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Que des miettes pour le Québec

Alec Castonguay   14 avril 2007  Canada
Long Beach, Californie — Par peur d'un ressac politique dans l'ouest du Canada, le gouvernement Harper n'a même jamais tenté d'imposer une répartition régionale des retombées économiques des contrats militaires, ce qui aurait favorisé le Québec, où 55 % de l'industrie aérospatiale du pays est établie. C'est plutôt Boeing qui a proposé un compromis de dernière minute pour mettre fin à la bataille que se livraient les ministres conservateurs au sein du cabinet, en décembre dernier.

Aussi, selon les informations obtenues par Le Devoir, le gouvernement Harper revient maintenant à sa position initiale et laisse tomber, pour les futurs achats militaires, ce compromis élaboré par Boeing lors du contrat des avions C-17. Les nouveaux contrats militaires actuellement en négociation contiennent un plancher d'investissements par province deux fois moins élevé que l'arrangement signé avec Boeing en février. Pour le Québec, c'est à peine 15 % des futures retombées économiques qui lui sont garanties.

Le contrat actuel liant Ottawa et Boeing pour l'achat de quatre avions C-17 stipule que l'avionneur américain doit réinvestir au Québec un minimum (un plancher) de 30 % des retombées économiques de 1,9 milliard de dollars promises en 20 ans. L'ouest du pays touchera au moins 20 % de la manne, tout comme l'Ontario. Les provinces atlantiques ont une garantie qui représente 7 % des retombées économiques. Ces chiffres ont été confirmés au Devoir par les hauts dirigeants de Boeing en Californie, où le programme des avions C-17 est administré.

Or cette répartition régionale ne tient plus pour les nouveaux contrats. Le gouvernement fédéral a plutôt décidé d'imposer des planchers d'investissements par province beaucoup plus bas et donc sans véritable valeur.

Par exemple, dans le cas des hélicoptères Chinook, le gouvernement Harper et la société Boeing se sont entendus pour que la répartition régionale des retombées économiques de 3,6 milliards contienne les planchers suivants: le Québec recevra au minimum 15 % des retombées alors que l'Ontario a une garantie de 10 %, tout comme l'Ouest canadien. De l'aveu même de Boeing, il ne s'agit pas de véritables contraintes tellement ce minimum par région est facile à atteindre.

Une source à Ottawa a confirmé au Devoir que les négociations avec Lockheed Martin pour l'achat de 17 avions C-130J font état des mêmes planchers d'investissements en matière de retombées économiques régionales. Donc, en additionnant le futur contrat d'achat des hélicoptères Chinook (3,6 milliards) et le contrat d'acquisition des avions C-130J (3,7 milliards), le Québec se fait seulement garantir un minimum de 15 % des futures retombées économiques de 7,3 milliards pour l'industrie aérospatiale.

Le gouvernement Harper exige ainsi moitié moins de garanties pour le Québec que dans le contrat signé en février dernier pour l'achat des avions C-17. Ce contrat a pourtant déjà soulevé la colère de l'industrie aérospatiale, du Bloc québécois et du gouvernement du Québec, qui estimaient que la province devait recevoir au moins l'équivalent de son poids dans l'industrie aérospatiale canadienne, soit 55 %. Sinon, des emplois ainsi que la croissance de cette grappe industrielle étaient en jeu, disaient-ils en février dernier.

Ces informations émanent des diverses discussions que Le Devoir a eues avec de hauts dirigeants de Boeing Integrated Defense Systems, la division militaire de la société Boeing. À l'invitation du constructeur américain, une poignée de journalistes canadiens spécialisés dans le domaine de la défense se sont rendus à Long Beach, en Californie, pour assister à plusieurs séances d'information sur les avions C-17 et les hélicoptères Chinook que le Canada a choisi d'acheter. Pour une rare fois, les journalistes ont pu parler directement aux responsables des programmes de Boeing et examiner l'équipement militaire de près.

C'est d'ailleurs à la toute fin d'une longue séance d'information technique sur les hélicoptères Chinook qu'une des responsables du programme pour Boeing a affiché à l'écran géant de la salle de conférence certaines modalités des futures retombées économiques de ce contrat qui fait encore l'objet de négociations.

