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Le Bloc creuse l'écart

Alec Castonguay   29 mai 2007  Canada
Ottawa — La volte-face surprise du chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, qui a changé d'avis sur son avenir politique en 24 heures le 12 mai dernier, n'a pas érodé la confiance que les Québécois ont en lui. Au contraire, depuis quelques semaines, le parti souverainiste à Ottawa a même accentué son avance sur le Parti conservateur dans les intentions de vote au Québec. C'est ce qui se dégage du volet fédéral du sondage Léger Marketing-Le Devoir. Par contre, le potentiel de croissance des votes est beaucoup plus fort chez les conservateurs, puisque 56 % des répondants affirment être satisfaits du gouvernement Harper, une donnée importante.

Si une élection avait eu lieu sur la scène fédérale entre le 23 et le 26 mai, le Bloc québécois aurait récolté la faveur de 36 % des répondants québécois (après répartition des indécis). C'est une progression de 2 % depuis le dernier sondage de la firme Léger Marketing paru le 16 avril dernier. Le Parti conservateur, de son côté, revient à 28 %, après un bond à 34 % en avril, quelques jours après le dépôt du budget fédéral. «Ce n'est pas une baisse du Parti conservateur, mais un retour à la normale. Ses intentions de vote tournent habituellement autour de 26 à 28 % depuis un bon moment au Québec», souligne Jean-Marc Léger, président de la firme Léger Marketing.

Pour le Parti libéral du Canada, les intentions de vote ne décollent toujours pas. La formation de Stéphane Dion est maintenant talonnée par le NPD dans la province. Ainsi, à peine 17 % des 1001 répondants voteraient pour le PLC, contre 13 % pour le NPD. Il s'agit d'une baisse de 2 % pour les libéraux et d'une hausse de 4 % pour les néo-démocrates depuis le 16 avril. Le Parti vert d'Elizabeth May récolte 5 %.

Chez les électeurs francophones qui décident du sort des politiciens dans une cinquantaine de circonscriptions au Québec (sur 75), le portrait est encore plus sombre pour les libéraux fédéraux. À peine 13 % des francophones voteraient pour Stéphane Dion. C'est un point de moins que le NPD (14 %). Le Bloc québécois est solidement en avance chez les Québécois francophones, avec 40 %, contre 26 % pour le Parti conservateur.

«La marque libérale est ternie au Québec depuis le scandale des commandites. 13 %, c'est extrêmement faible. Même chez les non-francophones, le PLC est devancé par le Parti conservateur (31 % contre 35 %), ce qui est unique», explique Jean-Marc Léger. Un tel résultat ne permettrait pas au PLC d'augmenter le nombre de sièges qu'il est allé chercher au Québec à la dernière élection (le PLC en a obtenu 13, le Bloc 51 et le PC 10).

Selon Jean-Marc Léger, les intentions de vote montrent que les Québécois ont facilement pardonné à Gilles Duceppe sa valse-hésitation entre le PQ et le Bloc il y a un peu plus de deux semaines. Mais pour être bien certain, Léger Marketing a demandé aux électeurs en quel chef politique ils avaient le plus confiance. Encore là, Gilles Duceppe arrive en tête (30 %), devant Stephen Harper (28 %), Jack Layton (16 %) et Stéphane Dion (13 %). Elizabeth May, peu connue au Québec, récolte 2 %.

Les francophones font davantage confiance à Gilles Duceppe (35 %) devant Stephen Harper (26 %), alors que chez les non-francophones, Harper est fortement en avance. Pas moins de 38 % des répondants allophones lui font le plus confiance, devant Stéphane Dion (21 %), Jack Layton (15 %) et Gilles Duceppe (8 %).

«Gilles Duceppe n'a pas perdu de point [personnel] ni d'intentions de vote malgré ses difficultés. Sa crédibilité n'est pas atteinte. L'indicateur de confiance n'a pas bougé», affirme Jean-Marc Léger.

Par contre, le potentiel de croissance de la formation souverainiste est faible, dit le sondeur. «L'appui à la souveraineté du Québec est présentement à 39 %, soit son plus faible résultat depuis 2002 [voir le sondage paru hier]. Or c'est à peine 3 % de plus que les intentions de vote du Bloc, ce qui n'est pas bon signe», dit le président de Léger Marketing.

