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Le 22e perd un premier soldat en Afghanistan

Isabelle Porter   20 août 2007  Canada
Membre du Royal 22e Régiment, Simon Longtin circulait au sein d’un convoi de ravitaillement à l’ouest de Kandahar quand une mine dissimulée sur la route a fait exploser son blindé.
Photo : Agence Reuters
Membre du Royal 22e Régiment, Simon Longtin circulait au sein d’un convoi de ravitaillement à l’ouest de Kandahar quand une mine dissimulée sur la route a fait exploser son blindé.
Québec — Le contingent québécois dépêché en Afghanistan vient de perdre son premier soldat. Simon Longtin, 23 ans, de Longueuil, a perdu la vie hier matin près de Kandahar quand une mine a fait exploser son véhicule blindé. Son décès porte à 67 le nombre de militaires canadiens morts en Afghanistan depuis 2002. «C'était un soldat connu de tous, l'un de nos confrères, un bon soldat», a déclaré le commandant intérimaire Casey Mclean lors d'une conférence de presse à Valcartier.

«[Il] n'a pas servi longtemps dans les Forces, moins de deux ans. Il est arrivé dans le bataillon l'an passé. Il s'est porté volontaire pour aller en mission. Il était heureux, il faisait ce qu'il aimait.»

Le jeune membre du Royal 22e Régiment circulait au sein d'un convoi de ravitaillement à l'ouest de Kandahar quand une mine dissimulée sur la route a fait exploser son blindé. Ses coéquipiers ont répliqué immédiatement après l'explosion, et des échanges de coups de feu avec les insurgés ont été signalés. Or la fusillade et l'explosion n'ont pas fait d'autres blessés.

Le soldat montrait encore de faibles signes vitaux après l'attaque et a été évacué par hélicoptère. Des manoeuvres de réanimation ont été tentées, mais en vain. Son décès a été constaté à l'hôpital militaire de Kandahar.

Vivre avec les pertes

Devant les drapeaux en berne du quartier général à Valcartier, le Major Mclean a dit avoir été «surpris» par la nouvelle. «Personnellement, j'espérais ne pas avoir de pertes, c'est sûr.» Tout en refusant de faire des conjectures sur le nombre de décès qui pourraient survenir durant la mission, il n'a pas évacué l'hypothèse qu'il y en ait d'autres. «On va être obligés de vivre avec les pertes si on veut réussir en Afghanistan.»

La mort de Simon Longtin survient alors que le contingent commence à peine son travail dans la région de Kandahar. Un nouveau groupe de 64 militaires de Valcartier — l'un des derniers à partir — prenait d'ailleurs l'avion hier soir vers l'Afghanistan.

Tôt hier matin, le Major Mclean s'est rendu dans la région de Montréal pour rencontrer les proches du jeune soldat. «Ils ont exprimé leur fierté [...] Ils vivent un deuil incroyable en ce moment et veulent vivre ce deuil dans l'intimité.» Le corps du défunt sera rapatrié cette semaine à la base de Trenton en Ontario où se tiendra une cérémonie officielle avant que le corps ne soit remis à la famille.

Originaire de Longueuil, Simon Longtin était parti pour l'Afghanistan le 27 juillet. Malgré son peu d'expérience dans l'armée, il était apparemment bien connu et apprécié de ses compagnons. L'un d'eux, le sergent Stéphane Perras était complètement bouleversé hier. «C'était mon chauffeur au cours de la dernière année. [...] Je suis sous le choc d'apprendre que mon chauffeur a perdu la vie. Quand je l'ai appris ce matin, ça a été assez dur», a-t-il déclaré avant de fondre en larmes.

Le PLC presse Harper

À Valcartier comme ailleurs, tous se demandent comment l'opinion publique québécoise va accueillir la nouvelle alors que pas moins de 70 % de la population s'oppose à l'intervention militaire. Hier, le Major McLean a dit espérer que la population comprenne «que c'est une mission dangereuse» tout en se faisant une «meilleure image de la mission».

