dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 01h01
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

La réalité afghane

Bernard Descôteaux   7 juillet 2007  Canada
Encore et toujours l'Afghanistan. Cette semaine, six autres soldats canadiens ont perdu la vie, s'ajoutant ainsi à une liste déjà trop longue. Depuis que le Canada participe aux opérations de pacification et de reconstruction de ce pays, 66 Canadiens y ont laissé leur vie. Et d'autres décès sont à venir d'ici la fin de la mission, en février 2009.

Est-ce trop cher, 66 morts, pour pacifier un pays aux antipodes du Canada et y défendre une cause qu'on pourrait penser perdue d'avance? Plusieurs le croient et suggèrent le retrait immédiat des troupes canadiennes avant que le Canada ne connaisse son Vietnam. Parmi ceux-là se trouve le chef du NPD, Jack Layton, qui veut faire des prochaines élections complémentaires qui auront lieu au cours des prochains mois dans quelques circonscriptions à travers le Canada un référendum sur la mission canadienne en Afghanistan.

Qu'on soit pour ou contre cette mission, on ne peut rester insensible devant un tel bilan. Demander un retrait immédiat des troupes canadiennes serait toutefois se donner bonne conscience à peu de frais. Des engagements ont été pris par le Canada envers l'OTAN et le gouvernement afghan. Le Parlement fédéral les a entérinés et il faut les respecter, quitte à ne pas les renouveler.

Prenons acte à cet égard de cette déclaration du premier ministre Stephen Harper selon laquelle la participation militaire du Canada à la reconstruction de l'Afghanistan ne sera prolongée que s'il existe un consensus au sein de la Chambre des communes. Dans les circonstances actuelles, on peut croire que le gouvernement conservateur ne réunira pas un tel appui et que les militaires canadiens rentreront au pays dans moins de deux ans. Entre-temps, il faudra par contre se préoccuper de la situation qui est la leur sur le terrain et limiter les risques qu'ils courent.

Sur ce plan, le gouvernement Harper ne semble pas avoir fait tous les efforts nécessaires pour fournir l'équipement adéquat aux Forces armées. Parmi les 66 soldats tués, tous ne sont pas tombés au combat, comme le veut l'expression consacrée. Comme cette semaine, plusieurs ont été victimes d'attentats alors qu'ils se trouvaient à bord de véhicules qui leur offraient une protection insuffisante. Si on attache une certaine importance à la vie de ces soldats, il faudra être prêt à leur accorder de meilleurs équipements et à en payer le prix. Il faudra par ailleurs cesser de sous-estimer la détermination de l'ennemi combattu. Les déclarations des porte-parole des Forces armées laissent croire à des progrès sur le terrain, ce qui ne correspond pas aux rapports des quelques journalistes présents en Afghanistan. Il ne sert à rien de créer un faux climat positif dans le but d'entretenir le moral des troupes ou pour faire croire aux Canadiens que tout va pour le mieux. La réalité, ce sont ces 66 morts et d'autres à venir. D'ici février 2009, il faut qu'il y en ait le moins possible.

bdescoteaux@ledevoir.com
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Jean-Pierre Aubry - Abonné
    7 juillet 2007 09 h 31
    Une stratégie perdante
    Même si l'objectif de pacifier et démocratiser l'Afghanistan était louable, la mission de l'Otan dans ce pays peut ne pas être une bonne mission parce que la stratégie militaire choisie est perdante. Avec des effectifs aussi peu élevées, avec des frontières aussi poreuses, avec une population aussi nombreuse, avec une superficie aussi grande à couvrir et avec une géographie aussi difficile, je ne pense pas que l'on peut atteindre les objectifs fixés par les États-Unis et l'Otan. Les Russes n'ont pas réussi avec des effectifs beaucoup plus importants.

    Regardez ce qui se passe en Irak malgré les ressources énormes (personnes et matériel) investies par les Américains. Regardez ce qui s'est passé au Vietnam...

    Faire des sacrifices lorsque la stratégie est perdante ne fait aucun sens.

