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Rester en Afghanistan

Norman Spector   12 juillet 2007  Canada
Il est difficile de savoir si le premier ministre Stephen Harper a changé sa position quant à la mission canadienne en Afghanistan, mais il est clair que sa rhétorique a évolué. M. Harper a longtemps cherché à gagner du temps en promettant qu'il allait soumettre la question de l'extension de la mission aux députés, mais voilà qu'il déclare aujourd'hui qu'il ne demandera pas à nos troupes de continuer leur travail en l'absence d'un consensus parlementaire. Pour la première fois, mardi, il a même évoqué la possibilité d'une «nouvelle mission».

Certes, M. Harper reconnaît là la réalité qu'il a créée en abandonnant le pouvoir unilatéral de faire la guerre, une réforme louable que le nouveau premier ministre de la Grande-Bretagne, Gordon Brown, se propose d'imiter. On peut quand même se demander s'il regrette aujourd'hui de ne pas en avoir incombé la responsabilité aux partis d'opposition, l'an dernier. Quelques jours après le vote, quand je lui avais demandé pourquoi il avait déclaré qu'il prolongerait la mission d'une année si les députés n'approuvaient pas sa demande initiale, soit une extension de deux ans, M. Harper a répondu que les troupes canadiennes effectuaient un travail très dur et que le Canada avait des obligations à l'endroit de ses alliés.

Naïf? Certainement. Homme de principe? Tout aussi certainement. Mais cela n'empêche pas les critiques de continuer à fuser contre le premier ministre pour avoir fait de la petite politique en essayant de diviser le Parti libéral du Canada (PLC). Au contraire. Si les partis d'opposition avaient sonné le glas de la mission l'année dernière, M. Harper présiderait aujourd'hui un gouvernement majoritaire.

Au lieu de cela, la mission en Afghanistan continue de cumuler les pertes, sur le terrain, mais aussi sur le front politique, où le gouvernement de M. Harper n'échappe pas à la saignée. Les bloquistes et les libéraux ont cependant laissé voir une certaine volonté de continuer nos efforts en Afghanistan. Voilà une occasion à saisir si le premier ministre veut s'élever au-dessus de la partisanerie.

Pour cela, M. Harper devra commencer à dire la stricte vérité aux Canadiens quant à la position de son gouvernement et aux perspectives de la mission. Son défi fondamental, c'est un peu celui exprimé par le député travailliste britannique Aneurin Bevan, dans un discours parlementaire magistral, en pleine crise de Suez, à savoir que «quand une nation fait la guerre, elle devrait être tout à fait claire sur la raison. Et elle ne devrait jamais changer son raisonnement au fil du temps».

Sous Jean Chrétien, on n'a jamais su clairement pourquoi nos soldats étaient en Afghanistan, à moins que ce soit pour compenser leur absence en Irak. Sous Paul Martin, le débat parlementaire sur le déploiement des troupes à Kandahar a été l'affaire d'une nuit et n'a donné lieu qu'à un seul article dans la presse quotidienne. Pour sa part, M. Harper change constamment son discours sur la mission en cours, tout en se comportant comme un joueur en coulisses, et non pas comme le premier ministre d'un pays en guerre.

Aujourd'hui, l'OTAN redoute la perspective d'une défaite humiliante dans une mission approuvée par les Nations unies, ce qui aurait des conséquences géostratégiques importantes. C'est pourquoi les démocrates du Congrès américain continuent de demander une augmentation des troupes américaines en Afghanistan. Comme eux, nos alliés britanniques font une distinction claire avec la guerre en Irak. Ils sont d'ailleurs en train d'augmenter leurs troupes de 25 % et un nouvel ambassadeur vient d'aviser ses compatriotes qu'un engagement de 30 ans sera nécessaire pour reconstruire le pays.

Cela n'empêche pas les Canadiens d'être naturellement agacés de voir les soldats français et italiens déployés dans des régions relativement calmes comme Kaboul et Hérat, sans parler des forces allemandes, à qui les combats de nuit sont interdits. Malgré tout, si nous annoncions aujourd'hui que nous voulons abandonner notre rôle à Kandahar, cela porterait un sérieux coup à notre réputation mondiale. Pour paraphraser l'ancien ministre libéral des Affaires étrangères, John Manley, nous serions perçus dans le monde comme celui qui s'excuse pour aller aux toilettes au moment même où la facture arrive.

