Prime de risque pour les soldats du 22e
Les soldats déployés en Afghanistan rentreront avec plus de 20 000 $ en poche
Ottawa — Les commerçants, restaurateurs et agents immobiliers de la région de Québec vont avoir de bonnes raisons de se réjouir du retour des premiers soldats de Valcartier, dans quelques mois... et pas seulement parce que les militaires seront sains et saufs. En raison des primes de risque, des allégements fiscaux et des avantages sociaux consentis aux hommes et aux femmes en uniforme qui se trouvent en Afghanistan à l'heure actuelle, le retour à la maison des soldats amènera un joli pactole de 48 millions de dollars pour la région de Québec. Pour toute la province, les retombées économiques oscillent entre 50 et 55 millions, selon les chiffres obtenus par Le Devoir.
Les soldats qui sont actuellement déployés dans la zone dangereuse de Kandahar obtiennent une compensation financière considérable de la part du gouvernement canadien pour supporter les conditions difficiles en Afghanistan et courir les risques de cette mission. En retenant toutes les primes et tous les avantages financiers, un militaire qui en est à son premier déploiement à l'étranger touchera, en plus de son salaire de base, un boni de 11 820 $ en six mois.
À cette somme, il faut ajouter l'exemption d'impôt totale pour tous les militaires déployés qui ont un grade inférieur à adjudant-chef (soldat, capitaine, caporal, sergent, etc.) ainsi qu'une déduction d'impôt substantielle pour les hauts gradés, ce qui représente une somme moyenne de 10 000 à 12 000 $ par soldat. À son retour à la maison, le militaire déployé en Afghanistan pendant six mois aura donc à sa disposition une somme qui oscillera entre 21 820 $ et 23 820 $.
«C'est sûr que c'est une bonne nouvelle», a affirmé au Devoir Richard Bélanger, président de la Corporation des concessionnaires d'automobiles de la région de Québec. «Ça devrait paraître dans tous les secteurs économiques de la ville, autant dans l'automobile que dans les restaurants, les hôtels, les spas, les quincailleries et le reste. Je pense que tout ce qui touche le couple va avoir la cote. Les gars vont vouloir passer du temps avec leur blonde.»
Sur les 2330 soldats québécois actuellement en Afghanistan, près de 2000 viennent de la base de Valcartier, en banlieue de Québec. Pour la région, la manne oscillera donc entre 44 et 48 millions de dollars, au bas mot. Le montant final pourrait même être plus élevé puisque plusieurs centaines de soldats en Afghanistan à l'heure actuelle seront déployés pendant neuf mois plutôt que seulement six. C'est notamment le cas des militaires qui ne font pas partie du groupe tactique de combat et qui ne sont donc pas régulièrement sur la ligne de feu.
Yves Duguay, gérant du magasin général Canex, voit déjà arriver la vague de dépenses. Lui qui vend de tout dans son établissement situé directement sur la base de Valcartier, tant des meubles que des appareils électroniques, juge que l'effet sera considérable. «Ça va sûrement être bon! Les gars vont vouloir se gâter et gâter leur famille. Certains vont économiser le montant, c'est sûr, mais la plupart vont en dépenser une bonne partie, que ce soit ici ou à l'extérieur de la base. Un tel montant, ça fait un bon "cash down" sur un condo ou une maison. Certains vont rénover, d'autres vont acheter des meubles», dit-il.
L'ampleur du boum économique est toutefois difficile à cerner, poursuit Yves Duguay. «C'est la première fois qu'autant de soldats sont déployés avec des allégements fiscaux aussi élevés, alors c'est difficile de savoir à quoi s'attendre», dit-il. Richard Bélanger offre une comparaison possible, même s'il estime lui aussi que l'impact pour les commerçants est difficile à évaluer. «En Alberta, quand les travailleurs du pétrole reviennent à Edmonton ou à Calgary les poches pleines après trois ou quatre mois dans les sables bitumineux, les concessionnaires font le plein d'autos parce qu'ils savent qu'ils vont en vendre plus», explique-t-il. Mais à Québec, affirme Richard Bélanger, les concessionnaires n'ont pas encore accru leurs inventaires.
Plusieurs primes
Si l'allégement fiscal n'est pas attendu avant la fin de l'hiver, les diverses primes sont toutefois versées chaque mois aux soldats. Certains vont mettre la manne de côté jusqu'à leur retour définitif alors que d'autres vont commencer à dépenser dès qu'ils reviendront au Québec pour leurs vacances, estime Yves Duguay. «La période des vacances va commencer autour du 15 novembre et je pense que, déjà, il va y avoir une légère hausse de nos activités», dit le gérant de Canex Valcartier.
En effet, les soldats ont droit à 18 jours de vacances pendant leur rotation de six mois. Les Forces canadiennes paient ou bien un billet de retour jusqu'au Québec, ou bien deux billets — pour le soldat ainsi que pour sa douce moitié — vers une autre destination dans le monde, jusqu'à concurrence de 2500 $. Dans ce dernier cas, le déplacement des enfants ou de la famille est toutefois aux frais du militaire.
