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Exportation de l'eau: Dion est sceptique

18 août 2007  Canada
Ottawa — Le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, ne croit pas un mot du gouvernement conservateur et soutient avoir des informations disant que l'exportation d'eau en vrac vers les États-Unis est bel et bien considérée par Ottawa. M. Dion s'y oppose et exhorte le premier ministre Stephen Harper à défendre la souveraineté canadienne lors du sommet des leaders de l'Amérique du Nord qui débute lundi à Montebello.

M. Dion a dévoilé hier ses attentes face à ce sommet qui réunira Stephen Harper et ses homologues américain et mexicain, George W. Bush et Felipe Calderón. Il a même rendu public un document énumérant six demandes précises afin d'améliorer la transparence de ces sommets et d'en influencer le contenu. Mais c'est sa sortie contre l'exportation en vrac de l'eau canadienne qui a pris tout le monde par surprise.

«Je ne les crois pas. Je crois qu'ils ont des négociations sur la question de l'eau et on veut y mettre fin de façon très claire, et on le dit aujourd'hui», a dit M. Dion au cours d'une conférence de presse hier matin. Le chef libéral a pris acte des assurances données la veille par l'entourage du premier ministre, mais il n'y prête pas foi. «Je crois qu'on joue [sur les mots], qu'on tourne les coins et qu'on a vraiment des discussions sur cette question. Ce sont des informations que nous avons.»

Pressé de questions, Stéphane Dion s'est fait mystérieux, mentionnant seulement ses «réseaux» comme source de cette information. «J'ai des informations, que je ne peux pas partager, à propos de discussions se déroulant sur ce sujet. Ces discussions ne devraient pas se transformer en négociations. La ligne entre les deux est souvent ambiguë et je veux dissiper cette ambiguïté», a-t-il dit hier.

M. Dion a été ministre de l'Environnement un an et demi, de juillet 2004 à janvier 2006, et à ce titre connaît bien le milieu écologique et les fonctionnaires du ministère fédéral. «C'est mon intérêt de protéger mon pays et c'est ce que j'ai fait aujourd'hui», a-t-il dit en guise de conclusion.

Jeudi, la directrice des communications du premier ministre, Sandra Buckler, avait nié catégoriquement que l'exportation de l'eau canadienne vers les États-Unis était à l'ordre du jour des discussions entre les trois leaders nord-américains. «Ce ne sera jamais notre intention d'exporter notre eau. Ce n'est pas à l'ordre du jour et ce n'est pas sur la table. [...] Ce n'est vraiment pas à l'ordre du jour, nous n'en parlerons pas, ce ne sera pas un sujet de discussion, cela n'arrivera pas.»

Au printemps dernier, la Chambre des communes a voté une motion appelant le Canada à demander aux États-Unis et au Mexique d'exclure l'eau des biens régis par l'ALENA. Les conservateurs ont voté contre. Au même moment, le Conseil des Canadiens a révélé qu'un think tank américain avait tenu le 27 avril une séance de discussions secrète sur l'environnement, y compris l'exportation d'eau en vrac, à Calgary. Des fonctionnaires des trois gouvernements, dont celui du Canada, y ont participé avec l'assentiment du gouvernement conservateur.

Claude Martel, du Sierra Club, estime que, si l'eau ne fait pas partie des discussions à Montebello, c'est simplement parce que «la rencontre est trop publique». Le sujet est davantage débattu, selon lui, par les groupes de travail plus discrets. S'appuyant sur des comptes rendus de réunions de groupes ayant donné naissance au PSP, il maintient que le but ultime de ce dernier est de commercialiser l'eau canadienne. «Je ne veux pas trop me coller dessus [Stéphane Dion], mais je dois reconnaître qu'il a raison», dit-il.

Meera Karunananthan, porte-parole du Conseil des Canadiens, félicite elle aussi M. Dion, quoiqu'elle souligne le cynisme de la position libérale. «Il est intéressant que le Parti libéral soit prêt à critiquer cette initiative, dit-elle. Parce que, quand nous demandions un vote parlementaire, ils n'ont jamais donné suite à notre requête lorsqu'ils étaient au pouvoir.»

Protéger les intérêts des Canadiens

Stéphane Dion n'a pas critiqué la mise en place du Partenariat pour la sécurité et la prospérité (PSP), puisque ce dernier a vu le jour sous le règne de Paul Martin en mars 2005, mais il exige que le processus soit plus transparent.

«Comme bien d'autres choses sous l'administration Harper, le PSP fait l'objet d'un grand secret, ne comprend pas de processus de consultation et manque de transparence, tout le contraire des multiples tables rondes dont le précédent gouvernement libéral exigeait la mise en place à la naissance de ce partenariat», a-t-il déclaré. Notons toutefois que les libéraux n'ont pas donné suite à cette promesse de consultation avant de perdre le pouvoir quelques mois plus tard.

D'ailleurs, l'attaché de presse du premier ministre conservateur, Dimitri Soudas, s'est empressé de faire parvenir un courriel aux journalistes hier citant en long et en large Paul Martin lors de la création du PSP, à Waco (Texas).

M. Dion propose que soit rendue publique la liste de tous les groupes de travail découlant du PSP et de leurs participants. Ce sont souvent ces groupes de travail qui élaborent les politiques auxquelles les leaders donnent leur accord en fin de processus. Il exige de ces groupes la publication de rapports trimestriels sur leurs travaux, la consultation de la population et enfin l'examen de leurs conclusions par les comités parlementaires pertinents.

