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Le Bloc veut aider la police à lutter contre les gangs de rue

16 février 2007  Canada
Ottawa — Inquiet de la montée en puissance des gangs de rue, le Bloc québécois a proposé hier de modifier le Code criminel afin de faciliter le travail des policiers et des procureurs qui luttent contre ce phénomène.

La Loi sur le gangstérisme a été adoptée en 1997. Selon le porte-parole du parti en matière de justice, Réal Ménard, il est temps de la revoir pour tenir compte de l'évolution de la criminalité.

«Les gangs de rue sont la facette des années 2005-06-07 du gangstérisme», a-t-il fait valoir lors d'un point de presse au parlement.

Le député d'Hochelaga a donc déposé une motion qui recommande entre autres au gouvernement d'amender la définition «d'organisation criminelle» pour qu'elle tienne compte des actes de violence gratuite tels que les fusillades au volant.

Le libellé actuel de la loi ne fait référence qu'aux actes qui ont pour objectif de fournir un avantage financier ou matériel à ses auteurs.

«C'est une définition qui était tout à fait adaptée quand on parlait des Hells Angels et des Rock Machine, mais pour être honnête, je ne suis pas certain qu'elle le soit autant quand on parle de gangs de rue», a souligné M. Ménard.

Le porte-parole souhaite qu'elle permette aux policiers de suivre des véhicules automobiles au moyen de GPS pendant un an plutôt que pendant 60 jours, comme c'est le cas actuellement. Ces filatures électroniques sont souvent cruciales pour prouver les liens entre les membres présumés des gangs.

D'après le Bloc, le gouvernement devrait par ailleurs créer un fonds pour payer la formation des procureurs de la Couronne souhaitant se spécialiser dans les gangs de rue.

Il serait aussi pertinent de constituer une base de données répertoriant les jugements en matière de lutte contre le crime organisé et les gangs de rue.

L'accès à cette «bibliothèque» serait réservé aux policiers et procureurs, qui doivent actuellement patienter plusieurs semaines avant de pouvoir prendre connaissance des arguments utilisés par leurs collègues d'autres villes ainsi que des décisions rendues par les tribunaux.

Selon M. Ménard, ces modifications à la loi permettraient de relier des incidents comme des tueries dans des bars et dans la rue au crime organisé. Or une condamnation en vertu de la Loi sur le gangstérisme prévoit des peines plus longues que celles normalement imposées pour des infractions comparables.

Le bloquiste dit que sa proposition a reçu un accueil «intéressant» hier matin, et il espère que les autres partis l'appuieront et qu'elle sera transmise au gouvernement Harper dans les plus brefs délais.

En entrevue à la Presse canadienne, le ministre de la Justice, Rob Nicholson, a toutefois pris soin de préciser qu'il ne se sentirait nullement lié par une recommandation émanant des députés.

«Que le Bloc arrête de faire semblant en présentant des idées comme celles-là. S'il veut vraiment aider à lutter contre le crime, qu'il nous donne un coup de main dès maintenant à la Chambre des communes», a-t-il martelé.






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