Le plus gros avantage est sans aucun doute l'allégement fiscal accordé depuis le 1er janvier 2004 aux soldats et aux policiers en mission. Tous les soldats jusqu'au grade d'adjudant-chef sont ainsi exemptés d'impôt pendant leur séjour en Afghanistan. Selon la major Renée Forcier, responsable des indemnités et des avantages sociaux au ministère de la Défense nationale à Ottawa, cela représente entre 10 000 et 12 000 $ par soldat en moyenne. Les hauts gradés comme les généraux, les colonels ou les lieutenants-colonels ont droit à une déduction d'impôt mais ne sont pas totalement exemptés.
Il faut aussi tenir compte des autres avantages. La prime de service à l'étranger commence à 683 $ par mois dans le cas d'un soldat déployé pour la première fois. Un militaire qui en est à sa quatrième mission hors Canada (et il y en a plusieurs) touche quant à lui environ 950 $ par mois. La prime maximale est établie à 1416 $, mais il faut avoir passé 169 mois à l'étranger pour y avoir droit!
L'indemnité de difficulté, versée à tous les militaires en Afghanistan, se chiffre à 715 $ par mois. «Ça compense les conditions de vie qui ne sont pas faciles, explique la major Renée Forcier. Les soldats couchent dans des endroits austères, la langue est difficile et le climat est rude.» Sur une échelle de 6, l'Afghanistan obtient le degré de difficulté 5. «Le degré 6, c'est lorsqu'il n'y a aucun accès à des soins médicaux ou à de l'eau potable, par exemple», ajoute la major Forcier.
La prime de risque est quant à elle de 572 $ par mois puisque l'Afghanistan est au niveau 4, le plus élevé. Aux soldats qui en sont à une deuxième ou à une troisième rotation dans ce pays instable, on verse une autre prime de 114 $ par mois. Cette dernière somme (114 $) n'est toutefois pas comprise dans le montant total de 11 820 $ cité ci-dessus, Le Devoir ayant fait ses calculs en fonction du cas d'un soldat qui en est à sa première mission à l'étranger.
«Est-ce que ces primes remplacent la vie d'un soldat? Les conditions ne sont pas évidentes là-bas», dit Renée Forcier, consciente du fait que le montant total de 50 à 55 millions de dollars pour tout le Québec — entre 21 820 et 23 820 $ par soldat, multiplié par 2330 soldats québécois actuellement déployés pendant une période minimale de six mois — est impressionnant. Avec 2500 militaires là-bas, la facture totale pour le gouvernement du Canada s'élève donc à 60 millions de dollars pour six mois.
Ces chiffres pourraient d'ailleurs s'avérer plus élevés en réalité puisque plusieurs centaines de militaires actuellement déployés en Afghanistan resteront sur place neuf mois et non pas six. Le Devoir a retenu une période de six mois comme base de calcul puisqu'il est difficile de savoir précisément combien de soldats sont déployés pendant neuf mois.
Les soldats qui sont actuellement déployés dans la zone dangereuse de Kandahar obtiennent une compensation financière considérable de la part du gouvernement canadien pour supporter les conditions difficiles en Afghanistan et courir les risques de cette mission. En retenant toutes les primes et tous les avantages financiers, un militaire qui en est à son premier déploiement à l'étranger touchera, en plus de son salaire de base, un boni de 11 820 $ en six mois.
À cette somme, il faut ajouter l'exemption d'impôt totale pour tous les militaires déployés qui ont un grade inférieur à adjudant-chef (soldat, capitaine, caporal, sergent, etc.) ainsi qu'une déduction d'impôt substantielle pour les hauts gradés, ce qui représente une somme moyenne de 10 000 à 12 000 $ par soldat. À son retour à la maison, le militaire déployé en Afghanistan pendant six mois aura donc à sa disposition une somme qui oscillera entre 21 820 $ et 23 820 $.
«C'est sûr que c'est une bonne nouvelle», a affirmé au Devoir Richard Bélanger, président de la Corporation des concessionnaires d'automobiles de la région de Québec. «Ça devrait paraître dans tous les secteurs économiques de la ville, autant dans l'automobile que dans les restaurants, les hôtels, les spas, les quincailleries et le reste. Je pense que tout ce qui touche le couple va avoir la cote. Les gars vont vouloir passer du temps avec leur blonde.»
Sur les 2330 soldats québécois actuellement en Afghanistan, près de 2000 viennent de la base de Valcartier, en banlieue de Québec. Pour la région, la manne oscillera donc entre 44 et 48 millions de dollars, au bas mot. Le montant final pourrait même être plus élevé puisque plusieurs centaines de soldats en Afghanistan à l'heure actuelle seront déployés pendant neuf mois plutôt que seulement six. C'est notamment le cas des militaires qui ne font pas partie du groupe tactique de combat et qui ne sont donc pas régulièrement sur la ligne de feu.
