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La fuite

Bernard Descôteaux   17 septembre 2007  Canada
Le Canada, qui traditionnellement joue la carte du multilatéralisme sur la scène internationale, a pour une rare fois décidé de faire bande à part. Il a été, avec trois autres pays, l'un des seuls à s'opposer à l'adoption par les Nations unies de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones jeudi dernier. Les Premières Nations voient là une trahison de la part de leur gouvernement, voire du mépris. Derrière ces mots se cache une profonde déception qui nourrira encore davantage leur ressentiment.
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  • Michel Seymour - Abonné
    17 septembre 2007 05 h 52
    Il y a anguille sous roche
    La peur d'accorder des droits aux peuples autochtones représentant moins d'un million de personnes au Canada provient en partie des conséquences politiques que cela pourraient entraîner pour le peuple québécois. Le Canada ferait face à des réclamations légitimes qui mettraient à l'ordre du jour de manière générale la pertinence des revendications des peuples sans État souverain sur le territoire canadien. La frilosité du Canada à l'égard des droits collectifs et concernant le droit à l'autodétermination, ne tombe pas du ciel, et n'est pas le fait des seuls conservateurs. Jean-François Lessard le faisait remarquer dans le Devoir il y a quelques jours à peine. Elle s'est exprimée dès 1995 concernant la Déclaration sur les droits des peuples autochtones. J'ajouterais qu'elle existe depuis au moins 1867 concernant le peuple québécois.
    Michel Seymour
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  • Georges Paquet - Abonné
    17 septembre 2007 07 h 07
    Le Canada et le droit à l'autodetermination
    Il est certain que le droit universel à l'autodétermination n'est pas reconnu par une majorité de pays, ni par le Canada, et cela depuis de nombreuses années et sous divers gouvernements, pour la raison principale qu'un grand nombre de pays, dont bien sûr le Canada, ont comme principe de ne pas s'ingérer, à moins de violations flagrantes des droits de la personne, dans les négotiations ou les conflits, toujours complexes, qui ont souvent comme composante des revendications territoriales, nationalistes ou tribales dans de nombreuses régions du monde.

    Georges Paquet
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  • Brigitte Des Rosiers - Abonnée
    17 septembre 2007 07 h 10
    oui mais pas dans l'état
    On peut se désoler que le Canada soit, dans cette affaire, l'allié de l'exécrable Poutine. Mais à mon sens, certaines clauses de cette charte sont discutables. Par exemple celle qui ouvrent la porte aux appropriations collectives et perpétuelles des productions culturelles que revendiquent les autochtones. Mais je me doute bien que ce ne sont pas ces clauses qui ont fait reculer le gouvernement.

    brigitte des rosiers
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  • Chryst - Abonné
    19 septembre 2007 13 h 30
    L'occasion de voler de ses propres ailes
    Le refus du Canada de reconnaître les droits collectifs des peuples autochtones devrait être l'occasion pour ces derniers de s'affirmer économiquement. Ils pourraient s'en donner les moyens

    N'ont-ils pas assez souffert comme ça socialement ? Les gouvernements ont-ils toujours respecté leur parole face à eux ? Oh que non !

    Par exemple, dans le cadre de l'entente de la Baie James, les Cris ont dû entreprendre plusieurs poursuites pour voir respectés leurs droits ancestraux ou obtenir compensation, ces droits étant littéralement bafoués malgré les engagements de nos gouvernements. Les ressources forestières ont été récoltées par l'industrie sur leur territoire, faisant l'objet d'une entente, sans que les principaux intéressés ne soient consultés, n'aient aucun mot à dire. Cela fut rendu possible avec la complicité de nos gouvernements. C'est la raison pour laquelle le gouvernement fédéral compensa les cris par une entente hors cours à ce que je sache.

    Malgré que les autochtones aient eu des droits, qui n'a pas respecté sa parole ? Qui a raison de se méfier de l'autre ? Les autochtones ou les gouvernements qui font mal leur travail face au respect des droits fondamentaux de ces derniers ?
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