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La Charte de l'exclusion?

10 avril 2007  Canada
Une musulmane à Hérouxville. La Charte a favorisé l’expression des différences culturelles et religieuses.
Photo : Jacques Nadeau
Une musulmane à Hérouxville. La Charte a favorisé l’expression des différences culturelles et religieuses.
Son arrivée a marqué un tournant tant juridique que politique et social. Vingt-cinq ans après son adoption, le 17 avril 1982, la Charte canadienne des droits et libertés continue d'alimenter les débats, instrument maudit pour les uns, béni pour les autres... ou inversement, au gré des affaires tranchées par les juges! Le Devoir poursuit aujourd'hui et demain une série pour faire le point sur 25 ans de Charte.

Ottawa — En 1989, la Gendarmerie royale du Canada annonce qu'elle permettra à ses agents sikhs de porter le turban, et ce, au nom du respect de la Charte canadienne des droits et libertés. L'opposition citoyenne est immédiate: 62 % des Canadiens se disent contre et un groupe d'Albertains en colère va même jusqu'à s'adresser aux tribunaux pour faire renverser cette décision. Ceux-ci décrètent que la GRC a bien fait et la Cour suprême refuse de se pencher sur ce cas.

L'histoire a le hoquet: 18 ans plus tard, l'épisode du port du kirpan dans les écoles affiche d'étranges similitudes avec l'affaire du turban. La Charte canadienne des droits et libertés, dont on célèbre cette année le

25e anniversaire, a favorisé l'expression des différences culturelles et religieuses. Bonne ou mauvaise chose? Si certains applaudissent à cette redéfinition constante de ce que signifie être Canadien, d'autres crient à la ghettoïsation et la perte d'une identité collective.

Le Canada s'est doté d'une loi sur le multiculturalisme dès 1971, mais celle-ci n'a pris toute sa dimension qu'avec l'inclusion d'une charte dans la Constitution. L'interprétation donnée à cette charte, est-il précisé à l'article 27, «doit concorder avec l'objectif de promouvoir le maintien et la valorisation du patrimoine multiculturel des Canadiens».

De l'aveu même d'un des rédacteurs de la Charte, Barry Strayer (aujourd'hui juge à la retraite à la Cour fédérale d'appel), la clause sur le multiculturalisme n'avait pas de grandes visées. «Je n'ai jamais vraiment su ce que ça voulait dire!», lance-t-il humblement.

Il est vrai que cette clause n'a jamais été invoquée devant les tribunaux. Les droits accordés aux groupes minoritaires l'ont plutôt été en vertu du droit à l'égalité. Est-ce à dire que la clause n'a eu aucun effet? Au contraire, répond Luc B. Tremblay, professeur de droit à l'Université de Montréal.

«La Cour a fait de l'article 27 ce qu'on fait habituellement d'un préambule dans une constitution, ou une disposition déclaratoire», soutient-il. «Ce qui fait que le principe du multiculturalisme est devenu, petit à petit, un objectif fondamental du Canada.»

M. Tremblay se montre très critique de cette nouvelle approche «post-moderne» qui marque la suprématie de l'individu sur la cohésion sociale. «On est entré dans la politique de l'identité», croit-il. Il cite en exemple la décision de la Cour suprême autorisant le port du kirpan. La juge Louise Charron y écrit que la prohibition «dévalorise ce symbole religieux et envoie aux élèves le message que certaines pratiques religieuses ne méritent pas la même protection que d'autres».

«Cela signifie, en conclut M. Tremblay, que toutes les pratiques religieuses sont également dignes de protection. On n'a jamais dit ça!» Auparavant, en effet, la société posait un jugement sur les valeurs mêmes des individus; aujourd'hui, on estime plutôt que ce sont les individus eux-mêmes, peu importe la justesse de ce qu'ils pensent, qui méritent protection. «C'est du post-modernisme à son meilleur, dit M. Tremblay. C'est mettre l'accent sur l'identité sociale d'abord. L'important est maintenant de procéder à la reconnaissance de qui on est, et il en découle que nos valeurs, quelles qu'elles soient, méritent protection. Il y a un changement profond qui est en train de s'opérer.»