Yves Duguay, gérant du magasin général Canex, voit déjà arriver la vague de dépenses. Lui qui vend de tout dans son établissement situé directement sur la base de Valcartier, tant des meubles que des appareils électroniques, juge que l'effet sera considérable. «Ça va sûrement être bon! Les gars vont vouloir se gâter et gâter leur famille. Certains vont économiser le montant, c'est sûr, mais la plupart vont en dépenser une bonne partie, que ce soit ici ou à l'extérieur de la base. Un tel montant, ça fait un bon "cash down" sur un condo ou une maison. Certains vont rénover, d'autres vont acheter des meubles», dit-il.
L'ampleur du boum économique est toutefois difficile à cerner, poursuit Yves Duguay. «C'est la première fois qu'autant de soldats sont déployés avec des allégements fiscaux aussi élevés, alors c'est difficile de savoir à quoi s'attendre», dit-il. Richard Bélanger offre une comparaison possible, même s'il estime lui aussi que l'impact pour les commerçants est difficile à évaluer. «En Alberta, quand les travailleurs du pétrole reviennent à Edmonton ou à Calgary les poches pleines après trois ou quatre mois dans les sables bitumineux, les concessionnaires font le plein d'autos parce qu'ils savent qu'ils vont en vendre plus», explique-t-il. Mais à Québec, affirme Richard Bélanger, les concessionnaires n'ont pas encore accru leurs inventaires.
Plusieurs primes
Si l'allégement fiscal n'est pas attendu avant la fin de l'hiver, les diverses primes sont toutefois versées chaque mois aux soldats. Certains vont mettre la manne de côté jusqu'à leur retour définitif alors que d'autres vont commencer à dépenser dès qu'ils reviendront au Québec pour leurs vacances, estime Yves Duguay. «La période des vacances va commencer autour du 15 novembre et je pense que, déjà, il va y avoir une légère hausse de nos activités», dit le gérant de Canex Valcartier.
En effet, les soldats ont droit à 18 jours de vacances pendant leur rotation de six mois. Les Forces canadiennes paient ou bien un billet de retour jusqu'au Québec, ou bien deux billets — pour le soldat ainsi que pour sa douce moitié — vers une autre destination dans le monde, jusqu'à concurrence de 2500 $. Dans ce dernier cas, le déplacement des enfants ou de la famille est toutefois aux frais du militaire.
Le plus gros avantage est sans aucun doute l'allégement fiscal accordé depuis le 1er janvier 2004 aux soldats et aux policiers en mission. Tous les soldats jusqu'au grade d'adjudant-chef sont ainsi exemptés d'impôt pendant leur séjour en Afghanistan. Selon la major Renée Forcier, responsable des indemnités et des avantages sociaux au ministère de la Défense nationale à Ottawa, cela représente entre 10 000 et 12 000 $ par soldat en moyenne. Les hauts gradés comme les généraux, les colonels ou les lieutenants-colonels ont droit à une déduction d'impôt mais ne sont pas totalement exemptés.
Il faut aussi tenir compte des autres avantages. La prime de service à l'étranger commence à 683 $ par mois dans le cas d'un soldat déployé pour la première fois. Un militaire qui en est à sa quatrième mission hors Canada (et il y en a plusieurs) touche quant à lui environ 950 $ par mois. La prime maximale est établie à 1416 $, mais il faut avoir passé 169 mois à l'étranger pour y avoir droit!
L'indemnité de difficulté, versée à tous les militaires en Afghanistan, se chiffre à 715 $ par mois. «Ça compense les conditions de vie qui ne sont pas faciles, explique la major Renée Forcier. Les soldats couchent dans des endroits austères, la langue est difficile et le climat est rude.» Sur une échelle de 6, l'Afghanistan obtient le degré de difficulté 5. «Le degré 6, c'est lorsqu'il n'y a aucun accès à des soins médicaux ou à de l'eau potable, par exemple», ajoute la major Forcier.
La prime de risque est quant à elle de 572 $ par mois puisque l'Afghanistan est au niveau 4, le plus élevé. Aux soldats qui en sont à une deuxième ou à une troisième rotation dans ce pays instable, on verse une autre prime de 114 $ par mois. Cette dernière somme (114 $) n'est toutefois pas comprise dans le montant total de 11 820 $ cité ci-dessus, Le Devoir ayant fait ses calculs en fonction du cas d'un soldat qui en est à sa première mission à l'étranger.
«Est-ce que ces primes remplacent la vie d'un soldat? Les conditions ne sont pas évidentes là-bas», dit Renée Forcier, consciente du fait que le montant total de 50 à 55 millions de dollars pour tout le Québec — entre 21 820 et 23 820 $ par soldat, multiplié par 2330 soldats québécois actuellement déployés pendant une période minimale de six mois — est impressionnant. Avec 2500 militaires là-bas, la facture totale pour le gouvernement du Canada s'élève donc à 60 millions de dollars pour six mois.
Ces chiffres pourraient d'ailleurs s'avérer plus élevés en réalité puisque plusieurs centaines de militaires actuellement déployés en Afghanistan resteront sur place neuf mois et non pas six. Le Devoir a retenu une période de six mois comme base de calcul puisqu'il est difficile de savoir précisément combien de soldats sont déployés pendant neuf mois.
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