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L'armée séduit de plus en plus

Une campagne de 27,7 millions a provoqué un bond de 40 % des candidatures

Alec Castonguay   19 mai 2007  Canada
Ottawa — La campagne de marketing persuasive des Forces armées canadiennes porte fruits. Le nombre de soldats augmente, tout comme celui des réservistes, inversant la tendance pour la première fois depuis les années 70. Le nombre de formulaires remplis afin de mener une carrière militaire a également bondi de 40 % entre l'année dernière et cette année, passant de 25 000 à 35 000, selon les nouveaux chiffres officiels fournis au Devoir.

Les Forces canadiennes ont l'appui entier du gouvernement Harper pour déployer leur stratégie de séduction. En effet, depuis que les troupes conservatrices ont pris le pouvoir, en janvier 2006, l'armée a injecté 27,7 millions de dollars dans sa campagne de publicité. Pour l'année financière complète allant du 1er avril 2006 au 31 mars 2007, le ministère de la Défense a dépensé 19 millions de dollars uniquement en publicité (16,1 millions en placement médias et trois millions en conception), ce qui exclut les activités de recrutement sur le terrain.

L'armée canadienne n'a pas seulement mis en ondes une publicité télévisée fort remarquée (jugée à la fois positive et négative), elle a aussi procédé à une refonte de son site Internet, notamment la page d'accueil des citoyens souhaitant s'informer pour devenir des militaires. Les Forces armées ont aussi fait la promotion de l'enrôlement dans les salles de cinéma, sur différents sites Internet et pendant des activités ciblées comme la coupe Grey.

Le site Internet consacré au recrutement connaît d'ailleurs un regain d'énergie impressionnant, ayant franchi pour la première fois la barre du million de visites en mars dernier (1,3 million) alors que, 12 mois plus tôt, la fréquentation s'élevait à 270 000 visites à peine.

Résultat de tout ce battage médiatique, le nombre de demandes d'enrôlement, une bonne façon de mesurer l'intérêt des jeunes pour les Forces armées, a bondi. Alors que, chaque année, environ 25 000 formulaires d'enrôlement trouvaient preneur, entre le 1er avril 2006 et le 31 mars 2007, il s'en est écoulé 35 000, une hausse de 40 %.

Bien qu'il soit impossible à l'heure actuelle de savoir combien de ces demandes mèneront à un rôle concret dans l'armée, les chiffres les plus récents démontrent que le nombre de recrues est aussi en hausse, tant dans la réserve que dans les forces régulières, ce qui ne s'était pas vu depuis plusieurs années. Entre avril 2006 et mars 2007, le nombre de recrues dans les forces régulières a atteint 6536 personnes, en hausse de 2 % par rapport à l'année précédente. Le nombre de recrues réservistes a quant à lui augmenté de 5 %, culminant à 6326.

Merci à la pub et... à l'Afghanistan!

Au ministère de la Défense, on accorde beaucoup de crédit à la campagne de marketing. «On ne peut pas dire que la campagne ne nous a pas aidés, c'est évident», a expliqué Holly Brown, responsable des affaires publiques au sein du Groupe de recrutement des Forces armées canadiennes. «On a eu une très bonne réponse à cette campagne. Ce n'est pas tout le monde qui l'a aimée, mais le public cible, plus jeune et dynamique, a bien répondu.» Selon Mme Brown, la mission en Afghanistan a aussi contribué à attirer un public avide d'action. «La mission n'a pas d'impact négatif sur le recrutement, au contraire. Ceux qui viennent avec nous sont très motivés et savent dans quoi ils s'embarquent. Certains veulent même s'enrôler uniquement pour aller en Afghanistan. Il faut leur dire que le déploiement là-bas n'a rien de garanti, ça dépend de beaucoup de facteurs», a-t-elle expliqué.