Ghettos normaux

Cette préséance donnée à l'individu a-t-elle conduit à l'éclatement de la société canadienne? Selon des chiffres de Statistique Canada tirés de son Enquête sur la diversité ethnique de 2002, le nombre d'enclaves ethniques est passé de six en 1981 (situées à Montréal, Toronto et Vancouver) à 254 en 2001. Une enclave ethnique se définit comme une collectivité dont au moins 30 % des habitants proviennent de la même ethnie, minoritaire au Canada.

À la Commission canadienne des droits de la personne, on refuse d'appréhender cette question sous l'angle des ghettos. Un ghetto fait référence à un endroit où les gens sont confinés contre leur gré, fait valoir la présidente Jennifer Lynch, qui en était à son premier jour en poste au moment de l'entrevue, la semaine dernière.

«Selon moi, la Charte fait exactement le contraire, dit-elle. Elle offre une option. Parce qu'autrement, s'il n'y avait pas de droits humains, s'il n'y avait pas d'accommodement, nous confronterions les gens à un dilemme: ou bien ils s'assimilent à la culture dominante, ou bien ils créent leurs institutions séparées. La Charte offre une troisième voie en proposant des solutions raisonnables.»

Dans une récente analyse publiée dans Options politiques, le professeur émérite de l'université Queen's, Mohammad A. Qadeer, démolit lui aussi l'argument de l'accommodement qui irait trop loin. «Le discours actuel à propos des soi-disant maux du multiculturalisme mène à un cul-de-sac. On ne peut bannir le multiculturalisme, pas plus qu'on ne peut refuser de s'accommoder de la diversité. La Charte ne le permettrait pas, sans compter qu'il en va des impératifs de la vie vécue.» Après tout, fait-il valoir, la diversité culturelle et religieuse fera toujours partie intégrante de la société canadienne, immigration oblige.

Pourtant, d'autres données tendent à démonter que les immigrants éprouvent de la difficulté à s'intégrer dans leur pays d'accueil. Les recherches des professeurs Jeffrey Reitz et Rupa Banerjee, de l'Université de Toronto (rendues publiques en janvier par l'Institut de recherche en politiques publiques) ont permis de conclure que le sentiment d'inclusion à la société canadienne chez les groupes issus de l'immigration était moins élevé... chez la seconde génération d'immigrants. Faut-il y voir un recul, alors, qui tendrait à contredire l'optimisme débordant de la Commission canadienne des droits de la personne et à accréditer les craintes de M. Tremblay?

Non, répond M. Reitz, professeur de sociologie à l'Université de Toronto et directeur du programme Ethnics and Immigration Studies. Il explique que les attentes des immigrants de première génération sont peu élevées: il s'agit d'améliorer leur sort par rapport à la situation qu'ils ont fuie. Leurs enfants, toutefois, se comparent aux autres enfants canadiens et leur exclusion leur saute alors aux yeux pour la première fois.

Ce n'est qu'à long terme qu'on pourra conclure s'il y a là le germe d'une tendance dangereuse pour le pays. «Il y a des bons et des mauvais côtés, dit-il. Si une personne s'intègre dans une enclave lui permettant de travailler sans connaître l'anglais ou le français, cela améliorera au début son intégration. Mais à long terme, si cette personne ne parle toujours pas la langue, cela pourrait créer des problèmes.»

Les recherches de M. Reitz tendent à confirmer que la société d'accueil doit faire les premiers pas. L'assimilation a plus de chances de survenir si la personne est d'abord acceptée dans toute sa différence, plutôt que si on lui demande d'abord de renoncer à ses pratiques et coutumes.

«À mesure que les gens sont acceptés par la société dominante, que leurs attitudes sont tolérées, ils les abandonnent progressivement parce qu'elles deviennent des traits distinctifs moins significatifs. Et c'est là toute l'ironie du multiculturalisme censé promouvoir la différence culturelle. Dans les faits, la conséquence de la tolérance est l'intégration plus rapide!»

Valeurs communes à protéger?

Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a proposé la rédaction d'une constitution québécoise dans laquelle seraient énumérées les valeurs fondamentales des Québécois auxquelles il serait impossible de se soustraire, notamment l'égalité des hommes et des femmes ou encore la mixité de l'espace public.

À la Commissioncanadienne, on refuse de citer une limite raisonnable aux droits des minorités autre que la «sécurité». En fait, on explique qu'on tente justement d'éviter à tout prix de poser le problème en ces termes. «Avant de conclure qu'il y a un conflit [de valeurs], on doit considérer toutes les solutions de manière à éviter de présenter la situation comme étant un dilemme entre deux options diamétralement opposées, explique Philippe Dufresne, directeur du contentieux. Et nous atteignons cela par la conversation, le dialogue, en considérant d'autres options.»

Alors comment explique-t-on l'opposition massive de la population canadienne à certaines décisions, comme celle autorisant le port du kirpan (environ 60 % depuis un an) ou encore les exemptions scolaires accordées à certaines étudiantes, opposition qui a si bien profité à Mario Dumont le 26 mars dernier?

Mme Lynch déplore la désinformation du public. Elle aime surtout se dire positive. Si 60 % de la population s'oppose au kirpan, «cela signifie que 40 % sont d'accord. Cela en dit long sur l'évolution de notre société». Est-il possible que cette évolution aille trop vite pour la capacité d'adaptation de la population canadienne? «Nous devrions être fiers de ce que nous accomplissons.»

M. Qadeer, lui, estime que l'identité se forge au gré d'une valse entre les différentes requêtes. «Le discours à propos de l'intégration de la différence culturelle repose sur le principe d'une adaptation à de présumées valeurs communes. Pourtant, l'intégration est un processus dynamique par lequel les sous-cultures s'intègrent aux institutions officielles», écrit-il.

Pour M. Reitz, l'opposition s'explique par l'insécurité des gens. C'est particulièrement le cas de l'opposition aux demandes de certains groupes religieux de soustraire leurs femmes au regard masculin.

«Je soutiens que la raison pour laquelle ces sujets sont si sensibles, c'est précisément parce que plusieurs femmes au Canada estiment que l'égalité des sexes n'est pas encore complètement acquise, et que certains hommes aiment bien l'idée d'accommoder les pratiques conservatrices de certains groupes immigrants parce que cela contribue à obscurcir la situation et à fragiliser les progrès accomplis dans la lutte pour l'égalité des sexes. C'est un phénomène comportemental humain normal: les groupes qui ont l'impression que leur statut est le plus précaire sont les moins ouverts aux accommodements.»

Selon M. Reitz, cela expliquerait aussi pourquoi le Québec s'est tant enflammé à propos des accommodements raisonnables: parce qu'il ne s'est pas encore totalement affranchi, selon lui, de l'idée que sa culture est menacée par le reste du Canada.

Le professeur Luc Tremblay trouve cette explication réductrice. «Je crois que le noeud du problème, c'est que ces accommodements portent atteinte aux principes d'une société libérale et démocratique, incluant la conception que nous nous faisons de ce qu'est l'égalité, la dignité humaine, la séparation de l'Église et de l'État, et l'universalité de traitement, et contredit le type de société que les Québécois tentent de créer depuis 40 ans.» Il cite entre autres une société où le domaine religieux est confiné à la sphère privée.

M. Tremblay croit aussi que les citoyens se sont braqués par «intuition». «La doctrine de l'accommodement raisonnable et du multiculturalisme vise à favoriser l'inclusion sociale et l'intégration, comme dans le cas des personnes handicapées. Sauf qu'il y a une intuition qu'avec les accommodements raisonnables pour des motifs religieux, c'est le contraire qui se produit. Ce n'est pas l'inclusion sociale, c'est une forme d'auto-exclusion.»






