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Le scénario électoral renaît à Ottawa

Ce n'est pas le temps de discuter du leadership de Dion, disent les libéraux

Alec Castonguay   19 septembre 2007  Canada
Ottawa — La déconfiture du Parti libéral du Canada (PLC) et, dans une moindre mesure, celle du Bloc québécois au scrutin de lundi soir n'auront pas eu pour effet de refroidir les ardeurs électorales des partis d'opposition à Ottawa. Au contraire, les députés des deux partis sont désormais moins enclins à vouloir maintenir en vie le gouvernement minoritaire de Stephen Harper cet automne, lorsque son discours du Trône sera lu puis soumis à un vote de confiance.

En entrevue avec Le Devoir, plusieurs élus libéraux du Québec ont fait valoir que le PLC aurait plus à gagner à faire preuve de respect de ses principes — en retirant sa confiance aux troupes conservatrices — qu'en appuyant le gouvernement conservateur par peur d'affronter l'électorat trop tôt. Sentant l'échéance électorale approcher, tous appellent d'ailleurs à l'unité et rejettent l'idée de larguer le chef, Stéphane Dion.

Pour le Parti libéral, la défaite de lundi soir dans Outremont et les résultats marginaux dans les deux autres circonscriptions sont des malheurs qui n'arrivent d'ailleurs pas seuls. Le Devoir a en effet appris que Robert Asselin, un conseiller politique chevronné de Stéphane Dion et un des seuls Québécois de son entourage, a démissionné la semaine dernière, frustré du refus du parti de s'adapter à la réalité québécoise.

Le vote sur le discours du Trône constituera l'événement marquant de la rentrée parlementaire cet automne.

Stephen Harper a besoin de l'appui d'au moins un parti d'opposition pour rester en selle. Seulement voilà, le NPD, qui réclame le retrait immédiat des troupes canadiennes en Afghanistan, ne le lui accordera pas. Le Bloc québécois semble de moins en moins enclin à le faire, tout comme les libéraux.

«Il ne faut pas être mus par une crainte électorale», a fait valoir hier le député libéral de Bourassa, Denis Coderre. «À un moment donné, il faut faire preuve de principes.» Son collègue, Massimo Pacetti, partage le même avis. «La décision d'avoir ou non une élection devra découler de principes et pas de notre degré de préparation électorale», ajoutant qu'un parti n'est «jamais prêt» à aller aux urnes. Bernard Patry va même plus loin en affirmant que «l'Opposition officielle doit voter contre un discours du Trône».

Au Bloc québécois, la soirée de lundi semble avoir prouvé à l'état-major du parti souverainiste la nécessité de se démarquer du gouvernement conservateur. Au Réseau de l'information hier matin, le chef du Bloc, Gilles Duceppe, a même poussé la menace de confrontation à un sommet en affirmant que les chances que son parti appuie le discours du Trône sont «très faibles».

À l'intérieur de la machine bloquiste, ils sont de plus en plus nombreux à penser que le parti a assez appuyé les conservateurs et qu'il doit maintenant revenir à une opposition plus agressive. En entrevue avec Le Devoir, Mario Laframboise, député et organisateur électoral, a affirmé que le résultat des élections partielles ne refroidit «pas du tout» le Bloc en vue du discours du Trône. «On va tenir notre bout. On a des exigences et je ne vois pas comment elles pourraient changer», dit-il.

Quant au chef du NPD Jack Layton, ragaillardi par sa victoire dans Outremont, pas question de sauver le gouvernement conservateur. «Il faudrait un changement de direction d'une profondeur qu'on ne peut imaginer de la part de Stephen Harper pour qu'on vote avec lui», dit-il.

La table est donc mise pour une partie de bras de fer dès le retour de la Chambre des communes, le 16 octobre prochain. Les conservateurs comptent maintenant 126 députés (plus l'indépendant Bill Casey, qui leur est favorable), les libéraux, 95 (plus le président de la Chambre, sans droit de vote), le Bloc québécois, 49, le NPD, 30. Il y a aussi deux indépendants au Québec et quatre sièges laissés vacants par des libéraux ailleurs au pays.

Dion reste le chef

Le chef du Parti libéral a par ailleurs tenu à préciser qu'il restait bien en selle, lors de son passage à Crosby (Ontario), hier. Les résultats de lundi, a-t-il indiqué, reflètent les difficultés «bien connues» des libéraux au Québec, mais ils n'indiquent pas une crise de leadership, a-t-il insisté.

Les députés libéraux du Québec ont d'ailleurs été unanimes à dire que le temps n'était pas opportun pour songer à remplacer M. Dion. «En aucun temps il ne faut remettre en question le leadership de Stéphane», a d'entrée de jeu indiqué M. Coderre, pourtant un partisan de Michael Ignatieff lors de la course à la direction. «Stéphane sera candidat aux prochaines élections comme chef et on va s'assurer que, dans les moments d'adversité, tout le monde se tient ensemble.»

