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Afghanistan: la Croix-Rouge contredit Ottawa

Alec Castonguay   14 juin 2007  Canada
Photo : Agence France-Presse
Ottawa — Contrairement à ce que prétend le gouvernement canadien, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) présent en Afghanistan n'est pas informé de l'état d'avancement des enquêtes ouvertes par Kaboul sur les allégations de torture de ses prisonniers. Le passage de l'entente spéciale intervenue entre Ottawa et Kaboul imposant un tel rôle au CICR n'est donc pas conforme à la réalité.

«Cela ne m'apparaît pas comme un rôle que nous jouerions», a déclaré au Devoir Reto Stocker, le chef de la délégation du CICR en Afghanistan, joint à Kaboul cette semaine. Visiblement, le gouvernement afghan ne s'acquitte pas de son obligation prévue dans l'entente sur le transfert des prisonniers conclue le 3 mai dernier, même si au moins quatre enquêtes devraient normalement être en cours. De son côté, le ministère des Affaires étrangères a été incapable de confirmer ou d'infirmer hier en fin de soirée si le CICR avait été consulté avant d'être ainsi inclus dans l'entente.

M. Stocker rappelle que son organisation ne veut pas être «instrumentalisée» d'aucune manière par aucun gouvernement. Son rôle est de veiller à ce que les prisonniers, quels que soient les pays les ayant capturés, aient des conditions de détention acceptables.

Le CICR est donc, à ce titre, informé des six allégations de torture formulées récemment par des détenus à des représentants canadiens. Mais le CICR n'a pas pour mission de s'assurer que l'enquête prétendument ouverte par le gouvernement afghan pour faire la lumière sur ces accusations est bien menée. «Non, ce n'est pas notre rôle de faire cela», confirme M. Stocker.

Cette déclaration contredit un passage de l'entente spéciale scellée le 3 mai dernier. Pour faire taire ceux qui déplorent le peu de considération accordé par le Canada au sort des prisonniers qu'il remet aux autorités afghanes, Ottawa avait négocié une entente resserrant les mesures de contrôle. Elle stipule que «le gouvernement d'Afghanistan informera le gouvernement du Canada, la Commission indépendante afghane des droits de la personne et le CICR des mesures qu'il prend pour enquêter sur les allégations et les mesures correctives apportées».

«Nous avons un dialogue bilatéral et confidentiel avec le NDS [National Directorate of Security, responsable des prisons], mais je ne crois pas que nous servirions de groupe-ressource auquel quelqu'un devrait se rapporter parce que le gouvernement le demande», conclut M. Stocker.

En 2006, la Croix-Rouge a visité 2400 prisonniers répartis dans les 80 prisons afghanes, essentiellement pour s'assurer que les droits de la personne sont respectés. «Le plus important, c'est que les prisonniers ne courent aucun risque. Ensuite, on regarde les conditions de détention», dit Reto Stocker. Le CICR n'informe pas le Canada des découvertes qu'il fait, même si les prisonniers ont été capturés par les forces canadiennes. «Tout est privé. On ne fait rapport à personne», dit-il.

Une situation humanitaire qui se détériore

En entrevue, Reto Stocker a également fait le point sur la situation humanitaire en Afghanistan. Selon lui, la situation «dégénère» depuis un an, alors que la population civile est de plus en plus en «détresse» en raison de l'intensification des combats entre l'OTAN et les talibans. «Le conflit ne s'est pas juste étendu, il s'est aussi intensifié. L'effet est direct sur les habitants, qui souffrent plus qu'avant», dit-il.

Le chef de la délégation du CICR à Kaboul trace un sombre portrait de la situation dans le sud du pays. Depuis un peu plus d'un an, les talibans ont repris le sentier de la guerre, armés et aidés par les combattants d'al-Qaïda basés le long de la frontière du Pakistan. Pour contrer l'insurrection dans les provinces du Sud, les troupes de l'OTAN sont passées de 1000 à 12 000 soldats en à peine 18 mois. Les opérations de combat pour sécuriser la région se sont rapidement multipliées.

«Le conflit a pris beaucoup d'ampleur, surtout dans le Sud, dit Reto Stocker. Avant, il n'y avait que quelques parties du Sud aux prises avec le conflit, mais aujourd'hui, toutes les provinces d'est en ouest sont touchées. Les signaux sont clairs. Entre 2006 et 2007, la situation s'est détériorée», dit celui qui est en Afghanistan depuis bientôt deux ans.

Mardi à Genève, le directeur des opérations du CICR, Pierre Krähenbühl, abondait dans ce sens. «Les civils souffrent terriblement des menaces incessantes à leur sécurité, comme celles que font peser les bombes placées au bord des routes et les attaques suicide toujours plus nombreuses, ainsi que les bombardements aériens réguliers. Ils sont également privés d'accès aux services de base. Une large frange de la population afghane mène une vie très difficile», a-t-il dit aux médias.