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  • ethan solal
    Inscrit
    lundi 9 avril 2007 21h54
    Vers l'universel, pas le particulier?
    « Le souhait de Mario Dumond me semble tout de même frappé au coin du bon sens. Au lieu de protéger les différences culturelles à tout va, on protégerait des valeurs auxquelles, me semble t'il, sont attachés beaucoup, sinon la majorité, des québécois(es). Bizarre qu'un Boisclair n'ait pas eu cette idée. »

  • Claude Stordeur
    Abonné
    lundi 9 avril 2007 23h37
    Tout a commencé quand
    « la cour suprême a marquer son territoire en accordant au gens de religion sik de garder leur turban pour travailler à la GRC.

    Avec cette brèche dans le sens commun, la cour s'est réservée du travail en avance pour des dizaines d'années.
    Il est impensable qu'un signe extérieur de religion aille préséance sur l'uniforme d'une institution pan canadienne, cela a donner la chance aux groupuscules religieuses de se mettre en valeur en demandant par exemple le port d'une arme dans les écoles qu'aucun avionneur ne permettrait question de sécurité( qu'on le nomme kirpan ou coutellet cela reste une arme faite pour égorger) ou la demande de porter un foulard pour les filles pratiquant le soccer qui met leur vie en danger par la possibilité accidentelle d'un étranglement.
    Il en restera bien des occasions " d'écoeurer le petit peuple" avant que celui-ci ne croient vraiment plus a la justice des gens enfermer dans leur tour de marbre. »

  • martin grenier
    Inscrit
    mardi 10 avril 2007 07h15
    grenier.martin@videotron.ca
    « Continuer a faire tout les caprices des nouveaux arrivants dans quelque annee se seras lyrack au canada o k martin »

  • Francois Martin
    Inscrit
    mardi 10 avril 2007 07h37
    La charte canadienne des droits des extrémistes
    « La jurisprudence découlant de l'interprétation de la Charte est faite sur mesure pour les extrémistes religieux qui en abusent de plus en plus. Effectivement ces gens se servent de la Charte pour s'intégrer dans la société canadienne en cherchant toutes les failles possibles dans notre système juridique, via la Charte, pour ne pas s'intégrer.

    La Canada (ses juges, politiciens et intellectuels) tolère aveuglément toutes pratiques religieuses et s'interdit toute réflexion sur ce qui est bien ou mal pour une société démocratique. Comme écrivait D. Bombardier il y a quelques mois 'La Cour Suprême n'a plus rien de suprême', en effet ce n'est que 9 peureux qui ont suprêmement peur de contredire les lobby extrémistes.

    Dans cet article sans analyse et totalement tiède, où la seule opinion qui filtre est celle que l'auteure H. Buzzetti n'aime pas Mario Dumont, on peut aussi regretter que le titre n'est pas été "La Charte de l'auto-exclusion" comme l'a dit le Prof. Luc Tremblay. »

  • Josée Barrette
    Abonnée
    mardi 10 avril 2007 08h06
    L'intégration dans notre société...
    « Au sujet des accomodements raisonnables: nous sommes une société laïque, nous avons sortis nos crucifix de nos écoles, qui ne sont plus confessionnelles, mais nous acceptons qu'un enfant se promène avec un signe religieux, tel un kirpan, dans cette même école. Elle est où la logique dans cette situation ?

    De plus, je crois que la meilleure façon d'intégrer la plupart de ces nouveaux arrivants serait justement d'utiliser la Charte pour forcer les associations professionnelles (Collège des Médecins et autres) à accepter, sous certaines conditions, des professionnels formés à l'étranger. On se plaint qu'il n'y a pas assez de médecins, mais il y en a plusieurs qui lavent de la vaisselle ou qui conduisent un taxi, qui sont probablement aussi compétents que nos médecins diplômés au Canada... Je comprends que tous les pays n'offrent pas la même qualité d'enseignement, mais des tests d'équivalence et des cours d'appoint, ça existe, non ?!

    Au bout du compte, je pense que les deux parties ont tort sur plusieurs points, qui ne se rejoignent pas nécessairement, et que tout le monde devrait mettre de l'eau dans son vin ! On t'accueille et te fais une place chez nous, respecte nos valeurs et notre façon de faire les choses.

