Lettres: Erreur sur la personne
Dans sa chronique de mardi, Michel David revient sur le caractère «surréaliste» de l'élection de Stéphane Dion à la tête du PLC, en décembre dernier. Bien que l'emploi de cette épithète soit par trop souvent galvaudé, je ne peux que donner raison à votre éminent collaborateur dans le cas présent! En effet, qui, le moindrement informé, a pu croire, le temps d'un week-end de fin d'automne 2006, que Stéphane Dion était en mesure de rallier à sa vision d'un Canada à tout le moins biculturel une frange substantielle des électeurs francophones du Québec? Comment expliquer pareille «erreur sur la personne», si ce n'est par un aveuglement quasi suicidaire d'une majorité de délégués provenant du ROC, estimant que leur appui à un candidat à la fois francophone et québécois, quel qu'il soit, serait garant de l'adhésion d'un «Québec français» à leur idéal «pancanadien»? À cet égard, ces mêmes délégués ont fait montre d'une ignorance abyssale en ce qui concerne les tenants et aboutissants de ce qu'il est convenu d'appeler, à défaut d'une expression plus prégnante, la «réalité québécoise»!
Toutefois, cette élection, pour absurde qu'elle eût été, ne le cédait en rien à celle survenue un an auparavant, à savoir l'élection d'André Boisclair à la tête du Parti québécois. Là encore, il n'était pas nécessaire d'être devin pour mettre en doute la sagacité
d'un grand nombre de militants souverainistes qui ont confondu attrait de la nouveauté et perspective probable d'une reprise du pouvoir! [...]
À la lumière de ces deux échecs plus que prévisibles, y a-t-il des enseignements que nous pouvons tirer afin, sinon d'en prévenir d'autres subséquents, du moins d'en atténuer les coûts personnels et sociaux? Pour ma part, j'en vois au moins deux. D'une part, il est impératif de faire en sorte que la «surmédiatisation», laquelle contribue pour une large part à faire et a défaire les carrières politiques, soit en quelque sorte «civilisée». J'entends par là qu'elle soit davantage axée sur le contenu plutôt que sur le contenant, avec, à la clé, un peu moins de «société du spectacle». D'autre part, les partis politiques auraient avantage à «casser le moule» du «système clos» qui les isole de tous ceux qu'ils sont censés représenter, provoquant par le fait même une désaffection à leur endroit. [...]
Toutefois, cette élection, pour absurde qu'elle eût été, ne le cédait en rien à celle survenue un an auparavant, à savoir l'élection d'André Boisclair à la tête du Parti québécois. Là encore, il n'était pas nécessaire d'être devin pour mettre en doute la sagacité
d'un grand nombre de militants souverainistes qui ont confondu attrait de la nouveauté et perspective probable d'une reprise du pouvoir! [...]
À la lumière de ces deux échecs plus que prévisibles, y a-t-il des enseignements que nous pouvons tirer afin, sinon d'en prévenir d'autres subséquents, du moins d'en atténuer les coûts personnels et sociaux? Pour ma part, j'en vois au moins deux. D'une part, il est impératif de faire en sorte que la «surmédiatisation», laquelle contribue pour une large part à faire et a défaire les carrières politiques, soit en quelque sorte «civilisée». J'entends par là qu'elle soit davantage axée sur le contenu plutôt que sur le contenant, avec, à la clé, un peu moins de «société du spectacle». D'autre part, les partis politiques auraient avantage à «casser le moule» du «système clos» qui les isole de tous ceux qu'ils sont censés représenter, provoquant par le fait même une désaffection à leur endroit. [...]
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