Quelques minutes plus tard, un autre haut dirigeant de Boeing bien au fait de la situation canadienne n'a eu d'autre choix que de confirmer que le gouvernement fédéral avait revu à la baisse ses cibles minimales par province. «On revient au système de libre marché que le gouvernement Harper a toujours souhaité. Quand on parle de 15 % au Québec et de

10 % ailleurs, c'est surtout symbolique. Nous n'aurons aucune difficulté à atteindre ces planchers d'investissements», a expliqué un vice-président de Boeing qui a requis l'anonymat, le contrat des Chinook n'étant pas encore signé avec Ottawa.

Retour en arrière

Le gouvernement Harper revient donc à son souhait initial de laisser les forces du marché primer, soit avant que le sénateur et ministre des Travaux publics Michael Fortier ne lance la bataille des retombées économiques au Québec, en décembre dernier.

Pour remonter le fil de cette histoire dont les répercussions se font encore sentir aujourd'hui, il faut retourner en août dernier. Boeing reçoit alors, sans appel d'offres, une commande du Canada pour l'achat de quatre avions de transport stratégique C-17, un des plus gros aéronefs au monde. Le 27 octobre 2006, Boeing dépose officiellement les modalités du contrat à être signé avec le gouvernement fédéral. L'avionneur américain a déjà prévenu Ottawa que le prix offert pour les C-17 ne sera valide que pour une courte période de temps, la chaîne de montage à Long Beach menaçant de fermer, faute de commandes. «Tout allait très bien. Le contrat devait être signé à la mi-décembre et le Canada devait recevoir son premier avion en juin», a expliqué un haut dirigeant de Boeing, qui a préféré garder l'anonymat pour parler de ce sujet délicat.

À ce moment, le gouvernement Harper n'exige aucun quota par province pour redistribuer les retombées économiques du futur contrat. Les fonctionnaires n'évoquent jamais non plus l'idée d'un plancher d'investissements par région. Le gouvernement Harper prône le laisser-faire et veut simplement obliger Boeing à respecter les lois canadiennes, qui imposent à un constructeur étranger signant une entente de nature militaire au Canada à réinvestir, sur une période de 20 ans, l'équivalent du montant du contrat. Dans le cas du C-17 de Boeing, le montant final s'élève à 1,9 milliard.

Mais en décembre, les négociations achoppent. Poussé par une industrie aérospatiale québécoise inquiète de perdre des millions si aucune obligation n'est fixée à Boeing, le sénateur et ministre des Travaux publics Michael Fortier lance une bataille en faveur de Montréal au conseil des ministres. Il veut des quotas par province et un minimum pour le Québec. «On sentait la bagarre au conseil des ministres entre les régions du pays. C'était chaotique. On ne savait pas comment s'en sortir. Ça dérapait sérieusement», a expliqué un dirigeant de Boeing qui a suivi les discussions de près.

Même si Boeing a garanti le prix de ses appareils jusqu'au 1er janvier seulement, Noël arrive et les négociations sont toujours dans l'impasse. Boeing accorde alors un délai d'un mois au gouvernement fédéral. Le Canada cède sa place sur la chaîne de montage du C-17, ce qui retarde la livraison du premier appareil en août. «Alors qu'il n'était pas question, au départ, d'une répartition régionale des retombées économiques, chaque région voulait maintenant sa part», a ajouté une source rencontrée dans les bureaux de Boeing à Long Beach.

Pour se tirer d'embarras, Boeing propose alors un compromis. Les quatre provinces de l'Ouest auront un minimum de 20 % des retombées économiques, tout comme l'Ontario. Le Québec recevra 30 % et les provinces atlantiques 7 %. «C'est une formule de plancher d'investissements, ce ne sont pas des quotas. On peut donner plus à chaque région si on veut», a précisé au Devoir un vice-président chez Boeing.

Le gouvernement Harper accepte l'offre de Boeing. Mais pas question de rendre publics ces chiffres, qui pourraient monter les provinces les unes contre les autres et nuire aux conservateurs. C'est d'ailleurs le premier ministre qui a mis son poing sur la table en janvier et exigé qu'il n'y ait plus de système de quotas ou de plancher par provinces pour les futures retombées économiques. «C'est politiquement trop dangereux de se mettre à dos certaines régions, notamment dans l'Ouest», a confié une source près du dossier.

