait absolument livrer le Québec au Canada, mais pour ce faire nous avons déjà amèrement donné, en matière de léchage pré-lynchage...
    Monsieur Dion oublie bien des choses, comme tout politicien qui se respecte, malheureusement pour lui il nous a déjà offert le baiser de Judas. Je ne suis, personnellement, pas intéressé de récidiver avec un baiser passionné ("french kiss") venant de monsieur Dion.
    Vous qui êtes Québécois, monsieur Dion, votre Alzheimer politique est-il trop omniprésent pour vous faire oublier les trois mots qui sont au bas de votre plaque minéralogique?
    Demander pardon? des Chrétien, Trudeau et autres grands pourfendeurs des Québécois nous ont déjà fait le coup, nous avons déjà trop donné pour accepter un nouvel affront de la part du parti libéral du Canada.
    Peut-être comprendrez-vous mieux, Monsieur Dion, si je vous dis qu'une prostituée a beau cesser de faire le trottoir, elle ne sera plus jamais vierge. ET C'EST UNE BONNE CHOSE!
    Suis-je assez clair? »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    vendredi 21 septembre 2007 23h08
    Pas intérêt à se faire connaître
    « Je crois que M. Dion n'a pas intérêt à se faire connaître. »

  • Élodie Gagné
    Abonné
    samedi 22 septembre 2007 09h20
    Le principe de Peter
    « Je crois que M. Dion est l'exemple qui illustre parfaitement le principe de Peter. Excellent professeur d'université, il a dépassé son niveau d'incompétence en allant en politique pour laquelle il ne semble avoir aucun des requis. »

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