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Un chef en sursis ?

Chantal Hébert   17 septembre 2007  Canada
Bon nombre de ceux qui ont vu l'entrevue qu'a accordée Stéphane Dion au réseau anglais de Radio-Canada jeudi soir dernier ont trouvé qu'il avait l'air démuni. Il faut dire qu'à cette heure-là, le chef libéral avait certainement été mis au courant de l'existence d'un sondage dévastateur pour son parti en vue des élections complémentaires d'aujourd'hui.

Toujours est-il que l'entrevue n'avait rien pour réconforter les troupes libérales. Malgré ses vaillants efforts, M. Dion n'a réussi à projeter ni la maîtrise que l'on attend du principal chef de l'opposition ni l'assurance d'un aspirant premier ministre. Ce n'était pas la première fois.

Sans égard au score dans les circonscriptions fédérales d'Outremont, Roberval-Lac-Saint-Jean et Saint-Hyacinthe-Bagot ce soir, un virage s'impose si M. Dion ne veut pas devenir le premier chef libéral en plus d'un siècle à ne pas se faire élire premier ministre.

- Ranger son sabre préélectoral

Quand le chef libéral menace de précipiter la chute des conservateurs, toute la colline parlementaire sait qu'il bluffe et qu'il compte sur le Bloc québécois pour sauver sa mise. Or Gilles Duceppe va rentrer au Parlement le mois prochain avec moins de bonnes raisons de vouloir surseoir à un scrutin cet automne que Stéphane Dion.

Le temps dont le PLC a absolument besoin avant d'aller en campagne joue contre le Bloc qui perd des plumes pour chaque mois de vie supplémentaire qu'il accorde à Stephen Harper. Si la tendance se maintient, le chef libéral pourrait devoir choisir entre perdre la face au moment du Discours du trône ou perdre son poste à l'issue d'une campagne hâtive.

Encore jeudi, M. Dion a posé des conditions qui rendent impensable l'appui du PLC au discours du mois prochain, dont la résurrection d'un projet de loi réécrit par l'opposition pour rétablir les objectifs du protocole de Kyoto. C'est un ultimatum qui ne tient pas la route. S'il était impératif d'aller aux urnes sur ce sujet, le moment de le faire était le printemps dernier, lorsque le premier ministre a déposé un nouveau plan de lutte contre les changements climatiques qui confirmait l'abandon de Kyoto.

- Changer de ton

À force de vouloir gagner du terrain sur sa gauche, le PLC est en voie d'abandonner le centre à Stephen Harper. Depuis dix mois, les libéraux font de la surenchère au NPD et au Bloc sur presque tous les sujets. Mais les engagements des tiers partis ne sont pas soumis au même test de réalité, ce qui leur permet de promettre la lune à moindre risque pour leur crédibilité.

Jeudi, le chef libéral a été pris au dépourvu quand Peter Mansbridge lui a demandé pourquoi il n'avait pas pris la peine d'aller voir sur place la situation en Afghanistan. L'animateur a fait valoir que les principaux chefs d'opposition néerlandais s'étaient déplacés avant de se faire une idée définitive sur le suivi à donner au déploiement de leur pays dans la région. Au même titre que les Pays-Bas, le Canada est en droit de s'attendre à une contribution moins primaire du principal chef de l'opposition qu'un concours de dates pour mettre fin à la mission.

- Faire oublier son anglais

L'explication qui veut que la qualité de l'anglais de M. Dion soit à la source de ses difficultés à se brancher sur l'électorat canadien est en voie de devenir une excuse. S'il avait une approche plus originale (et moins négative) que de dire systématiquement blanc chaque fois que Stephen Harper dit noir, l'électorat anglophone se démêlerait avec la concordance du temps de ses verbes.