Le Devoir

Notre journaliste s'est déplacé en Californie à l'invitation de Boeing Integrated Defense Systems.






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Vos réactions

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  • Jacques Gagnon
    Abonné
    samedi 14 avril 2007 01h37
    Max à l'oeuvre pour le Québec
    « Notre industrieux ministre Maxime Bernier disait l'autre jour devant les caméras, qu'il ne pouvait s'ingérer dans la gestion de compagnies comme Boeing. Elle-mêmes choisiraient les endroits où s'établir afin d'être plus concurrentielles.

    Qunad on dépenses des milliards, que l'on met dans les poches de compagnies tout à fait heureuses de les avoir obtenus, on est en droit et même en devoir, puisqu'il s'agit de l'argent des citoyens, d'exprimer des exigences.

    Quelle absurdité, non étonnante venant d'un membre de l'IEDM, que cette réserve de non-ingérence. Il s'agit de notre argent, M. Bernier, que vous devez obliger Boeing et les autres à investir là où on veut.

    Laisser donc faire vos ridicules dogmes et faites ce qui est dans l'intérêt de la population. »

  • André Chevalier
    Abonné
    samedi 14 avril 2007 05h44
    Laissons aller le marché
    « Il me semble que Boeing se fout royalement de partager la manne de ses contrats entre les régions du pays. La compagnie va aller là où l'industrie et l'expertise existe.Or c'est au Québec qu'on la trouve. Vouloir imposer des quotas par région, c'est se tirer dans le pieds, car si on impose un quota minimum dans une région où l'industrie aérospatiale est inexistante, c'est autant de perdu pour le Québec.
    De plus, en fixant pour le Québec un quota qui correspond à son poids réel dans l'industrie, le reste du pays va brailler et c'est certain que le quota sera un quota maximum dans les faits.

    C'est à notre industrie de faire valoir auprès de Boeing la supériorité de notre expertise.

    André Chevalier »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 14 avril 2007 07h46
    Un métro de Laval par C17
    « Chaque C-17 va couter, au bout de 20 ans, 800 millions de dollars, l'équivalent du prolongement du métro de Laval! Ou d'un CHUM.

    Le but de ces 4 avions? Transporter les troupes canadiennes. Lorsque le Canada les aura, les boys seront rentrés d'Afghanistan!!!

    Le PQ se cherche. Les Québécois ne veulent plus entendre parler de référendum! Normal: la bande d'abrutis n'a fait que parler de date de référendum sans jamais adapter le discours souverainiste à la réalité de 2007!

    Bientot des Tremblay et des Gagnon vont aller mourir pour rien dans les montagnes sauvages de l'Afghanistan. Avez-vous entendu un seul député bloquiste, un seul député péquiste sonner l'alarme? Rappeler que depuis 40 ans les feds nous disent que l'indépendance du Québec ne vaut pas un seul mort mais qu'il faut aller mourir pour nos valeurs en Afghanistan!!!!!!! »

  • Sophie Maheu
    Abonné
    samedi 14 avril 2007 08h37
    L'HISTOIRE N'EN FINIT PAS DE SE RÉPÉTER
    « Dire qu'il s'en trouve encore pour ne plus trouver de bonnes raisons en faveur de l'indépendance du Québec y compris à la direction du PQ. Voyons comment Charest et Dumont réagiront à cette nouvelle qui démasque leur petit copain, le prétendu pro-québécois Harper.Voyons également si Boisclair saura saisir la balle au vol et enfin parler des vraies affaires ou s'il fera mine qu'un événement survenu durant ses vacances...n'est pas arrivé. Quant à Québec Solidaire, souhaitons que ce parti ne considérera pas que c'est trop gros pour lui, auquel cas bien des indépendantistes de gauche vont s'interroger sur son adhésion réelle à la cause indépendantiste.

