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La police de Kandahar prie le Canada de prolonger sa mission

«Ce qui se passe ici n'est pas seulement un problème afghan»

23 juillet 2007  Canada
Kandahar, Afghanistan — Le Canada ferait une erreur funeste en quittant «précipitamment» l'Afghanistan, comme il prévoit le faire en 2009, a estimé hier le nouveau chef de la police provinciale de Kandahar, Sayed Aka Sakib.

Dans une entrevue accordée à la Presse canadienne dans son quartier général de Kandahar, M. Sakib a exhorté les pays de l'OTAN, dont le Canada, à maintenir leur présence en sol afghan aussi longtemps qu'il le faudra pour endiguer la menace terroriste et stabiliser la région. Autrement, affirme le commandant en poste depuis moins d'un mois, l'Afghanistan restera un terreau fertile pour les groupes terroristes et réactionnaires.

L'enlèvement récent de 23 ressortissants sud-coréens lors d'une action de commando revendiquée par les talibans au centre de l'Afghanistan et l'assassinat présumé il y a quelques jours de deux Allemands et de leur cinq accompagnateurs afghans renforcent la conviction des autorités locales à l'effet que les talibans s'engagent dans une guerre d'usure, qui risque d'être aussi longue que violente.

En conséquence, même si certains de ses soldats tombent au combat dans la lutte contre le terrorisme, le Canada doit résister aux pressions internes en faveur du retrait de ses troupes, argue M. Sakib.

«Ce qui se passe ici, ce n'est pas seulement un problème afghan. C'est un problème international. Ce qui arrive ici risque d'arriver ailleurs, le terrorisme peut aussi se transporter au Canada, comme c'est arrivé aux États-Unis, si le travail ici n'est pas fait», a déclaré M. Sakib, par le biais d'un interprète.

Trente ans de guerre, de guérilla et de tyrannie ont laissé l'Afghanistan exsangue. Il faudra, aux yeux du chef Sayed Aka Sakib, au bas mot de «15 à 20 ans» avant que le pays ne puisse espérer reprendre en main sa destinée. D'ici là, il lui faut rebâtir ses réseaux d'éducation et de santé, ses infrastructures sociales et son économie ainsi que former une armée compétente et bien équipée.

Mais ces efforts seront vains si la communauté internationale, qui s'est engagée à soutenir la reconstruction de l'Afghanistan, plie bagage prématurément. En prévoyant redéployer ses troupes en février 2009, le Canada envoie le mauvais message, selon lui.

«C'est une erreur», insiste-t-il.

Parmi la foule de passants bigarrés et de commerçants occupés de la ville de Kandahar, les avis sont toutefois partagés sur la pertinence de la présence canadienne dans le pays.

Abdoul Wasay ne regrettera certainement pas le départ des Canadiens. «Ils ont fait de graves erreurs dernièrement. Des innocents, des civils ont été tués par leur faute, prétend l'homme âgé de 38 ans. Ils ne devraient pas rester ici».

Ina Yatullah est au contraire convaincu de l'importance de la participation canadienne au sein de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS). Il n'y exprime qu'un bémol. «L'entraînement prodigué par les forces canadiennes à l'armée afghane est une bonne chose. Mais les Canadiens doivent respecter nos coutumes. Entre eux et nous, il y a de grandes différences. S'ils respectent nos différences, ils n'auront pas de problème ici», a-t-il dit.
 
 
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