mercredi 25 novembre 2009 Dernière mise à jour 09h01


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Langues officielles: Ottawa ferme boutique

16 mai 2007  Canada
Le commissaire aux langues officielles, l’ancien journaliste Graham Fraser, a déposé hier son premier rapport, qui condamne l’engagement de façade du gouvernement envers le bilinguisme. Le gouvernement Harper lui a donné raison en mettant, le jou
Photo : Agence Reuters
Le commissaire aux langues officielles, l’ancien journaliste Graham Fraser, a déposé hier son premier rapport, qui condamne l’engagement de façade du gouvernement envers le bilinguisme. Le gouvernement Harper lui a donné raison en mettant, le jou
Ottawa — Si besoin était, les conservateurs ont donné raison au Commissaire aux langues officielles qui les accuse d’hypocrisie en matière de protection du bilinguisme. Hier matin, les troupes de Stephen Harper ont en effet mis la clé sous la porte du Comité parlementaire sur les langues officielles, le jugeant trop partisan. Le geste, exceptionnel, a été unanimement condamné par l’opposition qui y voit un réflexe totalitaire pour la museler.

Le Comité, dont l’existence est garantie par la réglementation de la Chambre des communes, n’existe plus que sur le papier. La raison? Les conservateurs, qui doivent en assumer la présidence, refusent de le faire. Le Comité ne pouvant pas fonctionner sans chef, l’impasse est totale. Le gouvernement conservateur n’aurait pas pu choisir plus mal sa journée pour poser ce geste, alors que le nouveau commissaire aux langues officielles, l’ancien journaliste Graham Fraser, déposait son premier rapport, dans lequel il condamne l’engagement de façade du gouvernement envers le bilinguisme.

L’imbroglio parlementaire remonte à l’abolition par le gouvernement conservateur, en septembre 2006, du Programme de contestation judiciaire (PCJ). Le PCJ finançait les recours juridiques de groupes minoritaires (dont les francophones hors-Québec) estimant que le gouvernement avait enfreint leurs droits, d’où la décision du Comité des langues officielles d’en étudier l’abolition.

Fâché de cette étude qu’il qualifie de «partisane», le président du comité, le conservateur Guy Lauzon, a unilatéralement annulé la semaine dernière deux réunions prévues à l’horaire, avec un préavis d’à peine quelques minutes. Des témoins venus de Winnipeg et de Montréal sont repartis bredouilles. Hier matin, les membres du comité, par sept voix contre quatre, ont retiré leur confiance au président et obtenu son renvoi. Mais les quatre autres députés conservateurs siégeant au comité ont refusé de prendre le relais de Guy Lauzon. Résultat, tout est maintenant enlisé, et on ignore pour combien de temps.

«Je ne forcerai pas un de mes collègues à servir en tant que président et saper la crédibilité [de Guy Lauzon] quand il n’y a aucune raison d’être démis de ses fonctions», a averti le whip du gouvernement, Jay Hill. «Ce n’est pas à l’opposition de décider qui sera président. Si nous permettions cela, elle pourrait démettre tous nos présidents, et nous jouerions à la chaise musicale ad vitam eternam.» Son collègue ministre Peter Van Loan a même dit y voir une «croisade de persécution».

L’opposition conteste cette interprétation. Toute assemblée délibérante est maître de sa destinée, fait valoir le whip bloquiste Michel Guimond, et peut retirer sa confiance à la présidence par vote majoritaire quand elle le juge nécessaire. «La réalité, c’est que ce gouvernement est minoritaire», rappelle-t-il.
Le débat dépasse les langues officielles. Selon M. Guimond, Jay Hill l’a averti qu’il en irait désormais de même pour tous les autres comités parlementaires: si les députés de l’opposition contestent les présidents conservateurs en poste, les comités cesseront de fonctionner. Les comités parlementaires sont essentiels au cheminement législatif, les projets de loi gouvernementaux y étant envoyés pour analyse avant le vote.

