Le 22e perd un premier soldat en Afghanistan
Photo : Agence Reuters
Membre du Royal 22e Régiment, Simon Longtin circulait au sein d’un convoi de ravitaillement à l’ouest de Kandahar quand une mine dissimulée sur la route a fait exploser son blindé.
Québec — Le contingent québécois dépêché en Afghanistan vient de perdre son premier soldat. Simon Longtin, 23 ans, de Longueuil, a perdu la vie hier matin près de Kandahar quand une mine a fait exploser son véhicule blindé. Son décès porte à 67 le nombre de militaires canadiens morts en Afghanistan depuis 2002. «C'était un soldat connu de tous, l'un de nos confrères, un bon soldat», a déclaré le commandant intérimaire Casey Mclean lors d'une conférence de presse à Valcartier.
«[Il] n'a pas servi longtemps dans les Forces, moins de deux ans. Il est arrivé dans le bataillon l'an passé. Il s'est porté volontaire pour aller en mission. Il était heureux, il faisait ce qu'il aimait.»
Le jeune membre du Royal 22e Régiment circulait au sein d'un convoi de ravitaillement à l'ouest de Kandahar quand une mine dissimulée sur la route a fait exploser son blindé. Ses coéquipiers ont répliqué immédiatement après l'explosion, et des échanges de coups de feu avec les insurgés ont été signalés. Or la fusillade et l'explosion n'ont pas fait d'autres blessés.
Le soldat montrait encore de faibles signes vitaux après l'attaque et a été évacué par hélicoptère. Des manoeuvres de réanimation ont été tentées, mais en vain. Son décès a été constaté à l'hôpital militaire de Kandahar.
Vivre avec les pertes
Devant les drapeaux en berne du quartier général à Valcartier, le Major Mclean a dit avoir été «surpris» par la nouvelle. «Personnellement, j'espérais ne pas avoir de pertes, c'est sûr.» Tout en refusant de faire des conjectures sur le nombre de décès qui pourraient survenir durant la mission, il n'a pas évacué l'hypothèse qu'il y en ait d'autres. «On va être obligés de vivre avec les pertes si on veut réussir en Afghanistan.»
La mort de Simon Longtin survient alors que le contingent commence à peine son travail dans la région de Kandahar. Un nouveau groupe de 64 militaires de Valcartier — l'un des derniers à partir — prenait d'ailleurs l'avion hier soir vers l'Afghanistan.
Tôt hier matin, le Major Mclean s'est rendu dans la région de Montréal pour rencontrer les proches du jeune soldat. «Ils ont exprimé leur fierté [...] Ils vivent un deuil incroyable en ce moment et veulent vivre ce deuil dans l'intimité.» Le corps du défunt sera rapatrié cette semaine à la base de Trenton en Ontario où se tiendra une cérémonie officielle avant que le corps ne soit remis à la famille.
Originaire de Longueuil, Simon Longtin était parti pour l'Afghanistan le 27 juillet. Malgré son peu d'expérience dans l'armée, il était apparemment bien connu et apprécié de ses compagnons. L'un d'eux, le sergent Stéphane Perras était complètement bouleversé hier. «C'était mon chauffeur au cours de la dernière année. [...] Je suis sous le choc d'apprendre que mon chauffeur a perdu la vie. Quand je l'ai appris ce matin, ça a été assez dur», a-t-il déclaré avant de fondre en larmes.
Le PLC presse Harper
À Valcartier comme ailleurs, tous se demandent comment l'opinion publique québécoise va accueillir la nouvelle alors que pas moins de 70 % de la population s'oppose à l'intervention militaire. Hier, le Major McLean a dit espérer que la population comprenne «que c'est une mission dangereuse» tout en se faisant une «meilleure image de la mission».
Les derniers jours ont été sanglants en Afghanistan. La journée de samedi a été singulièrement meurtrière alors qu'au moins 15 personnes ont été tuées dans un attentat suicide survenu dans les faubourgs de l'ouest de Kandahar.
Dans le collimateur des insurgés talibans, les convois militaires canadiens n'ont eu aucun répit ces derniers jours, avec trois attaques en une semaine, dont l'explosion qui a coûté la vie à Simon Longtin.