C'est que la réputation du Canada à l'étranger est telle que nous n'avons pas réussi à persuader nos alliés d'assumer une partie équitable du fardeau. Le meilleur pari que pourrait prendre le gouvernement serait de proposer au Parlement que le Canada continue de jouer son rôle à Kandahar, à la condition que nos alliés contribuent de façon équivalente, proportionnellement, bien sûr, à la mesure de leurs contingents et de leur population.

En utilisant son statut de gouvernement minoritaire au Parlement comme les présidents américains s'en servent au Congrès pour leurs négociations internationales, le premier ministre aurait la marge de manoeuvre nécessaire pour préserver la bonne réputation du Canada. Les Canadiens devraient alors espérer que les chefs d'opposition se souviendront que le retour au pouvoir des talibans ne pourra s'accompagner que d'atteintes horrifiantes aux droits de la personne. Ainsi, si le Canada choisit de ne pas continuer sa mission à Kandahar — et ceci sans même offrir d'y rester si nos alliés acceptent de venir nous y rejoindre —, il se pourrait bien que ses citoyens se lèvent un jour sans être capables de se regarder dans le miroir.

***

Norman Spector est chroniqueur politique au Globe and Mail.

nspector@globeandmail.ca






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Vos réactions

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  • oscar Fortin
    Inscrit
    jeudi 12 juillet 2007 08h12
    Réputation du Canada dans le monde
    « Je trouve que l'auteur ramène le monde aux quelques pays qui forment l'OTAN. Que l'on demande aux 197 membres de l'Assemblée générale des Nations Unies si le retrait du Canada de la guerre en Afghanistan lui ferait perdre sa réputation internationale de nation pacifique et responsable. Loin de la perdre, il y gagnerait. Je pense que l'usage à la référence au monde se fait selon les convenances et non selon les faits. Dans le cas présent, il eût fallu faire référence à la déception des responsables de l'OTAN plutôt qu'à celle du monde. Je mets l'auteur au défi de me citer une enquête réalisée sur le sujet dans les divers pays des cinq continents.Le Canada a une réputation d'être un bon et fidèle serviteur des Administrations américaines, à l'exception du temps où Pierre Eliot Trudeau en était le Premier ministre. Ce n'est pas nécessairement faire état d'une réputation extraordinaire.

    Comme canadien je suis tout à fait contre la présence militaire du Canada en Afghanistan. Si on mettait sur le prochain bulletin de vote une question référendaire portant sur ce point, nos responsables politiques pourraient alors prendre une décision démocratique, à savoir conformément à la volonté des canadiens. Vous pourriez vous faire le promoteur de cette idée. Que ce soit le peuple canadien qui décide et non des acteurs influents de d'autres nations qui en soient l'origine. »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    jeudi 12 juillet 2007 08h43
    Une présence nécessaire
    « Votre texte est un peu confus, mais je partage votre idée que le Canada devrait rester en Afghanistan. Mais je ne crois pas que Stephen Harper est l'homme de la situation. Il est aussi convaincant en la matière que celui qui veut vendre des frigos à des Eskimos... Il faut dire, à sa décharge, que peu de gouvernants de par le monde paraissent convaincus ou confiants dans l'intervention militaire en Afghanistan. Je crois que c'est le noeud de la question. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 12 juillet 2007 08h46
    PAS D'ACCORD AVEC M. SPECTOR LE WARRIOR
    « M. Spector se dit d'accord avec M. Aneurin Bevan, député travailliste britanique, sur ce qui suit : «quand une nation fait la guerre, elle devrait être tout à fait claire sur la raison. Et elle ne devrait jamais changer son raisonnement au fil du temps».

    C'est pas trop rassurant et ça manque de flexibilité Il faut toujours ajuster son tir dans toutes situations, principalement...la guerre.

    M. Spector ajoute : «le retour au pouvoir des talibans ne pourra s'accompagner que d'atteintes horrifiantes aux droits de la personne.»

    Est-ce que M. Spector pense que l'horreur est maintenant moindre au Pakistan depuis l'invation et la destruction du pays par les États-Unis avec tous ces civils qui continuent à y être tués ?

    M. Spector écrit : «il se pourrait bien que ses citoyens canadiens se lèvent un jour sans être capables de se regarder dans le miroir.»

    Une petite culpabilité pour encourager nos soldats à aller se faire tuer pour rien puisque, les Russes bien armés n'ont pas été capables d'occuper le Pakistan pour très longtemps. "Le peuple pakistanais ne veut pas d'étrangers, avec ou sans bonnes intentions".