«Pour illustrer le ridicule de la chose, ils pourraient permettre aux présidents de faire ce qu’ils veulent, aller jusqu’à l’extrême anti-démocratique et le garder en poste, parce que si c’est pas lui, c’est personne d’autre, a déploré le député libéral Pablo Rodriguez. C’est la preuve par l’absurde qu’ils veulent donner un pouvoir absolu aux présidents.»

En comité, hier matin, les membres de l’opposition manquaient de mots pour critiquer la décision du gouvernement. «Vous devriez avoir honte», s’est écrié le néo-démocrate Yvon Godin, qui siège au comité depuis 1998. Les conservateurs, quant à eux, tentaient de faire porter l’odieux de la situation par leurs adversaires.

«C’est votre problème car c’est votre motion [de non-confiance] et votre vote qui [vont] déterminer l’avenir de notre comité», a lancé le conservateur franco-ontarien Pierre Lemieux. Au sortir de la rencontre houleuse, les députés conservateurs expliquaient leur refus d’accéder à la présidence par le fait qu’ils faisaient, eux, encore confiance au président Guy Lauzon.

Le député québécois Luc Harvey, à qui on rappelait qu’une majorité de membres du comité avait voté contre M. Lauzon, a laissé entendre que seule la voix du gouvernement importait. «La majorité... C’est l’opposition! Alors on va s’entendre, là...» Une idée reprise par le premier ministre Stephen Harper qui, en Chambre, a déclaré d’un même souffle que «ce sont les membres des comités qui décident de leurs présidents», mais que les conservateurs, eux, avaient encore confiance en M. Lauzon.

Fraser égratigne les conservateurs
Tout cela survient alors que, dans une autre salle sur la colline du Parlement, le nouveau commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, déposait son rapport annuel, dans lequel il critiquait le gouvernement conservateur. «La volonté d’agir du nouveau gouvernement, si elle existe, ne s’est pas encore manifestée aussi clairement qu’on l’aurait souhaité», écrit M. Fraser. «L’annonce des compressions budgétaires de septembre 2006, ajoute-t-il, a semé un sérieux doute dans l’esprit du commissaire quant à l’engagement véritable du gouvernement fédéral.»

M. Fraser note dans son rapport que l’abolition du PCJ a, à elle seule, entraîné 117 plaintes du public en huit mois. Le commissaire a entamé une enquête sur cette question. (Le PCJ a permis de financer la lutte des Franco-Ontariens pour l’hôpital Montfort. Ils se sont battus contre le gouvernement de Mike Harris, dont faisaient partie les John Baird, Tony Clement et Jim Flaherty, aujourd’hui ministres dans le cabinet Harper.)

Certes, note M. Fraser, le premier ministre Stephen Harper se fait un devoir de commencer toutes ses allocutions publiques en français, qu’il se trouve en région canadienne anglophone ou à l’étranger, ce qui «témoigne de son respect exemplaire des deux langues officielles». Mais, s’empresse-t-il d’ajouter, ses gestes «ne sont pas à la hauteur de ses paroles». «Les gestes accomplis par le gouvernement au cours de la dernière année ne traduisent pas ce discours public», estime M. Fraser.

Le commissaire en veut pour exemple le recul important, depuis l’arrivée des conservateurs en poste, de l’offre de service bilingue par le personnel dans la fonction publique, service qui est passé de 24 % à 13 % en un an. M. Fraser rappelle aussi le peu de considération accordée au bilinguisme des candidats à des postes de leadership. Récemment, le gouvernement fédéral a nommé un unilingue anglophone, Russell Mills, à la tête de la Commission de la capitale nationale (qui chapeaute la région d’Ottawa-Gatineau), et un autre, Steve Sullivan, comme ombudsman des victimes d’actes criminels. Confronté à la critique, le gouvernement a alors affirmé que les deux hommes étaient obligés d’apprendre la langue de Molière...

De plus, le commissaire déplore que le gouvernement Harper ait choisi de retirer les langues officielles des responsabilités du Conseil privé, le centre «névralgique» du gouvernement, pour les confier au ministère du Patrimoine. À son avis, il sera plus difficile d’en faire une préoccupation transversale, partout dans l’appareil fédéral.