    Robert Lachance »

  • Richard Gingras
    Abonné
    samedi 14 avril 2007 09h11
    Harper et ses gros sabots
    « Je ne comprend pas pourquoi les conservateurs acceptent d'augmenter les transferts fédéraux au Québec mais n'acceptent pas que notre industrie aérospatiale soient renforcée par peur de la réaction du ROC. Harper nous roucoule çà en français quand il s'agit de gagner nos votes, mais quand il s'agit de dévellopper et d'enrichir le Québec ses actions sont différentes que son discour. Il préfère un Québec pauvre ou il entre avec ses gros sabots sans s'essuyer les pieds en disant; c'est pas grave s'est moi qui le fait vivre. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 14 avril 2007 09h47
    Saupoudrage gouvernemental
    « Nos gouvernements ne peuvent saupoudrer tout, tout le temps.

    Répartir, oui, mais pas au prix que ça coûte plus. Si le gouvernement achète de l'essence, des avions, des chars d'assaut ou de la publicité, qu'il le fasse où ça coûte moins cher. S'il donne un contrat, il va payer moins s'il n'exige pas que le bénificiaire achète ses affaires ici et là, un peu partout au Canada, simplement pour faire plaisir à ses chers électeurs. Une fois, ça favorisera une partie du pays et une autre la suivante ou dans un autre domaine.

    L'économie est une affaire et la charité distributrice en est une autre.

    Gilles Bousquet
    St-Hyacinthe »

  • christian Coulon
    Inscrit
    samedi 14 avril 2007 14h10
    Le Québec ne doit plus laisser passer ce genre de manoeuvre...
    « Tout d'abord, bon an mal an, le Québec contribue par ses impôts versés à Ottawa pour 23% des dépenses militaires sans pour autant avoir voix au chapitre des choix des équipements.

    Lorsqu'il s'agit de retombées économiques, c'est d'économie qu'il s'agit; de création d'emplois et de technologies de pointe.

    Les conservateurs ont appréhendé les réactions de l'Ouest canadien, mais savent-ils réellement combien de contrats ont échus dans les provinces de l'Ouest depuis les 5 dernières années au détriment du Québec ?

    Par exemple, un contrat colossal de plus de 600 millions octroyé au groupe Cascades Aerospace pour l'entretien des C130 Hercules.Un autre contrat de plus de deux milliards de
    dollars pour la formation des pilotes canadiens et qui ne fut pas attribué à Bombardier, mais à un consortium de l'Ouest canadien. Et on pourrait continuer ainsi pendant longtemps.

    Au chapitre des chantiers naval responsables de l'entretien des navires canadiens, ce sont les chantiers de Colombie-Britanique et des Maritines qui récoltent tous les contrats, alors que le Québec n'obtient plus rien. Les Chantiers de MIL Davies et Vickers de Montréal employaient au début des années 1990 plus de 1 800 personnes.

    Et que dire de la fermeture de la base Militaire de Saint-Hubert, quartier général de l'Armée de terre qui
    employait des centaines de personnes sans compter les effets
    indirects de sa présence.

    Et puis, vous vous souvenez de Paramax à Montréal ? Un centre de formation et d'entrainement de haut niveau pour la marine canadienne obtenu à titre de retombée industrielle dans le cadre du programme d'acquisition des Frégates canadiennes.
    Eh bien aujourd'hui, tout cela a été discrètement déménagé en Ontario et à Halifax...!

    Comment passer sous silence que l'Agence Spatiale canadienne à délibérément laisser mourir SPAR Aérospatiale de Sainte-Anne-de-Bellevue qui employait plus de 1300 personnes au début des années 90 pour finalement se ramasser à nouveau avec un seul maître d'oeuvre en Colombie Britanique-MDA et
    qui récolte chaque année plus de 50% de tous les contrats octroyés par l'Agence Spatiale. Aujourd'hui, l'ex SPAR agonise et n'emploie plus que 50 personnes.

    Lorsque tout cela est correctement compilé, je ne crois pas du tout que l'Ouest puisse se plaindre. C'est plutôt le Québec qui perd des milliards depuis des années.

    Le calcul conservateur risque bien de leur sauter au visage...car cette question de retombées industrielles est une véritable poudrière-un peu à l'image du déséquilibre
    fiscal, et il faudra bien un jour avoir la volonté de reconnaître les faits.