    M. Spector doit bien être un admirateur de M. Bush et de la guerre en Irak. C'est le genre à admirer le force genre "Qui veut la paix prépare la guerre". »

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 12 juillet 2007 09h09
    Ca ne passera pas au Québec
    « Ca fait 40 ans qu'on nous dit que l'indépendance du Québec c'est dépassé, que ça ne vaut la peine de se battre pour ça. Comment ils vont faire pour vendre l'idée que des Québécois doivent aller mourir en Afghanistan, un pays primitif en guerre depuis toujours, qui a sorti les Britanniques au somment de leur empire, et les Soviétiques au sommet de leur puissance? Tout ça pour défendre un régime de trafiquants de drogue, véritable fléau dans nos rues? »

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    jeudi 12 juillet 2007 09h52
    Afghanistan, encore et toujours
    « La présence des forces armées canadiennes en Afghanistan pose tant au gouvernement qu'aux partis d'opposition un dilemme bien difficile à résoudre. Tout repose au départ sur l'erreur commise par le président des États-Unis lorsqu'il a décidé d'attaquer l'Irak sous de faux prétextes. D'un côté, il négligeait la guerre aux terroristes d'Al-Quaida en Afghanistan en envoyant massivement ses troupes en Irak plutôt que dans ce pays, et d'autre part, il amenait le Premier ministre canadien d'alors, Jean Chrétien, à s'engager dans une aventure afghane plutôt qu'irakienne, pour soulager les États-Unis.

    Il semble clair que cet engagement en Afghanistan ne s'est pas fait sur les bases d'une analyse approfondie de la situation et de ses répercussions. Et lorsqu'il a été question, avec Paul Martin, du déploiement des troupes canadiennes à Kandahar, il n'y a pas eu d'analyse plus poussée de la situation et de ses conséquences.

    Or, les conséquences de ce déploiement apparaissent de plus en plus clairement : des pertes en vies humaines toujours plus nombreuses, des coûts financiers qui vont sans cesse croissants et des résultats concrets douteux. Que faire? C'est là que se pose le dilemme qui se résume en deux mots : partir ou rester.

    Partir, c'est bien évidemment ternir l'image internationale du Canada, en particulier auprès des autres membres de l'OTAN. C'est quitter le bateau avant qu'il ne coule et n'engloutisse tous ceux qui se trouvent à son bord. Politiquement, par contre, c'est répondre à l'aspiration de nombre de Canadiennes et de Canadiens qui se demandent bien ce que nous faisons dans cette galère, et si l'Afghanistan ne sera pas un Irak bis, dans lequel on ne peut que s'embourber. Mais n'est-ce pas aussi abandonner un pays à la terreur du régime taliban, dont on ne connaît que trop les exactions?

    Rester, c'est assumer des risques imprévisibles, c'est-à-dire des pertes en vies humaines, des dépenser incalculables, des résultats incertains, le tout pendant combien de temps, des dizaines d'année? Sur le plan politique, c'est pour Stephen Harper se placer dans une situation délicate, étant donné les réactions de l'opinion publique, Son avenir politique risque de se trouver mis à mal. D'où très certainement ses nouvelles déclarations voulant qu'il ne demande pas à nos troupes de continuer leur travail en l'absence d'un consensus parlementaire.

    C'est sans doute la nouvelle façon selon laquelle il envisage de se sortir d'un dilemme insoluble : faire porter à l'ensemble de la députation la responsabilité de la solution. Cette stratégie peut-elle réussir à le tirer d'affaire? Ou, en parlant de « nouvelle mission », a-t-il en réserve une botte secrète qu'il ne sortira qu'à la dernière minute? Pourrait-il s'agir de négocier avec l'OTAN, pour retirer nos troupes de la zone dangereuse de Kandahar et les replacer dans une zone pacifiée, avec une mission de reconstruction, le Canada ayan payé son tribut à la cause commune?

