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Des criminels aux petits oignons ?

10 avril 2007  Canada
Des criminels aux petits oignons? Le professeur de droit international et ardent défenseur du régime interprétatif actuel, François Crépeau, de l'Université de Montréal, estime injustifiées les critiques de la Charte canadienne des droits et libertés car, selon lui, l'époque de la suprématie parlementaire est bien révolue.

«La démocratie contemporaine n'est pas composée que de la représentation électorale car celle-ci, on l'a vu dans les années 1930, peut mener à la dictature et à des décisions qui sont préjudiciables aux minorités et aux individus.»

Selon lui, la règle parlementaire de la majorité nuit aux groupes tels que les autochtones, les détenus, les étrangers et même les femmes, dont les droits ont traditionnellement été reconnus d'abord par les tribunaux et non les parlements. Et que ceux qui se plaignent que la Charte a accordé trop de droits aux criminels (dont le droit de vote) aillent se rhabiller, selon M. Crépeau. «La parole relativement posée et calme des juges est un contrepoids formidable au populisme.»

Ce sont justement les droits reconnus aux accusés qui font enrager Scott Newark, un consultant en sécurité très critique de certaines interprétations de la Charte. Il a été directeur exécutif de l'Association canadienne de la police et, l'an dernier, conseiller spécial du ministre conservateur de la Sécurité publique, Stockwell Day. Selon lui, ce n'est pas le fameux article 15 interdisant la discrimination qui a le plus profondément changé le paysage, mais l'article 24 permettant aux juges d'écarter des éléments de preuve s'ils ont été obtenus dans des conditions portant atteinte aux droits de l'accusé.

«La vérité est la victime de ce système», affirme-t-il. Il cite en exemple la cause Borden, tranchée par la Cour suprême en 1994. L'homme accusé d'un viol avait fourni un échantillon d'ADN, mais la police n'avait pas mentionné que l'échantillon serait aussi utilisé pour élucider un autre viol plus ancien. L'ADN correspondait à celui trouvé sur les deux victimes, mais la Cour a quand même exigé que cette preuve ne soit pas retenue.

«Mon passé de policier et de procureur fait de moi une personne pragmatique et je ne crois pas que tel était le résultat recherché par les législateurs lorsqu'ils ont adopté la Charte», déplore M. Newark.

L'effet de balancier

Preuve toutefois que l'interprétation de la Charte est soumise à l'effet de balancier constant, un trio de juristes s'est au contraire plaint le mois dernier de la récente propension des tribunaux à ignorer la Charte en matière d'admissibilité de la preuve lorsque le crime à élucider est grave! On s'étonnait que la Cour d'appel de l'Ontario ait accepté en preuve une arme à feu saisie sur un suspect sans mandat.

«De manière légitime, certaines personnes croient qu'il serait préférable d'obtenir un mandat d'un juge lorsqu'on soupçonne une personne d'avoir une arme à feu dans ses poches, plutôt que de simplement saisir l'arme à feu, lance M. Newark. Je trouve que c'est stupide. [...] Je suppose que je suis influencé par ma fréquentation de ceux qui saisissent des armes à feu et qui se font tirer dessus par ces armes, plutôt que de ceux qui possèdent ces armes ou ceux qui gagnent leur vie à les défendre...»






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  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 10 avril 2007 08h23
    Le mépris du peuple!
    « «La parole relativement posée et calme des juges est un contrepoids formidable au populisme"

    Un juge qui conduit a point 16
    Une autre a point 15
    Un autre qui vole des cochonneries dans une pharmacie
    Un autre qui dit que les règles sont comme les femmes: faites pour etre violées
    On a tous vu la sagesse éblouissante de nos juges. Et le mépris du bon peuple! »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mardi 10 avril 2007 11h38
    oui Des criminels aux petits oignons...
    « Des criminels aux petits oignons, c'est ce que la charte a eu comme effet pervers. J'ai toujours pensé que le crime ne paie pas. Mais je dois me rendre à l'évidence qu'il accorede une notoriété qui amène au respect de ses droits nonobstant ceux des victimes...

    Force m'est de constater que l'arreestation d'un individu doit être fait dans les règles de l'art même s'il crache, vocifère des menaces ou résiste à son arrestation. Voilà, le policier marche sur des oeufs et est souvent sujet à critique. Mais qui est le plus fautif, l'individu qui vient de fairte un acte répréhensible ou le policier. À voir les jugements de valeur de certains on serait tenté de dire que les policiers sont de trop et abusent de leurs pouvoirs. Pourtant ils ne font qu'exécuter la loi...

    Et en prison, quand les prisonniers saccagent tout pour faire valoir leur point de vue. Qui est le plus fautif ? On est rendu que ce sont les gardiens qui doivent se protéger des attaques sournoises et gratuites. Mais ce sont eux qu'on blâme car leur comportement, encore une fois, porte flan à la critique...

    Oui la charte a des effets pervers car en donnant des droits aux personnes qui sont supposés être au ban de la société, on vient de leur donner une occasion de recommencer car ils sont traités aux petits oignons.

    Ce qu'on a oublié dans cette foutue charte est la responsabilité qui contrebalance le droit. Il faut être responsable de ses actes et avoir l'humilité de le reconnaître au lieu de rejeter le blâme sur n'importe qui et de vouloir faire porter le chapeau de nos actes par les autres. Quand on est coupable on n'a pas à faire porte l'odieux sur les autres...

    Ainsi nous avons au Canada des terroristes internationaux qui utilisent la charte pour éviter d'être expulsés du Canada. Pourtant c'est la seule issue possible pour assurer la sécurité des canadiens. Encore là les avocasseux sont actifs pour faire reconnaitre les droits de ces individus criminels d'habitude. Les avocats sont donc au banc des accusés d'avoir pelé les petits oignons de leurs clients. Un avocat me disait que la différence entre un rat et un avocat, c'est que l'avocat peut faire des choses pire que le rat... »

  • G. Dex
    Inscrit
    mardi 10 avril 2007 11h52
    logique
    « Certaines causent devraient suivre la logique... sinon les criminels risquent de developper des reflexes qui leur eviteront de faire face a la vraie "justice". »

  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 10 avril 2007 16h45
    Dilemme
    « Profond dilemme. Vaut-il mieux que les criminels soient traités aux petits oignons ou que les honnêtes gens le soient à coups de bâton ?
    Roland Berger
    London, Ontario »

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