    Ce n'est pas l'annonce récente de Maxime Bernier et de son
    supposé nouveau programme d'appui à l'industrie aérospatiale qui aidera les conservateurs, d'autant que personne n'est dupe sur l'aspect innovant de ce soit disant nouveau programme.

    Non, le Québec ne doit surtout pas fléchir devant Ottawa.
    Cela fait trop longtemps que ça dure et il y a trop d'emplois en jeu. »

  • Jean Desjardins
    Abonné
    samedi 14 avril 2007 16h59
    "Vous êtes pas tannés de vous faire fourrer, bandes de caves ?"
    « C'est bizarre, non ?

    Aussitôt que le Québec est mieux positionné que les autres provinces, en termes d'expertise et de savoir-faire industriels, les règles du jeu changent soudainement pour ne pas déplaire au ROC. Faut croire qu'il n'y a pas que les Québécois qui soient des braillards au sein de la sacro-sainte Confédération canadienne !

    À ceux qui pensent que l'indépendance du Québec n'est qu'une question d'identité, de culture et de langue, voici une preuve irréfutable à l'effet que l'indépendance du Québec est également une histoire de prospérité économique et de contrôle des leviers nécessaires pour la soutenir.

    Même les anglophones et les crypto-fédéralistes habitant le territoire du Québec devraient s'ouvrir les yeux tout grands et comprendre que le Québec est (et sera toujours) maintenu consciemment et délibérément comme une province 'assistée sociale' du plusssssss meilleur pays du monde. Et ceci est vrai pour les indépendantistes, les autonomistes, les lucides, les solidaires, les verts et, enfin, ...les inconditionnels libéraux 'à-plat-ventristes' du Québec. C'est ça la véritable histoire du Haut et du Bas-Canada. En effet, dans ce pays formé de colonisateurs et de colonisés, on a depuis longtemps mêlé l'expression 'pacte confédératif' avec la toute cynique joute : 'jeu de cartes pacté' en faveur du ROC, bien sûr !

    Même les anglophones habitant le Québec devraient monter aux barricades en regard du contrat des avions C-17 et bien d'autres dossiers économiques, d'ailleurs. Se pourrait-il qu'en cette matière, anglophones et francophones québécois aient une cause commune ? La Souveraineté, c'est peut-être un peu cela, itou ...

    « Vous êtes pas tannés de vous faire fourrer, bandes de caves ? »


    Jean Desjardins

    Laval

    P.S. 'By the way', à qui ça a bénéficié déjà, la voie maritime, le pacte de l'automobile, les investissements massifs dans les sables bitumeux, l'injection de capitaux importants dans la recherche de gaz 'off-shore', etc. ? Ah, tiens donc !!! »

  • Jean Desjardins
    Abonné
    dimanche 15 avril 2007 11h28
    Bizarre, bizarre ...
    « Bizarre, bizarre, en effet !

    Ce qui me frappe dans ce dossier, c'est jusqu'à quel point nos politiciens, tous partis confondus (PLC, PC, BQ, NDP, PLQ, PQ, ADQ, QS) s'enfargent joyeusement dans des peccadilles et délaissent rapidement les enjeux fondamentaux de notre système confédératif, quand ils se manifestent crûment. Quel manque de souffle chez nos politiciens québécois de carrière ! Seraient-ils tous atteints d'emphysème ?

    Comment se fait-il, en effet, que le dossier des retombées économiques des contrats du domaine aérospatial du plusssssssss meilleur pays au monde ne fasse pas l'objet d'une levée de bouclier sans précédent, notamment à l'Assemblée nationale et de la part de nos députés fédéraux du Québec ? Il me semble qu'on fait face, ici, à un scandale éhonté qui montre l'arbitraire, le favoritisme et le dysfonctionnement endémique de cette bienheureuse 'Confédération' qui n'est pas très jojo pour le Québec, finalement. Convenons-en !

    Où sont nos politiciens québécois, aussi bien au niveau fédéral qu'au niveau provincial ? Quelles sont leurs positions à ce sujet ? Qu'attendent-ils pour se compromettre ? Où se terrent-ils ? Qu'attendent-ils pour agir ?