M. Fraser n’a pas voulu trop commenter la situation au Comité des langues officielles, l’affrontement s’étant produit alors même qu’il entamait sa conférence de presse hier matin. Il a quand même déclaré que le comité a, dans le passé, «joué un rôle essentiel, donc ce serait triste si le comité ne pouvait pas continuer son travail». La Fédération des communautés francophones et acadiennes a demandé au gouvernement de dénouer la crise en nommant un nouveau président au comité.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 16 mai 2007 07h47
    On fond à vue d'oeil dans le Canada
    « On faisait 42% de la Confédération au début, mais plus que 31% en 1901 alors que s'amenaient les grandes vagues d'immigration de l'Europe de l'Est. Puis 26% en 1961, en dépit d'un taux record de natalité, un taux qui réussissait un peu à ralentir la minorisation. L'un des plus hauts taux de natalité au monde à l'époque. Si élevé, si impressionnant qu'Arnold Toybee croyait qu'à la fin des temps il ne resterait plus que 2 peuples : « Chineses and.... French Canadians».

    En 2001, on ne formait plus que 22,9% du « pays qu'on a fondé et nommé » comme disait fièrement le p'tit gars de Shawinigan; en un siècle et tiers d'histoire, on aura fondu de moitié dans « le plus meilleur »...! Voilà pour l'histoire glorieuse

    Pas de chambres à gaz ici. Pas des massacres ou d'expulsions passives. Non, on a juste assimilé tout ce qu'on pouvait assimiler à coups de lois anti-françaises et on a rempli le pays d'immigrants qu'on a aussi assimilés par génération. Du moins, jusqu'aux dernières vagues, beaucoup plus résistantes, mais quand même toutes anglicisées assez rapidement.

    En 2001, les immigrants étaient rendus à 18,4% de la population canadienne, faisant du Grand Dominion le pays comptant la plus forte proportion d'immigrants au monde après l'Australie (les USA, pays d'immigration s'il en est, sont à 11%). Si vs ajoutez leurs enfants et petits-enfants nés au Canada, vs êtes près du quart de la population canadienne!

    Si la tendance se maintient, dès le recensement de 2016, il y a aura plus d'immigrants au Canada que de « Canadiens», comme disent encore nos vieux dans les centres d'accueil lorsqu'ils parlent des « ce que nous sommes » de Jacques Parizeau (on peut bien jouer sur les mots tant qu'on voudra, on revient toujours à la même réalité : notre peuple! Notre peuple maintenant sans nom). On sera alors devenus doublement minoritaires dans le pays qu'on a bel et bien fondé et nommé, comme disait fièrement Jean Chrétien. Les grands cocus de l'histoire nord-américaine.

    Le Canada réel de 2004 a accueilli autant d'immigrants (236,000) qu'il y a d'Acadiens au Nouveau-Brunswick (236,665), autant d'immigrants en quatre ans (près d'un million) que le nombre de « francophones-hors-Québec » (941,560, ce chiffre constitue l'addition des minorités de langues françaises dans les provinces anglophones ainsi que les 3 territoires. Comme certains francophones sont des immigants francophones, le nombre réel des « ce que ns sommes » est plus bas, dans les 800,000 en fait).

    Dans les décennies 60,70 et 80, le Canada acceptait 1,3 à 1,4 million d'immigrants. Dans les années 90, on est monté à 2,2 millions! La dose de cheval!! C'est plus de 2 fois le nombre de francos-hors-Québec! Plus que toute la population de l'Ile de Montréal accueillie en une décennie à peine.

    Dans le Canada réel de 2001, il y a maintenant plus de Chinois (1,029,395) que de francophones-hors-Québec (941,560 ), il y a plus de Noirs (662,210) que de Francos-Ontariens (485,250 ), plus d'Arabes (309,965) ou de Phillipins (327,960) que d'Acadiens en Acadie (276,355; NB 236,665; NE 34,025 et IPE 5,665), plus d'Indiens (de l'Inde, 713,330 ) que de Québécois dans toute la Mauricie (258,773), le Saguenay-Lac-St-Jean (278,519) et l'Abitibi-Témiscamingue (145,964) réunis!!!

