O'Connor confirme le rôle accru de l'armée afghane
Gordon O’Connor
Les troupes canadiennes pourraient passer le flambeau aux forces afghanes dès l'hiver prochain. Les membres du Royal 22e Régiment, qui s'apprêteront alors à rentrer au pays, remettront aux Afghans la responsabilité de la majorité des combats contre les talibans dans la région de Kandahar, a confirmé le ministre canadien de la Défense, Gordon O'Connor. Lors d'une entrevue donnée sur les ondes de CTV, il a déclaré que l'entraînement de nouvelles unités de l'armée nationale afghane prend de la vitesse, au point où jusqu'à cinq bataillons, soit à peu près 3000 soldats, seront sous mentorat canadien cet automne.
«Cela faisait partie de notre plan de passer par une transition en trois étapes, a-t-il déclaré hier. Quand nous sommes arrivés dans le Sud, à cause de la situation avec les talibans et de l'état de l'armée afghane [...], nous avons dû prendre en charge le gros des combats. Ces derniers mois, nous avons assumé le parrainage d'un des bataillons d'infanterie de l'armée afghane. Nous lui avons donné une formation de très haut niveau et il est maintenant sur le terrain, où il dirige des opérations.»
Le gouvernement vient ainsi confirmer ce que le chef d'état-major de la Défense, Rick Hillier, avait laisser entendre en entrevue avec Le Devoir en juin dernier, à savoir que le Canada allait se concentrer de plus en plus sur son rôle d'entraînement de l'armée nationale afghane.
«Nous allons prendre tous les moyens possibles pour que les talibans ne reprennent pas le dessus, et un de ces moyens, c'est de s'assurer que l'armée nationale afghane soit efficace, avait-il dit. Depuis 2002, on se concentre beaucoup sur la formation de base de l'armée afghane, mais là, on passe tranquillement aux opérations concrètes sur le terrain. C'est un gros changement et il faut les aider. Ultimement, c'est l'armée afghane qui va empêcher les talibans de revenir.»
Toutefois, le gouvernement n'a pas parlé de l'échéancier en termes clairs. Le ministre O'Connor a dit qu'il espérait que, à la fin de la rotation qui débute en ce moment, l'entrée en scène de 3000 militaires de l'armée nationale afghane fraîchement formés dans la province de Kandahar signifierait que les troupes canadiennes seraient mises en «réserve».
La pression monte sur le gouvernement conservateur, de plus en plus impopulaire. À chaque nouvelle victime, il se voit de plus en plus pressé de préciser une stratégie de sortie de guerre. Depuis 2002, les affrontements avec les talibans afghans ont coûté la vie à 66 militaires et un diplomate canadiens.
Un contingent de soldats québécois du Royal 22e Régiment est actuellement en phase de déploiement à Kandahar, où il doit prendre la relève des militaires en place. Le 15 juillet dernier, un premier contingent de 200 soldats, en majorité des Québécois francophones, a mis le cap sur Kandahar. C'est au Québec que l'opposition à la guerre est la plus vive. Une série de sondages récents ont montré que la majorité des Québécois sont en faveur du rappel des troupes au pays.
Le 10 juillet dernier, le premier ministre Stephen Harper a affirmé, dans une entrevue accordée à une radio locale de Calgary, son fief albertain, qu'il ne souhaitait pas poursuivre la mission de combat actuelle au-delà de février 2009. «Je pense que si on reste en Afghanistan après 2009, les Canadiens s'attendent à ce que l'on ait une nouvelle mission. Les Canadiens sont assez clairs: si on reste après 2009, il faudra avoir une certaine évolution [dans la mission]», avait-il précisé.
M. Harper a dit à plusieurs reprises qu'il ne prolongerait la mission à Kandahar qu'avec le consensus du Parlement — chose qui paraît peu probable, les libéraux préconisant la fin du rôle de combat du Canada à l'échéance prévue, tandis que le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique s'opposent vigoureusement à toute prolongation. Il a également soutenu que l'OTAN pouvait encore faire mieux en Afghanistan.