Il invite aussi Stephen Harper à aborder la semaine prochaine le délicat sujet du Canadien Omar Khadr, détenu par les États-Unis à Guantánamo depuis qu'il a 15 ans. Une commission militaire américaine a infligé un revers à l'administration Bush en juin en déclarant que les tribunaux militaires d'exception mis sur pied pour le juger n'avaient pas l'autorité requise pour le faire. M. Dion voudrait que le premier ministre exige de M. Bush que le prisonnier soit jugé par un tribunal américain légitime, à défaut de quoi le Canada devrait réclamer son retour au pays pour qu'il soit jugé ici, croit-il.

M. Dion demande de nouveau que le Canada annonce immédiatement qu'il ne prolongera pas sa mission militaire de combat en Afghanistan au-delà de février 2009, afin de donner le temps aux alliés de lui trouver un remplaçant.






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  • Ginette Pilon
    Abonnée
    vendredi 17 août 2007 23h49
    Un référendum sur l'exportation en vrac de l'eau, ça presse!
    « Il faut que les Québécois exigent un référendum sur l'exportation en vrac de l'eau aux États-Unis comme ailleurs.
    D'ici 20-30 ans, et peut-être avant, l'eau vaudra son pesant d'or car tous les pays du monde en manqueront. Nous-mêmes, d'ailleurs, risquons d'en manquer un jour!

    Il faut casser dans l'oeuf toute tentative d'exporter l'eau en vrac et commencer dès maintenant à mettre un quota aux entreprises d'embouteillage de l'eau. Et, surtout, créer une meilleure technologie et des règles d'inspection sévères, ce qui permettra à toutes les municipalités d'avoir de l'eau potable et ainsi ne pas avoir besoin d'eau en bouteille.

    Il ne faut pas attendre d'avoir le doigt dans l'engrenage pour réagir. Ça presse!

    Ginette Pilon »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 18 août 2007 07h34
    Le milliardaires de l'eau claire
    « Comme les pôles sont en train de fondre rapidement et qu'on va, de ce fait, recevoir beaucoup d'eau de trop du nord, l'idée d'en exporter aux États-Unis et/ou ailleurs et excellente. Faudrait juste que le le Québec en profite plus que les compagnies exportatrices qui ne devraient pas se prendre pour des pétrolières en suivant leur exemple.

    Nous allons certainement devenir la fontaine des Amériques, les milliardaires du H2O clair. Il ne nous manque plus que d'inventer une auto à l'eau. On va devenir enfin capable de financer nos hôpitaux. »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    samedi 18 août 2007 12h55
    Dion parle des deux côtés de la bouche.
    « Quand j'entends Stéphane Dion accuser Stephen Harper de «jouer sur les mots» et de «tourner les coins ...», je ne comprends pas qu'il ait pu sitôt oublier ce dont tous les Québécois se souviennent et ce qu'ils n'oublieront jamais, à l'effet que sous son règne, les libéraux du Canada ont fait plus que de jouer sur les mots et de chavirer dans les coins et recoins, alors qu'ils patronnaient le pire scandale de l'histoire du Canada, le SCANDALE DES COMMANDITES, le graissage éhonté des copains profiteurs et abuseurs des largesses du PLC. Alors qu'il était au pouvoir, qu'à donc fait Stéphane Dion, à part d'ombrager le Québec, de provoquer les guérillas bloquistes et les hostilités péquistes, tout en ignorant le gouvernement libéral du Québec, avec toute la suffisance et tout le mépris dont cet homme a la secrète formule et d'intarissables munitions? Le revendicateur de la clarté et de la transparence, chez les autres, se couvre de mystère et joue tous les dés de l'ambiguïté, depuis qu'il erre dans les dédales d'une Opposition en déroute.

    Ce qui choque souverainement et bloque tout processus de résolution de problèmes et de conflits, dans les grands ébats et débats entourant les négociations auxquelles devrait être soumis le déploiement de la mondialisation, c'est justement la provocation constante à laquelle jouent tous les Stéphane Dion qui s'agrippent et se nichent aux pignons du pouvoir. Ce qui bloque toute collaboration constructive, c'est justement l'attitude de cet «homme d'assaut», ce froid et tranchant marteau-pilon. C'est le talent fou qu'il déploie à provoquer et à convoquer toutes les discordes et à nourrir tous les hostilités. Par ailleurs, les déclarations de Madame Meera Karunananthan sont révélatrices, quant au je-m'en-foutisme du libéral Dion et du clan Chrétien, sur ce sujet de l'eau, entre autres, alors qu'ils trônaient au libéral Kremlin d'Ottawa.

    Encore une fois, l'homme sans solution, préférant faire partie du problème, avait entassé pêle-mêle, dans la besace de son itinérance politique devenue encombrante, «l'eau du Canada», «Omar Khadr du Canada, «la mission canadienne en Afghanistan» le PSP de son prédécesseur canadien Paul Martin. Alors qu'au cours de deux mandats, le libéral Stéphane Dion n'a que gonflé des ballons, sa «bonbonne» semble aujourd'hui lui peser.

    En somme, ce qui fait la force de Harper, c'est l'insignifiance du PLC, l'exhibitionnisme et l'opportunisme du Bloc ajoutés au crétinisme du NPD. »

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