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Discours controversé sur le bilinguisme - Justin Trudeau se fait rappeler à l'ordre

8 mai 2007  Canada
Les déclarations de Justin Trudeau ont fait sursauter plusieurs des membres de sa famille politique.
Photo : Agence Reuters
Les déclarations de Justin Trudeau ont fait sursauter plusieurs des membres de sa famille politique.
Il n'aura fallu que cinq jours à Justin Trudeau, le nouveau et très médiatisé candidat PLC dans Papineau, pour mettre les pieds dans le plat. Son discours contre le bilinguisme traditionnel et les séparatistes québécois lui a valu des reproches voilés de son chef et l'a forcé à s'excuser.

Ottawa — C'était sa première sortie publique en tant que candidat libéral, et Justin Trudeau l'a ratée. Le fils de l'ancien premier ministre s'est non seulement attiré les foudres des gros noms du PLC au Québec, qui l'ont traité de «jeunot» et de «rock star» qui se prend «pour un autre», mais aussi de la communauté francophone entière du Nouveau-Brunswick.

À l'origine de tout ce brouhaha, le premier discours d'importance qu'a livré Justin Trudeau vendredi soir à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, dans lequel il a remis en question l'existence d'un système scolaire francophone distinct. Selon lui, il serait peut-être «moins cher» d'avoir un seul réseau, bilingue. La tempête a déferlé immédiatement.

Liza Frulla, qui a été ministre dans le cabinet de Paul Martin, ne digère pas ces déclarations, qui s'ajoutent au refus du jeune homme, cet automne, de reconnaître l'existence de la nation québécoise. Elle y voit la preuve que le fils Trudeau ne comprend pas les principes directeurs du Canada.

«C'est quelqu'un qui se prend pour un autre et qui vient condamner ces principes.» Mme Frulla, qui parlait sur les ondes de RDI, ne contenait pas sa rage envers celui qui joue à la «rock star» et invitait ses collègues libéraux à entendre ce que le bellâtre raconte avant de le propulser, dans leurs rêves, à la tête du pays.

«J'espère que les libéraux vont prendre sur eux et commencer à l'écouter.» Mme Frulla a ajouté que «ce n'est pas pour rien» qu'aucun député libéral du Québec ne s'était présenté à son assemblée d'investiture dans Papineau, il y a neuf jours, à part le lieutenant Francis Scarpaleggia qui était bien obligé d'y être.

Plus posé, le député Denis Coderre a mis cette erreur sur le compte de «l'apprentissage» du candidat. «On va jaser, Justin et moi», a-t-il confié au Devoir sur un ton rempli de sous-entendus. Mme Frulla, elle, n'en démordait pas. «J'espère qu'il va se faire rappeler à l'ordre parce que c'est un jeunot en politique même si papa a été là avant lui. Il faudrait que Stéphane Dion le rappelle à l'ordre parce que ce n'est pas bon pour les libéraux.»

Ce rappel à l'ordre est effectivement venu, Stéphane Dion y voyant une erreur de départ de la part de son candidat. «Il est nouveau. Il va sans doute avoir à préciser sa pensée davantage», a dit le chef libéral. «Il arrive à tout le monde de faire des déclarations qu'on a à clarifier par la suite, et il ne faudrait pas le juger à tout jamais pour une déclaration.»

Des excuses

Justin Trudeau a diffusé un communiqué de presse dans lequel il dit regretter la façon dont ses propos «ont été interprétés». «Si j'ai offensé les Acadiens et les francophones vivant en situation minoritaire, je tiens à m'en excuser publiquement», écrit-il. «Comme eux, je crois que les institutions francophones sont essentielles à leur épanouissement. La dualité linguistique et la gestion scolaire francophone au Nouveau-Brunswick sont enchâssées dans notre Constitution. C'est un héritage libéral dont je suis très fier.»

Ses propos de vendredi soir n'avaient rien d'improvisé. Cet ex-enseignant avait été invité à s'adresser à quelque 2000 enseignants du primaire réunis à Saint-Jean. «La ségrégation du français et de l'anglais dans les écoles est quelque chose qui devrait être reconsidéré sérieusement», a-t-il dit. «Cela divise les gens en leur apposant des étiquettes, a-t-il lancé avant d'ajouter que «Les discours de division ne sont pas les voies de l'avenir.» Il a aussi dit qu'il serait peut-être «moins cher» de n'avoir qu'un seul réseau scolaire.

À quelqu'un dans la salle qui lui demandait s'il croyait, dans ce cas, au bilinguisme, il a déclaré que non, avant d'ajouter qu'il préférait le «trilinguisme» ou le «quadrilinguisme». Ce discours, dans lequel il a aussi comparé les souverainistes québécois à des «enfants d'école» qui se lamentent pour obtenir ce qu'ils désirent, lui a valu une ovation. Le milieu scolaire francophone, lui, était moins heureux.

