L'ONU doit être réformée, mais demeure vitale
3 avril 2007
Canada
L'Organisation des Nations unies a un urgent besoin d'être réformée, ce qui ne l'empêche pas de demeurer vitale pour l'humanité dans son état actuel, a plaidé hier Yves Fortier, ancien ambassadeur du Canada auprès de l'institution.
«Dire que l'ONU est imparfaite revient simplement à rappeler qu'il s'agit d'une création de l'homme», a déclaré M. Fortier, maintenant président du cabinet d'avocats Ogilvy Renault, devant le Cercle canadien de Montréal.
«Une association regroupant aujourd'hui 192 États souverains n'est pas la tribune idéale pour gérer le présent, ni pour façonner le futur, a-t-il ajouté. Cependant, même si l'Organisation a été et sera encore diabolisée, elle demeure une institution vitale pour les peuples.»
Yves Fortier, qui a été ambassadeur de 1988 à 1992, a néanmoins dû admettre qu'il y avait eu de nombreuses «bavures onusiennes» au fil des ans.
«Le Cambodge, le Congo, les Balkans, le Rwanda et, plus récemment, le Darfour au Soudan, ont mis en relief les faiblesses abjectes de l'ONU ou, plus précisément, des États membres», a-t-il convenu, en jetant le blâme sur les droits de veto dont disposent chacun des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Chine).
Sans oublier, bien sûr, l'incapacité des Nations unies à empêcher l'invasion de l'Irak par les États-Unis, le Royaume-Uni et leur coalition, en 2003. Cette guerre a été une «erreur», a estimé M. Fortier dans un entretien à la suite de son allocution.
Il reste qu'à ses yeux, l'organisation a eu plus de bon que de mal.
«L'ONU a aidé l'Orient et l'Occident à éviter un Armageddon nucléaire en ouvrant la voie aux accords internationaux de contrôle des armées et à la vérification, notamment le Traité de non-prolifération nucléaire et l'Agence internationale de l'énergie atomique», a noté M. Fortier.
Il a aussi relevé le rôle de l'institution auprès des pauvres, des malades, des enfants et des réfugiés dans les pays en développement. «L'ONU a joué les sages-femmes dans la naissance de plus de 100 pays depuis 1945, dans la vaste majorité des cas de façon pacifique», a aussi souligné Yves Fortier.
Quant à la réforme des Nations unies, que le Canada et les pays en émergence souhaitent depuis des années, M. Fortier se dit «confiant» sur le fait qu'elle finira par aboutir.
«Que le Japon, le Brésil et les Indes ne soient pas au Conseil de sécurité, c'est une anomalie et il faut y remédier», a-t-il reconnu, en déplorant qu'à l'heure actuelle, il existe «deux catégories de membres» à l'ONU.
«Dire que l'ONU est imparfaite revient simplement à rappeler qu'il s'agit d'une création de l'homme», a déclaré M. Fortier, maintenant président du cabinet d'avocats Ogilvy Renault, devant le Cercle canadien de Montréal.
«Une association regroupant aujourd'hui 192 États souverains n'est pas la tribune idéale pour gérer le présent, ni pour façonner le futur, a-t-il ajouté. Cependant, même si l'Organisation a été et sera encore diabolisée, elle demeure une institution vitale pour les peuples.»
Yves Fortier, qui a été ambassadeur de 1988 à 1992, a néanmoins dû admettre qu'il y avait eu de nombreuses «bavures onusiennes» au fil des ans.
«Le Cambodge, le Congo, les Balkans, le Rwanda et, plus récemment, le Darfour au Soudan, ont mis en relief les faiblesses abjectes de l'ONU ou, plus précisément, des États membres», a-t-il convenu, en jetant le blâme sur les droits de veto dont disposent chacun des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Chine).
Sans oublier, bien sûr, l'incapacité des Nations unies à empêcher l'invasion de l'Irak par les États-Unis, le Royaume-Uni et leur coalition, en 2003. Cette guerre a été une «erreur», a estimé M. Fortier dans un entretien à la suite de son allocution.
Il reste qu'à ses yeux, l'organisation a eu plus de bon que de mal.
«L'ONU a aidé l'Orient et l'Occident à éviter un Armageddon nucléaire en ouvrant la voie aux accords internationaux de contrôle des armées et à la vérification, notamment le Traité de non-prolifération nucléaire et l'Agence internationale de l'énergie atomique», a noté M. Fortier.
Il a aussi relevé le rôle de l'institution auprès des pauvres, des malades, des enfants et des réfugiés dans les pays en développement. «L'ONU a joué les sages-femmes dans la naissance de plus de 100 pays depuis 1945, dans la vaste majorité des cas de façon pacifique», a aussi souligné Yves Fortier.
Quant à la réforme des Nations unies, que le Canada et les pays en émergence souhaitent depuis des années, M. Fortier se dit «confiant» sur le fait qu'elle finira par aboutir.
«Que le Japon, le Brésil et les Indes ne soient pas au Conseil de sécurité, c'est une anomalie et il faut y remédier», a-t-il reconnu, en déplorant qu'à l'heure actuelle, il existe «deux catégories de membres» à l'ONU.
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