    Au Canada, il y autant de gens qui parlent le tagalog (174,060) que le français (langue maternelle) dans tout l'ouest du Canada ( 175,175 ; Man 44,380; Sask 17,775, Alberta 58645 et CB 54,400); autant qui parlent italien (469,485) que français (langue maternelle) dans la ville de Québec et plus qui parlent polonais (208,375) que français dans tout le Bas-St-Laurent (202,037). Bref, en quelques décennies à peine, les «ethnies » ont réussi à nous dépasser sur tous les fronts, nous qui sommes ici pourtant depuis plus de 4 siècles. Et qui avions une natalité record, hors du commun! »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 16 mai 2007 08h14
    FAUDRAIT QUE QUÉBEC OUVRE BOUTIQUE À LA PLACE D'OTTAWA
    « Parce que les État-Unis, la plus grande force économique et l'Angleterre, qui a été la plus grande force coloniale parlent anglais, cette langue est devenu celle du commerce, des affaires et de la communication mondiale faisant des autres langues, des langues plus culturelles. L'anglais remplace depuis longtemps l'espéranto crée par Zamenhof en 1887 comme langue auxiliaire mondiale qui n'a jamais décollé.

    Fait que, faut s'y faire, notre français sera toujours en danger si nous ne nous en occupons pas assez nous-mêmes au Québec. Ce n'est pas la faute du ROC si notre français est pauvre et en survie.

    Notre gouvernement provincial est responsable de l'éducation. Il devrait faire ce qu'il faut pour bien enseigner le français pour la suite de notre culture et l'anglais pour notre survie avec la mondialisation.

    Si les francophones de autres provinces veulent conserver leur langue, ils devront déménager au Québec parce qu'ils sont cuits às long terme. L'anglais a envahit l'Europe et même la France, c'est tout dire. »

  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    mercredi 16 mai 2007 08h19
    Stephen est un Gilles en matière de politique linguistique
    « Stephen Harper est un Gilles de Binche sans oranges dont le bilinguisme se limite au talent de son scripteur lors de ses discours. Voilà tout l'effort torry en matière de bilinguisme pan-canadien : le scripteur de Harper est un bourreur de bosse.

    En dehors de son discours officiel, il agit selon une pensée totalitaire. Il se nourrit de phantasmes dominateurs à propos de la récupération prochaine de la victoire des Sénateurs d'Ottawa à son avantage et oublie qu'au delà du hockey il existe une présidence conservatrice contestée quant au Comité parlementaire sur les langues officielles, un mandat en Afghanistan changé en guerre injustifiable par son gouvernement, une injustice endémique faite aux francophones hors Québec et une utilisation odieuse de l'appareil gouvernemental par une formation minoritaire qui tire toute sa force de son alliance avec les Républicains de George Bush tout en n'ayant pas le courage de soustraire quelques milliards consacrés à satisfaire le lobby de l'armement pour éradiquer la pauvreté infantile au Canada.

    Gilles de Binche : Personnage du carnaval de Binche en Belgique (pays constitué en fédération fondée sur une dualité régionale et linguistique ) arborant un chapeau autrefois fabriqué en plumes de coq ou de marabout mais actuellement garni d'un bon 3 kg de plumes d'autruche. Le Gilles est aidé par son bourreur de bosse qui se charge de gonfler sa silhouette de paille afin de lui donner de la prestance. Il arbore un panier d'osier qu'il remplit d'oranges qu'il lance à l'occasion avec mansuétude aux passants pour faire preuve de sa générosité légendaire. Il joue invariablement du tambour militaire et arbore une ceinture de grelots afin d'attirer l'attention sur son passage.
    Pour avoir causé avec un boureur de bosse : la paille sent très mauvais en fin de parcours lorsque l'on débourre le Gilles. Cela sent l'écurie et la bouse de vache. L'UNESCO reconnaît depuis 2003 que le Carnaval de Binche fait parti du patrimoine mondial à préserver. »