    Jean-Pierre Aubry
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Bernard Charier - Abonné
    7 juillet 2007 09 h 36
    La réalité afghane
    Tous les moyens de défense ont toujours été vaincus par des moyens offensifs au cours de l'histoire. Les murailles des châteaux forts ont baissé pavillon devant la naissance de l'artillerie; la Ligne Maginot a été contournée par des unités blindées, les forts belges rendus inutiles par l'utilisation de parachutistes, etc. Si on utilise un énorme char sur les pistes d'Afghanistan, les Talibans doubleront, tripleront la charge explosive.
    Bernard Charier, Montréal
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • camelot - Inscrit
    7 juillet 2007 09 h 54
    Non à la guerre
    Les Québécois n'ont rien à voir avec les terroristes. Ben Ladden a été formé par les Américains et celui-ci s'est retourné contre eux. Ils paient pour leur politique impérialiste. Plutôt que d'envahir l'Irak, ils auraient pu établir un dialogue qui aurait été certainement plus positif que la guerre civile qu'ils ont apporté. Ils veulent faire porter l'odieux de leurs décisions à tous les pays. Ils doivent assumer leurs décisions, point à la ligne.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gilles Bousquet - Inscrit
    7 juillet 2007 10 h 24
    DEUX POIDS DEUX MESURES ?
    M. Descôteaux écrit : «il faudra être prêt à accorder à nos soldats de meilleurs équipements et à en payer le prix».

    Comme ils semble avoir 5 fois plus de morts parmi les civils afghans, tués par les forces de l'OTAN "principalement canadienne où ça brasse", est-ce que M. Descôteaux pense aussi à mieux protéger ces civils là contre nos soldats ?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Guy Fafard - Inscrit
    7 juillet 2007 12 h 50
    soldats, décès, Gouvernement, Forces armées, Canada (Pays), Afghanistan (Pays)
    JE ME TROUVE SATISFAIT DE:(Cette déclaration du premier ministre Stephen Harper selon laquelle la participation militaire du Canada à la reconstruction de l'Afghanistan ne sera prolongée que s'il existe un consensus au sein de la Chambre des communes...Entre-temps, il faudra par contre se préoccuper de la situation qui est la leur sur le terrain et limiter les risques qu'ils courent).
    ON NE DOIT PAS QUE SE PRÉOCTUPER, DES MESURES CONCRÈTES DOIVENT ÊTRE PRISES.
    MERCI VOTRE ARTICLE EST TRÈS CLAIR.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Simon Garneau - Abonné
    7 juillet 2007 15 h 04
    JUSTIFICATION À LA GUERRE
    Le gouvernement fédéral a utilisé toutes sortes d'arguments nébuleux et en constante évolution pour justifier son intervention militaire en Afghanistan. De combattre le terrorisme au début, on en est rendu à construire des écoles. Devant le scepticisme grandissant de la population, le gouvernement a décidé d'envoyer l'armée au front de la propagande.
    Tous les moyens sont bons, campagne médiatique, défilée, présence militaire à des événements sportifs et même à l'assemblé nationale. Le but de toute cette opération est de faire dévier le débat vers un appui inconditionnel aux troupes « qui risquent leurs vies pour nous ». On veut ainsi faire taire toute opposition à cette guerre injustifiable, en l'assimilant à une trahison envers nos valeureux soldats.
    Le gouvernement utilisera l'appui initial de la population à ses troupes, pour la transformer en appui à sa politique militaire. Par la suite, il voudra logiquement donner à ses soldats les moyens de mener les combats et pourra ainsi justifier l'accroissement considérable du budget militaire.
    Tout cela se fera au détriment des autres services à la population. On demandera au bon peuple de plus en plus de sacrifices. Les fabricants et les marchands d'armes salivent déjà devant les plantureux contrats à venir. En fait c'est la seule justification logique à cette guerre.
    Ce procédé a été utilisé à mainte reprise avec succès dans le passé. Au sénat américain on a utilisé cette technique lors de la guerre du Vietnam et plus récemment à l'occasion de la guerre en Irak.
    Ce qui me désole le plus c'est l'aveuglement des médias et des journalistes devant ces grossières manoeuvres si souvent utilisées dans le passé.


    Simon Garneau
    Québec
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Zach Gebello - Inscrit
    7 juillet 2007 15 h 57
    Sacrifier sa vie pour le bonheur d'un banquier.
    Si le Canada a une participation si importante dans cette "guerre imaginaire" qui fait de vraies victimes, c'est parce qu'il est le pays qui est dominé par le plus important cartel bancaire au monde. Ses 5 grandes banques contrôlent 60% de son marché bancaire et sont redevables à la Federal Bank Reserve.
    Le Canada n'est plus indépendant.

    Seul le Québec conserve une indépendance grâce à sa Caisse Desjardins qui contrôle 50% de son marché bancaire.
    Pas étonnant que le Québec est différent dans son attitude devant cette folie criminelle!

    Le Québec est forcé de participer à cette guerre imaginaire horrible parce-qu'il est lié à ce Canada vendu, et tout aussi imaginaire.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Guimont Rodrigue - Inscrit
    8 juillet 2007 10 h 36
    Épreuves de forces et raisons d'État... par Rodrigue Guimont
    Cette guerre, sous des dehors sois disant humanistes, est une guerre ou les motivations sont autres que celles qu'on nous laisse bien entendre.

