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    Libre-Opinion: Les femmes autochtones interpellent un ministre

    16 mai 2007 |Ellen Gabriel - Présidente de Femmes autochtones du Québec | Canada
    Lettre à Jim Prentice, ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien. Au nom de l'organisme Femmes autochtones du Québec, je souhaite attirer votre attention sur la question du sous-financement des maisons d'hébergement pour femmes autochtones du Québec.

    Des études ont démontré que ces maisons reçoivent un financement inadéquat. Le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien (MAINC) a d'ailleurs reconnu leur sous-financement chronique, mais aucun progrès n'a été accompli. La situation déplorable à laquelle font face les maisons d'hébergement pour femmes autochtones est particulièrement triste.

    En effet, les statistiques démontrent que huit femmes autochtones sur dix subissent de la violence et que les enfants témoins de cette violence sont plus à risque de perpétuer ce comportement une fois devenus adultes. Aussi, selon Statistique Canada, les chiffres démontrent que les femmes autochtones âgées entre 25 et 44 ans sont cinq fois plus à risque que les autres femmes du même âge de mourir des suites de violence. Comme la population de nos collectivités est particulièrement jeune, il est urgent que ses jeunes filles trouvent un soutien et de l'aide dans leur langue et leur communauté.

    Les cinq maisons d'hébergement pour femmes autochtones au Québec reçoivent un montant de base d'environ 150 000 $ du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, soit aussi peu que 31 % du financement de base des autres maisons d'hébergement pour femmes au Québec. Autre fait troublant, le financement de base des maisons d'hébergement pour femmes autochtones n'a pas été revu depuis 1990. Ainsi, le manque de volonté politique du gouvernement fédéral de changer de façon significative la situation financière des maisons d'hébergement pour femmes autochtones est patent.

    Depuis plusieurs années maintenant, Femmes autochtones du Québec tente d'attirer l'attention de votre gouvernement sur l'urgence de la situation. Nous avons essayé de vous sensibiliser à l'importance cruciale d'un financement de base adéquat pour ces maisons. Tout cela pour recevoir comme réponse qu'il s'agit d'une question de compétences entre les gouvernements fédéral et provincial et certains conseils de bande. Les femmes et les enfants autochtones ne peuvent pas tolérer plus longtemps un débat de compétences constitutionnelles entre les divers ordres de gouvernement. La protection de leurs droits devrait constituer une priorité pour tous.

    Bien que nous ayons accueilli avec chaleur le montant ponctuel alloué en 2006 à toutes les maisons d'hébergement, cette somme ne répond malheureusement ni aux besoins ni à la crise financière que vivent ces refuges. Le problème du sous-financement demeure une priorité pour notre association, et nous croyons que cette question ne peut pas être réglée sans la volonté du gouvernement fédéral de prendre la décision morale qui s'impose et d'accroître le financement des maisons d'hébergement pour femmes autochtones du Québec.

    Ces maisons ont besoin non seulement d'une augmentation de leur financement mais également d'un soutien de la part de tous les ordres de gouvernement. Ils doivent croire, comme nous, que la sécurité et le bien-être des femmes et des enfants autochtones constituent des priorités pour notre société. Nous recommandons donc que le gouvernement fédéral augmente de façon récurrente le financement de base des maisons d'hébergement pour femmes autochtones.

    Nous espérons que le gouvernement fédéral deviendra un partenaire des femmes autochtones dans leurs efforts pour combattre la violence et résoudre le problème de financement insuffisant des maisons d'hébergement pour femmes autochtones.

    Espérant vivement une attention immédiate ainsi qu'une réponse rapide de votre part, je vous prie de croire, M. le ministre, en l'expression de mes sentiments les meilleurs.












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