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Surprise: Justin Trudeau au premier tour

Alexandre Shields   30 avril 2007  Canada
Justin Trudeau embrassant un partisan, hier, lors de l’assemblée d’investiture libérale dans Papineau. Il a été élu au premier tour.
Photo : Pascal Ratthé
Justin Trudeau embrassant un partisan, hier, lors de l’assemblée d’investiture libérale dans Papineau. Il a été élu au premier tour.
Après le père, aura-t-on droit au fils? Chose certaine, Justin Trudeau a réussi son premier test politique hier en remportant l'investiture libérale dans la circonscription fédérale montréalaise de Papineau, et ce, dès le premier tour. Le fils aîné de l'ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau a reçu l'appui de 690 membres du parti (54 % des suffrages), contre 350 pour la conseillère municipale Mary Deros et 220 voix pour l'éditeur d'un journal en langue italienne, Basilio Giordano.

La victoire de M. Trudeau au premier tour en a surpris plusieurs, puisque ses deux adversaires sont bien connus des résidants et très actifs dans la circonscription de Papineau. M. Giordano, par exemple, milite pour les libéraux depuis plus de 40 ans.

Preuve que cette investiture revêtait une grande importance pour les militants libéraux de Papineau, 1266 des 3444 membres en règle se sont exprimés hier. Le gymnase du collège André Grasset était aussi bondé, les uns brandissant avec enthousiasme des affiches «Trudeau», les autres agitant leurs banderoles «Giordano». La presse nationale était également au rendez-vous. La mère de Justin Trudeau, Margaret, son frère Sacha, tout comme les anciens ministres libéraux Pierre Pettigrew et Jean Lapierre étaient eux aussi présents.

Quelques minutes après l'annonce de sa victoire, Justin Trudeau a aussi reçu, par téléphone, les félicitations de son chef, Stéphane Dion. Malgré les rumeurs persistantes voulant que M. Dion ne soit pas réjoui par son arrivée en politique active, M. Trudeau a dit avoir eu «une très bonne conversation» avec le chef libéral. Stéphane Dion lui aurait même assuré avoir hâte de travailler avec lui «pour faire avancer la cause libérale au Canada».

Ce serait toutefois Stéphane Dion qui l'aurait amené à se présenter dans la circonscription de Papineau, en lui barrant la route des sièges pour ainsi dire acquis d'Outremont et de LaSalle-Émard. Hier, Justin Trudeau a plutôt soutenu que Papineau constituait son «vrai choix». Il a dit souhaiter «représenter des gens qui représentent bien le Canada et les défis auxquels on va faire face dans les prochaines décennies. C'est là où je voulais commencer et faire ma carrière en politique».

Il devra batailler fort pour reconquérir Papineau, qui est passée aux mains de la bloquiste Vivian Barbot par une mince majorité aux dernières élections fédérales. Elle avait alors délogé Pierre Pettigrew, mettant ainsi fin à près de 90 ans de domination libérale fédérale. La circonscription de Papineau, qui compte plus de 100 000 habitants, englobe une partie du quartier Saint-Michel, ainsi que les quartiers Villeray et Parc-Extension.

Justin Trudeau a dit avoir bon espoir de recevoir un accueil favorable auprès de l'électorat de sa circonscription. «Je me sens extrêmement bien accueilli chez les libéraux de ce comté. Pour moi, c'était un premier défi, et j'ai eu la confiance des gens dans ce comté.» Et il est tout aussi certain d'être bien accueilli dans l'ensemble de la province. «Le Québec, c'est une prochaine étape, mais ça s'annonce bien», a-t-il assuré.

Fier d'être un «Trudeau»

Fils d'un ancien premier ministre à la fois célèbre et contesté, il s'est d'ailleurs dit à l'aise avec le fait de porter le nom de Trudeau. «Je porte le nom "Trudeau". Je porte aussi mon propre nom», a-t-il laissé tomber, lors d'un bref point de presse après sa victoire. «Je ne suis pas seulement un nom de famille, je suis quelqu'un qui a un prénom», a-t-il ajouté en anglais, sans plus de précisions.