    Ce qui m'attriste c'est de voir dans les Centres de Recrutement de l'Armée Canadienne, des jeunes gens, à peine sortis de l'adolescente, souvent sans véritable avenir devant eux, s'enrôler pour promouvoir supposément la liberté au son de slogans tels que: «combattez le chaos, combattez la peur, combattez la détresse», sans comprendre réellement le sens de leur engagement. L'armée pour les attirer, leur promet un bon salaire, une formation intéressante, frais de scolarité totalement subventionnées, emploi garanti après diplôme, un bel avenir devant soi et qui sait même - avec le temps - un poste de ministre!..

    Cependant nous ne sommes pas ici chez les scouts, et le but de cette guerre n'est pas le dépassement de soi afin de faire un meilleur citoyen et défendre la démocratie. Pizzas congelés, papier de toilette et soupes instantanées ne font et ne feront jamais la démocratie. Obliger un peuple à consommer comme nous consommons, avaler la démocratie sous la forme d'un hamburger, je n'appelle pas cela la démocratie...

    Non, le but de cette coalition est bel et bien la mainmise sur le pétrole de la mer Caspienne sans compter les possibles marchés en Asie orientale. Au lieu de réduire et de promouvoir la réduction d'énergie fossile, nos sociétés occidentales font tout pour sécuriser de nouveaux réservoirs et de nouvelles routes pour leurs propres besoins industriels. Sous l'enjeu des intérêts mercantiles, il faut bien donner l'impression aux Canadiens de combattre pour l'égalité des sexes, l'éducation des petites filles et la construction des écoles civiques.

    Le 6 novembre dernier, le monde saluait le 50ième anniversaire par Lester B. Pearson des Casques Bleues pour le maintien de la paix. Mais voilà nous n'en sommes plus là, il n'y a pas d'opposition réelle, unie, cohérente et uniforme à Ottawa. Pas de ligue capable de faire face aux délires des militaires hauts gradés, appuyés - que dis-je! soutenus - par un Premier Ministre à la tête, de plus, d'un gouvernement minoritaire.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michaël Lessard (micles.biz) - Abonné
    8 juillet 2007 12 h 05
    Le Parti Conservateur ignore les femmes qui se lèvent et parlent
    Le Parti Conservateur du Canada fait semblant de ne pas voir que la seule députée afghane ayant le courage de se lever pour dénoncer les crimes et l'oppression a été expulsée du parlement afghan parce qu'elle a insulté le parlement à la télévision. En effet, Malalai Joya, qui a survécu quatre tentatives d'assassinat déjà, a affirmé à la télévision que le parlement afghan n'aide pas les peuples de l'Afghanistan.

    Ce gouvernement qui nous bourre le crâne d'une propagande selon laquelle il dépense des milliards pour aider les filles en Afghanistan, ne fait rien pour appuyer cette femme ÉLUE démocratiquement! À la place d'agir pour les droits des femmes, il coupe dans les bureaux d'aide aux femmes au Canada (entre autres) et donne un milliard aux pétrolières.

    Cette députée RISQUE SA VIE pour donner une voix aux sans-voix pendant que ce gouvernement canadien utilise de manière mensongère les femmes pour justifier leurs interventions militaires!

    C'est donc à nous, citoyens et citoyennes honnêtes, d'agir à la place du Parti Conservateur.

    Voir...

    :: un article gratuit que j'ai écrit pour résumer la situation de cette femme élue démocratiquement:
    http://www.siriel.info/node/view/475

    :: le site de Malalai Joya (anglais/arabe)
    http://www.malalaijoya.com
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gilles Bousquet - Inscrit
    8 juillet 2007 14 h 12
    LA MITRAILLETTE ET LA TRUELLE CANADIENNE
    Nos soldats partent, la mitraillette à la main, à la guerre, "qui ne plait guère aux amoureux" en Afghanistan pour construire des écoles. Faudrait bien informer notre gouvernement Harper que ça va mieux avec une truelle pour poser les briques sur les murs défoncés par les bombardements américains. "Les mitraillettes, c'est pas pour boucher les trous, c'est pour en faire de nouveaux dans les autos, les murs ou les Talibans et quelquefois, les civils afghans...par erreur", ce qui fait de la peine à nos braves mais, à la guerre comme à la guerre parce que le pétrole, si utile à notre économie, ça pousse pas n'importe pas dans les arbres du Canada.

    Les Russes avaient la faucille et le marteau sur leur drapeau, on pourrait s'en inspirer et placer la mitraillette et la truelle sur celui du Canada pour illustrer la carotte et le bâton quand il s'agit de se faire des amis dans le monde.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
10 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012