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En mémoire de ceux tombés à Vimy

Alexandre Shields   10 avril 2007  Canada
Des vétérans canadiens discutent en attendant le début des cérémonies commémorant le
90e anniversaire de la bataille de Vimy. En arrière-plan, le mémorial canadien aux soldats décédés lors de la Première Guerre mondiale.
Photo : Agence Reuters
Des vétérans canadiens discutent en attendant le début des cérémonies commémorant le 90e anniversaire de la bataille de Vimy. En arrière-plan, le mémorial canadien aux soldats décédés lors de la Première Guerre mondiale.
Point culminant des trois jours de cérémonies marquant le 90e anniversaire de la bataille de Vimy, le premier ministre Stephen Harper et la reine Elizabeth II ont inauguré hier le mémorial nouvellement restauré érigé à la mémoire des Canadiens qui ont combattu pour libérer ce lopin de terre des plus symbolique. L'occasion de se rappeler qu'à l'aube du 9 avril 1917, 30 000 soldats canadiens ont pris d'assaut cette crête et obtenu une victoire rapide face à des Allemands bien campés sur leurs positions.

M. Harper a souligné le caractère historique de cette bataille, notant que, pour la première fois, toute l'armée canadienne avait été réunie pour livrer combat. «Aucun endroit au monde ne nous donne l'impression de nous sentir plus canadiens. Parce que nous sentons, autour de nous, la présence de nos aïeux. Si nous fermons les yeux, nous pouvons les voir, vêtus de leur uniforme kaki et olive, le fusil posé sur l'épaule», a-t-il lancé aux quelque 15 000 personnes réunies à Vimy, en France, pour l'occasion.

«Leur victoire fit davantage que de donner l'espoir. Elle permit au Canada, qui le méritait tant, d'occuper sa place sur la scène internationale au titre de fière nation souveraine, forte et libre», a quant à elle soutenu la reine Elizabeth II. De son côté, le premier ministre français Dominique de Villepin a remercié le Canada pour son sacrifice en 1917. «Sur cette terre d'Artois qui a tant souffert, et où nos alliés ont été nos libérateurs, la France dit merci au Canada», a-t-il fait valoir.

Le monument, érigé en France en 1936, témoigne de la bataille où 3598 soldats canadiens ont été tués entre le 9 et le 12 avril 1917, alors que 7104 autres étaient blessés. L'imposante oeuvre comprend 20 personnages symboliques associés à la guerre, intégrés à un socle massif en pierre large de 75 mètres surmonté de deux immenses piliers hauts de dix étages représentant le Canada et la France. Au-delà de la bataille de Vimy, le monument rend hommage aux 66 000 Canadiens morts pendant la Grande Guerre.

Au cours d'une autre cérémonie tenue à Ottawa, la gouverneure générale Michaëlle Jean a surtout salué le «courage extraordinaire» des soldats d'hier et d'aujourd'hui, insistant pour dire que les militaires qui se battent en Afghanistan sont les héritiers directs de ceux qui ont participé à la prise de la crête de Vimy.

La crête maudite

La victoire canadienne à Vimy, obtenue après seulement quatre jours de combats et avec des pertes «relativement» faibles, est en effet un exploit militaire. Prise par les Allemands en octobre 1914, cette crête est en fait une colline dotée d'une faible dénivellation, mais qui permet d'obtenir un bon point de vue sur l'ennemi. Les défenses érigées par les Allemands témoignent de l'importance de la position. Ils en font une véritable forteresse, parsemée de nids de mitrailleuses en béton, piquée de kilomètres de fils barbelés et en plein dans le viseur de plusieurs artilleurs allemands.

Au cours d'assauts successifs quasiment suicidaires, Français et Britanniques y ont perdu pas moins de 150 000 hommes. Plusieurs stratèges de l'époque craignaient d'ailleurs qu'un autre assaut de la crête soit vain. Sous les ordres du général George Byng, l'opération est donc préparée avec beaucoup plus de soin que les précédentes.

L'historien Carl Bouchard, spécialiste de la Première Guerre mondiale, rappelle d'ailleurs que cette bataille a été «bien préparée», en tirant des leçons de la boucherie de la bataille de la Somme (plus d'un million de morts dans les deux camps) quelques mois plus tôt. On a par exemple coordonné plus efficacement l'artillerie et l'infanterie pour percer les défenses ennemies.

M. Bouchard estime toutefois que si cette victoire revêt une grande valeur symbolique pour le Canada, elle a été «à peu près inutile». «Les troupes n'ont pas été renforcées par la suite. La percée canadienne n'a donc pas mené à un grand changement sur le terrain», souligne-t-il. Spécialiste de l'histoire militaire du Canada, Roch Legault explique d'ailleurs que la conquête de Vimy, partie prenante de la bataille d'Arras, servait surtout de «diversion» afin de «permettre une autre offensive franco-britannique, offensive qui a échoué».

