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Un respect de façade

Manon Cornellier   16 mai 2007  Canada
Depuis l'automne 2005, les francophones ont pris l'habitude d'entendre le premier ministre Stephen Harper commencer ses discours et ses conférences de presse en français. Venant d'un ancien réformiste et ex-chef allianciste, ce n'était pas banal, et le geste n'est pas passé inaperçu. Il a aussi eu l'effet escompté. Il a rassuré ceux qui craignaient encore le chef et les politiques du Parti conservateur en matière de bilinguisme. Il restait à juger l'arbre à ses fruits, et le verdict est tombé hier: négatif. Un fossé sépare les gestes et la parole, aux dires mêmes du nouveau commissaire aux langues officielles, Graham Fraser.
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  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 16 mai 2007 09h26
    Assimilation consentie
    « Voilà bientôt trois ans que je vis à London, en Ontario. Bien sûr, London n'est pas tout l'Ontario et il existe ici et là des regroupements francophones plutôt actifs. Mais ce mouvement tient de la résistance à l'assimilation, non à l'expansion. D'où sans doute le mépris de beaucoup de francophones de l'Ontario pour ces Québécois et Québécoises qui désirent transformer la province de Québec en un pays souverain, comme si en demeurant une province à majorité francophone dans un pays de plus en plus unilingue anglophone, le Québec les protégeait davantage contre l'assimilation, pourtant constante, pourtant quotidienne. Et les politiques sur le bilinguisme n'y peuvent rien.

    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Élodie Gagné
    Abonné
    mercredi 16 mai 2007 11h59
    Un respect de façade
    « M. Harper est un grand admirateur de George W. Bush, et cela paraît dans sa façon de gouverner. Ce que nous révèle le rapport du commissaire aux langues officielles, M. Fraser, est très sérieux et nous prouve la duplicité de M. Harper, qui nous courtise (les québécois) en vue d'obtenir une majorité de nos votes,mais il n'hésite pas à couper le budget
    du Programme de contestation judiciaire qui permettait aux minorités linguistiques de se défendre devant les tribunaux lorsque ils étaient victime d'injustices. C'est très efficace et très discret, et ça fait plaisir à la majorité anglophone qui n'apprécient guère qu'on nous donne quelque avantage que ce soit. Tout ce que je souhaite c'est que les québécois se rendent compte du double jeux de M. Harper et lui retirent la confiance qu'ils lui ont donnée aux dernières élections. Car si jamais il devient majoritaire, nous n'avons qu'à regarder ce qui se passe avec Bush pour savoir ce qui nous attend avec Harper. »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    mercredi 16 mai 2007 16h55
    Voyants rouges
    « Monsieur Berger est bien placé pour voir notre assimilation galopante à l'extérieur du Québec. Il en est de même au Québec et notre poids politique au Canada est en chute libre. Monsieur Harper a l'honnêteté d'avouer que le bilinguisme est une fumisterie propre à berner le Canada français. Le Bloc serait mieux de conclure la mission impossible et d'inviter les francophones à venir ou revenir au Québec pour nous aider à voir naître Le Pays. Il y a suffisamment de voyants rouges d'allumés pour nous faire comprendre qu'il est plus que temps de quitter le navire canadien. »

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