Denis Coderre a rappelé à plusieurs reprises l'époque de John Turner, puis celle du tandem ennemi Jean Chrétien-Paul Martin et l'atmosphère empoisonnée qui régnait au sein du parti. Bernard Patry, qui appuyait Gerard Kennedy, assure pour sa part que son chef n'est pas menacé de l'intérieur.

Les députés ne tiennent pas pour autant des propos joviaux. Ils prennent acte de l'incapacité de leur formation à plaire à l'électorat francophone québécois. «Le travail à faire est colossal», se désole Pablo Rodriguez. Il faudra, dit-il, parler davantage de sujets qui touchent les régions, par exemple la diversification de l'économie. Bernard Patry abonde. Un thème plus intellectuel comme la présence canadienne en Afghanistan «n'est pas un enjeu électoral pour le moment», dit celui qui a fait du porte-à-porte à Outremont.

D'ailleurs, s'ils ne veulent pas grenouiller contre Stéphane Dion, certains ne se gênent pas pour souligner les faiblesses de leur chef. «C'est quelqu'un qui n'écoute pas beaucoup», fait valoir un élu qui refuse d'être cité. Une autre personne qui demande à rester dans l'ombre ajoute que «c'est un chef qui fait toujours à sa tête», ce qui pose problème, «surtout quand on n'a pas beaucoup d'instinct politique» comme lui.

Un Québécois de moins

Ces inconforts expliqueraient, selon nos informations, le départ du conseiller Robert Asselin la semaine dernière. M. Asselin, un des rares dans l'entourage de M. Dion à parler français, s'était donné pour mission de rétablir des liens entre le parti et le Québec francophone. M. Asselin aurait décidé de quitter le chef libéral par insatisfaction, parce que le PLC «est en train de devenir un parti de plus en plus ontarien» où les Québécois ont perdu de leur influence, selon nos sources. Ces Ontariens croiraient à tort que seul le scandale des commandites explique les déboires du PLC au Québec.

«M. Dion refuse de se défaire de l'armature de la clarté [référendaire]», explique une source. Pour Denis Coderre, la passion entourant le débat sur les accommodements raisonnables au Québec est la preuve que les Québécois se sentent interpellés par les questions identitaires. «Il faut que le parti redevienne aussi le parti des Canadiens-français. [...] Il faut trouver une façon d'atteindre les gens pour qu'ils voient en nous un parti qui leur ressemble.»

***

Avec la Presse canadienne
 
 
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  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 19 septembre 2007 06h47
    La "fortitude" de Stéphane Dion
    Dans son discours Dion a parlé de la "fortitude". J'ai cherché dans mon Robert et le mot n'y est pas. Va-t-il passer une loi sur la clarté des dictionnaires?

    --------
    Si les Bloquises et les Libéraux renversent le gouvernement, Harper va passer majoritaire. La victoire dans Roberval annonce une quarantaine de sièges tory au Québec et un gouvernement majoritaire à moins que les gars du 22e tombent comme des mouches en Afghanistan.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mercredi 19 septembre 2007 07h56
    Le hautain
    La conclusion de Denis Coderre : «Il faut que le parti Libéral fédéral redevienne aussi le parti des Canadiens-français. [...] Il faut trouver une façon d'atteindre les gens pour qu'ils voient en nous un parti qui leur ressemble.»

    Pour ça, faudrait que le PLC change de chef ou que les nationalistes québécois commencent à voter Libéral fédéral pour aider leur cause vu que M. Dion, comme ses modèles messieurs Trudeau et Chrétien, a toujours privilégié un politique de confrontation avec les nationalistes du Québec tel M. Harper avec les Talibans d'Afghanistan, ce qui est de nature à braquer les adversaires et favorisent ainsi leurs causes à long terme.

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    mercredi 19 septembre 2007 09h15
    Les libéraux ne comprennent pas les québécois
    Et pourtant, plusieurs têtes sont déjà tombées. Les Coderre, Dion et Justin Trudeau ne perdent rien pour attendre. Il n`y a pas de canadiens-francais au Québec mais bien des québécois francophones. Les chefs libéraux dont Dion se réclament de pouvoir représenter les canadiens-francais coast-to-coast. Comme une peau de chagrin ces électeurs font partis d`une population déjà très assimilée à une majorité bien accommodante. Il faut éliminer ces fauchetons libéraux de la scène politique pour une question de survie comme nation. Le vote stratégique des québécois doit se reporter dans les circosncriptions de Bourassa et Papineau lors du prochain scrutin. Une fois disparus du champs politique le club des anciens libéraux fédéralistes se réunira pour rêver à un avenir meilleur.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 19 septembre 2007 09h28
    @ M. Noel
    Pour avoir fait usage du mot FORTITUDE M Dion montre qu'il peu y avoir un français canadien et un anglais canadien. Ayant deux langue officiel le Canada peu se permettre de prêter et d'emprunter des mot au deux langues. Souvent en anglais au Canada on se sert de mot français à l'intérieur d'une conversation car ce mot est soit plus juste, plus imagé ou bien ce mot sonne mieux que sa contre partie anglaise. En français on fait la même chose. En bout de ligne on appelle ça parler canadien. En France on emplois des mot anglais non pas dans le même esprit mais par snobisme. Une langue qui ne change pas est une langue morte et seul le peuple fait vivre une langue et la fait évoluer.