Hier après-midi, dans son premier grand discours politique à Montréal, au collège André Grasset, Justin Trudeau a néanmoins déclaré vouloir suivre les traces de son père. Sur les ondes de TVA, il s'est aussi dit très fier de l'héritage politique légué par son père, notamment la Charte canadienne des droits et libertés. Et selon lui, si le Canada de demain sera un pays «multiculturel» et «urbain», «l'héritage de mon père et des grands libéraux qui nous ont précédés y est pour quelque chose».

Questionné à maintes reprises sur le poids que pourrait représenter son nom de famille au Québec, il a assuré que le nom de «Trudeau» n'était «pas automatiquement mauvais». «C'est un peu une mythologie qu'on s'est créée parce que ça nous convient de jouer contre les Trudeau, les Chrétien, des gens qui ont voulu défendre cette culture extraordinaire qu'on a ici, mais de leur façon», a-t-il soutenu à l'émission Larocque/Lapierre.

Rebâtir le parti

L'homme de 35 ans a par ailleurs insisté pour dire qu'il souhaitait «rebâtir la confiance des électeurs québécois envers le Parti libéral», après le scandale des commandites. «Nous allons travailler comme un parti, ensemble», a-t-il dit, afin de défendre les «vraies valeurs libérales». «Pour rétablir la confiance, je veux écouter les gens. Je veux faire de la politique au niveau local», a dit Justin Trudeau en substance après sa victoire.

«Je veux être un rassembleur», avait-il répété un peu plus tôt sur les ondes de TVA, précisant qu'il souhaitait «parler de ce qui nous rassemble» et non «de ce qui nous divise». Or, «quand les politiciens passent leur temps à se dire les uns aux autres qu'ils sont des menteurs, qu'ils sont des voleurs, les gens finissent par peindre tous les politiciens du même pinceau», a-t-il alors déploré.

Et selon lui, il est temps de mettre la question nationale de côté. «Autonome, séparatiste, fédéraliste, tout ça c'est des questions du passé. Il faut commencer à regarder un peu plus vers les vrais enjeux. Le problème, c'est qu'au Québec, on a passé tellement de temps à essayer de se définir, de trouver la voie pour résoudre nos problèmes de façon magique, en se séparant, en renouvelant ceci, qu'on ne s'est pas occupé assez des vrais enjeux», a-t-il affirmé à Larocque/Lapierre.






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  • Jacques Thibault
    Abonné
    dimanche 29 avril 2007 23h47
    Le prolongement du père...
    « Il a beau avoir un prénom du nom de Justin,il ne peut cependant mettre sous les draps le nom de son illustre père soit Trudeau. Ainsi à l'image de son père il est fonceur, braveur avec un coté baveur et c'est sans méchanceté que je le dis. Il entre en politique pas tellement plus jeune que son père, avec une arrogance à peine déguisée et avec la même conviction que son point de vue sur le pays est le meilleur et qu'il ne peut y en avoir d'autre. Trente années ont passées monsieur Justin, à l'époque vous aviez encore la couche aux fesses n'est-il pas temps que vous le réalisiez. BACK TO THE FUTURE monsieur Justin. »

  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    lundi 30 avril 2007 08h10
    Le moins pragmatique de nos rejetons effectue son entrée politique.
    « Justin Trudeau : doux visage, beaux yeux , distingué et propre de sa personne, il sent bon : bon produit de mise en marché. Fils de millionnaire bien ceinturé entre la vision Katimavik et la théologie hypercentralisatrice de son papa. Son pari : se faire accueillir comme un génie même si nous savons tous qu'il n'a aucune réalisation dans la vie (à un âge ou d'autres on déjà produit des fruits)et qu'il est à la politique canadienne ce que le livre de recettes de Jeanne Benoît est à la fine cuisine. Le rêve de son parti : s'offrir, bien qu'en pente descendante, la trudeaumanie à peu de frais : le prochain Pierre Eliott est né. Son style de pensée : dangereusement passéiste. Il a dans son sac un cadeau bien connu pour le Québec : un hochet (seule portion du réel pour laquelle il possède un peu d'expérience de vie).
    Pensée du jour :
    Si Justin Trudeau est son père, moi je suis René Lévesque »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    lundi 30 avril 2007 08h10
    M. Trudeau y va raide comme son père
    « Il déclare :