  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 16 mai 2007 09h06
    Les morts lentes
    « Les morts lentes paraissent moins douloureuses. Voir à ce sujet les fumeurs et alcooliques. Les francophones du Canada sont de moins en moins nombreux et ce n'est pas l'engouement de quelques parents de la Colombie britannique pour les classes d'immersion en français qui renversera cette tendance. La langue et la culture française s'étiole et parce qu'ils parlent français dans le quotidien, les Québécois ne se voient pas mourir. Et ils ne sont pas « tannés » de se faire fourrer par les forts en gueule qu'ils élisent à Québec comme à Ottawa.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Raymond Boily
    Abonné
    mercredi 16 mai 2007 09h30
    Une loi...
    « Une loi sans dent est une coquille vide ! »

  • André Chamberland
    Inscrit
    mercredi 16 mai 2007 09h50
    Seule langue officielle au Canada : The Harper's One
    « La seule langue officielle autorisée au Canada sera maintenant celle de Harper. Seul lui s'autorise à parler au nom du gouvernement, du Canada et des Canadiens.
    Il élimine ceux qui ne pensent pas comme lui ou le contestent. À qui vous fait-il penser, dans l'histoire mondiale actuelle, passée... ? »

  • Steve Fortin
    Abonné
    mercredi 16 mai 2007 09h56
    À M. Jacques NoëL... la francophonie québécoise survivra si elle quitte le réflexe du colonisé...
    « Votre intervention statistique est éloquente et fort instructive quant à la représentation du fait francophone dans l'ensemble canadien. La bataille pour la survie du fait francophone dans cet ensemble (ou en amérique en fait)est étroitement liée à la bataille pour l'indépendance du pays des québécois. Le vieux réflexe de colonisé que manifestent nombre de québécois qui appuient l'évanescente fioriture du s'affirmer sans se séparer, ne font que jouer le jeu de l'assimilation silencieuse et progressive. On aurait pu ajouter aussi le recul du francophone dans la ville de Montréal, ou dans les régions frontalières comme la mienne, l'Outaouais. Le beau temps ici, dans la jolie Petite-Nation, amène un flot incessant de plaques ontariennes, qui, à grand prix, occupent en secondaire, nombre de terres peu exploitées et rendues inaccessibles aux jeunes locaux issus d'une économie pauvre et peu diversifiée.

    Nous vivons l'assimilation comme une plainte sourde, en filigrane, comme une onde mécanique, devant, les genoux pliés.

    Pendant ce temps, pris dans sa peur congénitale, le peuple se mire dans la réflexion d'une image faussée; les canadiens nous manifestent amour et ouverture. Trop peu de ceux-ci se sont rendus dans ce vaste pays. Hormis le courage de quelques résistants, le travail de sape de la francophonie y est évident... »

  • Alain Senécal
    Abonné
    mercredi 16 mai 2007 10h48
    Les anglos
    « Il me semble que les anglos-canadians n'accepterons jamais de reconnaître les canadiens-français comme leurs égaux. Après nous avoir écrasés et conquis par la force il y a une couple de siècles et tout fait par la suite pour nous maintenir dans une position d'asservissement leur profitant, ils voudront toujours que nous restions à notre place, c'est-à-dire nous comporter comme les colonisés qu'ils ont fait de nous.
    C'est le fusil sur la tempe que les Canadiens ont signé l'Acte d'Union imposé par les Anglais, sinon que serait-il advenu de nous ? Nous ne serions peut-être pas ici pour en parler. Nous n'avons été épargnés pas les anglais que dans la perspective d'être leurs valets de service. Ça n'est que la normalité pour tout conquérant envers ses conquis. Les qualificatifs dont ils nous affublent depuis toujours démontrent clairement toute l'estime qu'ils nous portent...
    Jamais nous ne pourrons coucher dans le même lit, ni même partager cette place qu'ils sont venus occuper par la force. Nous avons été victimes d'un mariage forcé dont nous n'avons, et avec raison, jamais voulu.
    Faute d'avoir pu nous rendre aussi dociles qu'ils l'auraient voulu, au vu de notre émancipation toujours croissante ils jouent les vierges offensées lorsqu'on les critique et le comble de l'hypocrisie est de les entendre demander inlassablement : «What does Quebec want?» Du négationisme au plus haut degré.
    Ce que les Anglais ont fait au Canada dans le passé et encore aujourd'hui est tellement honteux qu'ils ne peuvent que faire semblant de ne pas comprendre de quoi nous parlons.
    En agissant de la sorte, ce sont les Anglais qui perpétuent la situation pourrie dans laquelle les Canadiens-français pataugent depuis la Conquête.
    Pourquoi ne nous tenons-nous pas debout ? En 2007 ils ne pourront tout de même pas nous mettre le fusil sur la tempe une autre fois.
    Auraient-ils réussi à semer la peur dans nos gênes au point de nous rendre incapables de supporter l'idée d'être maîtres chez nous ?
    Autrefois on coupait les arbres par peur qu'un Iroquois ne se cache derrière. Aujourd'hui nous avons même peur de notre ombre et la meilleure façon que nous avons trouvé pour ne pas voir notre ombre est de faire le tapis.
    Alain Senécal, Montréal. »