«J'ai eu beaucoup d'émotions au point d'en avoir des frissons», a dit Louise Landry, la présidente de l'Association des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick (AEFNB). Je ne pouvais pas croire que ces propos étaient vrais. Je suis très déçue.» Mme Landry rappelle qu'avant la séparation des années 1970, les écoles étaient mixtes. «Ça ne fonctionnait pas. On se faisait assimiler très rapidement même si on formait le tiers de la population», souligne-t-elle. L'AEFNB réclamera une lettre d'excuses officielles de M. Trudeau.

La Société des Acadiens du Nouveau-Brunswick a quant à elle diffusé un communiqué reprochant à M. Trudeau d'avoir démontré «sa méconnaissance totale de la réalité culturelle et linguistique du Canada».

Justin Trudeau ne s'était déjà pas fait beaucoup d'amis au sein de l'aile québécoise du PLC cet automne, alors que celle-ci pilotait une motion reconnaissant la nation québécoise. «Malheureusement, avait-il dit sur le ondes de CTV, il y a des gens ces jours-ci qui se drapent de cette idée de reconnaître le Québec comme une nation, ce qui va à l'encontre de tout ce que mon père a toujours cru.» Il avait déclaré que «le Québec est une région incroyable du Canada.»






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  • Marc A. Vallée
    Abonné
    lundi 7 mai 2007 22h55
    Il n'a pas vécu ce que j'ai vécu
    « Il y a près de cinquante ans, dans un village minier du nord du Québec, donc la direction de la compagnie était anglophone, j'étais à la maternelle. Je me suis fait poursuivre par des anglophones plus grands parce que j'étais un francophone, et ma jeune soeur est arrivée en pleurant à la maison, parce que je ne l'avais pas défendue et que les anglais l'avaient molestée. Justin, réveille-toi! »

  • Jean St-Jacques
    Abonné
    mardi 8 mai 2007 07h48
    Trudeau, encore Trudeau
    « On en a marre des Trudeau.
    Son fils est comme le père et ce temps est révolu.
    Il ferait mieux de se créer sa propre personnalité que d'imiter celle de son père. PET est mort et son règne est fini. Il laisse un tas de controverses.

    Nous avons assez de voir que l'aéroport de Montréal porte son nom qui figure sur nos billets d'avion. J'ai honte de voir cette appellation.

    Pauvre Trudeau!!! »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 8 mai 2007 07h52
    JUSTIN LE PAS FIN ?
    « Digne héritier de son père en biens et en mépris pour le Québec, Justin va, par ses déclarations, aider le nationalisme québécois.

    Lâche pas Justin le beau de Papineau, comme avant, pour M. Chrétien À CE MOMENT-ICI, on te soutient. »

  • Jack Ruby
    Inscrit
    mardi 8 mai 2007 08h03
    Les Trudeau, la tabula rasa, et le rêve d'un Canada ex nihilo, etc.
    « Ce brave Justin clame au Nouveau-Brunswick que le bilinguisme est une notion bornée, insuffisante, ségrégationniste, etc. (pauvres francophones hors-Québec: entre les descendants de Trudeau et les séparatistes, ils ne sauraont plus de qui se méfier...)
    Le jeune Trudeau prétend qu'il n'est pas possile de se contenter du bilinguisme "qui divise", et que le minimum dans le monde d'aujourd'hui est d'aspirer au tri- voire au quadri-linguisme...
    Cela est intéressant, visionnaire, généreux; mais il est difficile de saisir exactement à quoi ce brave petit Justin veut en venir et ce, pour au moins 2 raisons:
    1)Le taux de trilinguisme le plus élevé en Amérique du Nord se trouve vraisemblablement au Québec (qui a encore beaucoup de progrès à effectuer par ailleurs: il est incroyable qu'en Europe du Nord l'anglais soit plus et mieux parlé qu'au Québec! Dans un Québec véritablement continentalisé, américanisé, les jeunes Québécois apprendraient massivement l'anglais, et peut-être avant, l'espagnol!). Ainsi, soulignant la beauté du trilinguisme, il aurait pu et du prendre en exemple, au moins pour l'Amérique du Nord, le Québec (la province à laquelle il est au moins lié par son désir de s'y faire élire et d'en représenter une circonscription).
    2) Le taux de bilinguisme au Canada se situant sous la barre des 10%, le brillantissime et visionnairissime jeune Trudeau devrait peut-être nous expliquer comment, dans un pays si réticent (pardon, pas "réticent", plutôt "résolument incapable"; dans ce pays, l'unilinguisme stupide et borné mobilise positivement encore plus qu'auQuébec!) à prendre les mesures qui s'imposent pour qu'un minimum de bilinguisme s'installe de manière durable, on va devenir trilingue ou quadrilingue.
    En d'autres termes, l'inclassablement imaginatif Justin devrait nous expliquer comment, au Canada, on va devenir Trilingue avant d'être devenu bilingue (c'est la deuxième qui fait mal; après, on présume que ça "passe" tout seul et que "ça fait donc du bien par où ça passe"...). Dans l'arithmétique de ce puissant mathématicien, on passe de 1 à 3 et 4 sans passer par 2... pourquoi pas??!