Les derniers jours ont été sanglants en Afghanistan. La journée de samedi a été singulièrement meurtrière alors qu'au moins 15 personnes ont été tuées dans un attentat suicide survenu dans les faubourgs de l'ouest de Kandahar.

Dans le collimateur des insurgés talibans, les convois militaires canadiens n'ont eu aucun répit ces derniers jours, avec trois attaques en une semaine, dont l'explosion qui a coûté la vie à Simon Longtin.

Il y a tout juste sept jours, cinq soldats ont été blessés lorsque le véhicule dans lequel ils circulaient est passé sur une bombe artisanale dissimulée sur la même route où le militaire québécois a été tué. L'armée soutient que cette route avait été sécurisée entre les deux incidents. Les insurgés auraient tout simplement posé de nouveaux explosifs avant le passage du convoi, hier.



Réactions officielles

Les manifestations de sympathie à l'endroit de Simon Longtin et sa famille se sont multipliées hier dans les cercles politiques. «Ses proches et ses amis peuvent être fiers de lui, puisqu'il jouait un rôle fort important dans un environnement très difficile. Il manquera beaucoup à la famille des Forces canadiennes», a déclaré le premier ministre Stephen Harper par voie de communiqué.

Au Québec, le premier ministre Charest a, lui aussi, rendu hommage par écrit au jeune soldat et à ses compagnons d'armes: «Je tiens à souligner le courage et la bravoure de ceux et celles qui servent en Afghanistan et ailleurs dans le monde au péril de leur vie pour défendre la paix, la liberté et assurer la sécurité des populations civiles. Le soldat Longtin a payé de sa vie la poursuite de ces idéaux.»

De son côté, le porte-parole du Parti libéral du Canada en matière de Défense, Denis Coderre, en a profité pour mettre de la pression sur le gouvernement Harper. Après avoir offert ses condoléances à la famille, il a indiqué espérer que le premier ministre profitera du sommet de Montebello pour informer le président américain du retrait du Canada d'Afghanistan en février 2009. Selon lui, le Canada a fait sa part pour la mission de l'OTAN en Afghanistan et il est normal que d'autres pays prennent la relève.

À Québec, la mairesse Andrée P. Boucher a tenu aussi à exprimer sa sympathie. «On a une communauté tissée serré et on a beaucoup de militaires sur notre territoire. C'est certain que ça va provoquer un gros mouvement de sympathie», a-t-elle déclaré au Devoir en fin d'après-midi. Interrogée sur l'impact politique de ce décès, la mairesse a laissé entendre que «pour le citoyen ordinaire», les «motifs profonds d'une guerre n'étaient pas nécessairement faciles à analyser» et que les gens devaient d'abord soutenir les soldats: «On vit dans une démocratie de représentation. Les débats doivent avoir lieu au niveau du gouvernement du Canada. L'appui aux soldats ne se discute pas.» Hier, les responsables de Valcartier ont invité les gens qui le souhaitent à venir déposer des fleurs à l'entrée de la base.

Le Devoir, avec la Presse canadienne






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Vos réactions

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  • Claude Archambault
    Inscrit
    dimanche 19 août 2007 22h23
    Merci Simon pour notre liberté et mort aux terroristes
    « Mes sympathies et remerciements à la famille de ce vaillant et courageux soldat pour leur sacrifice. Trop peu de jeune Québécois démontre le courage que Simon a fait preuve. Ce jeune a su montrer de quoi sont fait nos soldats canadiens qui bravent l'ennemi terroriste qu'il faut à tout prix anéantir. Ils s'en trouveront des lâches au Québec pour dénoncer cette mort et demander aux troupes de battre en retraite, ceux là font aussi parti de l'ennemi qu'il faut combattre.

    Merci pour notre liberté Simon et repose en paix, une paix mérité et une pour laquelle tu as donné ta vie.

    Supportons nos troupes »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    lundi 20 août 2007 07h01
    Pauvre citoyen
    « Interrogée sur l'impact politique de ce décès, la mairesse de Québec André P. Boucher a laissé entendre que «pour le citoyen ordinaire», les «motifs profonds d'une guerre n'étaient pas nécessairement faciles à analyser» et que les gens devaient d'abord soutenir les soldats.