- Se réconcilier avec le Québec

Le discours québécois de Stéphane Dion ne fait pas le poids par rapport à celui de Stephen Harper. Il est déphasé par rapport à la nouvelle donne politique au Québec, ce qui rend sa contribution au débat de moins en moins pertinente. Le chef libéral aurait intérêt à sortir de la bulle dans laquelle l'isole une garde rapprochée anglophone et à faire cheminer un parti figé dans ses idées reçues sur le Québec.

- Ne pas prendre toute la place

Si les libéraux d'Outremont ont attendu à samedi pour distribuer des dépliants, c'est que ceux que leur a fait parvenir le parti ne parlaient que du chef. Or Jocelyn Coulon a appris à ses dépens que M. Dion n'est toujours pas un élément vendeur.

Les Canadiens jugent que Stephen Harper a davantage l'envergure d'un chef que son adversaire. C'est peut-être un mal pour un bien puisque le côté décisif du premier ministre inspire autant d'inquiétude que d'admiration. À la place de se livrer à un concours de testostérone, le chef libéral serait mieux avisé de mettre encore davantage les valeurs sûres de son équipe en évidence. C'est un des atouts résiduels du PLC par rapport au gouvernement actuel.

- Le cas de Michael Ignatieff

Plus performant au Parlement, l'ancien rival au leadership de Stéphane Dion n'a pas nécessairement renoncé à ses ambitions. Mais le climat de méfiance qui s'est installé entre les deux clans nuit davantage au chef qu'à son encombrant second. Dans l'état actuel des choses, Stéphane Dion a autant besoin de Michael Ignatieff que Jean Chrétien avait besoin de Paul Martin. En l'écartant, il affaiblirait encore davantage son leadership.

Malgré la grogne, le PLC est moralement tenu de donner à son chef un vrai tour de piste électoral avant d'en disposer. Pour Stéphane Dion, la seule façon de régler le cas de son ex-rival serait de gagner les prochaines élections. À l'évidence, ce n'est pas pour cette année. Il aura intérêt à en prendre acte.

chebert@thestar.ca

Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.
 
 
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    17 septembre 2007 08 h 21
    L'ami des souverainistes
    Les souverainistes convaincus devraient voter pour M. Dion et le parti Libéral fédéral afin de lui donner une chance de devenir premier-ministre du Canada. Ainsi, avec sa hauteur et son arrogance plus que naturelles, il serait un digne successeur des PET "l'aréoport" Trudeau et Jean "que voulez-vous" Chrétien qui manquent pour mousser la souveraineté du Québec.

    Si on veut que le Québec demeure dans le Canada, vaut mieux voter pour M. Duceppe et le Bloc ou M. Harper et le parti Conservateur qui semblent vouloir améliorer les choses pour le Québec, pendant qu'il est dans le Canada.
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  •  
  • Étienne LaHire - Inscrit
    17 septembre 2007 08 h 30
    Vous ne l'avez pas non plus...
    À force d'étaler vos opinions (extrêmement répétitives) sur tout, et partout, comme si le monde tout entier les attendait jour après jour avec impatience, M. Michel Lebel, vous ne l'avez pas du tout non plus, vous savez...

    Un vieux monsieur attablé à son ordinateur du matin au soir (voire la nuit aussi) comme un ado accro à son ordi (et son... « Joy Stick ») pour apporter sa « bonne parole » (so very canadian, comme de bien entendu), croyez-vous vraiment un instant que ça fait sérieux...?

    Certes, Stéphane Dion est un individu plutôt lamentable. Mais surtout et d'abord (car il possède quelques qualités « personnelles » tout de même, je veux bien l'admettre) parce qu'il s'agit d'un Québécois qui - à l'instar de son mentor Pierre Elliott Trudeau - n'a jamais rien compris au Québec. Ce qui, entendons-nous, confine à un puissant ridicule.