    Mais, contrairement à la conclusion de Norman Spector qui déclare que « si le Canada choisit de ne pas continuer sa mission à Kandahar -- et ceci sans même offrir d'y rester si nos alliés acceptent de venir nous y rejoindre --, il se pourrait bien que ses citoyens se lèvent un jour sans être capables de se regarder dans le miroir. », la solution du problème n'est pas d'ordre sentimental. Elle ne peut reposer que sur une analyse rationnelle des faits, de la situation, de ses répercussions, ce que les prédécesseurs de S. Harper ne semblent pas avoir fait. Il serait donc temps d'y procéder et de nous en faire connaître, à nous les citoyens canadiens, toutes les données et tous les résultats. Le député travailliste Aneurin Bevan, alors dans l'opposition, avait raison lorsque le 3 décembre 1956, dans un discours à la Chambre des communes britannique, lors de la crise du canal de Suez, il déclarait : «... quand une nation fait la guerre, elle devrait être tout à fait claire sur sa raison. Et elle ne devrait jamais changer son raisonnement au fil du temps». Cette assertion reste vraie de nos jours. »

  • Guy Archambault
    Abonné
    jeudi 12 juillet 2007 10h56
    Contradictoire !
    « Pourquoi le Canada est-il en Afghanistan ? La vérité ?
    Parce que le gouvernement libéral en 2001 s'est cru obligé d'être solidaire de la réaction des États-Unis insultés par l'attaque du 11 septembre 2001.

    Était-il géopolitiquement réaliste d'envahir ce pays ?
    Il aurait suffi d'installer un blocus économique total et un cordon sanitaire en attendant que les Talibans livrent Ben Laden. Attendre 10 ans, 15 ans, 20 ans s'il le fallait.

    Et en attendant, l'aviation américaine, de concert avec ses alliés, aurait détruit toute l'infrastructure économique et idéologique des Talibans en cherchant à faire le moins de victimes civiles possible et en ménageant les chefs de guerre, ses alliés à l'intérieur du pays.

    Destruction systématique de toutes les lignes et centrales électriques, de toutes les raffineries, de toutes les mosquées, de tous les stades et lieux de rassemblement public,
    destruction de toutes les routes, voies ferrées et aéroports, jusqu'à ce que les Talibans livrent Ben Laden ou que les chefs de guerre les renversent.

    À suivre aveuglément un cow-boy on se retrouve dans le fossé avec lui.

    De plus, s'il est exact, comme le dit l'édito d'aujourd'hui que la source de tous les " terroristes " fanatisés se trouvent en amont, au Pakistan, pourquoi travailler inutilement en aval ?

    Guy Archambault »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    jeudi 12 juillet 2007 15h19
    Le pourquoi de notre présence
    « Je crois que la question essentielle est de bien déterminer le pourquoi de notre présence en Afghanistan. Si j'ai bien suivi l'actualité, c'est pour combattre le terrorisme islamiste, qui serait défendu par les talibans. Si c'est le cas, où en sommes-nous rendus à cet égard? Y a-t-il progrès ou devons-nous changer de stratégie? Il faudrait que la question soit clairement débattue. Des bonnes âmes peuvent croire que nous sommes là pour construire des écoles ou des routes ou pour promouvoir les droits de l'Homme. Soyons sérieux: nous sommes et devons être là pour combattre le terrorisme international. Si cette présence à cette fin est absolument nécessaire, restons-y jusqu'à l'atteinte de cet objectif, sinon je pense qu'il est préférable de plier bagage. Autrement on risque de s'enliser pour des décennies dans une aventure, sans résultat valable. Ce constat est peut-être dur, mais il me semble réaliste et non fondée sur des chimères de démocratie forcée et factice. »

  • Simon Garneau
    Abonné
    jeudi 12 juillet 2007 23h00
    JUSTIFICATION À LA GUERRE
    « Le gouvernement fédéral a utilisé toutes sortes d'arguments nébuleux et en constante évolution pour justifier son intervention militaire en Afghanistan. De combattre le terrorisme au début, on en est rendu à construire des écoles. Devant le scepticisme grandissant de la population, le gouvernement a décidé d'envoyer l'armée au front de la propagande.
    Tous les moyens sont bons, campagne médiatique, défilée, présence militaire à des événements sportifs et même à l'assemblé nationale. Le but de toute cette opération est de faire dévier le débat vers un appui inconditionnel aux troupes « qui risquent leurs vies pour nous ». On veut ainsi faire taire toute opposition à cette guerre injustifiable, en l'assimilant à une trahison envers nos valeureux soldats.
    Le gouvernement utilisera l'appui initial de la population à ses troupes, pour la transformer en appui à sa politique militaire. Par la suite, il voudra logiquement donner à ses soldats les moyens de mener les combats et pourra ainsi justifier l'accroissement considérable du budget militaire.
    Tout cela se fera au détriment des autres services à la population. On demandera au bon peuple de plus en plus de sacrifices. Les fabricants et les marchands d'armes salivent déjà devant les plantureux contrats à venir. En fait c'est la seule justification logique à cette guerre.
    Ce procédé a été utilisé à mainte reprise avec succès dans le passé. Au sénat américain on a utilisé cette technique lors de la guerre du Vietnam et plus récemment à l'occasion de la guerre en Irak.
    Ce qui me désole le plus c'est l'aveuglement des médias et des journalistes devant ces grossières manoeuvres si souvent utilisées dans le passé. »