Une enquête d'opinion menée par Environics Research Group l'automne dernier et remis au ministère de la Défense en décembre confirme que les Forces armées atteignent leur cible malgré une publicité télévisée plutôt sombre, toute de noir et de blanc, qui met l'accent sur le combat contre le chaos et la peur. Ainsi, entre le début de la campagne de marketing, en septembre dernier, et le mois de décembre, 26 % de la population et 29 % des jeunes pouvaient faire référence à la publicité sans aide extérieure, un résultat au-dessus de la moyenne de

20 %. «Les résultats de cette évaluation indiquent que les activités publicitaires et promotionnelles des Forces canadiennes ont réussi très efficacement à attirer l'attention des Canadiens, tout particulièrement le principal groupe cible que constituent les 17-34 ans», peut-on lire dans l'enquête d'opinion obtenue par Le Devoir.

Ce bon résultat, obtenu à coups de millions de dollars, permet d'inverser une tendance lourde. En effet, entre 1960 et 1998, les forces régulières de l'armée canadienne étaient passées de 119 500 à 60 000 soldats. Ce nombre est resté stable jusqu'en 2004, année où les militaires ont lancé une première offensive publicitaire qui a coûté 6,85 millions de dollars. L'année suivante, en 2005-06, les Forces canadiennes ont appuyé sur l'accélérateur du marketing, dépensant 14,35 millions uniquement en achat d'espaces publicitaires. Avec la nouvelle tranche de 16 millions de 2006-07, l'armée a donc réussi à convaincre suffisamment de gens pour augmenter ses effectifs. Les troupes sont donc passées de 60 000 militaires (en 1998) à 63 451 soldats (en février 2007). Pendant des années, les recrues n'étaient pas en nombre suffisant pour compenser les retraites, ce qui ne semble plus être le cas. Le gouvernement espère avoir

13 000 nouveaux soldats dans les forces régulières et 10 000 réservistes supplémentaires (il y en a 30 000 à l'heure actuelle) d'ici quelques années.

Il y a quelques jours, l'armée confirmait d'ailleurs que la base de Valcartier vient tout juste d'ouvrir un centre d'entraînement satellite puisque le centre principal, à Saint-Jean-sur-Richelieu, est rempli à pleine capacité. Outre Québec, les bases de Borden et Meaford (Ontario), de Gagetown (Nouveau-Brunswick) et de Wainwright (Alberta) ont aussi accueilli des centres d'entraînement satellites pour désengorger le système.

De plus, le ministère de la Défense a revu ses procédures d'embauche pour accélérer le traitement des dossiers. Un des principaux éléments consiste à ne plus faire passer de test d'évaluation physique au début du processus d'embauche. Le candidat fait donc d'abord les entrevues et les évaluations et reçoit ensuite une offre des Forces canadiennes s'il correspond aux critères. «Maintenant, dans 25 % des cas, nous sommes capables de traiter une demande et de faire une offre en une semaine», a expliqué Holly Brown. Le test d'évaluation physique est plutôt exigé dès le début de l'entraînement et n'est plus une condition d'embauche aussi stricte. Si le candidat échoue à son test d'évaluation physique, il se fait prescrire une formation spéciale de quelques semaines. «On va l'aider à améliorer sa condition physique plutôt que de le rejeter», a précisé Mme Brown.

La formation de base est d'une durée de 13 semaines, suivie de plusieurs mois de spécialisation dans un domaine. Les nouvelles recrues reçoivent un salaire initial de 29 000 $. Après quatre ans, les salaires avoisinent les 50 000 $ par année.






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  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    samedi 19 mai 2007 10h05
    LE BON SOLDAT CANADIEN BIEN ENTRAÎNÉ, VISE, TIRE ET TUE LE MÉCHANT
    Canadiens, si la vie et les fusils vous intéressent, l'armée canadienne tue en Afghanistan des Afghans de préférence...Talibans parce qu'ils sont bien bien méchants.

    Voilà la motivation du soldat canadien qui entre dans notre armée et le 50 000$ par année après 4 ans s'il est encore vivant à ce moment.

    Nos autorités nous confirment que nous sommes toujours du côté des bons parce que de l'autre c'est...les méchants. Ça été comme ça avec les Indiens, les Allemands, les Vietnamiens etc..., dans le temps.

    Même si ce sont des Saoudiens en majorité qui ont attaqué les tours des États-Unis, les Américains ont attaqué l'Afghanistan et l'Irak qui ne nous a jamais attaqués et nous les aidons à leur faire la guerre là. Est-ce une erreur qui sent le pétrole ?