    Conclusion : Le citoyen ordinaire ne comprend pas mais devrait quand même soutenir les soldats du Canada un peu comme les mystères de la religion catholique contrairement à St-Thomas qui voulait voir pour croire. »

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 20 août 2007 07h19
    L'Afghanistan oui, le Québec libre non
    « Ca fait un demi-siècle que les feds nous disent que l'indépendance du Québec c'est dépassé et que ça ne vaut pas la peine de mourir pour ça. Que ça ne vaut pas une seule mort!

    En 2007 comme en 1942 à Dieppe, les colonisateurs envoient des Québécois mourir pour rien dans des causes perdues. »

  • Marc A. Vallée
    Abonné
    lundi 20 août 2007 07h43
    Sympathies
    « Je veux offrir mes sympathies à la famille et aux amis de Simon Longtin, ainsi que renouveller mon appui aux gars et aux filles du Royal 22e Régiment. »

  • martin grenier
    Inscrit
    lundi 20 août 2007 07h51
    les americaims les mutinationals
    « Comment aujaurdui peut on encore faire la guerre semer la vengence et vous recolterer la vengence nos soldats qui perde leurs vie pour les multinationald qui veule selement des profit pour nos vie de nos soldat quel masacre le sang pour du papier aller continuer ca va bien grenier.martin@videotron.ca »

  • Michel Mireault
    Inscrit
    lundi 20 août 2007 08h27
    L'institution se doit d'être la réminiscence de ce qui est instauré.
    « Le départ éclairé

    Par la marche de vos pas il sera restitué à Dieu, sa patrie;

    son drapeau remis par ses pairs a, pour sa famille,

    le tribut partagé du souvenir.

    Son repos en votre coeur

    sera aussi droit que ce qui fut remis

    et en privé nous vivrons sont deuil

    Pour que lorqu'il se déploient il nous soit restitué »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    lundi 20 août 2007 08h43
    Profonde tristesse
    « Tristesse profonde.

    Un de nos soldats, un brave Québécois, a donné sa vie pour...
    Je ne sais trop pourquoi. Eux, ces soldats, ont reçu une bonne dose de conditionnement psychologique et eux, croient savoir pourquoi ils marchent vers la mort, tout en étant bien déterminés à tuer, ils sont totalement convaincus de leur mission. On les a bien préparés à mourir, on les a bien préparés à voir leurs camarades mourir à leur côté.

    Même préparé, l'émotion est difficile à contenir. Mais on se relève la tête on agrippe sa mitraillette et on utilise cette mort comme un carburant à vaincre cet ennemi de la civilisation, ces animaux islamiques, ces bêtes sauvages de l'humanité.

    Nous avons quelques morts dans nos rangs. À chaque fois, c'est douleur, douleur, douleur, dans notre camp, dans notre pays, dans chacun de nos coeurs.

    Si le soldat Longtin avait eu plus de chance, il aurait pu en tuer des centaines, il serait revenu avec une médaille, le gouvernement en aurait été fier, les Canadiens auraient facilement endossé cette grande fierté.

    Depuis maintenant des années, on nous annonce la mort de Talibans, de "terroristes". Cinquante Talibans tués, cent, deux cents, d'un seul coup, dans quelques heures.
    Tous des êtres humains, tous, le sang rouge, tous, un coeur capable d'aimer, capable d'haïr, capable d'avoir peur. Des coeurs semblables, des coeurs humains, pouvant s'emplir de rancune, de convictions, d'envie de corriger les situations injustes.

    Nous pleurons M. Simon Longtin avec raison. Quelle injustice d'aller se faire tuer, quelle injustice de servir de chair à canon! 23 ans, vous rendez-vous compte, une vie à peine entamée ! Injustice.