  • Luc Poudrier
    Inscrit
    jeudi 12 juillet 2007 23h07
    Faire Pipi plus loin...
    « Je ne savais pas que les pays faisaient entre-eux des concours de ce celui qui ferait pipi le plus loin, ou cognerait le plus fort ou encore celui qui aurait le plus gros canon. À en croire les promoteurs de guerres tel M. Spector la seule façon pour le Canada, ou tout autre pays, de rayonner parmi les nations du monde c'est de démontrer que l'on est prêt à faire la guerre, que l'on est prêt à tuer et à mourir. Serait-il possible de rayonner en partageant nos découvertes scientifiques, en accueillant plus de réfugiés, en aidant la négociation entre peuples ennemies?

    Les Canadiens ont prouvé maintes fois leur sollicitude et leur courage, par leurs vaillantes participations aux deux grandes guerres, par notre contribution exemplaire aux nombreuses missions de paix de l'ONU, pour avoir soutenu la création d'organisme unificateur tel la Cour Pénal International.

    Si nous devions porter fois aux discours à la modes qui tonnent de tout coté, il n'y aurait que les soldats qui peuvent être des héros. Un médecin Canadien peux sauver des centaine de vie par années, un policier peut consacrer sa vie à combattre le crime et à aider ses concitoyens, une philanthrope peut se dévouer corps et âmes à aider les plus pauvres et les plus faibles de notre société mais selon la nouvelle pensée de nos dirigeants ils ne valent rien. Le "HÉRO" maintenant c'est le soldat. Le soldat qui risque sa vie pour combattre le terrorisme ou pour rétablir la démocratie ou peut-être est-ce pour défendre nos valeurs ou encore pour libérer le peuple Afghans ou peut-être serait-ce pour supporter nos partenaire de l'OTAN ou je ne sais plus quoi encore.

    Le Canada n'a rien à prouver à qui que ce soit, pour dix nations qui nous bouderaient pour s'être retiré d'Afghanistan, vingt nous féliciteraient pour notre lucidité. Si c'est la menace des punitions économiques (que pourrait nous imposer les américains ou des partenaires de l'Otan) qui devait motiver notre obstination à poursuivre la mission en Afghanistan, je dis ayons le courage de se retirer et trouvons nous de nouveaux partenaires économiques (bien sûr il est possible qu'il ne proviennent pas du milieu pétrolier mais c'est possible).

    Le courage ce n'est pas de faire comme le veulent nos alliés, le courage est de s'affirmer et de faire ce qui est JUSTE même si par cela nous devions nous mettre à dos nos alliés. »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    vendredi 13 juillet 2007 10h18
    Un autre Irak?
    « Le Canada est, avec d'autres pays, en Afghanistan pour combattre le terrorisme international, en particulier les talibans. Les autes motifs de notre présence sont d'ordre secondaire, ne l'oublions pas. Est-ce que nous réussissons dans cette lutte au terrorisme? Telle est la question auquelle il faut une réponse claire. Elle ne me semble pas avoir été donnée jusqu'ici. S'il n'y a pas de perpective probable ou raisonnable de victoire en terre afghane, aussi bien reprendre se billes et rentrer à la maison. Stephen Harper et les autres membres de l'OTAN me paraissent peu convaincus et convaincants dans la défense de cette mission militaire en Afghanistan. La situation me fait malheureusement penser à celle des forces étrangères en Irak. Il faut vraiment y croire et croire à son succès pour y rester. »

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    vendredi 13 juillet 2007 15h28
    Afghanistan, encore et toujours
    « La présence des forces armées canadiennes en Afghanistan pose tant au gouvernement qu'aux partis d'opposition un dilemme bien difficile à résoudre. Tout repose au départ sur l'erreur commise par le président des États-Unis lorsqu'il a décidé d'attaquer l'Irak sous de faux prétextes. D'un côté, il négligeait la guerre aux terroristes d'Al-Quaida en Afghanistan en envoyant massivement ses troupes en Irak plutôt que dans ce pays, et d'autre part, il amenait le Premier ministre canadien d'alors, Jean Chrétien, à s'engager dans une aventure afghane plutôt qu'irakienne, pour soulager les États-Unis.

