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Torture: le Canada se fiera à l'enquête afghane

1 mai 2007  Canada
Le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, s’exprimant aux Communes hier. Le ministre a une fois de plus semblé contredire son gouvernement sur la question des prisonniers afghans.
Photo : Agence Reuters
Le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, s’exprimant aux Communes hier. Le ministre a une fois de plus semblé contredire son gouvernement sur la question des prisonniers afghans.
Ottawa — Le gouvernement canadien se fiera à celui de l'Afghanistan pour faire la lumière sur les allégations de tortures de prisonniers dans ses geôles. Tout de suite, l'opposition a critiqué les troupes conservatrices pour faire autant confiance à un pays dont les institutions ne sont pas encore des plus fiables.

«Nous avons des arrangements avec le gouvernement de l'Afghanistan et avec la Commission afghane indépendante des droits de la personne. Jusqu'à maintenant, ces arrangements fonctionnent comme il se doit, a déclaré le premier ministre Stephen Harper hier lors de la période de questions. Le gouvernement de l'Afghanistan a pris l'engagement de mener une enquête et le gouvernement du Canada va l'aider, dans la mesure du possible.»

Il a été impossible de connaître la tournure précise que prendra cette enquête et la nature de la collaboration canadienne. L'opposition ne se satisfait pas de ce genre d'entente avec le gouvernement afghan. Les libéraux, par exemple, réclament que l'OTAN en prenne le leadership au nom de tous les pays alliés présents en théâtre afghan.

«L'OTAN ne devrait pas agir à la pièce, l'OTAN devrait agir avec le gouvernement afghan pour s'assurer qu'on repère tous les détenus et qu'ils sont traités en fonction de la Convention de Genève», a déclaré le chef libéral, Stéphane Dion. Il trouve inacceptable que le gouvernement conservateur se contente d'un engagement de l'Afghanistan à faire une enquête «et pas plus».

La fiabilité des enquêtes du gouvernement local est mise en doute. Il appert que les personnes en position d'autorité en Afghanistan ayant discuté de possibles mauvais traitements avec les médias feraient à leur tour l'objet de pression. C'est du moins ce qu'a prétendu au cours du week-end Graeme Smith, le journaliste du Globe and Mail par qui toute cette histoire a éclaté.

Le journaliste a retrouvé et interrogé trente de la quarantaine de prisonniers capturés par les soldats canadiens. Le reporter basé à Kandahar affirme avoir fait corroborer leurs allégations de mauvais traitement et de torture par des membres de la Commission indépendante afghane des droits de la personne. «Ils ont confirmé certains de ces témoignages», a-t-il déclaré dimanche sur les ondes du réseau CTV. Ces sources, non identifiées dans son reportage initial, feraient aujourd'hui l'objet de menaces. «Il y a beaucoup de pression exercée et je suis en fait très inquiet pour certains membres du personnel qui m'ont aidé», a-t-il ajouté.

La Commission indépendante afghane est en principe censée surveiller le traitement des prisonniers confiés par le Canada aux autorités locales. Ce week-end, un de ses représentants, Abdul Quadar Noorzai, a reconnu avoir «entendu dire qu'ils avaient été torturés», mais qu'il n'en avait pas averti les autorités canadiennes parce qu'il n'avait «aucune preuve» et qu'il s'agissait d'une «rumeur».

Autre contradiction

Le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, a semblé par ailleurs contredire une fois de plus la version de son gouvernement. Alors que les conservateurs clament depuis une semaine n'avoir jamais été mis au courant d'allégations spécifiques de torture, M. Day a soutenu hier qu'au moins deux prisonniers se seraient plaints de tels traitements à des représentants canadiens.

En effet, pour prouver que les officiers canadiens de Services correctionnels Canada entrent en contact avec des prisonniers afghans même s'ils n'ont pas pour mandat de s'assurer de leur bon traitement, M. Day a confié à la Presse canadienne, à sa sortie d'un comité sénatorial, qu'«ils ont parlé à des prisonniers à propos de la possibilité d'avoir été torturés ou non. Il y a eu quelques incidents où des prisonniers ont dit qu'ils l'étaient». M. Day s'est alors engouffré dans un ascenseur et a dit ne pas savoir si les deux prisonniers en question avaient été d'abord capturés par les forces canadiennes.

M. Day se trouvait d'ailleurs à se contredire lui-même lui qui, vendredi en Chambre, affirmait que les deux fonctionnaires canadiens visitant les prisons de Kandahar vérifiaient aussi les allégations de torture.

Après l'Afghanistan, l'Irak?

Le traitement réservé aux prisonniers faits par les soldats canadiens en Afghanistan continue d'occuper toute la place à la Chambre des communes. En outre, ce débat a incité le NPD à creuser un peu plus la question du respect des droits de la personne par les forces canadiennes à l'étranger. Le parti de Jack Layton pense avoir mis la main sur un document démontrant que le Canada aurait signé une entente similaire avec le gouvernement américain en Irak.

Le document en question, marqué «secret - pour Canadiens seulement», est daté du 12 octobre 2006 et lourdement censuré. Il est intitulé «traitement et transfert des prisonniers dans le contexte des opérations maritimes reliées à l'opération Enduring-Freedom». Tout ce qui semble controversé a disparu sous le marqueur du censeur.

«Ce que nous ne savons pas, parce que le ministère de la Défense nationale l'a raturé, ce sont les détails d'où vont ces prisonniers. Vont-ils à Guantanamo? Personne ne le sait!», a lancé M. Layton. À la Chambre des communes, M. Layton n'a pas pu obtenir d'éclaircissement. Le premier ministre Harper a préféré répondre en citant le syndicaliste Buzz Hargrove, en théorie l'allié du NPD, qui louangeait le plan vert conservateur contre les changements climatiques!

Le Canada ne participe pas à la guerre en Irak, mais il envoie des navires dans la mer d'Oman faire de la surveillance. Selon le NPD, le document prouve que le Canada s'est engagé à remettre les prisonniers aux autorités américaines.

***

Avec la Presse canadienne






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 1 mai 2007 03h59
    DUGGÉRÉ : TORTURE MODÉRÉE
    « Notre gouvernement fédéral a demandé aux gouvernement irakien d'enquêter sur la torture qu'il pourrait infliger aux prisonners canadiens. Ça serait surprenant qu'il se trouve coupable lui-même de ça.

    Notre gouvernent pourrait demander à leurs bourreaux : On vous les livre même si on est pas trop certains qu'ils sont des Afghans ordinaires et bons ou des Talibans extraordinaires et méchants. On sait que, si vous les torturez, ils vont finir par avouer qu'ils sont tous Talibans. On vous demande, vu que nous sommes pour les droits individuels au Canada, de ne pas trop les torturer...juste assez pour les faire avouer. À la place d'écraser tous leurs doigts, écrasez-3, disons. juste 2 à la fois, mais un peu plus fort, juste pour faciliter l'aveu et gagner un voyage aller seulement au soleil de Guantanamo avec vue sul l'océan. »

  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 1 mai 2007 15h00
    Le renard enquêtera
    « Monsieur le Renard, nous vous demandons bien humblement de bien vouloir faire enquête sur le nombre de poules que vous avez égorgées.
    Veuillez agréer l'expression de notre totale reconnaissance.
    Le fermier

    Roland Berger
    London, Ontario »

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