    Les Afghans, pleurent probablement aussi avec la même intensité, avec le même coeur humain que nous avons tous. Ils pleurent probablement des centaines de fois plus que nous. Ils ont probablement cent fois plus de rancoeur et de haine dans leur coeur. Des centaines de mères sans fils, de veuves, d'orphelins. Des centaines de personnes désespérées, n'ayant que Allah comme bouée de survie.

    La guerre, près de deux mille millions par jour pour détruire, pour tuer. Imaginez, avec cet argent illimité, combien de puits, combien de tracteurs, combien de matériau nous pourrions bombarder ces pays de misère pour tuer la haine et faire naître la fraternité et l'amour.

    On ne croit plus à ces niaiseries que sont l'amour et la fraternité. On croit aux terroristes, aux fanatiques, aux extrémistes comme si la planète entière en était bondée.

    Combien de gens, ici, voudraient que l'on venge le soldat Longtin? Plusieurs mains se lèvent.
    Le gouvernement est heureux, la guerre se poursuit, la guerre s'alimente d'elle-même. La haine comme une boule de neige collante sur une pente, roule et grossit rapidement. Même chose du côté Taliban. La haine grossit à chaque jour. Ils lutteront jusqu'à la dernière goutte de leur sang, avec la rage au coeur, pour rétablir leur souveraineté, pour déloger l'occupant.
    La guerre, est-ce une solution, ou est-ce la source des problèmes? »

  • JM
    Abonné
    lundi 20 août 2007 09h05
    Prétentieux de votre part, madame Boucher, de dire que les gens contre sont des citoyens ordinaires qui ne comprendent pas.
    « Ci-après, la définition du citoyen ordinaire, selon la mairesse Andrée P. Boucher:
    «pour le citoyen ordinaire», les «motifs profonds d'une guerre n'étaient pas nécessairement faciles à analyser» et que les gens devaient d'abord soutenir les soldats: «On vit dans une démocratie de représentation. Les débats doivent avoir lieu au niveau du gouvernement du Canada. L'appui aux soldats ne se discute pas.»

    Et bien oui, le citoyen ordinaire que je suis ne comprend pas madame Boucher. Ça ne m'empêche pas de soutenir les soldats quand ils se portent à la défense d'une juste cause. Les soldats ont été "formés" pour défendre ce que vous jugez bon de défendre. De ce point de vue, je comprends leur attitude de vouloir aller au front défendre votre définition d'une juste cause. Ils ont été formés essentiellement pour obéir, indépendamment des principes qui les sous-tendent. Ceci dit, je sympathise avec la famille pour le décès du soldat Simon Longtin, 23 ans, de Longeuil.

    Nous avons beau vivre dans une démocratie représentative, il n'en reste pas moins que ce n'est pas qu'aux politiciens à définir les causes qui sont justes et celles qui ne le sont pas. La meilleure façon de ne pas errer dans ce qui est juste et ce qui ne l'est pas est d'interroger la population. Comme vous dites, madame Boucher, le citoyen ordinaire ne comprend pas. Moi, je vous dis en guise de conclusion que c'est très prétentieux de votre part.
    À lire: Jean Bricmont, L'Impérialisme humanitaire, Droits de l'homme, droit d'ingérence, droit du plus fort ? Lux édition, »

  • Michel Leclaire
    Abonné
    lundi 20 août 2007 10h08
    A mauvaise action, exécutants coupables
    « Mon fils est parti pour l'Afghanistan avec le 22e régiment. Lorsqu'il est entré dans l'armée il en a accepté les risques. Lorsqu'il s'est porté volontaire pour aller en Afghanistan il en assume les risques et accepte comme bien-fondéles actions qu'il devra poser.
    Toutes les guerres ont été faites dans l'intérêt des possédant, celle-ci n'y fait pas exception.
    Je suis contre cette guerre, je ne la respecte pas ni ceux qui la font de leur plein gré.
    Lorsque les politiciens disent que l'on peut être contre la mission mais qu'il faut respecter ceux qui l'exécutent , c'est de la pure propagande. On nous dit que nos soldats vont défendre la démocratie alors que ceux-ci ne respecta pas la volonté populaire qui rejette à 70 % cette situation. Le seul parti politique qui a clairement pris position contre cette abomination est le N.P.D. je m'en souviendrai lors des prochaines élections. »