    Il semble clair que cet engagement en Afghanistan ne s'est pas fait sur les bases d'une analyse approfondie de la situation et de ses répercussions. Et lorsqu'il a été question, avec Paul Martin, du déploiement des troupes canadiennes à Kandahar, il n'y a pas eu d'analyse plus poussée de la situation et de ses conséquences.

    Or, les conséquences de ce déploiement apparaissent de plus en plus clairement : des pertes en vies humaines toujours plus nombreuses, des coûts financiers qui vont sans cesse croissants et des résultats concrets douteux. Que faire? C'est là que se pose le dilemme qui se résume en deux mots : partir ou rester.

    Partir, c'est bien évidemment ternir l'image internationale du Canada, en particulier auprès des autres membres de l'OTAN. C'est quitter le bateau avant qu'il ne coule et n'engloutisse tous ceux qui se trouvent à son bord. Politiquement, par contre, c'est répondre à l'aspiration de nombre de Canadiennes et de Canadiens qui se demandent bien ce que nous faisons dans cette galère, et si l'Afghanistan ne sera pas un Irak bis, dans lequel on ne peut que s'embourber. Mais n'est-ce pas aussi abandonner un pays à la terreur du régime taliban, dont on ne connaît que trop les exactions?

    Rester, c'est assumer des risques imprévisibles, c'est-à-dire des pertes en vies humaines, des dépenser incalculables, des résultats incertains, le tout pendant combien de temps, des dizaines d'année? Sur le plan politique, c'est pour Stephen Harper se placer dans une situation délicate, étant donné les réactions de l'opinion publique, Son avenir politique risque de se trouver mis à mal. D'où très certainement ses nouvelles déclarations voulant qu'il ne demande pas à nos troupes de continuer leur travail en l'absence d'un consensus parlementaire.

    C'est sans doute la nouvelle façon selon laquelle il envisage de se sortir d'un dilemme insoluble : faire porter à l'ensemble de la députation la responsabilité de la solution. Cette stratégie peut-elle réussir à le tirer d'affaire? Ou, en parlant de « nouvelle mission », a-t-il en réserve une botte secrète qu'il ne sortira qu'à la dernière minute? Pourrait-il s'agir de négocier avec l'OTAN, pour retirer nos troupes de la zone dangereuse de Kandahar et les replacer dans une zone pacifiée, avec une mission de reconstruction, le Canada ayan payé son tribut à la cause commune?

    Mais, contrairement à la conclusion de Norman Spector qui déclare que « si le Canada choisit de ne pas continuer sa mission à Kandahar -- et ceci sans même offrir d'y rester si nos alliés acceptent de venir nous y rejoindre --, il se pourrait bien que ses citoyens se lèvent un jour sans être capables de se regarder dans le miroir. », la solution du problème n'est pas d'ordre sentimental. Elle ne peut reposer que sur une analyse rationnelle des faits, de la situation, de ses répercussions, ce que les prédécesseurs de S. Harper ne semblent pas avoir fait. Il serait donc temps d'y procéder et de nous en faire connaître, à nous les citoyens canadiens, toutes les données et tous les résultats. Le député travailliste Aneurin Bevan, alors dans l'opposition, avait raison lorsque le 3 décembre 1956, dans un discours à la Chambre des communes britannique, lors de la crise du canal de Suez, il déclarait : «... quand une nation fait la guerre, elle devrait être tout à fait claire sur sa raison. Et elle ne devrait jamais changer son raisonnement au fil du temps». Cette assertion reste vraie de nos jours. »

  • Luc Poudrier
    Inscrit
    vendredi 13 juillet 2007 19h23
    "Faire pipi plus loin"
    « Je ne savais pas que les pays faisaient entre-eux des concours de ce celui qui ferait pipi le plus loin, ou cognerait le plus fort ou encore celui qui aurait le plus gros canon. À en croire les promoteurs de guerres tel M. Spector la seule façon pour le Canada, ou tout autre pays, de rayonner parmi les nations du monde c'est de démontrer que l'on est prêt à faire la guerre, que l'on est prêt à tuer et à mourir. Serait-il possible de rayonner en partageant nos découvertes scientifiques, en accueillant plus de réfugiés, en aidant la négociation entre peuples ennemies?

    Les Canadiens ont prouvé maintes fois leur sollicitude et leur courage, par leurs vaillantes participations aux deux grandes guerres, par notre contribution exemplaire aux nombreuses missions de paix de l'ONU, pour avoir soutenu la création d'organismes unificateurs tel la Cour Pénal International.