  • Michèle Bourgon
    Inscrite
    mercredi 16 mai 2007 11h29
    Le retour de Lord Durham
    « Ce qui se passe présentement à Ottawa est inadmissible. On croirait voir s'établir une dictature.Hier après-midi, à l'émission "Maisonneuve en direct", Josée Verner était invitée. Elle avait accepté de commenter l'événement. Plus tard, on apprend que madame Verner a changé d'avis; elle commentera en Chambre. Le gouvernement contrôle ses ministres.Censure dangereuse s'il en est.

    Plus le gouvernement censurera les plaintes, les comités de travail, les commissions parlementaires, plus il musellera l'État et ses citoyens. Dans le cas du français, une langue menacée ( quoi qu'en disent certains)elle doit être respectée parce qu'il s'agit de la survie d'un peuple fondateur, parce que démographiquement, géographiquement, culturellement, l'évidence du danger de sa disparition est là, à nos portes. Jusqu'à ce jour, le français et l'anglais sont toujours les deux langues officielles au Canada, protégeons les droits des minorités linguistiques. Le gouvernement Harper a joué les séducteurs depuis son élection, mais là, son vrai visage apparaît. On veut encore la division du Haut et du Bas Canada jusqu'à assimilation des Canadiens-français? Lord Durham se serait réincarné!
    Ce qui se déroule dépasse l'entendement.

    Félix, l'alouette est en colère!


    http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/Rbritannique_Durham.htm »

  • Gérard Dufour
    Inscrit
    mercredi 16 mai 2007 11h44
    Le bilinguisme n'existe pas
    « Jamais deux langues n'ont cohabité sur un même territoire ou dans un appareil d'Etat sur un pied d'égalité et sur le long terme. Jamais. Les pays plurilingues comme la Belgique ou la Suisse ne fonctionnent bien que dans la mesure ou les langues sont territorialisées: une langue officielle seulement par région, canton, etc. Les zones bilingues - Bruxelles - font l'objet de chicanes sans fin. Les minorités linguistiques sans territoire les mieux protégées du monde - les Suédois de Finlande par exemple - sont en voie de disparition. Arrêtons de gaspiller de l'argent dans le bilinguisme et d'obliger les hauts fonctionnaires anglophones à apprendre le français, c'est ridicule. Personne ne gagne à ce jeu de dupes. La solution est au Québec. Exclusivement au Québec. »

  • Jean TURGEON
    Inscrit
    mercredi 16 mai 2007 12h03
    Fatigué...
    « Qu'est-ce que je suis fatigué de ce pays où les francophones essuient presque quotidiennement leur lot de frustrations et de nouvelles humiliations ! « Vous êtes pas tannés de mourir, bande de caves ! » »

  • Jean-Philippe Godbout
    Inscrit
    mercredi 16 mai 2007 14h46
    vivement qu'on comprenne le fonctionnement de la politique au Canada
    « Les québécois ne comprendront-ils jamais?