    «quand les politiciens passent leur temps à se dire les uns aux autres qu'ils sont des menteurs, qu'ils sont des voleurs, les gens finissent par peindre tous les politiciens du même pinceau»

    Réponse : Faut pas juste que les politiciens cessent de dire qu'ils sont menteurs, il faut qu'ils cessent de l'être.Ça serait plus crédible et efficace sauf pour les élections quand ils peinturent encore plus large.

    Il ajoute :

    «Il est temps de mettre la question nationale de côté. Autonome, séparatiste, fédéraliste, tout ça c'est des questions du passé. Il faut commencer à regarder un peu plus vers les vrais enjeux».

    Question : C'est quoi les vrais enjeux plus important que la place du Québec dans la fédération et pourquoi M. Trudeau ? Vous croyez qu'on ne peut pas s'occuper d'économie et autres affaires si on s'occupe de constitution dans la même période ? »

  • Jean-Pierre Dupuis
    Inscrit
    lundi 30 avril 2007 08h25
    Tel père, tel fils
    « Très mauvaise nouvelle pour le québec que ce fils qui veut continuer "l'oeuvre de son père". Espérons qu'on ne se laissera pas berner une autre fois, le premier nous a causé assez de tort par son arrogance, son mépris de notre peuple et son entêtement à "mettre le Québec à sa place!". »

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 30 avril 2007 08h45
    Le comté de Trudeau: 38,8% d'immigrants
    « C'est aussi le comté le plus pauvre au Canada (pour les ceusses qui pensent encore que l'immigration enrichit le pays....)

    9,2% Musulmans
    7,6% Orthodoxes
    3,7% d'Hindoues
    3,5% de Bouddhinstes
    1,5% sikhs


    http://www12.statcan.ca/francais/census01/products/standard/fedprofile/RetrieveTable.cfm?R=FED03&G=24048 »

  • Rémi-Bernard St-Pierre
    Abonné
    lundi 30 avril 2007 09h31
    Une constitution n'est qu'une question politique mineure, évidemment...
    « Une constitution n'est qu'une question politique mineure, évidemment... »

  • Normand Chaput
    Abonné
    lundi 30 avril 2007 10h03
    monsieur noel
    « Puis il y en a une bonne gang de ces immigrants qui sont rentres fast track a la veille du referendum de 1985 grace aux bons soins du parti liberal alors j imagine qu ils vont s en souvenir »

  • Gaston Dufour
    Inscrit
    lundi 30 avril 2007 11h04
    Justin a raison
    « Il a raison et rencontre totalment les idees que j ai. Arretons de discuter de separation et occupons nous des vraie affaires pour faire avancer le Quebec dans la confederation »