    Petite parenthèse: je suis restée bouche bée devant certaines opinions mentionnées dans ce texte, notamment celle de M. Reitz. Vous devriez peut-être venir vivre un petit bout de temps au Québec avant de dire que nous ne sommes pas affranchis de l'idée que notre culture est menacée ! J'aurais pensé que vos études en ethnicité et sociologie vous auraient permis de voir plus loin...

    Josée »

  • Yvan Gagnon
    Inscrit
    mardi 10 avril 2007 09h23
    Toujours la liberte
    « Le fait que nous ne sommes pas seuls sur cette planete, ou dans un pays ( province), nous oblige a decider ce que nous sommes libre de faire ou de ne pas faire. Les politiciens ont le role ingrat de prendre ces decisions, mais d'apres quels criteres? Ceux de la majorite pour peut-etre etre reelu? Ces criteres existent, la securite de la societe en general etant peut-etre le plus important. Par contre, la consequence du fait que l'on n'est pas tout seul dans une societe nous oblige a considere le point de vue des autres et l'individu, dans ce contexte, ne peut pas faire ce qu'il veut. L'individu doit respecter l'ensemble et non pas le contraire. La liberte de faire ce que l'on veut s'arrete toujours ou la liberte des autres de ne pas etre offences, ou brimes, commence. Ou on place cette limite est la vraie difficulte dans cette equation et c'est le role de nos elus, ou meme de la cour, de faire ces choix. La tolerance est absolument necessaire dans toute societe civilisee, mais cela ne veut pas dire que l'on doit tolerer n'importe quoi. »

  • Claude Boucher
    Inscrit
    mardi 10 avril 2007 10h53
    Religion ou croyance?
    « L'évolution de la société canadienne (et québécoise) a créé, en raison même de la Charte, une discrimination à mon sens inacceptable. Comme le fait bien voir cet article, la Charte a servi à justifier l'expression religieuse dans toutes ses facettes, en oubliant que la religion tient d'abord et avant tout d'une croyance, d'une adhésion à des valeurs, des principes. Comme nous avons, comme peuple, rejeté les dogmes religieux au fil des ans, nous nous voyons donc privé, d'une certaine façon, de ce droit à l'individualité collective.
    L'exemple du CPE refusant de servir de la viande alhal (pardon pour l'erreur possible d'orthographe) est un cas patent. Pour permettre à notre fille de consommer du lait de soya (ce qui correspond à notre croyance... religieuse ou non), nous achetons nous-même ce lait. Nous ne nous sommes pas adressé à la Commission des droits pour que le CPE ait l'obligation de fournir ce lait à notre fille. Pourquoi? La croyance dans les vertues du lait de soya ne répond pas à la définition de religion.
    En nous délestant de la religion catholique, nous nous sommes donc auto-privé de certains droits, et n'avons rien fait pour que soit considéré comme discrimination le non-respect des croyances émergentes. Une Charte des droits statique, qui ne reconnait que les "vieilles" religion comme motif de discrimination, n'a selon moi plus sa place. Si l'on veut permettre le port du kirpan dans les écoles, qu'on reconnaisse aussi le droit des parents anti-militaristes à refuser que leurs enfants portent l'uniforme à l'école. Si la société doit évoluer, l'interprétation de la charte doit elle aussi tenir compte de cette évolution, et accepter comme motifs de discrimination non valable autre chose que les "vieilles religions." »

  • Isabelle Colombo
    Inscrite
    mardi 10 avril 2007 12h45
    Agissons avant qu'il ne soit trop tard !
    « Aujourd'hui, dans le contexte dans lequel nous vivons, certains articles de la Charte des Droits devraient être révisées, et plus particulièrement l'article 2.

    Comme l'a écrit M. Martin et je cite "Effectivement ces gens se servent de la Charte pour s'intégrer dans la société canadienne en cherchant toutes les failles possibles dans notre système juridique, via la Charte, pour ne pas s'intégrer." qu'attendons-nous pour agir ?

    Peut-être y a t-il possibilité de faire une pétition au niveau canadien afin de revoir la Charte?

    Ou sinon, proposer une Charte révisée à nos parlementaires ou députés locaux afin qu'ils puissent la présenter pour l'amender?