    Les médias, quant à eux, pourquoi ne sont-ils pas plus insistants auprès de nos gouvernants, sur ces questions, au lieu de chercher qui a couché avec Bélinda dernièrement ou qui va sortir du placard, prochainement ? Merci, monsieur Castonguay, pour cet article révélateur. Par ailleurs, qu'attendent vos collègues de tous les médias pour étoffer des dossiers de fond sur le même sujet ? Il me semble que la matière ne manque pas.

    Finalement, notre ineffable go-gauche, elle est bien silencieuse quand il s'agit de se compromettre sur les questions de prospérité économique du Québec (puisque c'est de cela dont il s'agit, camarades, kapitch ?). Manifestez-vous, de grâce ! Sortez de votre dacha. C'est d'ailleurs dans votre intérêt, puisque avec les salaires (directs et indirects) perdus au Québec dans ce domaine, vous manquez une belle occasion de promouvoir le 'taxage' des méchants patrons et des gentils travailleurs de cette industrie pour oh, joie suprême, bricoler de nouveaux régimes sociaux visant à rendre encore plus dépendants les délaissés de la société, la veuve, l'orphelin, etc. Mais ça, c'est une toute autre affaire...

    Bien désolant, tout cela !

    Jean Desjardins

    Laval. »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    dimanche 15 avril 2007 14h18
    Trois poids, trois mesures
    « Le Québec n'a jamais reçu un sou du fédéral pour développer l'énergie hydro-électrique au Québec, alors que les riches compagnies pétrolières de l'Alberta ont reçu, et continuent de recevoir, des centaines de millions de dollars d'Ottawa chaque année pour tirer du pétrole des sables bitumineux. Et l'Ontario n'est pas en reste, le fédéral y ayant dépensé dans le dernier demi-siècle des milliards de dollars pour la filière énergétique nucléaire concentrée dans cette province. Trois poids, trois mesures.

    En effet, on est tenté de dire comme le poète: «Vous êtes pas tannés de mourir, bande de caves ? C'est assez! ». Les coquilles nous tombent des yeux ...

    Vive le Québec, 22e économie mondiale! (Quant au PIB par habitant, classement de 2006) »

  • Jean-Marie Bergman
    Inscrit
    dimanche 15 avril 2007 20h24
    Pourquoi Boeing devrait-t-il investir au Quebec???
    « Boeing est une entreprise qui investit là où ça rapporte, il choisirait certainement le Quebec si c'était rentable....Si il ne le fait pas c,est peut-être parce qu'il n'y trouve pas ce qu'il cherche. Le Canada est un pays qui exige des retombées, ce qui est déjà une erreur car cela ne fait qu'alourdir la facture, mais si en plus on y va village par village... Un peu de réalisme que diable! »

  • Jean Desjardins
    Abonné
    lundi 16 avril 2007 08h51
    @ M. Jean-Marie Bergman et @ ses disciples...
    « Il n'y a pas de plus aveugle que celui qui ne veut pas voir...

    Il n'y a pas de plus sourd que celui qui ne veut pas entendre...

    Il n'y a pas de plus insensible que celui qui veut ne pas sentir...

    Il n'y a pas de plus innocent que celui qui veut se faire berner...

    Il n'y a pas de plus colonisé que celui veut être du bord du colonisateur...

    Certains appellent cela 'être nés pour un petit pain'.


    Kapitch ?


    Jean Desjardins »

  • Jean-Philippe Martin
    Inscrit
    mercredi 18 avril 2007 11h08
    À M. Bergman et cie
    « Effectivement Boing voudrait bien investir là où c'est rentable , là où il y a déjà de l'expertise. Et, il se trouve que cet endroit c'est le Québec. Mais Boing ne pourra pas investir autant qu'il le voudrait au Québec puisque le gouvernement Canadien l'oblige à investir ailleurs au Canada. C'est cet état de fait que tous déplore.

    Quand à l'obligation du réinvestissement, c'est une façon de faire standard sur l'ensemble de la planète lorsqu'un gouvernement achète de l'équipement militaire à un autre pays.

    .jpm »

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