  • Claude Stordeur
    Abonné
    lundi 30 avril 2007 11h11
    Une autre raison de se séparer
    « Voila le retour de la dynastie Trudeau, on a bien vu la mine réjouie des anciens collaborateurs du justicier Canadien. Il a fait une remarquable job en enchâssant dans la constitution la liberté de ses pairs, les instigateurs des commandites et les bandits de grands chemins. Avec Dion il fera la pair d'as des anglos et associées.
    Mais que peux faire le petit peuple de canadiens français contre la diaspora des possédants québécois qui sont du coté de leurs amis internationaux?
    Prendre une petite molle qui vient de l'Ontario, dans un verre de Chine..... et regarder les romans feuilletons traduit des USA par une branche québécoise d'une compagnie de traduction française. Le tout financer par des fonds des Bahamas détournés du fisc canadien et québécois. Et payer sur une année, plus de taxe sur nos achats que de retenue sur l'impôt pour que ces biens qui ne sont pas fabriquer ici rapporte autant à nos bons gouvernements. J'oubliais de mentionner le prix de l'essence qui est une honte nationale, pendant qu'au New-Jersey il vendent le litre, qui vient de l'Alberta à 85 cents, nous on payent plus de 1 dollars 10 sans nous rebeller, c'est juste 14.00 de plus par plein ....dont 10.00 de taxe au gouvernements... »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    lundi 30 avril 2007 11h21
    La naissance d'un future chef d'état
    « Premièrement M. Trudeau mérite toutes les félicitations. Pour ceux qui disent qu'il n'a rien fait attendez, il est jeune et son parcours lui a donné une bonne expérience du Canada de plus il a une vision. Ce que beaucoup de Québécois reproche à son père c'était qu'il était trop pro Québec Canadien au lieu de Québec National. PET était antiséparatiste et il n'y a rien de mal à ça tout comme il y a rien de mal à être anti fédéraliste. Tout dépend de quel coté de la clôture on est.
    Moi je prédit que d'ici 10 ans le Québec sera derrière Justin et il sera le Premier Ministre du Canada en 2020 avec le support massif du Québec. »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    lundi 30 avril 2007 11h33
    Re-PET
    « "Autonome, séparatiste, fédéraliste, tout ça c'est des questions du passé." (Re-PET)

    C'est sûr que ce qui concerne la nation répugne à celui qui ne peut se faire élire que par le support d'immigrants restés fidèles à leurs nations d'origine. »

  • Marcel (Fafouin) Blais
    Inscrit
    lundi 30 avril 2007 11h48
    D'une "Trudo-manie" à l'autre: félicitations Justin !
    « De cette "sur-prise", permettez-nous ce mot.

    L'arrivée "soudaine" de M Justin n'est pas sans intéresser de nouvelles stratégies et solidarités libérales fortes et con-vaincantes ou, du-moins, quelque chose d'embellissant au Parti qu'il se félicite de représenter avec douceur et ardeur.

    Justin parle comme un leaders, un chef de Parti... bien qu'il sera, lui-aussi, aimé ou contesté comme son père, non pâs du-père comme tel mais de "lui-même" et de son influence néo-fédéraliste, déjà fort "remarquée"... !

    Félicitations Justin !

    Marcel (Fafouin) Blais
    Membre d'aucun Parti politique


    Félicitations »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    lundi 30 avril 2007 14h57
    Encore, Justin!
    « T'as raison, Justin, il faut oublier le passé, tsé, le baveu de la St-Jean, de la Crise d'Octobre, de la tête sur le billot, du rapatriement unilatéral, de la charte qui charcute la loi 101. Bref restons cons et dé-fédéré avec notre hymne national désormais canadian. Encore, Justin! »

  • francis dery
    Inscrit
    lundi 30 avril 2007 17h24
    Quand Pierre-Philippe Trudeau fut un Skin Head avant l'heure
    « Vous souvenez-vous du bon compagnonnage de PET et Jean-Louis Roux dans la société des X? Lire Nemni à ce sujet.

    Son père ne craignais point la matraque policière dans des émeutes antiétrangères lors de la crise de la Conscription en 1942.

    Le père fut un Nazi avant de virer marxiste. »

  • Mathieu Hubert
    Inscrit
    lundi 7 mai 2007 23h42
    S'entourer des meilleurs
    « N'empêche que M. Justin Trudeau soulève déjà les passions. Avec lui..c'est tentant de s'impliquer en politique! Il incarne le rêve de revivre la trudeaumanie. Pour les plus jeunes, c'est un développement majeur et intéressant à la politique canadienne. Pour les analystes, Justin Trudeau permettra aux fédéralistes québécois d'avoir une voix aux côtés de L'hon. Stéphane Dion. C'est une bonne nouvelle pour tout le Parti libéral du Canada..mais c'est aussi l'occasion à saisir, le Carpe Diem des libéraux! Souhaitons que M. Trudeau s'entoure des meilleurs organisateurs, stratèges, etc.. »

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