    Ridicule qui hélas - pensons aux Marc Lalonde, aux Jean Pelletier, aux André Ouellette, aux Pierre Pettigrew, aux Jean Chrétien, Denis Coderre et autres Céline Hervieux-Payette d'hier et d'aujourd'hui, laquelle revenait faire son petit tour de piste encore tout récemment pour faire la « leçon » [ah ! ridicule quand tu me tiens !] à Bernard Landry) - n'est pas sans rappeler votre propre « démarche », cher diplômé de droit qui, hélas et derechef, n'avez jamais su distinger celui-ci de... l'idéologie politique partisane.

    Salut à vous, l'ado !
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  • Pierre-Yves Pau - Inscrit
    17 septembre 2007 08 h 47
    Les libéraux n'ont pas d'idées
    Pendant les longues années de l'ère Chrétien, le Parti Libéral du Canada a fait son beurre sur un seul et unique sujet: casser du séparatiss. Maintenant que l'adversaire est à terre, le parti se retrouve cruellement aux prises avec son absence de doctrine, car sa seule doctrine c'est prendre et garder le pouvoir, un peu mince comme projet pour le peuple canadien. Les Libéraux n'ont pas d'idées, pas de projet, pas de principes, leur discours depuis longtemps n'est qu'un ramassis des clichés de l'air du temps. Comme le disait récemment une jeune électrice "I have no idea what they stand for, in fact I think they stand for nothing". Faut bien que cela finisse par se payer, et j'espère bien qu'aujourd'hui ils se feront débarquer d'Outremont au profit du NPD: entre une vraie et une fausse gauche, autant choisir la vraie.
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  • Roland Berger - Abonné
    17 septembre 2007 16 h 47
    Mme Hébert
    Je me demande combien de délégués à la course à la chefferie du PLC en provenance de l'Ouest ont appuyé Stéphane Dion parce qu'ils voyaient en lui quelqu'un qui succéderait aux Trudeau, Chrétien et Martin comme maître de discipline des Québécois. Vous avez une idée ?
    Roland Berger
    London, Ontario
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  • L. thériault - Inscrit
    17 septembre 2007 17 h 13
    Le ROC l'avait prévu
    Le ROC l'avait prévu; c'est pour ça que les red necks l'ont laissé passé, savaient que ça serait pas pour longtemps.
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  •  
  • Jean-Renaud Dubois - Abonné
    17 septembre 2007 23 h 25
    L'avenir derrière
    Le charisme même s'il aide, n'est pas essentiel en politique!
    Par contre, il est primordial pour un politicien, qui veut se présenter comme chef de parti et futur Premier Ministre Canadien, c'est au moins de ne pas avoir un passé politique repoussoir --- pour les québécois et "d'homme de bras" ( loi C-20: cadenas) pour les autres. Les canadiens-anglais ont adoré les Trudeau, Chrétien et Martin aussi longtemps qu'ils ont remis à leur place leurs frères québécois. Maintenant que cela est fait --- quelques soient les services rendus --- ils reprennent leurs billes prêtées!

    De plus, comme le soulignait un intervenant, dont l'analyse était un peu boiteuse : « même s'il est intelligent....il rassure....il fait chef .....ce brave Stéphane l'a vraiment pas! »

    Et avec la défaite de son poulain dans Outremont ce soir, son avenir semble derrière lui.

    Il semble bien aussi, que la droite canadienne et québécoise est en marche, je devrais plutôt dire en course.....Pauvres nous!
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  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit
    20 septembre 2007 12 h 04
    Il y a effritement et effritement
    Nous y voilà. Le Bloc québécois a perdu des plumes. Il fallait s`y attendre. Le parti libéral se sent abandonné lors des partielles de lundi dernier. La vrai différence entre les deux partis demeure un cratère infranchissable. On connait l`intention claire du Bloc. Le Québec d`abord en tout temps. La horde de libéraux fédéraux des 25 dernières années s`est campée sous la règle la plus déloyale possible. La fin justifie les moyens et trop de souvenirs envahissent ma mémoire. Leur avenir me rappelle la fin du Titanic. C`est a peu près le temps de botter le derrière de ces uncultes déloyaux de canadiens-francais anti-québécois.
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