Dans les provinces de Kandahar et de Helmand, où les combats sont les plus violents, le CICR fournit une aide d'urgence à 4000 personnes qui ont perdu leur maison dans la dernière année. «On leur donne des rations alimentaires et on les guide comme on peut», dit Reto Stocker. Les combats ne cessent de pousser sur les routes des centaines d'Afghans errants qui n'ont plus rien, sauf l'espoir de se réfugier dans un coin du pays plus sûr.

Combien y a-t-il de déplacés, de morts et de blessés civils? Reto Stocker aimerait bien pouvoir répondre à cette question. «C'est très difficile de documenter ce conflit, lâche-t-il. Et pas juste pour nous, mais pour toutes les ONG. L'accès à l'information de première main est presque impossible.» Selon un décompte approximatif de l'Associated Press, depuis janvier 2007, 270 civils auraient été tués, la moitié par la force internationale et l'autre moitié par les talibans.

La Croix-Rouge ne peut pas davantage se rendre dans tous les coins chauds du pays pour s'enquérir de la situation. «L'accès est devenu un enjeu critique. Se déplacer en sécurité est difficile, voire impossible. Se rendre où les combats font rage est pénible», dit-il.

Malgré tout, la Croix-Rouge a réussi à augmenter sa présence à Kandahar depuis 12 mois. Une douzaine d'étrangers et 70 Afghans oeuvrent maintenant dans la province. Les activités sont surtout concentrées autour de l'assistance médicale, notamment à l'hôpital régional de Kandahar. «Il y a de moins en moins d'endroits où l'on peut offrir des services de santé de qualité, dit Reto Stocker. Évidemment, ça augmente la détresse des gens. Dans tous les hôpitaux, on traite plus de civils qu'avant.»

Le chef de la délégation du CICR à Kaboul évite de lancer la pierre à l'OTAN pour la souffrance des civils. «La Croix-Rouge n'est pas là pour faire de la politique, dit-il. Et nous savons qu'il n'y a pas de solutions simples et rapides au conflit. On peut juste rappeler aux deux parties qu'un conflit doit épargner les civils et qu'on doit prendre des moyens actifs pour y arriver. Ce n'est pas seulement une obligation légale, mais également morale. Si des deux côtés on prend des engagements plus fermes de faire attention aux civils, je pense que ça peut aider.»






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 14 juin 2007 07h05
    Contradiction
    « C'est confirmé, la force canadienne qui est une bonne partie de la force internationale en Afghanistan est aussi efficace que les Talibans pour tuer des civils, montré plus haut, comme suit : "Selon un décompte approximatif de l'Associated Press, depuis janvier 2007, 270 civils auraient été tués, la moitié par la force internationale et l'autre moitié par les talibans."

    Il est aussi écrit que "La situation «dégénère» depuis un an en Afghanistan, alors que la population civile est de plus en plus en «détresse» en raison de l'intensification des combats entre l'OTAN et les talibans.

    La Croix-Rouge contredit le Canada sur la torture des prisonniers livrés par le Canada. Ça ne regarde pas trop bien pour nous ça. On peut conclure que les Afghans souffrent un peu partout dans leur pays et principalement en prison et que le bonheurs que nous sommes allé leur porter avec nos chars, nos mitraillettes et nos braves soldats, n'est pas encore arrivé en 2007. »

  • andré michaud
    Inscrit
    jeudi 14 juin 2007 08h54
    À qui la faute?
    « La situation en Afghanistan n'est pas la même partout. C'est surtout dans le sud que la situation est plus sanglante et cela est du essensiellement aux talibans et leurs alliés de AlQuaida, Tetchénes etc...pour qui TOUS les moyens sont bons pour imposer le retour de leur régime de terreur.Les troupes de l'OTAN affrontent bien pire que les nazis d'Hitler.Ils sont moins armés mais bien plus fanatiques et cruels. Le fanatisme sanguinaire de ces individus les poussent à provoquer des "bavures" contre les civils dans leur guerre médiatique. Et quand on réussis à mettre la main sur certains de ces sanguinaires et que l'on tente de les faire parler pour éviter d'autres hécatombes, ils crient au nom respect des droits de l'homme etc...et certains prennent partis pour ces sanguinaires plustôt que nos braves militaires qui risquent leur vie pour débarrasser les civils des sanguinaires talibans. L'anti américanisme primaire pousse certaines personnes à prendre part pour les talibans et vouloir que l'on négocie avec ces fascistes religieux.Je ne partage pas du tout cette opinion.