Les meilleures perspectives d'avenir sur la scène fédérale au Québec se trouvent du côté des conservateurs, juge Jean-Marc Léger. Le gouvernement Harper reçoit en effet un taux de satisfaction de 56 % dans la province, alors que 40 % des citoyens sont insatisfaits de ses actions. «Dans les pays occidentaux, c'est très rare maintenant que les gens soient majoritairement satisfaits d'un gouvernement. Les électeurs sont de plus en plus critiques. Il y a deux fois plus de gens satisfaits du gouvernement que de gens prêts à voter pour Stephen Harper. Il y a là un potentiel de croissance beaucoup plus élevé que dans tout autre parti fédéral», dit-il.

Mais, visiblement, le premier ministre ne suscite toujours pas d'engouement chez plusieurs électeurs. «Les citoyens respectent Harper, mais ils ne l'aiment pas encore. La connexion émotive n'est pas faite. Sauf que le taux de satisfaction montre que les gens cherchent des raisons de voter pour lui, sans toutefois les avoir trouvées pour l'instant», dit Jean-Marc Léger.

Selon lui, le portrait général de la situation montre que les courses à trois pourraient être nombreuses au Québec lors du prochain scrutin fédéral. Une division du vote fédéraliste, notamment entre les conservateurs et les libéraux, pourrait avantager le Bloc québécois, dit-il. «Mais ça devient très imprévisible les courses à trois», précise toutefois le sondeur. Le coup de sonde a été réalisé par téléphone entre le 23 et le 26 mai auprès de 1001 personnes. La marge d'erreur est de 3,1 % 19 fois sur 20.






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 29 mai 2007 07h47
    Confiance, guerre et environnement
    « Il est surprenant que ce sondage indique que les électeurs québécois font confiance presqu'autant au guerrier M. Harper "pas trop fort sur l'environnement" qu'à M. Duceppe (Gilles Duceppe à (30 %) Stephen Harper (28 %), Jack Layton (16 %) et Stéphane Dion (13 %).

    À cause de notre inutile guerre en Afghanistan "qui ne nous a jamais attaqué", le 28 % de M. Harper devrait baisser aussi rapidement que nos soldats morts retourneront et que nos milliards continueront à quitter le Canada pour ça. »

  • Bernard Gervais
    Abonné
    mardi 29 mai 2007 19h41
    Avons-nous le choix ?
    « Même si je désapprouve la tentative récente de Duceppe de déloger Boisclair comme chef du PQ (et on voit ce que cela a donné !), le Bloc demeure le seul parti capable de défendre les Québécois à Ottawa. Harper a beau commencer tous ses discours en français, jamais, depuis longtemps, avons-nous eu un gouvernement fédéral aussi unilingue anglophone (ministres et sous-ministres inclus). De plus, malgré des tranferts d'argent plus importants et la reconnaissance de la nation québécoise (une belle coquille vide), le Parti conservateur reste un formation politique avant-tout au service des gens d'affaires de Toronto, Calgary et Edmonton.
    Quant aux libéraux, ils conservent, en raison du scandale des commandites,l'image d'un parti centralisateur prêt à tout pour empêcher le Québec de s'affirmer. Et que dire de leur nouveau chef, l'inéffable Stéphane Dion, lequel, en réaction à la publication du rapport Grenier sur Option Canada, suggère qu'une enquête soit faite sur les dépenses du camp du OUI lors du référendum de 1995 ! S'il pense avec une telle déclaration qu'il pourra convaincre une majorité de Québécois de voter pour lui, il se met un doigt dans l'oeil. En conclusion, il vaut mieux voter pour le Bloc même si l'on sait qu'il sera toujours un parti d'opposition. »

  • Pierre Allard
    Inscrit
    mardi 29 mai 2007 22h30
    La transhumance à l'anglaise
    « Je crois comme Gilles Bousquet que le soutien des conservateurs au Québec va fondre comme neige au soleil dès qu'un premier Québécois francophone sera tué en Afghanistan. Dommage qu'on n'ait pas la même réaction face à la mort de qui que ce soit, mais ceci est une autre affaire.

    Je vois dans le sondage Leger, cependant, un autre phénomène plus fondamental. Le vote anglophone au Québec, qui se déplace traditionnellement en masse, commence à osciller vers Harper. Résultat prévisible: le Bloc balaye les circonscriptions francophones et celles à population mixte de Montréal, grâce à une division du vote anglophone. Les secteurs solidement anglopphones passent aux Conservateurs et les Libéraux sont à peu près rayés de la carte http://www.nouvellesociete.org/5146.html


    Pierre JC Allard »

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