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Le tout aux festivals

Stéphane Baillargeon   21 mars 2007  Canada
Le secteur des festivals est heureux. Tout le reste des arts et de la culture, ou presque, se désole du nouveau budget fédéral.

Une somme annuelle de trente millions de dollars sera répartie, au cours des deux prochaines années, entre les différents événements festivaliers du pays. Cette mesure est un peu la réponse des conservateurs au tristement célèbre programme des commandites, qui a joué un rôle dans la défaite libérale aux dernières élections. Le nouveau programme de soutien compense aussi les pertes subies par le secteur artistique ou sportif depuis l'interdiction des publicités du tabac.

«C'est une bonne nouvelle», résume Luc Fournier, porte-parole de la Coalition des festivals canadiens (CFC). Il travaille comme lobbyiste dans ce dossier depuis plus de deux ans. La CFC prétend représenter de 400 à 500 événements festifs, dont environ 180 au Québec. Le groupe de pression demandait 50 millions par année à Ottawa.

Le document du ministère des Finances ne précise pas la modalité de distribution de ces fonds. M. Fournier ne la connaît pas davantage et espère être consulté quand il s'agira de la définir.

«La Coalition travaille pour tous les festivals canadiens, dit le porte-parole. Pendant les consultations prébudgétaires, il a été question de réserver les subventions aux événements ayant un budget de 200 000 $ ou plus, mais avec des exceptions possibles pour certaines provinces où ce petit seuil s'avérerait encore trop important.» Il note aussi que le Québec a toujours eu une proportion plus forte de festivals que les autres régions du pays.

Par contre, même s'il se révèle être l'un des seuls appuyés par des subventions, Luc Fournier refuse que l'on dépeigne son secteur comme un privilégié du système. «Les autres secteurs souhaitent obtenir plus d'argent, alors que nous, nous n'en recevions plus, dit-il. Nous partions de zéro.»

N'empêche, tout en se félicitant pour les festivals, ces «autres secteurs» déplorent le manque de considération pour leurs propres revendications. La Conférence canadienne des arts (CCA), le plus grand forum national de la culture, parle d'une «série décousue de propositions intéressantes en soi mais modestes» et encore de «petits pas disjoints», en évoquant les cinq millions pour deux ans pour l'embauche de stagiaires dans les musées ou la création d'une Fiducie nationale du Canada pour encourager les dons de particuliers.

Dans ses recommandations prébudgétaires, la CCA réclamait notamment de sécuriser la hausse récente de 30 millions accordée aux budgets du Conseil des arts et le programme Un avenir en art du ministère du Patrimoine. Elle demandait aussi plus de fonds pour les musées et diverses mesures fiscales pour les artistes.

«C'est plus que désolant, c'est inquiétant», a tranché le Mouvement pour les arts et les lettres, en parlant de l'absence de récurrence pour les 30 millions du Conseil. Le regroupement de toutes les forces vives professionnelles de la culture au Québec espérait même voir le budget de l'organisme passer de 150 à 300 millions.

La Société des musées québécois «déplore particulièrement l'absence de quelque indice financier laissant présager la mise en place, pour 2007-08, d'une politique muséale canadienne». L'Association des musées canadiens se dit «surprise» que le fédéral «ne propose aucune solution aux besoins des musées pour une nouvelle politique muséale, ni de nouveaux fonds, malgré de nombreuses promesses du gouvernement».

L'Union des artistes fait part de «beaucoup de déception». Raymond Legault, son tout nouveau président élu, a souligné en entrevue au Devoir qu'il avait «beaucoup de difficulté à voir le Canada soutenir le principe de la diversité culturelle à l'UNESCO mais ne rien faire concrètement à l'intérieur des frontières pour soutenir davantage la culture».






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  • André Chamberland
    Inscrit
    mercredi 21 mars 2007 10h03
    Des bananes volantes aux festivals du patrimoine Canada
    « Entre le gaspillage de 60 000$ pour financer le vol étatsunien d'une banane par un artiste qui en a fumé du bon et le support financier aux festivals, il y a toute une marge. Toutefois, ces festivals devront célébrer le patrimoine canadien. Qui choisira les projets "politiquement corrects" pour Ottawa. Harper a compris qu'il faut donner des jeux au peuple à condition qu'ils célèbrent le Canada. Et des $$$ vraiment pour les artistes, pas pour les jeux ni pour les profiteurs des arts, mais pour les artistes et l'émergence artistique, RIEN ! »

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