    A moins qu'il ne dissipe ces sources de perplexité qui compromettent l'intelligibilité de son propos, Trudeau II, qui se distingue au moins aussi par le rouge flamboyant de sa cravate (mal nouées; avec une belle rose, on verrait moins le noeud...), n'est bon qu'à alimenter le courant de la "mégalomanie sans qualité" auquel il a déjà contribué avec un certain éclat...
    Le défi au PLC/Québec, ce sera, pour les Coderre et Cie. de tenter d'expliquer à un candidat, aussi prometteur et plein de sa juvenile énergie ainsi que d'un bel appétit de redéfinition idéologique, les paramètres de base de la politique canadienne et de l'identité québécoise, et, en cas d'échec, de convaincre le patient de retourner à Katimavik... »

  • coté carol
    Inscrit
    mardi 8 mai 2007 11h20
    HÉRITAGE
    « Quel héritage culturel lui a donc tranmis a ce petit garçon,le denis de sa culture francophone.Ses opinions ne lui appartiennent pas,elles sont celles de son papa,il a du chemin a faire avant de comprendre la diversité canadienne.Les libéraux ne sont pas sortis du bois avec de tel déclarations dans la mouvance du dileme Dion. »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    mardi 8 mai 2007 11h39
    "Just'un" Trudeau c'est assez.
    « "Just'un" Trudeau ( le premier, P.E.T.), c'est assez. »

  • andré michaud
    Inscrit
    mardi 8 mai 2007 13h12
    La solution Richler
    « Des provinces comme le Québec et Le Nouveau Brunswick pourraient adopter la solution Richler; des cours bilingues pour TOUS. De cette façon on protègerait le français et pourrions rendre tous les québecquois et les citoyens du Nouveau Brunswick bilingues. Seuls les fanatiques des deux côtés seraient contre cette solution rationnelle...

    Au Québec l'unilinguisme de Loi 101 n'a rien fait pour améliorer une langue de plus en plus médiocre, que le reste de la francophonie comprends très difficilement.Le québecquois est de plus en plus un dialecte compris uniquement entre nous. Le principal problême n'étant pas les anglicismes mais la pauvreté entière de notre langue sous tous ses aspects (les "oussé ka lé" et cie ) sans parler de la prononciation mollasse.Les nouveau arrivants voient bien que la langue que l'on parle n'a rien à voir avec le français que l'on apprends à l'école. Mon père qui avait une 4iè année écrivait mieux son français que les enfants de la loi 101 qui sont en secondaire 5. Comme apprendre le français correctement est devenu impossible, au moins soyons bilingues. L'unilinguisme "québecquois" est un handicap pour nos jeunes dans ce monde contemporain. »

  • Philippe Champagne
    Inscrit
    mardi 8 mai 2007 22h37
    JUSTIN TRUDEAU
    « 5 jours (4 mai 2007) après son élection à la convention de Papineau, établissant son investiture comme candidat du parti libéral canadien aux élections, le fils de PET Trudeau, Justin, faisait une déclaration intempestive à Saint-Jean du Nouveau-Brunswick, sur l'opportunité ou non de tenir un système scolaire séparé pour la communauté francophone, jugeant que si le système était bilingue, ça coûterait moins cher. Tout le contraire du bon sens qui a établi que les frais afférents au bilinguisme pan-canadien sont exorbitants à tel point que les autres parlements provinciaux ne traduisent pas en français les textes de leurs débats ni même les textes juridiques.

    Le même jeune homme qui avait fait pleurer tout le monde à l'enterrement de son père, à l'automne 2006, a refusé de reconnaître l'existence de la nation québécoise.

    La dualité linguistique et la gestion scolaire francophone au Nouveau-Brunswick sont enchâssées dans la Constitution. C'est un héritage libéral par surcroît. On dirait qu'à rebours, il se défoule de toute la merde que lui a fait endurer son père de son vivant, un peu à l'image de son chef, Stéphane Dion, marqué au fer rouge par son père Léon dans sa jeunesse. C'est donc vrai que la vérité sort de la bouche des enfants, comme il est également vrai que le malheur s'abat sur la ville dont le prince est un enfant, entendez ville au sens de pays si jamais le peuple canadien l'élisait premier ministre.

    Avant la séparation des années 1970, les écoles étaient mixtes. «Ça ne fonctionnait pas", a souligné Louise Landry, la présidente de l'Association des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick (AEFNB).

    Un autre déconnecté de la réalité canadienne qui vient d'être élu candidat par des libéraux canadiens attardés.

    Le petit fils à papa n'a pas coupé le lien ombilical spirituel avec Pierre Trudeau. Ça promet.

    C'est à se demander sérieusement s'il n'a pas été influencé impudemment aussi par Mordecail Richler, le juif francophobe, de non regrettée mémoire.

    Écouter quelqu'un dans son genre, c'est s'exposer à la contamination du nihilisme. »

  • Benoit Moreau
    Inscrit
    mardi 8 mai 2007 23h49
    Bravo Justin !
    « Quand aurons un vrai pays pour nous ? La solution est le bilinguisme pour enricher notre culture canadien. Les unilingues francophones séparatisses sont donc des incultes.

    Brett Trembleigh »

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