  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    lundi 20 août 2007 10h14
    L'appuie aux soldats ne se discute pas...
    « Je parle de Simon Longtin, le soixante septième nom dans la liste des casualties de l'armée canadienne en Afghanistan. C'est le type qui appartient mort ou vif à l'armée canadienne qui s'en sert d'abord comme artefact de mission accomplie en ne le remettant pas tout de suite à la famille afin de lui réserver une cérémonie militaire officielle à la base ontarienne de Trenton en Ontario.

    C'est aussi un argumentaire rodé utilisé dans la bouche de Casey McLean, Stephen Harper, Jean Charest et la Mairesse Boucher dont on peut classer les arguments par catégories :

    a) Arguments de bienveillance :

    - «C'était un soldat connu de tous ...» (McLean)
    - «C'était un bon soldat ...» (McLean)
    - «C'était l'un de nos confrères ...» (McLean)
    - «Personnellement, j'espérais ne pas avoir de pertes, c'est sûr.» (McLean)
    - Son décès a été constaté à l'hôpital militaire de Kandahar.
    - «Il manquera beaucoup à la famille des Forces canadiennes», (Harper)

    b) Arguments d'amoindrissement du mal et de ses effets:

    - «Il n'a pas servi longtemps dans les Forces, moins de deux ans. Il est arrivé dans le bataillon l'an passé. » (McLean)
    - «Le soldat montrait encore de faibles signes vitaux après l'attaque et a été évacué par hélicoptère. » (McLean)
    - «C'était mon chauffeur au cours de la dernière année. [...] Je suis sous le choc d'apprendre que mon chauffeur a perdu la vie» (Perras)

    c) Arguments de transfert de la responsabilité morale :

    - «Il s'est porté volontaire pour aller en mission (McLean)
    - «Il était heureux» (McLean)
    - «Il faisait ce qu'il aimait» (McLean)

    d) Arguments de recentrage et de justification quant au sens de la mission :

    - «On va être obligés de vivre avec les pertes si on veut réussir en Afghanistan.» (McLean)
    - Le Major McLean a dit espérer que la population comprenne «que c'est une mission dangereuse» tout en se faisant une «meilleure image de la mission».
    - «,,,il jouait un rôle fort important dans un environnement très difficile. » (Harper)
    - «Je tiens à souligner le courage et la bravoure de ceux et celles qui servent en Afghanistan et ailleurs dans le monde au péril de leur vie pour défendre la paix, la liberté et assurer la sécurité des populations civiles. Le soldat Longtin a payé de sa vie la poursuite de ces idéaux.» (Charest)
    - «pour le citoyen ordinaire», les «motifs profonds d'une guerre n'étaient pas nécessairement faciles à analyser» les gens devaient d'abord soutenir les soldats: «On vit dans une démocratie de représentation. Les débats doivent avoir lieu au niveau du gouvernement du Canada. L'appui aux soldats ne se discute pas.» (Boucher)


    e) Argument d'acquiescement de la famille à la mort de leurs fils devenu sujet de fierté:

    - «Ils ont exprimé leur fierté [...]»(McLean)
    - «Ses proches et ses amis peuvent être fiers de lui...» (Harper)

    f) Argument d'éloignement des médias en invoquant le respect :

    - «Ils vivent un deuil incroyable en ce moment et veulent vivre ce deuil dans l'intimité.» (McLean)

    À noter que les médias rejoignent souvent les parents de victimes d'accidents routiers, de meurtres, d'enlèvement à des fins d'enquête, d'analyse et de réflexion sociale...

    Je prend bonne note que nos politiciens (forts d'une maîtrise depuis longtemps acquise face au mensonge à la population) sont encore les meilleurs argumentateurs lorsqu'il s'agit de justifier la mission tout en étant les derniers qui consentiraient à aller se faire tuer pour plaire au lobby de l'armement.