Andrew Barros, professeur d'histoire à l'UQAM, précise pour sa part que les succès obtenus à Vimy ont néanmoins permis de redonner un certain espoir en la victoire finale. Elle est selon lui intervenue «au moment le plus sombre de la guerre», alors que des mutineries essaimaient dans les rangs de l'armée française. M. Legault ajoute que la presse avait alors fait grand cas de cette victoire, d'autant plus qu'on avait «besoin d'exemples de succès», alors que la guerre s'éternisait et que les soldats pataugeaient dans la boue des tranchées.

***

Avec la Presse canadienne






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  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 10 avril 2007 07h54
    20 millions et pas de traducteurs?
    « Dans un premier temps on nous a montré les plaques en français massacré.

    Dans un deuxième, on nous a expliqué que c'était l'oeuvre de bénévoles.

    Mais on ne ns a pas encore expliqué comment le gouvernement canadien peut dépenser 20 millions pour restaurer le plus important monument de guerre canadien (je précise qu'on attend toujours à Québec les 50 millions pour restaurer le Pont de Québec, 8e merveille du monde qui est en train de rouiller sous nos yeux) mais confier la traduction des plaques à des bénévoles alors que le gouvernement canadien paie grassement des centaines de traducteurs professionnels??? »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 10 avril 2007 07h56
    La guerre, yes sir !
    « M. Carl Bouchard, spécialiste de la Première Guerre mondiale, déclare donc que cette victoire de Vimy a été à peu près inutile. Ça veut donc dire que les 3598 soldats canadiens tués et les 7104 blessés l'ont été pour rien sans compter les 150000 soldats français et britaniques qui y avaient été perdus avant.

    Ça aura, quand même, été utile pour l'érection d'un beau monument qui a été dévoilé par notre "chère" reine, la reine Élizabeth 11 d'Angleterre et du Canada.

    On va dire ça aussi, dans quelques années, de notre implication en Afghanistan où le Canada n'a pas à y guerroyer en pensant faussement apporter le bonheur à la population qui y vit plus mal que jamais depuis sa "libération" par Bush le religieux président.

    Gilles Bousquet
    St-Hyacinthe »

  • Alexandre Boulerice
    Inscrit
    mardi 10 avril 2007 10h10
    La butte de Vimy
    « Les autorités célébraient dernièrement le rôle déterminant des soldats canadiens dans l'immonde bataille de Vimy en 1917. À ce moment, des milliers de pauvres bougres se sont fait massacrer pour prendre possession d'une colline. Fauchés trop tôt, enlevés à la vie et à leurs amours.

    Pourquoi? Parce que le Canada se trouvait aux ordres de la Grande-Bretagne, et que celle-ci répondait à l'appel de la France, alors aux prises avec l'Allemagne de William II.

    Pourquoi? Parce que ces deux nations européennes se livraient une lutte à finir pour le contrôle de matières premières, de colonies, de marchés extérieurs. Une guerre de bourgeois qui voulaient faire encore plus de fric. Une guerre purement capitaliste, sur le dos des ouvriers et des paysans. Remarquez, aujourd'hui, plus personne n'y pense. À quoi bon. Il n'y a que le « sacrifice » et la « bravoure » à célébrer.

    Vous entendrez encore moins le rappel qu'à l'époque, les seuls à avoir refusé cette boucherie, à avoir rejeté l'appel de l' « union sacrée » au sein de chacune des nations, étaient les militants et militantes communistes.

    Cruel, mais habituel regard sur le passé : les perdants de l'histoire ne peuvent avoir eu raison. Même contre la barbarie et l'inhumanité.

    Alexandre Boulerice »

  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    mardi 10 avril 2007 11h19
    L'histoire se répète sans en tirer de leçons
    « À Vimy, le gain réel stratégique fut très faible en échange de la vie de 3598 des nôtres. 3598 familles canadiennes ravagées par la mort d'un père ou d'un fils pour une avancée symbolique. Pourtant à Vimy, l'enjeu était bien réel : il fallait stopper l'Allemagne et l'histoire (puisqu'elle ne sert malheureusement jamais de leçon aux hommes) a dû se répéter en 1939-1945.

    M. Harper, se sent soudainement en Terre d'accueil dans ce cimetière militaire (il ferme les yeux et se sent entouré par nos aïeux) alors que dans la perspective d'une visite antérieure en France il avait confié à la Reine Élisabeth, son inconfort à aller y mettre le pied.

    Ce qui est malsain et dangereux chez Harper comme chez Bush, c'est cette faculté à se sentir si bien dans les cimetières de nos citoyens du temps jadis envoyés se faire tuer pour la noble cause.

    En marchant sur le corps gazonné de 3598 cadavres canadiens M. Harper se sont ennobli, détenteur comme George W. Bush du flambeau du juste combat pour la liberté du système démocratique.

