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Vimy: Ottawa retire ses panneaux truffés de fautes de français

6 avril 2007  Canada
Ottawa — Les panneaux d'interprétation qui comportaient des fautes majeures de français au site historique de Vimy, en France, ont été retirés hier, à la demande du gouvernement fédéral, quelques jours avant les cérémonies de commémoration du 90e anniversaire de cette bataille militaire.

Le ministre des Anciens Combattants, Greg Thompson, en a fait l'annonce par voie de communiqué, indiquant que la situation était «totalement inacceptable» et qu'il n'était pas question de laisser les panneaux en place «lorsque les yeux du monde entier se tourneront vers ce site», cette fin de semaine.

Les panneaux truffés de fautes d'orthographe et de syntaxe seront remplacés le plus rapidement possible par d'autres au français impeccable, promet-on au ministère des Anciens Combattants.

L'honneur sera donc sauf pour le Canada. Lundi, le premier ministre Stephen Harper participera à une cérémonie commémorative à Vimy, où seront aussi présents la reine Élisabeth II et le premier ministre français, Dominique de Villepin. Ils inaugureront le monument restauré après des travaux de 20 millions de dollars.

La télévision de Radio-Canada révélait mercredi que les textes français présentés au centre d'accueil des visiteurs du monument commémoratif canadien de la bataille de Vimy sont d'une qualité lamentable. La traduction aurait été confiée à des bénévoles britanniques, passionnés d'histoire militaire mais pas de grammaire française.

Ainsi, à en croire les panneaux, les explosifs étaient mis dans des «chambers»; une entreprise y «employaient» des hommes; on y travaillait avec des «explosives» ou avec «le mine».

Toujours dans le rayon des perles, on peut lire que trouver des tunnels «requière» souvent l'utilisation de techniques d'examen «dépassé» et «ennuyeux». Aussi, on découvre qu'un certain type de mine forme «une longue tranchée tel un cratère» et qu'on pouvait les «souffler pour fournir une route».

Pour le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, la situation est non seulement désolante, mais embarrassante.

«J'ai été choqué et embarrassé», a déclaré M. Fraser en entrevue. Il explique qu'à son avis l'affaire est embarrassante à plusieurs niveaux puisque la bataille de Vimy correspond à un moment important du développement de l'identité canadienne, qu'elle est à l'origine du bataillon francophone Royal 22e Régiment et que, «de surcroît, c'est en France».

Le bureau de M. Fraser a déjà reçu trois plaintes en rapport avec l'incident, dont celle du député néo-démocrate Yvon Godin.

«On ne parle pas d'erreurs de dactylo!», s'insurge M. Godin, dans le langage illustré qu'on lui connaît.

«C'est du déjà vu et c'est décevant», ajoute-t-il, soulignant que c'est l'image du Canada qui est en jeu.

Au Bloc québécois, on ne peut passer sous silence qu'il s'agit une fois de plus d'un exemple où les Forces armées sont impliquées. Ne voulant pas blâmer les bénévoles, on souligne que la responsabilité de s'assurer de la qualité de la langue incombait au gouvernement.

«Le gouvernement canadien n'a manifestement pas eu à coeur de fournir le soutien nécessaire afin que les textes français soient rédigés de façon convenable. On navigue ici dans une zone entre la négligence et l'indifférence», déplore le bloquiste Richard Nadeau.






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