    Si nous devions porter foi aux discours à la modes qui tonnent de tout coté, il n'y aurait que les soldats qui peuvent être des héros. Un médecin Canadien peux sauver des centaine de vie par années, un policier peut consacrer sa vie à combattre le crime et à aider ses concitoyens, une philanthrope peut se dévouer corps et âmes à aider les plus pauvres et les plus faibles de notre société mais selon la nouvelle pensée de nos dirigeants ils ne valent rien. Le "HÉRO" maintenant c'est le soldat. Le soldat qui risque sa vie pour combattre le terrorisme ou pour rétablir la démocratie ou peut-être est-ce pour défendre nos valeurs ou encore pour libérer le peuple Afghans ou peut-être serait-ce pour supporter nos partenaire de l'OTAN ou je ne sais plus quoi encore.

    Le Canada n'a rien à prouver à qui que ce soit, pour dix nations qui nous bouderaient pour s'être retiré d'Afghanistan, vingt nous féliciteraient pour notre lucidité. Si c'est la menace des punitions économiques (que pourrait nous imposer les américains ou des partenaires de l'Otan) qui devait motiver notre obstination à poursuivre la mission en Afghanistan, je dis ayons le courage de se retirer et trouvons nous de nouveaux partenaires économiques (bien sûr il est possible qu'il ne proviennent pas du milieu pétrolier mais c'est possible).

    Le courage ce n'est pas de faire comme le veulent nos alliés, le courage est de s'affirmer et de faire ce qui est JUSTE même si par cela nous devions nous mettre à dos nos alliés. »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    samedi 14 juillet 2007 01h13
    Pouvoir se regarder dans le miroir...
    « Il n'est pas si difficile qu'il n'y paraisse, de savoir si Stephen Harper a changé sa position. Nous n'avons qu'à le juger par ses actes et non par ses discours qui peuvent diverger du blanc au noir dans la même journée, tout dépendant de l'auditoire auquel s'adresse M. Harper.

    Les journalistes ont la manie de s'intéresser beaucoup au discours et très peu aux actes.

    Naif, M. Harper? Apparemment. Homme de principe? Sûrement, mais, de quels principes? Oui, quels principes, voilà la bonne question!

    Nos fiers soldats ne se font pas tuer dans cette guerre "juste" (sic), uniquement par la faute du gouvernement Harper. Bloquistes et libéraux supportent eux aussi l'effort de guerre. Selon moi, leur part de responsabilité dans ces tueries, est supérieure au gouvernement minoritaire conservateur. Dans leur cas aussi, on est en droit de se demander si ces gens ont des principes?


    "M. Harper devra commencer à dire la stricte vérité aux Canadiens quant à la position de son gouvernement et aux perspectives de la mission."
    Mais voyons, M. Spector, avec votre longue expérience du monde et de la guerre, vous devriez savoir pertinemment que la vérité est la première victime de toutes les guerres. La guerre d'Afghanistan, aussi juste qu'on nous le martèle, n'y fait pas exception. En tant qu'observateur et surtout en tant que journaliste, vous devriez plutôt creuser un peu plus cette guerre sale pour nous livrer les vrais enjeux de cette occupation, pour nous dévoiler les vraies raisons de cette tuerie.

    Au lieu d'enquêter sérieusement, vous répéter et commenter les discours de politiciens de principes (sic). C'est bien malheureux que depuis le 11 septembre 2001 le journalisme d'enquête ait disparu.

    «quand une nation fait la guerre, elle devrait être tout à fait claire sur la raison.» Aneurin Bevan.

    Soyez honnête, M. Spector, et dénoncez toutes ces raisons floues concernant cette guerre d'occupation.

    La guerre d'Afghanistan, déclenché le lendemain du 11 septembre 2001 (pour ne pas dire la veille du 11 septembre 2001), est directement liée aux attentats du WTC, le Pearl Harbor du XXI siècle. Suite à ce nouveau Pearl Harbor, une sympathie mondiale fut rapidement mise à contribution. C'est là où Jean Chrétien a offert nos soldats canadiens pour participer à la revanche du monde libre.
    C'est seulement à ce moment, sous Jean Chrétien, que nous avons su clairement pourquoi nos soldats étaient envoyés en Afghanistan. Cette entente avec l'administration Bush est survenue bien avant que la guerre d'Irak ne se dessine.

