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S'enrichir en dormant...

Stéphane Baillargeon   18 mai 2002  Canada
On peut s'enrichir en dormant, ou presque. Et 24 000 $ pour quelques coups de téléphone et deux ou trois courriels, c'est beaucoup d'argent.

C'est le montant empoché l'an dernier (en 2001-02) par le Groupe Everest pour quelques démarches entreprises à distance pour confirmer la présence réclamée de drapeaux canadiens au tout nouveau, tout beau centre culturel de Matane.


Communications Canada a fourni 350 000 $, dont 200 000 $ en 2001-02, au Complexe culturel Joseph-Rouleau. Les 24 000 $ versés en commission à l'agent publicitaire correspondent à 12 % de ce montant, selon les normes en vigueur dans le programme fédéral.


L'immeuble de 3,5 millions (dont deux millions fournis par Québec) compte plusieurs composantes, dont la bibliothèque Fonds de solidarité et la salle multimédia Isabelle-Boulay. «C'est très simple, notre stratégie de campagne de financement, c'était de nommer des salles selon des personnalités de la région», explique Louis Poirier, président de la corporation GICUM, gestionnaire du centre inauguré en juin 2001. «On avait offert au gouvernement fédéral de baptiser le bâtiment du nom d'un grand Canadien, [le chanteur d'opéra] Joseph Rouleau. La proposition a été bien reçue à Ottawa. Le ministère des Travaux publics nous a ensuite avisés par lettre que le Groupe Everest allait nous donner les détails concernant la commandite et la visibilité du gouvernement fédéral. La communication se faisait toujours avec le Groupe Everest. Par contre, les chèques venaient de Média I.D.A. Vision.»


M. Poirier et son équipe ont réalisé tout le travail que se sont ensuite approprié les deux firmes de publicité. Ils ont eu l'idée de la commandite. Ils ont trouvé le nom du centre. Ils ont «démarché» auprès du ministère. Ils ont fait installer une plaque commémorative dans le hall de l'édifice. Personne ne s'est jamais pointé à Matane. «Ces 24 000 $, c'est à peu près le budget annuel de la galerie d'art installée dans le centre culturel, explique M. Poirier, qui refuse par ailleurs de commenter l'affaire. Et avec cette somme, ils montent beaucoup d'expositions.»


Le centre a reçu à l'automne une lettre «pratiquement circulaire» de Travaux publics Canada invitant les commandités à déposer de nouvelles demandes. Il a déposé une requête de 100 000 $ dans le cadre du programme de commandites de 2002-03. Il s'agissait d'appuyer la biennale Voir à l'Est, pilotée par cette galerie d'art. La réponse négative est tombée cette semaine. «Et le Groupe Everest ne nous a jamais contactés là-dessus», dit le président.
 
 
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