    Nos droits ne seront jamais défendu par un parti fédéraliste au pouvoir. Jamais. De belles paroles de façades, oui. Nous n'avons notre place que dans la contestation, sur les bancs de l'opposition officielle. Le Bloc finalement, dans la conjoncture actuelle. Nous sommes minoritaires, et moins encore demain, et un parti au pouvoir ne peut défendre nos intérêts, qui iront a l'encontre de l'autre majorité.

    Le total du budget est le même; il s'agit seulement de répartir celui-ci, un avantage pour nous français veut dire moins d'argent pour eux dans d'autres programmes...

    En résumé, un parti au pouvoir au Canada doit servir la majorité, non une minorité, et feront toujours partie de cette dernière,avec un poids en diminuant.

    En attendant, chow les langues officielles et bienvenue la langue fourchue de nos chers députés conservateurs québécois qui vont nous faire avaler cela, a tous le moins, diminuer l'impact de cette nouvelle... »

  • Christian Tallon
    Inscrit
    mercredi 16 mai 2007 15h29
    Le suicide d'une Nation
    « En lisant l'article qui met en place la partition linguistique du Canada, et bien que n'étant pas citoyen canadien (raison de plus ! je n'ai aucun intérêt dans cette polémique), je voudrais lancer un appel solennel en faveur du français en Canada, partout au Canada.

    Suite à un mouvement de population vers les prairies et à l'enrrichissement de celles-ci, le centre de gravité du Canada s'est déplacé vers l'Est, vers des régions où le fait français, après les métis de la rivière rouge et les chimériques plans de l'abbé Groux, a été extrèmement minoritaire.

    Après des décénies de passe-passe où les anglophones assistaient aux francophones au Quebéc et au Fédéral, l'heure de vérité a sonné : les anglophones seront toujours au pouvoir au Fédéral.

    Le peuple québécois n'ayans pas eu à deux reprises les "couilles" pour déclarer son indépendance (et oui ! une indépensance se prend, parfois dans le sang et ne se demande pas comme une permission exceptionnelle de sortie à la mère supérieure), comme la perspective référendaire est quasi morte, il ne reste plus pour le Québec et les français du Canada de faire savoir au gouvernement fédéral que toute remise en cause de droit ou dans les fait du bilinguisme fédéral aurait des conséquences radicales : les magasins anglophones seraient interdits d'afficher d'une quelconque façon en anglais avec des amendes telles que cela signifierait la faillite du magasin. Que les écoles anglophones ne recevraient plus un cent de subventions publiques, qu'un droit de passage serait installé sue les marchandises transitant sur le territoire du Québec et que le Québec ouvrirait des délégations générales dans au moins 60 pays du Monde en ouvrant toutes grandes les vagues de l'émigration francophone.

    Déjà à Shang'hai des alliances françaises recrutent des professeurs de français exclusivement pour l'émigration au Québec.

    Le Québec est un très grande puissance mondiale. Elle n'a pas à avoir peur de le montrer. Elle n'a même pas besoin de la France pour ça ! Les immenses ressources du Québec comparé à sa population en font le pays de l'avenir. Si le fédéral touche au bilinguisme, le Québec peut parfaitement se passer du Canada qui se morcellerait en dix ans attiré par les villes américaines. Le seul ciment du Canada, c'est le Québéc.

    VIVE LE QUEBEC LIBRE ! »

  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 16 mai 2007 22h38
    Concours de circonstances
    « Les francophones du Québec doivent leur survivance non pas à la générosité des conquérants, mais parce que ces derniers avaient besoin d'eux pour stopper l'invasion américaine. L'Église a béni l'opération.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Line Gingras
    Abonné
    mercredi 16 mai 2007 23h09
    Peur
    « J'ai peur, très peur de ce qui arrivera lorsque monsieur Harper sera à la tête d'un gouvernement majoritaire.
    http://chouxdesiam.hautetfort.com »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
15 réactions
0 votes
 
Pour en savoir plus
Éditorial
Chronique
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009