    Il faut presque faire preuve de malhonnêteté intellectuelle pour ne pas souligner ces faits historiques majeurs.
    Une guerre juste (sic) approuvée par les Nations unies, on se l'est fait dire et on se le fait dire encore quotidiennement, "approuvée par l'ONU". Mais approuvée dans quelle circonstance?
    Le 11 septembre 2001 n'est tout de même pas un événement négligeable. Ce jour, un choc psychologique mondial fut enregistré. Comme dans le cas de tout choc majeur, les décisions prises pendant ce traumatisme, sont à reconsidérer.


    "Un engagement de 30 ans sera nécessaire pour reconstruire le pays".
    Reconstruire le pays! Vous voulez rire! Reconstruction!
    Ça fait cinq longues années que les troupes occidentales ont délogé les talibans et occupent l'Afghanistan. En cinq ans, outre la corruption, qu'est-ce qui a donc été reconstruit?
    La population afghane a-t-elle de l'eau potable, des services sanitaires, des soins de santé, de l'électricité, des conditions de vie décentes?
    Pourquoi si peu d'information nous parvient de ce pays libéré (sic), maintenant démocratique (sic)?
    Le port de la burka a-t-il diminué après cinq longues années sans les talibans?
    L'an dernier fut une année record des femmes afghanes s'immolant pour se libérer de cet enfer. On constate tout le bien que notre occupation apporte à ces pauvres femmes afghanes.

    "Abandonner notre rôle à Kandahar, cela porterait un sérieux coup à notre réputation mondiale."
    Pas si sûr! Tout dépend dans quelle partie du monde l'on se trouve. Le Canada a toujours eu la réputation d'être pacifiste, malheureusement, depuis peu, cette réputation se ternit rapidement, nous sommes de plus en plus associés aux politiques états-uniennes.
    Se retirer d'Afghanistan, ennoblirait notre image mondiale.

    "Le retour au pouvoir des talibans ne pourra s'accompagner que d'atteintes horrifiantes aux droits de la personne."
    Affirmation gratuite, propagande.
    Pourquoi ne pas dire comment sont nés les talibans? Encore un sujet de journalisme d'enquête intéressant.
    Facile de dire que les talibans sont la cause de tous les maux afghans. Depuis cinq ans, ce n'est pas les talibans qui contrôlent l'Afghanistan. On ne constate aucun progrès dans les droits humains.
    On ne parle jamais d'oléoducs, de gazoducs, de pétrole, pourtant ce sont les principales reconstructions auxquelles se sont attaquées les troupes d'occupation.



    Avec un journalisme d'enquête, un peu plus sérieux et un peu moins complaisant,
    il se pourrait bien que les citoyens américains se lèvent un jour sans être capables de se regarder dans le miroir. »

  • Charles Lemieux
    Abonné
    mardi 17 juillet 2007 10h57
    Sortir d'Afghanistan
    « Dans sa chronique du 12 juillet dernier dans le Devoir, M. Norman Spector plaide pour que les troupes canadiennes restent en Afghanistan. Il nous dit que « M. Harper devra commencer à dire la stricte vérité aux Canadiens quant à la position de son gouvernement et aux perspectives de la mission ». Si on se fie à ce qui a été révélé ces jours-ci quant à l'ordre donné par le chef d'état-major des Forces canadiennes (FC) Rick Hillier de bloquer toute demande d'information sur la mission militaire en Afghanistan, notamment au sort réservé aux prisonniers que les FC remettent aux autorités afghanes, on est ici très loin de « dire la vérité ». On sent au contraire que le gouvernement Harper cherche à retenir toute information qui pourrait accroître encore davantage l'opposition croissante à cette guerre d'occupation menée d'abord par les États-Unis sous les fallacieux prétextes de la « guerre au terrorisme » et de la « reconstruction de l'Afghanistan ». Si M. Spector croit vraiment qu'il faut être « tout à fait clair » sur la raison pour laquelle le gouvernement du Canada fait la guerre en Afghanistan, peut-être pourrait-il commencer par rechercher et révéler aux lecteurs du Devoir les intérêts économiques et géostratégiques que certains groupes d'intérêts proches des cercles dirigeants au Canada cherchent à promouvoir à travers une participation militaire du Canada à cette guerre d'occupation. En attendant que M. Spector y travaille, je reste d'avis, comme plus de 70% des Québécois, que le Canada doit sortir immédiatement d'Afghanistan.

    Charles Lemieux
    Longueuil »

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