  • André Chamberland
    Inscrit
    samedi 19 mai 2007 10h31
    Incroyable et absurde humain guerrier
    Incroyable et absurde cet humain qui veut la paix et qui fait encore la guerre. Il ne se domptera donc jamais. L'attrait du suicide serait à ce point fort qu'il s'enrôle dans l'armée ! WOW !

  • Jules Guitard
    Abonné
    samedi 19 mai 2007 11h38
    Bravo !
    J'aurai bientôt 54 ans et je me demande s'il y aurait une place pour moi dans les Forces. Plus jeune, du temps où j'étais agent d'information au ministère des Finances (1982-87), puis rédacteur principal à la division correspondance du Cabinet du premier ministre (1987-90), je fréquentais assidûment le mess des officiers du Royal Canadian Air Force, rue Gloucester au centre-ville d'Ottawa.

    Je n'y ai rencontré que des gens nobles et fiers, dévoués et sensibles. Depuis, j'ai toujours regretté de n'avoir pas saisi l'occasion de m'enroler qui se présentait dans ma prime jeunesse des années 70.

    Jules Guitard

  • Luc Falardeau
    Abonné
    samedi 19 mai 2007 13h25
    Dépenses mal plaçées ?
    Pourquoi les conservateurs dépensent-ils des sommes plus importantes dans le militaire que dans l'environnement ?

    L'industrie militaire mérite-elle plus d'investissements que celle de l'environnement ?

    Vivement les prochaines élections fédérales...

  • Jules Dufour
    Abonné
    samedi 19 mai 2007 13h36
    À quoi sert l'armée? À faire la guerre et donc à tuer des êtres humains. Quelle honte pour le Canada!
    Quel gaspillage des fonds publics!

    Voir mes articles sur le processus de militarisation en cours au Canada parus au Centre de recherche sur la mondialisation:

    1) «Vers une militarisation croissante du Canada»

    Mondialisation.ca, Le 2 octobre 2006

    Adresse Internet: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=vie

    _________

    2) «Participer à la guerre en Afghanistan est une bonne affaire pour les industries de l'aérospatiale et de la défense»

    Mondialisation.ca, Le 10 avril 2007

    Adresse Internet: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=vie
    Aussi dans le Journal Le Devoir, les 14 et 15 avril 2007:
    ____________

    3) Le titre: «Réarmer le Canada aux dépends du développement humain. Pauvreté au Canada et priorité à la défense nationale».

    Adresse Internet: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=vie


    Dr Jules Dufour, Ph.D.,
    Professeur émérite,
    Département des sciences humaines,
    Université du Québec à Chicoutimi,
    555, boulevard de l'Université,
    Chicoutimi (Québec)
    G7H 2B1

  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    dimanche 20 mai 2007 21h45
    Félicitations M. Beaudin
    Je remarque cependant un copyright à votre article du 17 ami qui reprend largement des idées que nous publions, nous populo barbaro depuis 2000 et même avant dans le courier du devoir. Je suis quand même content qu'un universitaire se réveille et possède le tremplain nécessaire pour faire rayonner ces idées. Bon, comme les idées que nous publions sont données à tout le monde je me réjouis que vous en ayez fait des articles. Je voudrais seulement insister sur le fait que même si la loi dit que celui qui demande le copyright a effectuivement les droits d'auteurs, je ne priverai pas de continuer à écrire ce que j'ai toujours écrit sans vous citer puisque vous arrivez bien après que le train ne soit passé et fort tardivement après que nous ayons envoyé ces idées sous forme de lettres à Stephen Harper au moment auquel aucun universitaire n,était assez brave pour élever la voix.
    Cependant je continue à vous féliciter et vous dire de continuer dans le Même sens.

    Pierre Castonguay

  • AnonymeQc
    Inscrit
    dimanche 3 janvier 2010 00h40
    Merci de l'appui de plusieurs personnes effrontés
    Bonjour à tout ceux qui m'encourage et qui encourage nos troupes canadiennes. Vous devriez aller faire un petit tour en Afghanistan et vous changeriez sûrement d'avis. Désolé de mes offences, mais les commentaires de certains "pousseux de crayons" m'insurgent.

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