La semaine dernière, le comité de la défense de la Chambre des communes britanniques a divulgué un rapport qui mettait en doute la capacité de l'armée afghane à prendre la relève, du moins à court terme.
Le Devoir avec la Presse canadienne
«Cela faisait partie de notre plan de passer par une transition en trois étapes, a-t-il déclaré hier. Quand nous sommes arrivés dans le Sud, à cause de la situation avec les talibans et de l'état de l'armée afghane [...], nous avons dû prendre en charge le gros des combats. Ces derniers mois, nous avons assumé le parrainage d'un des bataillons d'infanterie de l'armée afghane. Nous lui avons donné une formation de très haut niveau et il est maintenant sur le terrain, où il dirige des opérations.»
Le gouvernement vient ainsi confirmer ce que le chef d'état-major de la Défense, Rick Hillier, avait laisser entendre en entrevue avec Le Devoir en juin dernier, à savoir que le Canada allait se concentrer de plus en plus sur son rôle d'entraînement de l'armée nationale afghane.
«Nous allons prendre tous les moyens possibles pour que les talibans ne reprennent pas le dessus, et un de ces moyens, c'est de s'assurer que l'armée nationale afghane soit efficace, avait-il dit. Depuis 2002, on se concentre beaucoup sur la formation de base de l'armée afghane, mais là, on passe tranquillement aux opérations concrètes sur le terrain. C'est un gros changement et il faut les aider. Ultimement, c'est l'armée afghane qui va empêcher les talibans de revenir.»
Toutefois, le gouvernement n'a pas parlé de l'échéancier en termes clairs. Le ministre O'Connor a dit qu'il espérait que, à la fin de la rotation qui débute en ce moment, l'entrée en scène de 3000 militaires de l'armée nationale afghane fraîchement formés dans la province de Kandahar signifierait que les troupes canadiennes seraient mises en «réserve».
La pression monte sur le gouvernement conservateur, de plus en plus impopulaire. À chaque nouvelle victime, il se voit de plus en plus pressé de préciser une stratégie de sortie de guerre. Depuis 2002, les affrontements avec les talibans afghans ont coûté la vie à 66 militaires et un diplomate canadiens.
Un contingent de soldats québécois du Royal 22e Régiment est actuellement en phase de déploiement à Kandahar, où il doit prendre la relève des militaires en place. Le 15 juillet dernier, un premier contingent de 200 soldats, en majorité des Québécois francophones, a mis le cap sur Kandahar. C'est au Québec que l'opposition à la guerre est la plus vive. Une série de sondages récents ont montré que la majorité des Québécois sont en faveur du rappel des troupes au pays.
Le 10 juillet dernier, le premier ministre Stephen Harper a affirmé, dans une entrevue accordée à une radio locale de Calgary, son fief albertain, qu'il ne souhaitait pas poursuivre la mission de combat actuelle au-delà de février 2009. «Je pense que si on reste en Afghanistan après 2009, les Canadiens s'attendent à ce que l'on ait une nouvelle mission. Les Canadiens sont assez clairs: si on reste après 2009, il faudra avoir une certaine évolution [dans la mission]», avait-il précisé.
M. Harper a dit à plusieurs reprises qu'il ne prolongerait la mission à Kandahar qu'avec le consensus du Parlement — chose qui paraît peu probable, les libéraux préconisant la fin du rôle de combat du Canada à l'échéance prévue, tandis que le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique s'opposent vigoureusement à toute prolongation. Il a également soutenu que l'OTAN pouvait encore faire mieux en Afghanistan.
La semaine dernière, le comité de la défense de la Chambre des communes britanniques a divulgué un rapport qui mettait en doute la capacité de l'armée afghane à prendre la relève, du moins à court terme.
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