    Je prend aussi bonne note que Stephane Perras, devant l'absurdité de la mention de la perte de son chauffeur, a éclaté en sanglots face à la mort d'un compagnon d'armes. Il y avait une telle distance entre l'argument utilitaire qu'il avait à livrer et la mort d'un être humain qu'il a côtoyé.

    En tant que parent, je ne peux que déplorer que d'avoir à élever et protéger un fils pendant 18 années pour ensuite l'envoyer se faire tuer dans une guerre économique au profit des torry-républicains de Bush - Harper tient du deuil incroyable puisqu'il n'y a aucune raison militaire et stratégique à ce que 67 canadiens aient perdu la vie dans un conflit qui n'est ni honorable, ni nécessaire et encore moins un bienfait pour l'Humanité. Il y a d'autre façons de soutenir plus efficacement l'économie américaine face à la perte de son marché au profit de la Chine, que de déclencher des guerres économiques que nous devons par la suite justifier par des argumentaires de communication de masse afin de manipuler la population pour en diminuer l'absurdité et le non lieu.

    Cela tient de l'insoutenable légèreté de notre classe politique et de l'état major de l'armée canadienne obéissant aux ordres. Ils finiront par les mêmes honneurs que ce célèbre militaire qui obéissait aux ordres de ne rien faire durant un génocide pour ensuite nous faire avaler son syndrome de choc émotionnel, son autobiographie, son film, ses médailles honorifiques et sa prise de position contre le dit génocide alors qu'il n'a pas désobéi aux ordres les plus absurdes du monde lorsqu'il aurait dû le faire pour sauver des vies. Depuis lors, il fait de nombreux discours en appui à la mission militaire de l'armée canadienne. Le lobby de l'armement suit sa propre logique et couronne ses propres héros. Le peuple n'a qu'à aller mourir au champ d'honneur.

    Pierre Castonguay
    60 Jubinville
    Laval QC H7G3C7
    450 668-3349 »

  • Yves Chagnon
    Inscrit
    lundi 20 août 2007 10h25
    Sincères condoléances à la famille Longtin
    « Merci à M.Simon Longtin pour avoir servi loyalement dans les forces canadiennes. Si seulement les fils et les filles de nos politiciens étaient en 1ere lignes avec nos frères et nos soeurs, peut-être comprendraient-ils notre désarroi et notre cynisme face à une mission bien trop dangeureuse dont on ne voit pas la fin. Il y a tant d'endroit où nos casques bleues pourraient faire la différences, pourquoi les Pachtounes (Talibans)? Je suis indigné du manque de clareté de notre classe dirigeante sur l'effort de guerre canadien. Tous mon soutien va aux soldats qui font leur travail. Merci pour votre courage. »

  • Michel Leclaire
    Abonné
    lundi 20 août 2007 11h08
    M. Pierre Gastonguay
    « Je suis d'accord avec ce que vous venez d'écrire.
    Pour le nommer, le général n'a pas eu le courage de faire ce que sa conscience lui dictait (prenant pour acquis qu'il en ait une). En effet au jugement de Nuremberg il a été clairement établi que le fait d'obéir à un ordre causant un génocide, des crimes contre l'humanité ou des crimes de guerre méritait la peine de mort. Évidemment les gagnants ne sont jamais jugés.
    Ayant servi dans l'armée canadienne, à la place du Général j'aurais refusé mettre bas les armes et j'aurais combattu les génocidaires forçant ce faisant les Nations unies à intervenir immédiatement ce qui aurait sauvé un demi-million de vie.
    En Afghanistan les États-Unis sont intervenus en dedans de trois mois suite suite à la mort de 3000 des leurs. Au Darfour, après 200 000 morts, 2 millions de déplacer et trois ans de discussions, il n'y a encore rien de fait sur le terrain et la population continue de mourir.
    Je vomis tous ceux qui n'ont pour seul objectif d'accumuler des milliards au prix de nos vies et de l'avenir de nos enfants. »

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