Il y a tout juste sept jours, cinq soldats ont été blessés lorsque le véhicule dans lequel ils circulaient est passé sur une bombe artisanale dissimulée sur la même route où le militaire québécois a été tué. L'armée soutient que cette route avait été sécurisée entre les deux incidents. Les insurgés auraient tout simplement posé de nouveaux explosifs avant le passage du convoi, hier.
Réactions officielles
Les manifestations de sympathie à l'endroit de Simon Longtin et sa famille se sont multipliées hier dans les cercles politiques. «Ses proches et ses amis peuvent être fiers de lui, puisqu'il jouait un rôle fort important dans un environnement très difficile. Il manquera beaucoup à la famille des Forces canadiennes», a déclaré le premier ministre Stephen Harper par voie de communiqué.
Au Québec, le premier ministre Charest a, lui aussi, rendu hommage par écrit au jeune soldat et à ses compagnons d'armes: «Je tiens à souligner le courage et la bravoure de ceux et celles qui servent en Afghanistan et ailleurs dans le monde au péril de leur vie pour défendre la paix, la liberté et assurer la sécurité des populations civiles. Le soldat Longtin a payé de sa vie la poursuite de ces idéaux.»
De son côté, le porte-parole du Parti libéral du Canada en matière de Défense, Denis Coderre, en a profité pour mettre de la pression sur le gouvernement Harper. Après avoir offert ses condoléances à la famille, il a indiqué espérer que le premier ministre profitera du sommet de Montebello pour informer le président américain du retrait du Canada d'Afghanistan en février 2009. Selon lui, le Canada a fait sa part pour la mission de l'OTAN en Afghanistan et il est normal que d'autres pays prennent la relève.
À Québec, la mairesse Andrée P. Boucher a tenu aussi à exprimer sa sympathie. «On a une communauté tissée serré et on a beaucoup de militaires sur notre territoire. C'est certain que ça va provoquer un gros mouvement de sympathie», a-t-elle déclaré au Devoir en fin d'après-midi. Interrogée sur l'impact politique de ce décès, la mairesse a laissé entendre que «pour le citoyen ordinaire», les «motifs profonds d'une guerre n'étaient pas nécessairement faciles à analyser» et que les gens devaient d'abord soutenir les soldats: «On vit dans une démocratie de représentation. Les débats doivent avoir lieu au niveau du gouvernement du Canada. L'appui aux soldats ne se discute pas.» Hier, les responsables de Valcartier ont invité les gens qui le souhaitent à venir déposer des fleurs à l'entrée de la base.
Le Devoir, avec la Presse canadienne
«[Il] n'a pas servi longtemps dans les Forces, moins de deux ans. Il est arrivé dans le bataillon l'an passé. Il s'est porté volontaire pour aller en mission. Il était heureux, il faisait ce qu'il aimait.»
Le jeune membre du Royal 22e Régiment circulait au sein d'un convoi de ravitaillement à l'ouest de Kandahar quand une mine dissimulée sur la route a fait exploser son blindé. Ses coéquipiers ont répliqué immédiatement après l'explosion, et des échanges de coups de feu avec les insurgés ont été signalés. Or la fusillade et l'explosion n'ont pas fait d'autres blessés.
Le soldat montrait encore de faibles signes vitaux après l'attaque et a été évacué par hélicoptère. Des manoeuvres de réanimation ont été tentées, mais en vain. Son décès a été constaté à l'hôpital militaire de Kandahar.
Vivre avec les pertes
Devant les drapeaux en berne du quartier général à Valcartier, le Major Mclean a dit avoir été «surpris» par la nouvelle. «Personnellement, j'espérais ne pas avoir de pertes, c'est sûr.» Tout en refusant de faire des conjectures sur le nombre de décès qui pourraient survenir durant la mission, il n'a pas évacué l'hypothèse qu'il y en ait d'autres. «On va être obligés de vivre avec les pertes si on veut réussir en Afghanistan.»
La mort de Simon Longtin survient alors que le contingent commence à peine son travail dans la région de Kandahar. Un nouveau groupe de 64 militaires de Valcartier — l'un des derniers à partir — prenait d'ailleurs l'avion hier soir vers l'Afghanistan.