    Il faut se mobiliser avant qu'il ne soit trop tard ! »

  • Sarah Bilodeau
    Inscrite
    mardi 10 avril 2007 14h36
    Multiculturalisme 101
    « La notion de multiculturalisme, selon le Petit Robert, se définit comme la "coexistence de plusieurs cultures dans un même pays". Maintenant, celles et ceux qui n'adhèrent pas à ce principe peuvent être qualifiés d'"intolérants" et d'"extrémistes", puisque les pays dits "civilisés" l'ont adopté et l'ont intégré à leur code de valeurs.

    Toutefois, lorsque vient le temps de passer de la théorie à la pratique, la confusion et la confrontation règnent. En effet, lorsque même le juge ayant participé à la rédaction d'une charte sur le multiculturalisme avoue ne pas en saisir exactement le sens, l'application de la loi sur ledit multiculturalisme devient impossible. D'où ce sentiment de malaise national, ou plutôt provincial, car il est vrai que le débat se concentre au Québec.

    Il est temps de procéder à un exercice de l'esprit sur la question plutôt que de laisser hurler notre coeur meurtri de Québécois désabusés. Sans quoi le débat ne sortira jamais des limites de l'appréhension et le refus de l'autre. »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mardi 10 avril 2007 14h42
    La charte a besoin d'un rajeunissement
    « Voici 25 ans que l'on vit avec cette charte, il est temps de lui donner un air de jeunesse et de la mettre au goût du jour.

    L'inidividu est supposé primer sur la collectivitré mais dans des jugements pour des valeurs "dites" religieuses ont a permis aux collectivités immigrantes de se servir d'un individu pour jouer au cheval de Troie et nous imposer leurs coutumes jugées irraisonnables.

    Le convient quMun policier de la GRC avec un turban ne fait pas sérieux. L'uniforme qui est la marque de commerce de ce corps policier a été ridiculisé par cet accroc de jugement.

    Le port du kirpan ouvre aussi la porte à l'abus. Il ne reste que la raison des individus en cause comme remparts à l'envahissement des écoles avec ce kirpan à la ceinture. Nos lois ne peuvent plus rien, le trou dans la charte est découvert et s'agrandi cas par cas.

    Nous en sommes rendus à des rterroristes internatinaux qui se réfugient ici et qui se drapent de la charte pour éviter l'expulsion du Canada vers leur pays d'origine. Nous avons eu Ahmded Ressam. Adil Charkaoui, Said K»Jaziri et plusieurs autres. ont des passés criminels et peuvent à tout moment créer le chaos ici. Mais notre charte les protège. Amen...

    Alors, à l'aide de ces irritants nous devions réviser la charte et en faire un instrument de convergence et non de division. »

  • Maurice Monette
    Abonné
    mardi 10 avril 2007 15h34
    Ce qui me TURLUPINE...
    « Ce qui me TURLUPINE c'est, pourquoi a-t'il fallus des "ACCOMODEMENTS dits RAISONNABLES" pour que des gens qui ont choisis(es) de venir vivre ICI, s'adaptent...?

    Moi, quand je choisi d'adopter un STYLE de VIE, je m'adapte à CELUI-CI et JE fais les COMPROMIS exigés par ce STYLE de VIE. Mais, actuellement, c'est tout le CONTRAIRE qui se produit. C'est la POPULATION du TERRITOIRE CANADIEN qui doit faire toutes sortes de COMPROMIS pour vivre dans leur PAYS sans offusquer les gens qui NOUS y ont demandé ASILE... BIZARRE ! Je dirais même très BIZARRE !

    NON ! Il y a des subtilités qui n'ont pas été comprises. Si NOTRE STYLE de VIE a été assez intéressant pour que des gens de diverses conditions SOCIALES existantes ailleurs NOUS aient "LIBREMENT-CHOISIS(ES)" comme peuple avec LEQUEL il semblerait le plus BÉNÉFIQUE de poursuivre leur "CHEMIN de VIE actuel" alors, c'est à ces gens de s'ADAPTER. L'ESPÈCE HUMAINE est la plus VERSATILE dans ses capacités d'adaptation, c'est d'ailleurs pour cette RAISON que la TERRE ENTIÈRE a été peuplée tout au long des derniers millénaires...