    Je déplore sincèrement le sort réservé à des civils afghans, mais il ne faudrait pas oublier que ce sont les talibans qui provoquent ces malheurs eux qui n'ont jamais eu aucun respect pour les droits de leurs concitoyens. Nos soldats ne demanderaient pas mieux que de n'avoir qu'à supporter l'aide humanitaire uniquement, et que le pays devienne plus sécuritaire; ce sont les talibans qui sont contre cet objectif de paix et d'une plus grande démocratie. Certains semblent oublier cette évidence. »

  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    jeudi 14 juin 2007 10h46
    Une sale besogne menée avec la régularité d'une horloge suisse
    « L'OTAN est armé par le lobby américain de l'armement, les Talibans sont armées par des sous sous contractuels du lobby américain de l'armement.
    Le lobby américain de l'armement a besoin d'un retour d'investissement durable pour que cette petite guerre soit rentable. Il faut donc équiper et maintenir en action des forces suffisamment considérables pour que cette guerre soit économiquement viable. Il faut aussi attiser la haine des Talibans pour maintenir un taux d'actions belligérantes justifiant, à la fois le déploiement des troupes et à la fois leurs actions militaires soutenues. Le mauvais traitement des prisonniers Talibans est nécessaire et joue ce rôle.
    Il ne faut pas détruire les Talibans (génocide) mais maintenir une tension suffisante pour contenir la combustion du bruleur. Ce n'est pas la peur du génocide qui retient l'OTAN mais la peur de la cessation subite du conflit. Il faudrait alors déclencher la guerre d'Iran bien que ni l'opinion internationale, ni les forces armées ne sont prêtes pour à se déployer dans ce secteur.

    Harper est un allié de Bush financé par le Lobby de l'Armement. Dans ce dossier, il ne représente pas le Canada mais les intérêts des républicains et conservateurs dans le maintien des conflits armés à teneur économique dans le monde.

    Harper ne se soucie pas :

    - De la réputation du Canada
    - De la vie de nos jeunes canadiens envoyés se faire tuer
    - De la vérité en chambre face à ce conflit
    - Du bien-ëtre du peuple afghan et de sa survie

    Il fait calmement sont travail pour le lobby de l'armement et son représentant George W. Bush en :

    - Désinformant le parlement canadien
    - Mentant aux soldats canadiens et leurs familles
    - Collaborant avec Karzaï (un autre pantin du Lobby) pour qu'une apparence d'oeuvre humanitaire soit maintenue de façon soutenable pour le maintien de l'opinion mondiale

    On peut sur prendre Harper à mentir presque quotidiennement dans ce dossier. En fait Harper utilise une stratégie bipartite :

    - Par action : mensonge et maintien des efforts de guerre canadiens tant au niveau budgétaire que des effectifs
    - Par omission : en maintenant les médias à l'écart et en s'abstenant de poser des gestes de gestion démocratique des informations afin de ne pas nuire au déroulement du conflit

    Harper noie constamment le poisson et maintien un floue artistique suffisant pour empêcher les médias d'avoir une prise solide tant documentaire que stratégique dans ce dossier. Cette stratégie conservatrice est très efficace puisque dans les faits le conflit perdure et des citoyens canadiens offrent inutilement leur vies dans cette affaire.

    N'ayant pas de prise sur Harper, les médias doivent faire pression sur l'opposition car les députés du NPD, du BLOC et du PARTI LIBÉRAL sont tout aussi au courant de cette stratégie conservatrice que les médias le sont. Ils se confinent dans une confortable position de dénonciateurs doux et mielleux : certes ils dénoncent mais... visant eux aussi le maintien de leurs sièges, ne s'opposent pas à la puissance du lobby de l'armement et du pétrole dans ce dossier.

    Dans son ensemble, le Canada maintient une position d'acquiescement soumis car l'ère des Démocrates n'étant pas encore venue dans le Monde (la France venant tout juste de virer aux tenants du lobby), ils ne se sentent pas une äme de missionnaires pour la paix. Nous vivons donc dans un début de paradigme qui manque son départ : parce que personne n'a le courage d'être un politicien des temps actuels. Tous sont rivés aux valeurs et aux champs de force du paradigme précédent. Il en est de mëme dans le dossier de l'environnement et dans le dossier de la nouvelle économie.

    L'avenir nous met en retard et les grands cataclysmes environnementaux et économiques à venir vont surprendre ces incompétents au détriment des populations civiles mondiales.

    Comme tant d'autres citoyens, je sais que j'appartiens au nouveau paradigme. Je suis même probablement un des nouveaux politiciens de ce nouveau paradigme. Mais je ne connais aucun moyen actuellement d'agir pour le rétablissement de la paix mondiale et la prise en charge des moyens que je connais et des solutions que je possède face aux impasse politiques, environnementales et économiques que nous imposent ceux du pouvoir en nous isolant et en nous empêchant d'avoir accès à la vie politique de notre pays. Nous sommes méticuleusement et très efficacement isolés et maintenus à l'écart des grands partis politiques : ils n'en veulent pas 20, ils n'en veulent pas 10, ils n'en veulent aucun qui pense comme nous. La population ne sachant pas que nous existons croit que l'impasse politique qu'on lui impose soit le seul horizon déployé pour le futur de l'Humanité.

    Pierre Castonguay »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 14 juin 2007 14h02
    La Croix-rouge contredit la feuille rouge
    « Les descendants de nos bons Habitants contre les méchants Talibans épeurants en Afghanistan musulman qui font pan pan tout le temps pendant que le surveillant dément notre gouvernement.

    Ça fait que la Croix-Rouge contredit la feuille rouge au croissant rouge sur la torture, là, on fait dur. »

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