Tôt hier matin, le Major Mclean s'est rendu dans la région de Montréal pour rencontrer les proches du jeune soldat. «Ils ont exprimé leur fierté [...] Ils vivent un deuil incroyable en ce moment et veulent vivre ce deuil dans l'intimité.» Le corps du défunt sera rapatrié cette semaine à la base de Trenton en Ontario où se tiendra une cérémonie officielle avant que le corps ne soit remis à la famille.
Originaire de Longueuil, Simon Longtin était parti pour l'Afghanistan le 27 juillet. Malgré son peu d'expérience dans l'armée, il était apparemment bien connu et apprécié de ses compagnons. L'un d'eux, le sergent Stéphane Perras était complètement bouleversé hier. «C'était mon chauffeur au cours de la dernière année. [...] Je suis sous le choc d'apprendre que mon chauffeur a perdu la vie. Quand je l'ai appris ce matin, ça a été assez dur», a-t-il déclaré avant de fondre en larmes.
Le PLC presse Harper
À Valcartier comme ailleurs, tous se demandent comment l'opinion publique québécoise va accueillir la nouvelle alors que pas moins de 70 % de la population s'oppose à l'intervention militaire. Hier, le Major McLean a dit espérer que la population comprenne «que c'est une mission dangereuse» tout en se faisant une «meilleure image de la mission».
Les derniers jours ont été sanglants en Afghanistan. La journée de samedi a été singulièrement meurtrière alors qu'au moins 15 personnes ont été tuées dans un attentat suicide survenu dans les faubourgs de l'ouest de Kandahar.
Dans le collimateur des insurgés talibans, les convois militaires canadiens n'ont eu aucun répit ces derniers jours, avec trois attaques en une semaine, dont l'explosion qui a coûté la vie à Simon Longtin.
Il y a tout juste sept jours, cinq soldats ont été blessés lorsque le véhicule dans lequel ils circulaient est passé sur une bombe artisanale dissimulée sur la même route où le militaire québécois a été tué. L'armée soutient que cette route avait été sécurisée entre les deux incidents. Les insurgés auraient tout simplement posé de nouveaux explosifs avant le passage du convoi, hier.
Réactions officielles
Les manifestations de sympathie à l'endroit de Simon Longtin et sa famille se sont multipliées hier dans les cercles politiques. «Ses proches et ses amis peuvent être fiers de lui, puisqu'il jouait un rôle fort important dans un environnement très difficile. Il manquera beaucoup à la famille des Forces canadiennes», a déclaré le premier ministre Stephen Harper par voie de communiqué.
Au Québec, le premier ministre Charest a, lui aussi, rendu hommage par écrit au jeune soldat et à ses compagnons d'armes: «Je tiens à souligner le courage et la bravoure de ceux et celles qui servent en Afghanistan et ailleurs dans le monde au péril de leur vie pour défendre la paix, la liberté et assurer la sécurité des populations civiles. Le soldat Longtin a payé de sa vie la poursuite de ces idéaux.»
De son côté, le porte-parole du Parti libéral du Canada en matière de Défense, Denis Coderre, en a profité pour mettre de la pression sur le gouvernement Harper. Après avoir offert ses condoléances à la famille, il a indiqué espérer que le premier ministre profitera du sommet de Montebello pour informer le président américain du retrait du Canada d'Afghanistan en février 2009. Selon lui, le Canada a fait sa part pour la mission de l'OTAN en Afghanistan et il est normal que d'autres pays prennent la relève.
À Québec, la mairesse Andrée P. Boucher a tenu aussi à exprimer sa sympathie. «On a une communauté tissée serré et on a beaucoup de militaires sur notre territoire. C'est certain que ça va provoquer un gros mouvement de sympathie», a-t-elle déclaré au Devoir en fin d'après-midi. Interrogée sur l'impact politique de ce décès, la mairesse a laissé entendre que «pour le citoyen ordinaire», les «motifs profonds d'une guerre n'étaient pas nécessairement faciles à analyser» et que les gens devaient d'abord soutenir les soldats: «On vit dans une démocratie de représentation. Les débats doivent avoir lieu au niveau du gouvernement du Canada. L'appui aux soldats ne se discute pas.» Hier, les responsables de Valcartier ont invité les gens qui le souhaitent à venir déposer des fleurs à l'entrée de la base.
Le Devoir, avec la Presse canadienne
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