    L'analyse des propos de Harper à Vimy éclaire l'histoire actuelle d'une manière moins poétique et plus pernicieusement pervertie lorsque ce dernier voit l'utilité des morts de Vimy dans le fait de : «permettre au Canada, ... d'occuper sa place sur la scène internationale au titre de fière nation souveraine, forte et libre»... «Si nous fermons les yeux, nous pouvons les voir, vêtus de leur uniforme kaki et olive, le fusil posé sur l'épaule».
    C'est à ce moment et au prix du sang des jeunes soldats que M. Harper touche à la frileuse guirlande de dentelle de la poésie mystique de son âme torry. Il mande nos militaires à l'abattoir comme on ferre un cheval à Calgary et comme on écorne un boeuf de l'ouest pour s'en faire un porte manteau à la ferme de la banlieu de Saskatoon pour s'en faire un trophée.

    La guerre d'Irak que cautionne Bush et Harper n'avait que des enjeux monétaires et a mené à la boucherie des centaines de milliers de civiles (pères, mères et enfants, grands parents). Je me demande dans l'esprit vicieusement tordu de ces conservateurs-républicains de droite, ce qu'il peuvent bien apercevoir lorsqu'ils ferment les yeux comme ils le font sur tant de souffrances. Ces foules ensanglantées et frileuses dans les derniers spasmes de la mort, dans les derniers refoulements artériels de sang giclé à partir d'une fracture ouverte. Les voient-ils...

    Voient-ils réellement les corps des 51 canadiens envoyés en Afghanistan suite à l'invasion-réprimande de George W. Bush après 911 qui a mené à la mort de cinq fois le nombre de victimes tombées au WTC. Des victimes civiles innocentes sans oublier les victimes des effets collatéraux comme ce garçon de dix ans assis sur la tombe de son Papa, seul survivant de sa famille qui pleurait en serrant sur son coeur le pantalon de son père : dernier vestige d'une famille pulvérisée par la vengeance de Bush.

    Voient-ils les intestins éclatés, les rates entrouvertes, les mares de sang de nos jeunes pères de famille parti en chasse aux Talibans ces ex alliés de Bush tombés en disgrâce. Voient-ils dans cette guerre injustifiée à soutenir un régime de vendeurs de drogues et de princes de guerre, quelque lumière susceptible de justifier de «permettre au Canada, ... d'occuper sa place sur la scène internationale au titre de fière nation souveraine, forte et libre».

    La position de Harper à Vimy tiens de la perversion intellectuelle et renforce son sentiment de justification de son intervention Afghane ou les ennemis Allemands de jàdis ont cédé le pas à des objectifs non avoués de faire tourner l'économie du marché de l'armement face aux pertes monétaires encourues suite à l'intrusion néo libérale de la Chine sur le marché nord américain et mondial.

    6 des nôtres sont encore morts hier pour faire tourner l'économie de l'armement et continuer à justifier l'intrusion de Bush en Afghanistan par la caution morale de la présence canadienne à ses côtés.

    Or la perspective de savoir qu'un autre clone de Stephen Harper ira dans soixante ans sur le terrain d'un cénotaphe à l'honneur de nos morts en Afghanistan dire : «Si nous fermons les yeux, nous pouvons les voir, vêtus de leur uniforme kaki et olive, le fusil posé sur l'épaule», n'a rien pour nous rassurer et consoler ces pertes inutiles.

    Tout au plus nous pensons aux sommes faramineuses payées par le trésor canadien pour loger, transporter, sécuriser et faire manger l'équipe Harper et tout l'État major de l'équipe militaire canadienne à ce qui s'apparente malheureusement beaucoup plus à la plus récente version diplomatique d'un dîner de cons en sol français qu'ç une victoire des valeurs de la paix mondiale et de l'équité.

    Pierre Castonguay
    Laval »

  • Serge Loutch
    Inscrit
    mardi 10 avril 2007 11h19
    Mourir pour l'Empire?
    « Sans vouloir devaluer le courage de vos soldats morts au service du British Empire, dans cette guerre inutile et stictement Europeenne, qu'a ete cette sale "Premiere Guerre Mondiale", batie sur un tas de mensonges.
    Je suis sidere que vos politiciens continuent a se servire de la bataille de Vimy, pour justifier votre participation a l' aggression US envers l' Afghanistan, de meme batie sur des mensonges!
    Kingwood,Texas,USA »

  • Stéphane Martineau
    Abonné
    mardi 10 avril 2007 13h59
    Je me souviens
    « Nos nations sont amnésiques quand ça fait leur affaire(partir en guerre pour le fric !!!) et pleines de souvenirs quand ça sert leurs intérêts (vendre une guerre pour des intérêts économiques et stratégiques)...
    Pauvres nous !!! »

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