    Donc, c'est à ces MIGRANTS(ES) de se "fondre" à la MAJORITÉ qui leurs fait l'HONNEUR de les acceuillir plutôt que le CONTRAIRE comme il se produit actuellement avec des "ACCOMODEMENTS dits RAISONNABLES". Si des GENS d'ICI veulent changer certaines moeurs de LEUR vie actuelle, soit, mais ça ne reste qu'un "LIBRE-CHOIX PERSONNEL" qui n'implique que les GENS CONCERNÉS(ES). Point n'est besoin de chambarder tout le SYSTÈME JURIDIQUE du PAYS pour ÇA...! »

  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 10 avril 2007 17h22
    Charte des droits individuels
    « Trudeau a poussé sa charte pour contrer la reconnaissance le droit collectif de la socitété québécoise de se gouverner en dehors du pouvoir des Canadians. Cette charte est maintenant d'une grande utilité pour les groupes religieux qui réclament, individu après individu, le droit de pratiquer leur religion de façon ostentatoire. Pour ces groupes, prosélitysme oblige !
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Beverley Smith
    Inscrite
    mercredi 11 avril 2007 08h21
    les droits des enfants aussi
    « le Chartre respecte les droits des enfants a une benefice egale (section 25) mais nos los ont une preference financiere pour les enfants dans les garderies. C'est injuste. Il faut une egalite. Le Chartre et la Convention des Droits des Enfants de l'ONU respectent le droit des parents d'elever leurs petits dans leur langue, leur culture et leur religion. Un systeme de garderies impose par l'etat a du mal a offrir toutes ces conditions - voir le probleme recemment a Montreal avec l'enfant Muslim qui ne mangeait pas de viande.
    La solution selon le Chartre est en effet de donner des fonds aux parents, pas aux garderies, afin de leur permettre d 'etablir les facons et les endroits de soigner leurs petits qui leur conviennet. Un systeme qui nie ce choix aux parents et qui nie ces fonds aux parents est une contravention du chartre.
    J'ai ramasse les details des chartre des enfants pour nous faire souvenir de ce que nous avons oublie au sujet de l'egalite
    http://righttsofchild.tripod.com
    Il faut y penser. »

  • Marc Lavallée
    Inscrite
    mercredi 11 avril 2007 08h38
    Multiculturalisme n'égale-t-il pas paix et volupté?
    « Le multiculturalisme est peut-être un bien beau mot, mais ceux qui l'utilisent comme si il suggérait la paix et la tolérance sont dans la pensée magique. La coexistence culturelle est nécessairement conflictuelle, et il est facile de s'en servir pour promouvoir ses agendas politiques tendancieux, comme le font les intégristes de tout acabit et le populiste Dumont.

    Ce qui est le plus difficile à intégrer dans notre société, ce ne sont pas certains immigrants récalcitrants ni les "de souches" du Québec profond, mais c'est la notion de laïcité; le Québec n'a pas terminé (ni même amorcé sur le fond) sa révolution tranquille. Tant qu'il ne considérera que les aspects économiques de son évolution, il laissera au second rang ce qui fait qu'il pourrait être solidaire et prospère aux plans culturels et moraux.

    Il y a certains gestes que la société québécoise pourrait faire pour se brasser les puces, comme celui d'enlever le crucifix à l'assemblée nationale. Le repli identitaire des catholiques "de souches" en banlieu et en région, ainsi leur braquage envers des incidents anodins d'accomodements est très dangereux et ne fera qu'amplifier des malaises et des tensions inutiles. Un deuxième geste, plus significatif, serait de faire l'indépendance du Québec, pour se débarasser de lois fédérales qui sont innapropriés dans un Québec qui ne doit pas évoluer vers un communautarisme à l'américaine, ce qui le diluerait lentement mais sûrement dans l'enclave canadienne. À moyen terme, la situation actuelle pourrait sonner le glas de la nation québécoise et sa définitive "louisianisation". »

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