    Ceci dit fortitude se traduit mal en français car ce mot dit à la foi courage, valeur civil et bravoure

    Et dire qu'il y a des gens qui veulent limiter notre connaissance des langues qu'au Français on serait tous des Jacques Noël qui ne connaît pas certain mot et se moque de ceux qui les connaissent. A la fin on serait un petit peuple québécois

  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 19 septembre 2007 09h50
    Retrouver des principes
    Denis Coderre : «À un moment donné, il faut faire preuve de principes.» Une fois sur combien ?
    Roland Berger
    London, Ontario

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 19 septembre 2007 11h35
    @ M Lefebvre
    En 1980 et une deuxieme fois en 1995 on a dis non au Québec pays donc par la force de la démocratie il faut arrêter de parler de quelquechose qui n'existe pas il n'y a pas sur tere de Québecois francophone cela n'existe pas il n'y a que des Canadien Français que cela vous plaise ou non et que tous les nostalgique ensemble se jettent dans le fleuve si ils ne sont pas capable d'accepter.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mercredi 19 septembre 2007 11h45
    @M. Archambault
    M. Archambault critique bien inutilement M. Noël et croit avoir inventé le parler canadien en écrivant : «En bout de ligne on appelle ça parler canadien.»

    C'est quoi ça le parler canadien ? Est-ce une nouvelle langue internationale ? Çe me fait rire en pensant à notre Elvis Gratton national qui parle le bilingue très très bien.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mercredi 19 septembre 2007 11h53
    @ Berger
    M. Roland Berger a raison de demander, suite à la remarque de Denis Coderre «À un moment donné, il faut faire preuve de principes.» Une fois sur combien ?

    Faut dire que faire preuve de principe souvent est assez fatigant pour nos politiciens en général et les Libéraux provinciaux et fédéraux, en particulier. Fait que, les principes, de temps en temps, ça donne bonne conscience à nos chers élus qui viennent de nous coûter cher pour les 2 élections complémentaires pour le peu de temps que ça peut durer jusqu'aux prochaines, générales.

  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 19 septembre 2007 12h21
    À Monsieur Archambault
    «Force de caractère» ou «détermination» pourraient TRÈS AVANTAGEUSEMENT remplacer "fortitude".
    Roland Berger
    London, Ontario

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 19 septembre 2007 12h35
    @Claude Archambault
    Je connaissais la signification du mot anglais fortitude ainsi que son origine mais je suis tombé en bas de ma chaise en l'attendant en français dans la bouche du père de la Clarté. Surtout que le pauvre rat en arrache tellement avec son anglais de cegep dans le ROC profond!


    Ps:
    1)Commencez donc par apprendre à écrire le français. Vous écrivez comme un analphabète.
    2) Je parle quatre langues. J'ai étudié l'espagnol à Salamanca, l'italien à Perugia et l'anglais à Vancouver, au Canada. C'est dans cette dernière ville d'ailleurs que je suis devenu séparatisssssssssss

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    mercredi 19 septembre 2007 13h30
    Quels principes? C'est juste un putsch
    Le PLC a égaré ses principes sous Jean Chrétien et n'a jamais pu remettre la main dessus. Tout simplement les Libéraux se rendent compte qu'il ne pourront se débarrasser de Stéphane Dion qu'après une élection générale. Il s'agit donc plutôt d'un complot de putsch que d'un quelconque réveil d'une éthique depuis longtemps jetée aux orties.

  • Jean-François Picard
    Abonné
    mercredi 19 septembre 2007 14h29
    @M. Archambault
    WOW! Je suis impressionné. Environ 20 fautes d'orthographe dans un texte de 180 mots qui fait la morale sur l'évolution de la langue française!

    Corrigé:

    Pour avoir fait usage du mot FORTITUDE M Dion montre qu'il peu (peut) y avoir un français canadien et un anglais canadien. Ayant deux langue (s) officiel (les) le Canada peu (t) se permettre de prêter et d'emprunter des mot (s) au (x) deux langues. Souvent en anglais au Canada on se sert de mot (s) français à l'intérieur d'une conversation car ce mot est soit plus juste, plus imagé ou bien ce mot sonne mieux que sa contre partie (contrepartie) anglaise. En français on fait la même chose. En bout de ligne on appelle ça parler canadien. En France on emplois (e) des mot(s) anglais non pas dans le même esprit mais par snobisme. Une langue qui ne change pas est une langue morte et seul le peuple fait vivre une langue et la fait évoluer.

    Ceci dit fortitude se traduit mal en français car ce mot dit à la foi courage, valeur civil(e) et bravoure(.)

    Et dire qu'il y a des gens qui veulent limiter notre connaissance des langues qu'au (au) (f)Français on serait tous des Jacques Noël qui ne connaît(connaissent) pas certain(s) mot(s) et se moque(nt) de ceux qui les connaissent. A(À) la fin on serait un petit peuple québécois(.)

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